GNOMES — GNOSTICISME
Vùr, la terre, l'eau et le feu, fourmillent d'êtres raisonnables, qui par leur nature, leur Ame, leurs penchant», participent en toute* ces choses <le l'homme, dont Us sont les omis, la sauvegarde, souvent les ministres secrets, quelquefois même les esclaves, sitôt que le créateur, devanl lequel ils se tiennent dans une obéissance respectueuse, le leur commande. C'est le bon démon de Socrate. Selon les cabalistes, l'empire du feu aurait été assigné par Dieu aux galatuandres, celui de l'air aux sylphes, celai des ondes au end in s, enfin, celui de la terre, non de sa surface, mais a partir des limbes au centre, aux gnomes. Ces génies, d'une petite stature, dont l'échelle descendante peut aller )umju aux proportions les plus minimes , sont quelque jieu
lis&ures métalliques du globe, daus les grottes cristallines , sous les roches sous-marines, etincelantes de vertes stalactites; ils ne font que sommeiller légèrement vmis les voûtes d'or et d'argeut des mines dont ils sont les gardiens. Leurs femmes, les gmmides, sont d'une taille d'environ 27 centintetres, mais d'une grâce et d'une perfection indicibles, l'n doux sourire tient leur petite bouche toujours éclose ; leur voix argentine est comme la vibration de la plus déliée des cordes d'une harpe ; elles sont vêtues d'habits étranges, bizarres comme ceux d'un antre monde, mais a mille reflets, et d'un ravissant éclat. Très-silencieuses, leur présence souterraine est quelquefois révélée par le léger bruissement de leurs babouches, dont l'une est une emeraude, et l'autre un rubis creuse. Ainsi que leurs maris, ces charmantes créatures ont leur office i eUes sont commises à la garde des diamants, des pierres précieuses, des cristaux que la terre recèle dans son sein. Dieu seul sait de quelle profusion, de quelle variété de pierreries, de toutes couleurs, sans prix, la plupart inconnues aux hommes, leurs robes sont émaillées. Elles ont pour lapidaires les gnomes leurs maris. Les gnoinides se pressent en foule sous le sol doré du Mexique, du Chili, sous les sables opulents de Golconde, du Visa pour; ou assure avoir entendu sous les fondements des palais du Mogol leurs rondes nocturnes : tels sont les contes bleus de l'Orient.
Mais ce n'est pas tout; le peuple gnome est chargé d'un office bien plus actif : les ca batistes prétendent que toutes les bêles, depuis le palxollière, le mastodonte, jusque* aux atomes microscopiques vivants, sont des machines, des jouets d'enfant, mus, les mâles par les gnomes, et les femelles par les gaomides. c'est aussi un gnome qui vit dans chaque arbre, chaque plante, cltaque fleur. Dès qu'un de ces végétaux meurt, c'est que son gnome s'en est allé : ce sont les hanvadr) «des. Chacun de ces génies se fait, selon ses penchants, ses mœurs, éléphant on ciron , condor aux ailes de quatre à cinq métrés d'envergure, ou oiseau-mouche, nichant dans une rose. Sophie Dknhe-Bâjmjn.
GNOMO\ ( en grec -pùuttfv , indicateur, dérivé de -ruweiu*, je connais), instrument propre a mesurer la hauteur du soleil. C'est ordinairement un pilier, une colonne , ou une pyramide élevée verticalement. Pour connaître la hauteur méridienne du soleil, il suffit de mesurer la longueur de l'ombre projetée par le gnomon lorsque cette ombre tombe exactement sur la méridienne du lieu. On connaît en effet deux côtés dans le triangle rectangle formé par le gnomon, son ombre et le rayon lumineux qui IMjsse par le sommet de l'instrument; on peut donc calculer l'angle de l'ombre et du rayon, qui mesure précisément la hauteur du soleil. C'est ainsi qu'opéra Pythéas, trois cent vingt ans avant notre ère, pour trouver le jour du solstice d'été à Marseille.
Ce mode d'observation est sujet à plusieurs Inconvénients, dont le plus grave consiste dans le vague de la terminaison de l'ombre. On a cherché à y remédier en adaptant au sommet du gnomon une plaque percée d'un trou circulaire, au moyen duquel l'image brillante du soleil est projetée sur la méridienne. Mais on a encore une pénombre considérable; c'est pourquoi on a muni le gnomon de l'église Saint-
Sulpice à Paris , d'un trou en face duquel est placé un verre lenticulaire dont le foyer se trouve snr la méridienne , et qui sert seulement au solstice d'été. Les observations faites à l'aide du gnomon ont permis de constater la diminution progressive de l'obliquité de t'écliptique.
