‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 302 sur 614 · GLUTEN · texte numérisé non relu

GLUTEN

qn&ntrté d'acide nécessaire à sa dissolution. L'étirer n'enlève rien au gluten, seulement il le coagule. Les acides acétique, phospborique, chlorhydrique, senties seuls qui dissolvent le gluten ; ils le disolvent avec d'autant pins de rapidité qu'ils «ont plus concentrés. L'acide sulfurique absorbe toute l'eau qu'il contient, détermine ta formation d'eau aux dépens de ses propres éléments, et met son carbone à nu. L'acide nitrique le décompose arec dégagement de gaz nltrcux et production d'acides malique, oxalique, d'amer de Welter et d'une espèce de suif qui surnage la liqueur. L'ammoniaque et la potasse concentrée le dissolrent : ces alcalis précipitent le gluten tenu en dissolution a la faveur d'un aride, et vice versa. Le tannin précipite le gluten, et forme arec lui un composé analogue au cuir (tannate de gélatine). M. Braconnot a donné le nom de léçumine au gluten îles légumineuses.

La nature du gluten n'est point encore parfaitement déterminée : on le considère généralement comme composé d'oxygène, d'hydrogène, de carbone et d'azote. Beaucoup d'auteurs sont portés à admettre plusieurs espèces de gluten ; mais il est plus rationnel de penser avec M. Raspail que le gluten de tous les végétaux est le même, et que l'état différent dés combinaisons dans lesquelles il est engagé lui imprime des caractères variés: ainsi, par exemple, dans la pré paration du gluten, si, au lieu de pétrir la pilte avec les mains, on la pétrit avec un instrument de fer, l'odeur particulière disparaît ; donc elle avait été communiquée par le contact des mains de l'opérateur : en outre, si à l'aide d'un instrument on triture la pâte sous l'eau distillé», le gluten que l'on obtient, abandonné à la décomposition, ne donne plus de produits ammoniacaux , mais acides ; donc l'azote a disparu : dans ce second cas, il parait probable que pendant ta préparation , de l'air a été interposé et de l'azote absorbé par le tissu glutinenx. Dans l'hypothèse de la préexistence de l'azote dans le gluten , on peut facilement concevoir l'introduction de sels ammoniacaux par les spongroles, et l'absorption de l'azote atmosphérique par les stomates pendant la végétation. Le lieu qu'occupe le gluten dans la plante est le périsperme : là , il forme des cellules régulières , hexagonales, dans lesquelles sont réunis les grains de fécule ; on n'en rencontre ni dans l'embryon ni dans le péricarpe. Le gluten est donc, pour ainsi dire , le tissu cellulaire du périsperme des céréales. On ne le trouve point partout identique, et quclqncs graines paraissent fournir, selon les circonstances ou elles se sont développées , tantôt de l'albnminc végétale, tantôt d*u gluten. Mais si l'on considère d'un* part l'analogie qui existe entre le gluten rendu soluble par les acides acétique, pllosphorique, chlorhydrique, avec l'albumine végétale ; si l'on considère «Pantre part que partout où on trouve de l'albumine végétale on trouve un acide libre, on ne tardera point à présumer que l'albumine végétale n'est que du gluten modifié et rendu soluble par la présence d'un acide. C'est , du reste , ce que rendent très-probable une foule d'expériences de M. Raspail.

Le gluten est presque inusité en médecine : quelquefois cependant on l'associe au sublimé corrosif, avec lequel il forme une combinaison insoluble dans l'eau , mais soluble dans l'albumine : ce composé, moins actif que le deulocl dorure de mercure, agit avec plus d'efficacité que le protochlorure de même base. On se sert avec avantage du gluten filant, ayant déjà snbi un commencement de décomposition, pour réunir les morceaux des poteries cassées. Mais le rôle le plus important du gluten est sans contredit celui qu'il joue dans la fermentation panaire, la fermentation alcoolique et la germination. Le gluten est le principe te plus nutritif de la farine; c'est à lui qu'elle doit la propriété de faire pâte avec l'eau : sous son influence, l'amidon, pendant la panification, est transformé en matière sucrée, celleci en alcool , et l'alcool lui-même en acides acétique et carbonique. Du gluten , de l'eau , une matière sucrée et une température de 15 à 55°, telles sont les circonstances les plus favorables à la fermentation alcoolique, dont les produits sont de l'alcool et de l'acide carbonique. Enta, dans

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la germination, c'est sous l'influence dn gluten que les grains

de fécule éclatés fournissent une matière sucrée, spécialement destinée a nourrir le jeune embryon pendant les premiers moments de son existence. BELFiELD-LtiFf.vne.

