GLOUCESTER — GLU
avec une sensualité de bon ton; au goulu, qui ne peut « passer de manger, qui mange honteusement, avec excès. Il y a, on le voit, entre «es quatre mots, assez proches parents du reste, des nuances frappantes, qu'on serait inexcusable de méconnaître. Classons donc d'abord tout a fait k part le gourmand, qui n'est qu'un être élégamment sensuel. Nous restons en présence de ses deux excès, le glouton et le goulu. Le simple adverbe honteusement nous suffira pour les différencier. Le glouton est un goulu excessif; le goulu est un glouton repoussant. Tous les deux mangent avidement, vite, avec excès et par Itabilude. Mais le premier étonne, le second répugne. A toute force on se
résigne à souffrir l'un; jamais on n'a le courage de supporter l'autre.
Le» loups mangent çloatnmnt rr\4Kt t
a dit La Fontaine. A cet égard , que d'hommes seraient •lignes d'être loups!
GLOUTON (Zoologie), genre voisin des ours, ne renfermant qu'une espèce, ic glouton de Bu (Ion (gulo anttent, A.-C. Desmarct), ayant pour principaux, caractères : PietU pentadactyles, semi-plantigrades, armé* d ongles fort* et non rétractiles ; oreilles assez semblables à celle» des chab , téte forte ; corps couvert de poils longs et abondants, d'un brun raaron; 36 dents. Ce; animal est prwque exclusivement carnassier, et doit son nom vulgaire à sa gloutonnerie. Il attaque même les grands ruminants : grimpé sur un arbre, il les attend au passage, sVlancc sur eux, les saisit ao cou, leur ouvre les gros vaissaux de celte région, puis, une fois maître de sa proie, la mange avec un tel acharnement, que souvent il s'étrangle. Cependant Buffon, qui avait possédé un glouton vivant, remarque que la captivité chapgr beaucoup leur naturel.
GLU. La glu est une substance vts< jeuae et tenace, que Ton tire de l'ecorcedu houx, de la racine de viorne, et quelquefois des iruits du gui et des sébestes; on en extrait également de la chondrille des vignes. La glu extraite du gui est une des plus anciennes, quoique celle du bout soit connue depuis plusieurs siècles. Nos pères préparaient cette ghi avec les baies du gui sacré, tant vénéré par les druide?. Ils faisaient bouillir ces fruiis dans l'eau, les pilaient, ri passaient la liqueur chaude pour en séparer les semence» et la peau; ils attribuaient à cette glu des propriétés réso- Cette méthode est
ment abandonnée aujourd'hui, d'abord parce que le gui est plus ra*e, les forêts étant beaucoup moins nombreuses qu'autrefois, et que l'un préfère employer à cet usage lécorce de la plante au lieu des baies. Le procédé mis en pratique dass ce dernier cas est assez semlitablc à celui que l'on emploie pour la préparation de la glu du houx. On fait pourrir Vécorce de gui dans des pois pendant dis à douze jours, dan* un lieu humide ; on la pile ensuite, et on en fait une bouaïUr sur laquelle on verse de temps en temps de l'eau de foutant fraîche; puis on remue souvent le tout avec un bâton jn<qu'à ce que la glu y adhère; on la place alors dans des pots que l'on recouvre d'eau que l'on a le soin de renouveler souvent. Cette glu est de beaucoup intérieure à celle du houx, connue sous le nom de glu anglaise. Pour obtenir celte dernière, on récolte le houx vers les mois de juin et de juillet; on le fait bouillir dans de l'eau, pour pouvoir k décortiquer plua facilement ; aprèi avoir enlève l'épi derme, on prend ce que l'on nomme la seconde écorce , que I «• fait bouillir pendant plusieurs heures avec de l'eau : cite s'attendrit , et finit par se réunir en niasses, que l'on nid dans la terre, et que l'on recouvre de cailloux ; on en md ainsi plusieurs, couclies qu'on laisse pourrir ittsqu'a ce qu'elles soient transformées en mucilage, ce qui exige en viron quinze jours. On pile alors ces masses dan* un mortier; et quand elles sont bien battues, on les lave daus une eau courante, pour enlever les ordures qui peuvent y a-thérer; on la conserve ensuite dans des pots. 11 n'est pu nécessaire de mettre ainsi les masses eu terre pour les Iraa^-