‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 309 sur 614 · GODEFROID DE BOUILLON — GODOUNOF · texte numérisé non relu

GODEFROID DE BOUILLON — GODOUNOF

La reconnaissance le forçai! à cet acte de Justice; car le duc lui avait rendu les plus signalé* services dans différentes expéditions, surtout contre l'anti-césar Rodolphe, et au siège de Rome en 1083. L'an 109%, ayant pris la croix pour la délivrance de la Terre Sainte, il vendit son château de Bouillon à l'évêque de Liège, Otbert, afin de subvenir aux trais de son voyage.

Sa brillante réputation, le Sang dont il sortait et son exemple, attirèrent sous ses drapeaux un grand nombre de chevalier» français et allemands. A Constantinople, l'empereur Alexis fit revêtir Godefroid du manteau impérial, le dé» clara son fiU adoptif et mit l'empire sous sa protection. Ce ne fut que sur la terre d'Asie pourtant qu' il lut reconnu comme le clief de l'expédition par les autres grands seigneurs, ses égaux. L'ascendant de son caractère et la nécessité d'apporter de l'unité dans le commandement lui valurent cette distinction, qu'il n'avait pas cherchée.

Après la prise de Jérusalem, Godelroid fut à l'unanimité élu roi par les princes frères d'armes ; mais, refusant de porter un diadème là où le Sauveur du monde n'avait reçu qu'une couronne d'épines, il accepta seulement le titre de duc et d'avoué du saint-sépulcre. Les plaines d'Ascalon furent témoins de son dernier triomphe. Il mourut dans sa capitale, le 18 juillet 1100, après avoir doté d'un code de lois les nations diverses rangées sous son sceptre. Ce code est connu sous le nom é* Assises de Jéru salem. on a encore de Godefroid quelques lettres en latin, langue qu'il possédait, ainsi que le français et le teuton ; de pin*, quelques chartes recueillies par Aubert le Mire. dom'Martène et doiu Calmet. Dk Rkiffenbebc.

GODEFROID DE STRASBOURG, très-vraisemblablement natif de celte ville d'Alsace, bien que le fait ne soit attesté par aucun document et qu'on manque de toute espèce de renseignements sur sa vie privée, fut un des poètes les plus remarquables de l'Allemagne au moyen âge. Simple bourgeois, il n'est désigné nulle part par la qualification de messrre, réservée aux chevaliers et aux gens d'église , mais seulement par celle de maître , qu'on lui donne pour honorer son talent. Il composa, vers l'année 1207, Tristan, son principal ouvrage , qu'il n'eut pas le temps de finir, après avoir déjà consacré cependant près de 20,000 vers au récit de plus des deux tiers de la tradition qui en est le sujet. Deux continuateurs essayèrent de le terminer ; l'un , Ulric de Turheini , gentilhomme de Souabe , se contenta de mener le récit jusqu'à la fin d'une façon fort sèche, vers Tau 12 10 ; l'autre, Henri de Freiberg (de l'Erxgebirge saxon), doué de plus riches facultés poétiques, s'efforça avec assez de succès, au commencement du quatorzième siècle, d'imiter le sly le du poète dont il continuait l'œuvre. On a encore de Godefroid un certain nombre de poèmes lyriques, «lont le puis important est une hymne en l'honneur de la Vierge Marie et de Jésus-Christ ; œuvres plus riches en figures et en expressions reelterchées qu'en pensées et en sentiments. Le principal mérite de Godefroid de Strasbourg consiste dans les brillants ornements dont il revêt ses récits. Une grande délicatesse de pensées , une grâce aimable d e \ pression , un tour vif et gai de la période, qualités grâce auxquelles ce |kh te n'est jamais plus heureux que lorsqu'il a une histoire d'amour à conter, lui assurent la première place après Hartmann von der Aue , dont il n'a ni la grâce si pure ni la simplicité si suave; de même que la gaieté, la profondeur et la richesse d'idées de Wolfram d'Escbenbach , qui hit aussi son contemporain, lui font défaut. Godefroid de Strasbourg était bon latiniste. Malgré l'éclat de son style, on voit qu'il ne possède qu'incomplètement le langage des cours, c'est-àdire la langue deja assujettie à des règles grammaticales. La construction de son vers n'est pas non plus d'une irréprochable pureté.