GLUTIER , GLUTTIER ou ARBRE A SUIF. Cet arbre remarquable, qui croit en abondance sur presque tous les points de la Chine , a été ainsi appelé parce qu'il produit une substance qui a toute l'apparence du suif, et qui sert aux mêmes usages. Il atteint à peu près la hauteur d'un cerisier ordinaire : ses feuilles , d'un rouge foncé et écla- J tant, ont la forme d'un cœur, et son écorce est très-douce. Son fruit est renfermé dans une espèce de cosse ou d'enveloppe assez semblable à celle de la châtaigne , et se compose de trois graines rondes et blanches , de la grandeur et de la ' forme (Tune petite noix, ayant chacune leur capsule parti ru- : Hère, et pourvues intérieurement d'un noyau. Ce noyau est i enveloppé d'une pulpe blanche, qui a ton tes les propriétés du ; vrai suif, en ce qui est de la couleur, de la consistance et J même de l'odeur : aussi les Chinois s'en servent-ils pour confectionner des chandelles , qui sans aucirn doute seraient aussi bonnes que les nôtres , s'ils savaient aussi bien purifier leur suir végétal que nous notre suif animal. Toute la pré- 1 paration qu'ils lui font subir consiste à le liquéfier et à le mélanger d'une petite quantité d'huile, afin de le rendre plus doux et plus souple. A la vérité , les cliandelles qu'ils fabriquent avec cette substance répandent une fumée plus épaisse et projettent une lumière moins brillante que les j nôtres; mais ces défauts tiennent en grande partie à la mè- ', chc qui n'est point en coton, et consiste simplement en une petite tige de bois sec tout entourée de moelle de roseau , ! matière poreuse qui sert à faire filtrer les menues parties ; du suif attirées par le morceau de bois enflammé, et qui en | favorise l'ignition. Le glulier est te croton sebi/erum des botanistes.

GLUTINE. On a donné le nom de çlutine à la matière que l'alcool dissout quand on traite le gluten brut par

j ce véhicule , et qui ne se précipite pas par le refroidissement de la liqueur. Pour l'obtenir pure , on évapore la dis-

j solution alcoolique à siccité ; on la dessèche et on la lave

i avec de Pétlier bouillant. Desséchée à 140° dans le vide, clic offre la même composition que la caséine et l'albumine.

I Moyenne des analyses de glutine : Carbone 53,27, hydro-

j gène 7,1? , azote 15,94 , oxygène 23,62.

J.-B- Dm A S , de l'irarfomic de* Sricnrri, «énalrtir.

GLYCÉfUNE (de Y>jxii;, doux), nom donné par M. Chcvreiil au principe doux des huiles de Schcele, produit de la saponification delà plupart deshuilesoudes graisses. ! C'est un liquide incolore, inodore , transparent et facile- I ment soluble par l'alcool. La saveur en est sucrée et la con- ', sistancr. sirupeuse. A l'état naturel, la glycérine existe corn - J binée avec les acides oléique, stéarique et margarique.

GLYCINE, genre de plantes exotiques delà famille ; des papilionacéés. L'une de ses plus jolies espèces, la glycine de In Chine (glycine sinensis) réussit très-bien en pleine terre dans nos contrées. C'est un arbrisseau il ttge sarmenteuse, à feuilles ailées, composée de onze à treize folioles lancéolées Quand cet arbrisseau a atteint toute sa force , un seul pie»! peut offrir successivement jusqu'à six on sept cents grappes do fleurs de l'aspect le plu* élégant. Il est difficile d'imaginer rien de plus gracieux que ces {Trappe* inclinées, longues de 20 à 25 centimètres , d'une couleur lilas plus ou moins foncé et d'une odeur suarc.

GLYCONIEN ou GLYCOMQUE, terme de poésie grecque et latine. Le vers glyconlen se composait, selon les uns, de trois pieds , un spondée et deux dactyles , ou d'un spondée, un choriambe et un ïambe, on un pyrrhique. C'est l'opinion la plus suivie. Le sic te diva potens Cypri est un vers glyconien. Suivant d'autres, il se composerait de deux pieds et d'une syllabe. Ccst le sentiment de Sealiger, qui prétend qu'il fut appelé aussi euripidien.

