‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 307 sur 614 · G0BEL1NS · texte numérisé non relu

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feit croire à quelques historiens que Gilles Gobelin était le fondateur de la manufacture qui porte son nom. Quoi qu'il en soit, la fortune rapide de Gobeun et de ses successeurs donna de la célébrité an quartier qu'ils habitaient , et le peuple appliqua leur nom et à la rivière de Bièvre, qui traversait rétablissement, et à rétablissement lui-même. Les Gobelins n'étaient pas encore manufacture royale ; et les ouvriers qui s'y trouvaient travaillaient pour le public. Il en fut ainsi pendant longtemps encore. En I05&, un Hollandais, appelé Gluck , et un ouvrier haute- licier de Bergueg, nommé Jean Liausen, plu* connu sons le nom de Jans, accrurent encore la renommée de l'établissement, où l'on ne se Irritait plus à faire de la teinture écarlate, comme sous Gilles Gobeliu.

La perfection des ouvrages qui en sortaient fixa l'attention de Colbert : ce grand ministre porta le roi à acquérir toutes les maisons et tous les jardins qui forment aujourd'hui le vaste emplacement sur lequel il fit élever, en 1662, l'hôtel actuel, de »8 toises de long sur 70 de large, qui prit le titre de Manufacture voyait des Gobelins pour les meubles de la couronne. 11 y fit bâtir des logements convenables pour les plus habiles ouvriers et artistes en tous genres. Des ateliers de bijouterie , d'horlogerie, d'ébénisterie, de peinture, de sculpture, de marqueterie, etc., s'ouvrirent dans cet établissement, dont la direction fut confiée, en 16C7, au célèbre peintre Le Brun. Toutefois , malgré la beauté des produits d'autres espèces qui en sortaient, la fabrication des tapisseries de haute et bas-e lisse fit toujours le fond de l'établissement. Aussi, en 1694, les prodigalités ruineuses de Louis XIV ayant nécessité des économies, on supprima les allocations destinées aux ouvriers autres que ceux qui fabriquaient de lu tapisserie ; on les congédia , et dès lor» les Go- Lelins redevinrent ce qu'ils avaient été, une manufacture royale de tapisseries, dont la réputation s'est toujours soutenue. Une école de dessin et de tissage pour les ouvriers et un atelier de teinture dirigé par d'habiles chimiste», où l'on donne à la laine toutes les teintes et dégradations de teintes que le peinlre trouve sur sa palette , ont été annexés de nos jours a cet établissement.

La réputation des ouvrages exécutés aux Gobelins est devenue universelle : il est impossible de rendre avec, autant d'exactitude la pureté du dessin et la magie du coloris des plus beaux tableaux. L'art d'égaler le pinceau avec des fils de laine y a été porté a la plus haute perfection , et sous ce rapport nous n'avons rien à envier à aucune autre nation. Les sujets tirés des plus grands peintres anciens et modernes, que les tapissiers des Gobelins reproduisent si fidèlement, sont exposés au public certains jours de la semaine ; le nombre des étrangers qui profitent de ces moments privilégies pour visiter les salles et ateliers de cette grande manufacture, est un hommage rendu à notre industrie nationale.

Suivant Dulaure, la famille des Gobelins devrait son origine à un Jean Gobelin, teinturier, qui, vers le milieu du quinzième siècle, avait su pratiquer la teinture des étoffes sur une large échelle et la transformer en une iielle et grande industrie toute locale, source de travail et par suite d'aisance pour tout un quartier de la grande ville. Les descendants de ce Jean Gobelin, qui inventa , dit-on , un procédé nouveau pour obtenir en teinture un beau rouge écarlate , continuèrent encore (tendant une ou deux générations à faire de la teinture leur principale affaire ; puis le moment vint oii , après avoir acquis dans cette honorable industrie une grande et belle fortune , ils aspirèrent à vivre noblement, c'est-àdire à ne plus rien faire, ou tout an moins à échanger leurs occupations, jusque alors manuelles pour ainsi dire , contre celles du légiste ou du financier bien autrement prisées du vulgaire. Dès 1544 on trouve un Jacques Gobelin correcteur «les comptes, puis un Balthasar Gobelin trésorier de l'épargne, dont la tille, Clauda , épousa en 1&:>* Raymond IMiclippeanx, président au parlement de Paris. Les Gobelins finirent par rougir d'un nom qui rappelait forcement leur origine plébéienne. Ils Gemmai quisèrent (à beaux dc-

