‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 306 sur 614 · GOBEL — GOBELINS · texte numérisé non relu

GOBEL — GOBELINS

que conduit, par une bande de forcenés à la barre de la Convention , où, d'une voit tremblante, il déclaré que, cédant à la voix impérieuse de l'opinion publique, qui repousse son ministère, il abdique, sans ajouter au seul mot qui froisse le do^mc ni la morale. Mats sur-le-champ son discours est falsifie par l'orateur de la troupe , qui s'est chargé du commentaire. - Abdication t\ffi\futabjura4ion da charlatanisme, hommage à la raison , qui s'élève triompliante au-dessus des momeries religieuses. » Le fracas des appaudisseroenU est interrompu pour entendre la réponse de Laloi , président ; et cette réponse , assortie à la harangue de Chaumelte , provoque une salve d'applaudissements nouveaux. Gobel, attristé, troublé, presque anéanti , se relire. Aussitôt à la tribune s'élancent desccclésiatiqncs catholiques, des ministres protestants , qui se félicitent » d'assister aux funérailles des préjugés, de voir luire enfin le jour de la raison, et qui désormais ne veulent plus d'autre culte que celui de la liberté. » C'est a cette séance qnc G régoire tint un langage digne de son ministère.

« D'après ce qui précède, ajoute Grégoire, on voit que les paroles et les sentiments de Goliel furent mensongère ment dénaturés par les misérables qui l'avaient entraîné à la Convention. Les journaux firent écho ; presque tous étaient rédigés sous l'influence de la même faction. La conformité de conduite et de langage est en général un moyen sûr d'apprécier les hommes. Ceux qui depuis longtemps avaient connu Gobel, alors âgé de soixante-six nus, s'accordaient à dire que sous ce double aspect il pouvait défier la critique. Quelques jours avant sa comparution a la barre, j'avais eu occasion de m'entretenir avec lui sur des matières religieuses ; il en parlait comme à l'ordinaire, avec le res|>cct et la gravité que commande un tel sujet. Il y a plus : instruit du clwgrin que m'avait causé la séance déplorable du 7 novembre, il m'envoya un de ses vicaires pour m 'assurer qu'il s'était borné à se démettre, et qu'en donnant à son abdication le sens d'abjuration, on le calomniait. Je le crois , car «lans le cours de la persécution qui a désolé la France , on peut compter non-seulement par centaines , mais par milliers , les fourberies du même genre de la part des administrateurs qui opprimaient tous les départements. On sait d'ailleurs que Gobel continua de professer hautement les principes religieux. Et lorsqu'il fut traduit au tribunal révolutionnaire, il protesta énergiquemenl contre l'accusation d'athéisme dont on voulait le charger. Chaumcttc, impliqué avec lui le même jour, dans la même cause, avait été un des plus ardents promoteurs du culte de lu liaison ; au reproche d'avoir conspiré contre la république, et d'avoir voulu anéantir toute morale par l'athéisme, il répond : Dieu m'en préserve! Je me rappelle que dans les registres on a souligné ces trois mots qui sans doute avaient excité l'étonnement; tous les accusés, au nombre de dix-sept, furent condamnés à mort , le 74 germinal an 1 1 ( 1 4 avril 1 704 ). Le tribunal qui les dévoua au supplice comme alliées était le même qui avait égorgé tant d'innocents accusés d'être fanatiques, c'est-à-dire chrétiens. »

I)c la Conciergerie, Gobel fit parvenir, dit-on, à Lothringer, un de ses anciens vicaires, la lettre suivante : « Je suis à la veille de ta mort. Je vous envoie ma confession par écrit. Dans peu de jours, je vais expier par la miséricorde divine tous mes crimes et tes scandales que j'ai donnés. Pai toujours applaudi dans mon emur à vos principes. Pardon, cher abbé, si je vous ai induit en erreur. Je vous prie de ne pas me refuser les derniers secours de votre ministère, en vous transportant à la Conciergerie, sans vous compromettre , et à ma sortie , fie me donner l'absolution de mes péchés , sans oublier le préambule : ab omni vinculo excommunicationis. Adieu I prie/. Dieu pour mon âme, afin qu'elle Irouve miséricorde devant lui. >• En allant du cachot à réchafaud , l'attitude de Gobel manifesta une résignation chrétienne; et lorsque la populace criait : Vive la république! élevant la voix.il s'écria : Vire Jésus-Christ! On a dit que dans la lettre précédente il signait ocqt.e de hjdda,

ce qui, avec quelques termes de cette lettre, semblerait indiquer qu'il avait rétracté son serment à la constitution civile du clergé. Rien la de surprenant de la part d'une « farbU nature. Bohdju-Demoi-lm.