GLYKAS ( Micnrx ), historien byzantin, qui habita la Sicile et i'IUlie, virait sa douzième siècle selon les uns.

au quinzième, suivant d'autres. 11 a compost', en grec, des Annales, qui contiennent l'tdstoirc du monde depuis sa création, d'après Moisc, jusqu'au règne d'Alexis Comnènc, mort en 111». Leunclavius, qui a publié cet ouvrage, en latin ( Baie, 1572, in-8°), y a ajouté une cinquième partie, qui le conduit jusqu'au siège de Constantinoplc. Meursius donna une partie du texte grec, de César à Constantin. Enfin, le livre entier, grec et latin , fut publié par le père Labhe ( Paris, 1660, in-folio). Cette édition , la seule complète, dit partie de la Byzantine du Louvre et de la nouvelle collection de Bonn. On doit encore à Glykas quelques épi Ires intéressantes sur des matières théologiques.

GLYP11E, mot dérivé du grec vXvçi;, et qui s'applique dans un sens très-général, en architecture, a tout trait gravé en creux , à tout canal creusé dans les ornements. Le mot glyphut&l moins usité que son composé tr ïglyphe, qui désigne l'ornement de la frise dorique , consistant en deux gly plies et deux demi-glypbea, séparés entre eux par trois listels.

GLYPTIQUE, mot employé, pour désigner Part de ri a ver sur pierre fine, et qui pourtant semblerait ne pas devoir s'appliquer aux camées, mais seulement aux intailles, puisque le mot grec yXûçuv signifie creuser. On comprend aussi sous la même dénomination fart de graver sur acier les coins destinés a frapper des médailles. Les anciens ont atteint dans cet art une perfection dont nous sommes encore éloignés. Ils ne nous ont pourtant pas laissé de traités de glyptique, mats seulement dans les ouvrages de Pline on trouve quelques traits relatifs à cet art. Mariette et Natter ont publié à tel égard des traités fort intéressants ; on peut aussi recueillir quelques détails sur ce sujet dans plusieurs ouvrages publiés par Winckclmann, Caylus, Eschenburg, Ernesti et Martini ; Millin a aussi publié un ouvrage, devenu rare, sur la glyptographie, ou étude des pierres gravées.

On voit un grand nombre de monuments de cette nature dans les musées publics, dans les cabinets particuliers ; ef beaucoup de personnes même possèdent quelques pierres gravées pour leur parure ; mais elles ne sont pas toujours antiques, ni d'un beau travail, et on rencontre difficilement des yeux assez exercés pour n'être pas dupes de la friponnerie des marchands. On peut dire que les plus belles pierres gravées sont antiques ; pourtant , dans le quinzième et le seizième siècle, on s'est occupé de la glyptique bien plus qu'on ne le fait maintenant. Mais le travail des graveurs de celte époque n'a pas atteint la perfection à laquelle étaient parvenus les artistes grecs.

Parmi les substances sur lesquelles on s'est exercé à la glyptique, les plus nombreuses appartiennent au règne minéral : cependant, on en trouve aussi dans les deux autres, puisqu'on a gravé sur l'ivoire, sur le corail et sur des coquilles, ainsi que sur du citronnier, du buis, de l'ébènc, et sur le figuier, sycomore des Egyptiens. On a aussi gravé des noyaux de divers fruits. Les pierres ont été employées plus fréquemment qu'aucune autre matière, et les plus prédenses sont les plus dures, puisqu'elles permettent plus de délicatesse dans le travail, un poli plus parfait et dont la pureté se conserve sans altération. L'agate, la calcédoine, la sardoine, la cornaline, sont les pierres dont on a (ait le plus d'usage; ona cependant aussi gravé le quartz hyalin, ou cristal de roche, ainsi que des améthystes, des émeraudes, et même du diamant; les Egyptiens ont souvent employé le granit, la basalte, le jaspe, pour leurs scarabées. Parmi les pierres moins dures, on doit citer le lapis-lazuli, la turquoise, la malachite et la stéatitc, ou pierre de lard, si fréquemment mise en usage par les Chinois. Les graveurs anciens choisissaient souvent des pierres qui par leur couleur avaient du rapport avec les sujet* qu'ils voulaient traiter : ainsi, ils gravaient une ligure de Proserpine sur une pierre noire, Neptune et les Tritons sur de l aigue- marine, Bacchus sur une améthyste, Marsyas éco relié sur du jaspe rouge.