GODEGISELE, le premier roi connu des Vandales, que, à l'incitation de son compatriote Stilicon, administrateur de l'empire d Occident, il conduisit de la Pan no nie, qu'ils habitaient, vers les ngions occidentales de l'Europe;

| mais arrivé sur les bords du Rhin, il y fut attaqué par les I Francs, et périt avec 20,000 des siens dans cette bataille. Gondicaire se mit alors à la tête des Vandales, et, avec l'appui des Alains et des Suèves, parvint à forcer l'entrée des Gaules.

GODÉGIS1LE ou GODEGISÈLE, second fils de Gondiocli, roi de Bourgogne, hérita, après la mort de son père, arrivée vers l'an 470, du territoire qui forme aujourd'hui la F r a n c h e-C o m t é et les cantons de la Suisse française qui eu sont limitrophes. Il réussit d'abord à se tenir en bons rapports avec son frère aîné, Gondebaud, qui avait dépouillé ses deux frères put nés de leur part dans l'héritage commun ; mais bientôt la supériorité des forces dont disposait Coudebaud lui inspira de sérieuses inquiétudes pour son iodé^ndance, et alors il conclut avec Clovis, roi des Francs, un traité secret, qui fut le premier coup porté à la grandeur de sa maison. Dans la guerre qui en résulta entre les Bourguignons et les Francs, son éclatante défection sous les murs de Dijon (an 400) assura fa victoire à ceux-ci ; mais il ne recueillit pas le fruit qu'il avait espéré tirer de sa trahison. En effet, Gondebaud fit tout pour obtenir la paix des Francs, et se trouva de la sorte libre de punir son frère. Godégisile se renferma avec une poignée de Francs dans les murs de Vienne, et lors de l'assaut donné à celte ville par les troupes bourguignonnes, il fut tué dans une église où il avait espéré trouver un abri. Gondebaud se trouva ainsi de nouveau souverain unique de la Bourgogne.

GObEIUCH (Lord). Voyez Ripon.

GODI VA, épouse du duc Leoffrick de Mercie, affranchit an onzième siècle les habitants de Coventry d'une amende qui leur avait été imposée par son mari, se soumettant à cet effet à une assez bizarre condition, mise à sa miséricorde par son gracieux seigneur et mallre : c'était de parcourir à cheval la ville de Coventry, complètement nue, et sans autre voile pour abriter sa pudeur que ses longs chc veux flottant au hasard sur son corps. Sous peine de mort il avait été, du reste, défendu aux bourgeois et manants de Coventry de paraître dans les rues pendant celte exhibition, ou seulement de mettre le nez à leur fenêtre. La curiosité l'emporta chez un boulanger sur l'instinct de la conservation ; en punition duquel délit il fut sans rémission pendu par son cou. Aujourd'hui encore, une tête en pierre sculptée indique la fenêtre où le pauvre diable commit son crime ; et il n'y a pas longtemps qu'au jour anniversaire de leur délivrance les habitants de Coventry promenaient encore processionnellement par les rues de leur ville la statue de Godiva couronnée de fleurs.

GODOl. Voyez Gonov.

GODOL1N. Voyez, Gounouu.

GODOL'iMOF ou plutôt GODUNOF, nom d'une grande famille russe , d'origine la tare , et dont le membre le plus célèbre a été Boris FéodorowUsch Gononor, né en 1&&2, qui passa sa jeunesse à la cour du czar Ivan IV ou le Terrible , et qui lut désigné par ce prince pour faire partie du conseil qu'il préposa à la tutelle de son fils mineur Féod or !«■. Pendant le règne de Féodor, Godunof , dont le czar avait épousé la soeur Irina, gouverna l'empire. Doué de grands talents comme homme d'ttat, par sa politique sage et habile, il releva la puissance de la Russie, acheva la conquête de la Sibérie , et en construisant un rempart en terre, comme avaient fait jadis les Romains contre divers peuples, notamment contre les Pietés, chercha à me lire l'empire à l'abri des invasions des Tataras, qui, sous son administration, essuyèrent une sanglante défaite devant Moscou. Enfin, il s'efforça de mettre la Russie en rapport avec l'Europe civilisée. Féodor étant mort sans laisser d'héritiers, Godunof, après de longs refus, consentit à monter sur le trône de Russie à la priera des boyards et de tous les habitants de Moscou. Il put dès lors exécuter sans obstacle les plans qu'il avait conçus pour l'agrandissement de la Russie; il ouvrit les ports de l'empire aux navigateurs étrangers , notamment à ceux de la Hanse, et songea même à fonder une univer^té à Moscou

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