GOBELET ou GOBEAU, synonyme de vase a boire. Quelques etymologistes le font dériver du bas-breton gob . Ménage et Saumaise, de cupa , coupe. Rabelais, Montaigne ri quelques vieux auteurs emploieut souvent le mot de gobtau. Montaigne rappelle a ce sujet un vieil usage féodal du treixième siècle, qui se maintint jusqu'à la fin du tênnw, m Le duc de Moscovie , dit- il , devoit anciennement cette révérence aux Tatars , quand ils envoyoient vers lui des ambassadeurs, qu'il leur alloit au-devant à pied, et leur présentent un gobeau de laict de jument (breuvage qui leur est en délices). Et si en beuvant quelques gouttes , en tombait sur le crin de leurs chevaux , il estoit teneu de Us lécher avec la langue. » On appelait gobelet, ou Umballe, le vase dont on se servait généralement. Il était d'or, de vennd , chez les princes et les grands seigneurs; d'argent, chet les bosr geois : celui des père et mère et des grands parents était plus haut et plus large, très-évasé; la base, plus étroite, reposait sur un pied très-peu élevé et tourné en forme de lav de colonne. Les gobelets des enfants et des convives, appelé* plus ordinairement t imballes , étaient inoins larges, moi» élevés, et sans support par le bas. Les grands gobelets étaient des meubles de famille , et dans la classe bourgeoise h * transmettaient de génération en génération. Leur forme était absolument la même que celle des gobelets des marrbwb de coco. L'usage des gobelets est passé depuis qu'on } t substitué les verres. On avait cependant coutume d'arquer le mot gobelet aux verres à pied dont on ne se senut «pic pour le* vins fins et les liqueurs. Mais aujourd'hui oh sortes de verres sont d'un usage général.

Jouer des gobelets, c'est, au positif, escamoter, fut* q* les e s c a m o teu rs se servent dans leurs tours de troii #>• belels de fer-blanc, d'égale dimension, qui au besoin »'<mbol lent l'un dans l'autre, et sous lesquels ils font p»*r '> petite boule qu'ils appellent muscade , et qui a la (on* de ce fruit. Dans le sens figuré, on appelle joueurs dt gobelets les gens qui , par ruse et par fraude , s'étudia»! > tromper les autres en affaires. Dupet (de i'ï»w).

GOBELET ( Pyrotechnie), enveloppe cartonnée ri U tei lient serrée, dont se servent les artificiers pour cm'™ ' la fusée. Ces espèces de gargoiisses, assujetties h IVit"mité des baguettes , doivent être inégales en diamètre ou ft hauteur.

GOBELET ( Service du ). C'était un des sept office» * la maison du roi. Il se subdivisait en deux parties, la petfteriebouche, chargée de préparer le couvert du roi,lehat«. le pain, le Iruit ; et Yechansonnerie-bouche, chargée de <k poser le vin et l'eau , etc. Le chef de ce service était q«lifié chef du gobelet ; il servait le roi l'épée au c*l>. U* officiers de l'une et l'antre partie de ce service étaient oMe-? de faire, en présence du premier valet de chambre, l*** de tout ce qu'ils apportaient pour le repas du roi. L'euf*" reur Napoléon I", en organisant la domesticité de sa son , avait réduit les sept services de bouche de la**1* maison royale à trois : cuisine, office, cave. Le bud^* j chaque service était fixé par lui-même sur une large «-.*"• mais avec défense d'excéder d'un centime le chiffre 1' cave figurait pour 120,000 fr. dans le budget imper'»1;* IS05; l'office, pour lio.000 fr. ; la cuisine, pour

Duvet (de I'Yowk).

GOBELINS(Manufacraredes). L'mplaeeroe«tw£ élevée cette célèbre manufacture était occupé dès le zième siècle par des drapiers et des teinturiers en U*^ ils avaient choisi celte partie du Paris actuel * , voisinage de la rivière de Dièvre, dont les eaux «*l,v* lentes pour le lavage et la teinture des laines. Sous le ré* François I", un de ces teinturiers , Gilles Gobelin, * fit en ce lieu des acquisitions considérables , que se* * seurs augmentèrent encore ; et c'est sans dovtc I» « 1*

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