les creieus oui connu l'art d'imiter les pierres précieuses

GLYKAS — GLYPTOTHÈQUE

avec du verre coloré. Ils appliquaient aussi des figure» blanches sur un fond de couleur, donnant alors au verre un degré de feu suffisant pour les coller sans le faire tondre; c'est ainsi qu'a été fabriqué le vase de Barberin, maintenant à Londres, dans le cabinet du duc de Portiand, morceau précieux à la fois par son travail , qui est très-beau , et par sa dimension, qui est de plus de 0m,30 de haut : sa conservation parfaite lui donnait aussi un prix immense ; mais il a été brisé par la maladresse d'une personne qui, en l'examinant, le laissa tomber. Les modernes se sont aussi exercés dans ce genre de tromperie, et y ont eu même assez de succès; souvent on présente pour une sanlonyx ce qui n'est autre chose qu'une coquille gravée et appliquée sur une pierre dure. Les procédés pour graver sur pierres dures sont les mêmes que ceux que l'on voit si fréquemment employer pour la gravure sur verre Parmi les pierres gravées des anciens, on remarque surcclles qui portent le nom de l'artiste par qui elles ont été exécutées ; mais on ne doit pas laisser ignorer qoe souvent des brocanteurs et des faussaires se sont servis de ce moyen pour tromperies amateurs, et cette supercherie, n'est pas nouvelle; car eue était déjà employée au temps de Phèdre, qui s'en plaint dans une de ses Tables. Ce n'est donc qu'avec .la plus grande réserve que Ton doit croire à l'authenticité des noms qui se trouvent sur d'anciennes pierres. Des nonu d'artistes célèbres ne doivent se trouver que sur des pierres d'une belle nature et d'un beau travail. La forme des lettres est aussi d'un grand secours [>our démêler la vérité d'avec l'imposture. Dans celles des premiers temps, la forme des lettres n'est pas aussi belle que dans celles des graveurs du siècle d'Auguste. Le mélange des lettres grecques et latines, la même lettre figurée de deux manières différentes dans le même mot, sont des marques évidentes de fausseté. On peut en dire autant de l'oubli d'une lettre ou d'une faute grammaticale dans un mot. Des erreurs de cette nature sont trèsfréquentes sur les pierres où les inscriptions ont été ajoutées par des graveurs modernes. 11 est encore nécessaire de faire remarquer ici que les graveurs romains ont presque toujours écrit leur nom en caractères grecs e* fl0* '** graveurs modernes ont suivi le même usage. Ils ont même été plus loin, et ont quelquefois traduit leur nom : ainsi, le graveur Natter, dont le nom en allemand signifie vipère, a écrit TAPOS (hydre), et le savant Winckclmann a craque c'était le nom d'un artiste grec inconnu.

On s'est aussi mépris sur le sujet de certaines pierres. Ainsi, pendant les siècles de barbarie qui suivirent la décadence de l'empire romain, quelques-unes furent conservées dans les trésors des églises,iet une piété peu éclairée donna le nom de saint Jean à un Germaoicus, sur un aigle qui indiquait son apothéose ; l'impératrice Julie passa pour la Vierge Marie ; Caracalla pour saint Pierre; l'apothéose d'Auguste pour le triomphe de Joseph, etc. Dcoiesîif. atné.

GLYPTOGHAPIHE. Cest la description des pierres gravées, dont elle suppose la connaissance préalable {voyez GtïPTiot'E).

GLYPTOTHÈQUE. Ce mot, composé à l'aide du grec, si on le traduit littéralement , signifie botte aux pieitts gravées, comme bibliothèque veut dire boite aux livres. C'est le nom que les savants donnent aujourd'hui aux cabinets de pierres gravées ou de sculptures, et c'est sous cette dénomination qu'est généralement connue la célèbre galerie d'antiques construite à Munich , de 1816 à 1S30, sur le» dessins de l'architecte Klenze. Voici en pende mots l'histoire de ce monument.

L'ex-roi de Bavière, Louis I", alors qu'il n'était encore que prince royal , avait réuni en Italie une remarquable collection de sculptures anciennes, et c'est pour la recevoir que fut construite la Glyptothique. Cest un parallélogramme i un portique à huit colonnes d'ordre ionique en marbre geâtre : l'édifice comprend une cour intérieure. 11 se compose de douze salles éclairées, les unes part le Uaut , les autres par les cotés, mais toujours de telle façon que les

GLYPTOTHÈQUE — GNEISS statues soient toutes placées sous un jour favorable. Dan» la classification des objets dont se compose la collection , on s'est efforcé de suivre un ordre qui permet d'étudier le point de départ et les progrès successifs de Part. C'est ainsi qu'on voit l'art grec provenir d'Egypte, progresser, atteindre à une élévation sublime, se maintenir à Kome, puis finir par déchoir pour se relever plus tard.