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[ mers comptant , cela va sans dire ) , et ainsi apparut un beau jour au milieu de la cohue nobiliaire et féodale du dix-septième siècle la très-noble maison des marquis de Brinvtlliers. Arrivée à un .tel degré de splendeur, la descendance directe de Jean Gobelin ne pouvait plus désormais que déchoir, lue fois sur la pente fatale , la marche fut rapide, et en 1662 , quand Colbert tondait la manufacture des Gobelins, le dernier descendant survivant de Jean Gobelin, le marquis de Brinvilliers, fils d'un président à la cour des comptes, héritier d'une trentaine de mille francs de rente et mestre de camp au régiment de Normandie, avait épouse par

■ amour, depuis une dizaine d'années, Marie-Marguerite d'Aubray, tille du lieutenant civil de Paris, laquelle déjà deslx.norait son nom par le scandale de ses nmira, et devait à peu d'années de la le rendre à jamais fameux dans les annales du crime.

; GO U E-MOUCHES, genre d'oiseaux de l'ordre des pas aereaux dentirostres. Us ont pour caractères : Bec déprimé

! horizontalement , un peu trigone et garni de soies a sa base , grêle, subulé; mandibule supérieure échancrée et courbée vers le bout; l'inférieure plus courte, un peu aplatie au dessous et à droite; narines presque rondes, glabres, ou cou-

! vertes plus ou moins par les soies ; langue aplatie , terminée par des poils courts et roides ; ailes des uns a penne bâtarde courte; deuxième et troisième rémige les plus longues; d'autres sans penne bâtarde; quatre doigts, trois devant, un derrière , réunis à leur base. Ces oiseaux , dont les variétés sont très-nombreuses , sont d'un naturel sauvage et solitaire, ont nu air triste , dur et inquiet. Leur vraie patrie est le Midi , où se trouvent le plus de mouches et d'insectes , auxquels ils font la chasse; et l'on ne saurait croire, au rapport de Bu (Ton , quel service ils rendent à l'homme sous ce point de vue. Les plus grandes espèces sont en Amérique, ou on les connaît sous le nom de tyrans , la nature ayant cru devoir opposer de plus forts ennemis dans le Nouveau Monde aux insectes, qu'elle y a multipliés et agrandis. Comme tout degré de froid qui abat les insectes volants prive ces oiseaux de nourriture, ceux de nos climats prient pour le Sud avant les premiers froids, et l'on n'en voit plus dès la fin de septembre. Quelques auteurs réunissent aux gobe-mouches les oiseaux du genre moucher ol(e.

Gobe -mouches est aussi le nom vulgaire de quelques plantes dont la tige visqueuse ou certaines parties irritables retiennent ou emprisonnent les mouches et autres insectes qui viennent s'y poser (voyez ktoem, Dionke, etc.).

Gobe-mouches, au figuré, sert a désigner un homme qui n'a point d'avis a lui , et qui parait être de l'avis de tout le

■ monde ; ou celui qui croit sans examen toutes les nouvelles qu'on débite. Les gobe-mouche4 sont communs en France , à Paris surtout , où ils forment une variété importante du genre badaud.

GO BERT (Fondations). Napoléon Gobert, mort âgé de vingt-sept ans, vers la fin de 1833, au Caire, pendant un I voyage en Egypte, où il était allé chercher des distractions auai logues à la tournure sérieuse et méditative de son esprit, était 1 le fils d'an général français qui s'était distingué en Italie en ! 1&00, puis à l'expédition de la Guadeloupe , a la campagne i d'Allemagne de 1806, et qni avait été tué à la bataille de j Baylen, au moment oh il s'efforçait d'imprimer un nouvel élan ! à nos troupes. Son fils fut un des douze enfanta de maréchaux ou généraux qui furent baptisés avec le fila du roi de Hollande, et a qui l'empereur servit de parrain. Possesseur, à sa majorité , d'une fortune considérable, et orphelin, il combattit avec les Parisiens en juillet 1830. Atteint, de bonne heure, d'une maladie de langueur dont les progrès lui faisaient entrevoir sa lin prochaine, ce noble jeone homme fit son testament à Vitré, le 1 inai 1833. Indépendamment 1 d'une somme de 200,000 francs, consacrée par la piété filiale i à la construction d'un monument en l'honneur de la roé- J moire du général, le jeune Napoléon Gobert, après d'autres legs particuliers, faisait «Ion, par ce testament, a ses fermiers ! et métayers de Urelagne, des diverses fermes et métairies

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