GNOMON 1 QUE , art de tracer les cadrans solaires sur une surface quelconque. Cet art est très-ancien : les uns en attribuent l'invention a Anaximènedc Milet, d'autres à Anaximandre, d'autres encore à Thaïes. Le mot gnomonique est dérivé de gnomon, parce que les Grecs distinguaient les heures par l'ombre d'un instrument de celte nature.
GNOSE , mot formé du grec yyû<ji;, qu'un trouve dans les épltres de saint Paul, comme dans les dialogues de Platon , et qui signilic à la fois connaissance et science. Dans les écoles gnostiques , qui ont fleuri du deuxième au sixième siècle de l'ère chrétienne, le mot gnose, désignait une doctrine philosophique et religieuse supérieure à celle du vulgaire, secrètement ou mystérieusement communiquée à un certain nombre d'adeptes et a des degrés très-divers. Quelques écrivains modernes ont appliqué ce mot à l'étude approfondie du christianisme, à peu près dans le sens de saint Paul.
GNOSTICISME. Cet ensemble de doctrines à la fois religieuses et philosophiques est devenu depuis quelque temps l'objet d'études spéciales en France, en Allemagne, en Angleterre , etc. Décrié à titre d'hérésie , a une époque où il suffisait qu'un monument fût peu connu |>our être altribué aux gnostiques , le gnosticisme était à peu près abandonne. Sur la fin du siècle dernier, Miknter, évèquc de Copenhague, y ramena l'attention du monde savant. Bientôt le gnosticisme s'éleva du rang d'une hérésie a celui d'un système de philosophie religieuse d'un caractère et d'une importance propres. Tant qu'à l'exemple de saint Irénée, de saint Épiphane, on jugeait ce système sous le seul point de vue de 'Église, on ne pouvait que le condamner ; tous les gnostiques élaient autant de Julien l'apostat. Do moment, au contraire, qu'on se fut décidé à voir en eux d'anciens élèves de la l'erse, de la Palestine , de l'Égypte et de la Grèce , rendant à certaines idées chrétiennes un hommage sincère, mais ue pouvant pas se détacher entièrement des doctrines , non moins sacrées à leurs yeux, qu'ils avaient puisées dans d'autres écoles et dont ils cherchaient a fortifier la vieillesse par la nouveauté de l'Évangile , un point de vue nouveau était acquis a l'histoire du gnosticisme. Dès ce moment, ce système n'était plus une hérésie, il était une transition naturelle du monde ancien au monde moderne ; il était , entre le monothéisme et le polythéisme, une de ces combinaisons éclectiques qu'on ne pouvait pas ne pas tenter.
Le gnosticisme était dans le génie du temps où il vint éclore. Dans ce temps, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, l'intelligence humaine cherchait avant tout le mystère, la science cachée , le secret de Dieu et du monde inconnus. L'Égypte, la Perse, la Judée , la Grèce et Rome revenaient à leurs anciens mystères ou en fondaient de nouveaux avec une ferveur extrême. Les générations venaient en elfet se ranger sous les bannières des Plotiu, des Jamblique et des Proclus, après avoir parcouru avec les Pyrrhou, les Enésidèmeet les Scxtus bmpiricus toutes les régions du scepticisme- et môme de l'incrédulité. Le c h r i s l i anisme, loin de combattre ce penchant pour les mystères, devait lui-même le nourrir. Non-seulement sa doctrine renfermait beaucoup de mystères, mais ses partisans s'assemblaient d'une manière mystérieuse, ses premiers apôtres avaient formé sous le nom d'Église une sorte d'association mystique, et dans les destinées de son auteur tout était mystère : son entrée dans ce monde, sa vie, sa résurrection, son retour auprès du Père qui l'avait envoyé. Dans l'excitation générale où étaient les esprits, cet exemple devait avoir de nombreuses imitations. Vingt ans après la mort de Jésus- Christ, Apollonius de Tyane parcourut le monde avec ses disciples, demandant l'initiation à tous les mystères, et l'attribuant le don de faire des miracles. Bientôt suivirent