Les mura de la Glyptothèque sont en pierres de taille, et garnis intérieurement de briques revêtues de stuc, dont la couleur change dans chacune des salles. Les ornements de* voûtes sont également variés ; les pavés ont été faits avec des marbres du Tyrol et de la Bavière , et les dessins qu ils représentent ont tous été tracés avec goût.

GMELIN ( Jcaa-Georccs), l'un des pins grands botanistes de son époque, né à Tubingen, en 1709, était 61s de Jean-George» G-ieu*, cliimtste distingué (né en 1074, mort en 1728). Après avoir fait ses études à Tubinger, il se rendit k Saint-Pétersbourg, où il prit une part des plus actives aui travaux de l'Académie des Sciences, et où, en 1731 , il fut nommé professeur de chimie et d'histoire, naturelle. En 1733 il fit partie de la commission envoyée par l'impératrice Anne Ivanovna pour explorer les vastes provinces de la Sibérie et du Kamtchatka ; avec lui se trouvaient Delis le, l'historien Mûller, et le capitaine Bering. Ce voyage, long et pénible, dora de 1733 à 1744 : publié et bientôt traduit dans toutes les langues , c'est le premier ouvrage qui fournisse de justes notions sur la Sibérie. Gradin, qui la parcourut en savant naturaliste, en a (ait connaître, dans sa Flora Sioirica (publiée par Pallas; 4 vol., Saint-Pétersbourg, 1749-1770; édtion du plus grand luxe et devenue aujourd'hui extrêmement rare), les plantes nombreuses, qui y sont classées selon la méthode de Van-Royen. Il a aussi donné le récit de son Voyage en Sibérie (4 vol., Saint-Pétersbourg, 1742), où sont peints avec la plus scrupuleuse exactitude les lieux qu'il visita, les munir* de leurs habitants, les riches productions qu'Us recèlent. Il avait quitté la Russie en 1749; il mourut dans sa ville natale, en 1755 , et Linné crut devoir honorer la mémoire du plus illuslre de ses émules en donnant le nom de gmelina à un genre d'arbres épineux de la famille des py rénacées.

GMELIN (Sahvkl-Geoages), neveu du précédent, né à Tubingen, avait également été attiré à Saint-Pétersbourg, d'où il partit, en 1708, pont Astrakhan. Dans les années 1770 et»177t il visita les ports delà mer Caspienne, explora avec soin les provinces de la Perse situées sur les bords de cette grande masse d'eau , et en publia une exacte description. L'amour de la science et l'ùilrépidité qu'il inspire le conduisirent dans les parties occidentales de ces contrées, infestées de nombreuses troupes de bandits. Parti en avril 1772 (TEnzelli , petite ville de la province de G bilan , il ne put arriver qu'en décembre 1773 k l'embouchure du Kour, et pénétra jusqu'à Bakou , où il fut très-bien accueilli par Aii-Feth, khan de ce pays. Rejoint alors par une vingtaine de

bourg, 1 708) et le récit de ses Voyages en Russie ( 4 vol.; 1 770- 1784 ).

GMELIlf ( jRAR-FRÉnfjuc), autre neveu de Jean-Georges, né en 1746, à Tubingen, mort en 1804, professeur de médecine et de chimie, fut l'un des naturalistes les plus féconds et les plus célèbres du siècle dernier. Indépendamment de quelques dissertations savantes, les ouvrages complets qu'il publia forment huit volumes in-4° et trente-quatre volumes in-8°, tant en allemand qu'en latin.

C*e Armand d'Aixoptvillb.

GNATHODONTE (de rvé&oc, mâchoire, et oSoûc , dent). Blainville désigne sous le nom de gnathodon tes les poissons dont les dénis sont implantées dans les mâchoires, pour les distinguer des dermodon tes.

GNE1SENAU ( Aoclste NEÎDH ARD, comte ne ), fddinaréchal général prussien, né le 28 octobre 1700, k Schilda, dans la Saxe prussienne, s'appelait originairement Neidhard ; Gndsenau est un nom emprunté k une terre appartenant k sa famille, et sous lequel il fut anobli. Son père était capitaine au service d'Autriche. Envoyé en Amérique en 1782 comme lieutenant au service d'Anspach-Bayreulh avec un détachement de 400 hommes de renfort, que son souverain louait k l'Angleterre pour lui aider k comprimer l'insurrection d o ses colonies , il n'y arriva que fort peu de temps avant la conclusion de la paix, et n'eut pas dès lors occasion d'y prendre part k la lutte. Plus tard il entra au service de Prusse, et passa capitaine en 1789; mais ce fut seulement dans la campagne de 1806 que ses talents commencèrent k être appréciés. Promu alors au grade de major, il fut nommé en 1809 colonel, chef du corps des iugéet Inspecteur des places fortes du royaume. Chargé

d'importantes missions secrètes à

à Pélers-

Kosaks de l'Oural, il poursuivait sa route, et n'était plus qu'à quatre journées de Kislar, forteresse appartenant aux Russes , lorsque lui et son escorte furent arrêtés par ordre d'Ourmoî, khan d'un territoire qu'il lui avait été conseillé de ne* point traverser, et ce prince se crut le droit de les retenir tous comme otages jusqu'à ce qu'on lui eût rendu ses sujets fugitifs, accueillis parles Russes. Gmclin éprouva la plus dure captivité , ce qui , joint aux fatigues qui avaient déjà altéré sa santé, aux vives inquiétudes dont il était agité, à l'intempérie du climat, k une mauvaise alimentation, hâta sa mort, arrivée à Achmetkent, en juillet 1774. De toutes les peines qu'il essuya, la plus doulouieuse fut d'avoir perdu la |>lus grande partie de ses papiers et de ses collections. Quelques-uns de Ces trésors scientifiques forent pourtant envoyés à Kislar, et ce qu'il en restait fut confié, pour les mettre en ordre, à son compatriote Guldenstaodt; mais celui-ci étant mort avant d'avoir terminé ce travail , il fut achevé et publié par le professeur Pallas. Ses ouvrages les plus importants sont : Historia Fucornm ( Saint-Péters-

bourg, à Stockholm et à Londres, il rentra en 1813 dans les rangs de l'armée active , et fut alors placé, avec le grade de général major et de quartier-maître général , sous les ordres de Blùcher. Après la bataille de Leiprig, U fut créé lieutenant général. Dans la campagne de 1814 , il se distingua aux affaires de Montmirail , de Brienne et de Paris. Dans le grand conseil de guerre tenu au quartier général des coalisés, afin de décider si , en présence des prodiges de génie et de lactique que faisait cliaque jour Napoléon pour défendre le sol français , et des périls auxquels une bataille |>crduc exposait l'armée alliée, il ne convenait pas de battre en retraite sur le Rhin, ce fut lui qui lit prévaloir l'avis de marcher droit sur Paris.

Après la paix de Paris , le roi de Prusse le créa comte et lui lit don d'un domaine rapportant 10,000 thaJers (40,000 (r.) par an. En 1815 il fût de nouveau chef d'état-major de Blùcher. Après la malheureuse halaiUe de Ligny, il dirigea la retraite de l'armée prussienne de telle sorte que ses divisions réorganisées et prêtes à donner, dont la réapparition sur le champ de bataille dut paraître impossible à Napoléon, décidèrent du succès de la journée de Waterloo. En récompense de ce service, il reçut la grande décoration de l'Aigle Noir appartenant à Napoléon, qui fat prise dans ses bagages. Gneisenau fut alors nommé au commandement du corps d'armée du Rhin , et prit part, comme ministre, aux négociations suivies pour le second traité de paix signé à Paris.

A la mort de Kalkreuth , en 1818, R fut nommé gouverneur de Berlin, et en 1825 feldmaréchal général. Quand, en mars 1831, un corps d'insurgés polonais menaça les frontières de Prusse, Gneisenau fut appelé au commandement du corps d'observation qu'on y réunit. Il succomba le 31 août de la même année k une attaque de choléra, à Posen, où se trouvait établi son quartier général.

GNEISS. Le gneiss est une roche schistoïrfe » feuillets tantôt plans et tantôt ondulés : sa couleur est variable ; elle est formée par le mélange de trois espèces minéralogiqncs, le m ica, le feldspath et le quarte. Le mica forme la base du gneiss : il y est généralement disséminé en lamelles Manches, grises ou nacrées, qui donnent à la roche sa texture fissile ou loiiiltelée. Le fekhpath se subordonne et se

en quelque tort» à la disposition lamellaire du mica ; car le plus fréquemment il se présente aussi en lamelles ou en veinules minces, planes ou ondulées, qui suivent avec une grande régularité les incurvations et les inflexions du mica. Mais quelques fois aussi le feldspath est irrégulièrement disséminé en granulations fines et arénacées ; d'autres fois il est déposé en nodules, et d'autres fois il forme de gros cristaux, qui dérangent la stratification du mica, et qui le contraignent à s'infléchir pour embrasser et étreiudre leurs contours anguleux. La présence du quarts est en quelque sorte accidentelle; car il existe des roclies nombreuses et poissantes de gneiss parfaitement caractérisées, dans lesquelles l'élément quartzeux ne peut être distingué à l'ceil nu. Ainsi deux caractères différentiels distinguent le gneiss du granit. Le premier se déduit de l'aspect physique : c'est ls texture feuilletée ou schisteuse de l'un, la texture grenue ou compacte de l'autre; le second se rapporte à la composition ininéralogiqtie : c'est la présence du quartz, arbitraire et accidentelle dans le gneiss, essentielle et constante dans le granit. Cependant, ces caractères, qui paraissent si tranchés, s éliminent quelquefois par des nuances tellement insaisissables, que toute ligne de démarcation devient impossible à établir : ainsi, la texture du gneiss, d'abord nettement feuilletée, devient lamellaire, puis schistonle, puis sensiblement compacte ; le quartz, d'abord invisible, s'introduit et s'accumule par degré», jusqu'à prédominer d'une manière remarquable, et le gneiss ne peut plus être séparé par définition du granit. Toutes ces nuances se présentent souvent dans une seule et même masse minérale parfaitement continue dans toute son étendue. Ou bien encore le mica, d'abord dans des proposions relatives assez modérées, s'accumule et pré'lomine jusqu'à l'exclusion presque complète du leldspath et du quartz; alors le gneiss devient micaschiste , et il nevUto pas de distinction possible à établir entre ces deux roches. Ce sont ces modifications dans les proportions relatives des trois éléments constitutifs du gneiss, ce sont les modes variés suivant lesquels ces éléments sont distribués dan» la masse même de la roche , ce sonl, enfin, les nombreuses substances minérales qui s'y trouvent disséminées , el qui altèrent la pureté du type , ce sont toutes ces circonstances, disons-nous , qui donnent naissance aux innombrables variétés du gneiss.

Le gneiss forme un vaste système de terraius, répandu avec profusion sur la surface du globe, et qui partout se montre à découvert. On peut l'étudier à nu en France, en Allemagne, tlans les Alpes, la Norvège, la Saxe, la Suède, la Silésie, l'Indouslan, les monts Himalaya, l'Amérique équatoriale, le Brésil, le Grœnhuid, etc. Il forme partout des chaînes de montagnes puissantes, qui obtiennent parfois des hauteurs absolues que u 'atteignent jamais les autres roches strat lit es , el remarquables surtout par leurs cimes escarpées , qui se dressent en l'air comme des crêtes, déchirées, lacérées par la tempête, et déchiquetées en aiguilles. Tantôt le gneiss e»t subordonné au granit, tantôt il le domine : dans le premier cas, ces deux roches paraissent de formation contemporaine ; dans le second, le gneiss est probablement postérieur; dans tous les deux, il forme d'immenses couches stratifiées et parallèles aux couches de micaschiste et de granit avec lesquelles elles se trouvent associées.

Les roches subordonnées au gneiss sont extrêmement nombreuses : c'est la pegsuatite, la lepunite, le micasclùste, l'amphibole schisteux, le fer oxydulé, le calcaire primitif. Le gneiss est aussi traversé par de nombreux liions, les uns pyrogènes, les autres métallifères : filons qui tantôt sont nettement séparés de la roche, et qui tantôt, au contraire, semblent s'unir complètement avec elle et s'y confondre; ils renferment assez généralement de la galène, du cuivre gris ou pyriteux, de l'argent natif; et la grande formation du gneiss primitif qui s'étend sur la France , l'Allemagne , la Grèce et l'Asie Mineure, a longtemps été regardée comme la roche la plus riche du monde en minerais d'or et d'argent. Enfin, le grenat, le grapliite, les pyrites de fer et de cuivre, le pyro-

xène, le corindon, l'émeraude, sont dance dans la niasse même du gneiss.

On distingue dans le gneiss trois variétés principales : le gneiss commun, dans lequel le quartz n'est pas visible à l'œil nu ; le gneiss quartzeux, dans lequel le quartz commence à dominer; le gneiss talqueux, dans lequel le talc a en grande partie remplacé le mica. Hklfi£U>-Le»-£vke.

GNESEN, chef-lieu du cercle do même nom , dans l'arrondissement de Uromberg, grand-duché de Posen, est le siège d'un archevêché, d'un chapitre richement doté, d'une ofiicialité générale , et compte 8,000 habitants. On y voit dix églises catholiques, un temple protestant, et un séminaire catholique, qui est toujours très-fréqueoté. Dans l'antique cathédrale nqwsent les restes de saint Adalhert. Gnesea est la plus ancienne ville de la Pologne ; la tradition porte qu'elle (ut fondée par Lech. Elle fut pendant longtemps , au moyeu âge, la résidence des rois de Pologne, qui jusqu'en 13?o s'y faisaient toujours couronner.

L'archevêque dcGncsen était jadis, comme primat de Pologne et comme le rjersoanage le plus Important du pays après le roi, chargé du gouvernement intérimaire du royaume, lorsque lé trône venait à vaquer et *n attendant que la diète eût procédé à une élection nouvelle.

G\IDE ou CMDE, ville ancienne et célèbre sur la côte occidentale de l'Asie Mineure , dans la C a r i e. Baiie dans une petite presqu'île, près de la pointe du promontoire Ttopium ( aujourd'hui Crio ), elle avait un aspect riant et animé. Avec l'Hexapole, ou les Six-Villes, dont elle était une des principales, elle formait une coloniu grecque faisant partie de la Doride asiatique, alors enclavée dans la Cari», malgré les Cariens eux-mêmes. Vénus fut particulièrement adorée à Gnide, qui, avec Cythère, Amathonte, Paphos et I d a l i e, était,au dire des poètes, le seul heu qui eût droit de remiser le char et les colombes do la déesse lorsqu'elle descendait de l'Olympe sur la terre. Elle avait plusieurs temples dans cette ville : le plus célèbre était celui de Vénus- Doris ou Doritis, du nom de la mère-patrie; un autre, plus modeste, s'appelait Vénus Euplxa ou de la bonne navigation, sans doute la Vénus des matelots. Dans le grand temple, une statue de la déesse nue, le chef-d'œuvre de Praxitèle, faisait l'admiration des trois parties du monde alors connu, qui affluaient dans la presqu'île pour rassasier leurs regards de ces beautés divines. Pour qu'on put les voir de tous les côtés, des colonnes à jour,' bien espacées, formaient l'enceinte du temple, sans doute d'architecture dorique. Piicomède, roi de liitbynie, offrit de payer les dettes de Gnide, qui étaient considérables, si elle voulait lui céder cette statue, connue dans les arts sous le nom de la Vénus de Guide . la ville refusa ; elle préféra à un bénéfice immense limmor talité que lui donna la mère des amours ; beau choix, auquel Pline rend hommage- On célébrait aussi à Guide des jeux en l'honneur d'Apollon. Aujourd'hui, plus d'hymnes à la génératrice des êtres ni à l'astre conservateur de la vie; sur cette côte, seulement le gémissement du flot se fait entendre, et quelquefois le sillage d'un navire qui entre dans son ancienne rade, aujourd'hui Porto Genovese (port génois). Au-dessus s'aperçoit à peine un misérable village, Grw, près du promontoire de ce nom. On a reconnu sur le sol où gisent les ruines de Gnide les traces de plusieurs édibee* publics, de divers temples et de trois théâtres, dont un de 130 mètres de diamètre. Gnide ou plutôt ses décombres tonclient presque à Boudroun, l'ancienne lia lie amasse, où les marbres brisés et pleins de figures funèbres do tombeau de Mauselc, une des sept merveilles du monde, qui exista jusqu'au moyen Age, (bot aujourd'hui partie intégrcoUe de la citadelle. Dennc-Bxrok.

GNOMES, peuple fantastique, invisible, d'une nature bénigne, mais plein de sagacité, éclos du cerveau des 'fatalistes. Chercherons-nous la source de son nom dans le mot grec yv»u*i, connaissance? Cette étymolugie, qu'on a omise, (tarait probable, tous les génies étant doués dans les mythes d'une certaine prescience. Los thaumaturges assurent que

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