‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 310 sur 614 · S68 GODOUNOF · texte numérisé non relu

S68 GODOUNOF

Mais sa sévérité à réprimer l'ivrognerie, ses innovations et sa prédilection trop marquée pour les étrangers flairent par exciter le mécontentement des populations, de sorte que le premier des faut Démétrius, qui 6e fit passer pour le frère de Féodor, mort en 1591, à Ouglitsch, et, suivant on bruit populaire , assassiné par ordre de Godunof , trouva facilement créance. Il avait pénétré en Russie en 1604 , et déjà une partie de la Russie méridionale s'était déclarée en sa laveur, lorsque Godunof mourut subitement, le 13 avril 1605. Le poète russe Pouschkine a trouvé là le sujet d'un drame qui a obtenu un immense succès parmi ses compatriotes.

Son tils , Féodor Goourwr , qui k la mort de son père se lit proclamer czar par l'armée , dut, après deux mois de règne, fuir devant le faux Démétrius, et périt étranglé la même année.

GODOY (Mami'el de), duc de fAlcudta et prince de lu Paix, naquit à Badajoz, le 12 mai 1767, d'une famille noble mais pauvre. Sans autre ressource que sa guitare, une jolie voix , une ligure agréable et une belle prestance , Manuel Godoy vint avec son frère aîné, Louis, ebereber fortune a Madrid. Un aubergiste lui lit crédit peodant un an, et prit en payement de son mémoire des romances que le jeune Manuel lui chantait après le repas en s'accompagnant de la guitare. 11 parvint enfin, en 1767, à entrer dans les gardes du corps. Son frère Louis , à la faveur de son talent musical , lit la connaissance d'une femme de chambre de la reine, qui le recommanda vivement à sa maltresse. La reine apprit de lui que son frère Manuel chantait et jouait de la guitare encore mieux , et fut curieuse de l'entendre. Le roi lui-même parut enlltousiasmé de son jeu , et trouva un vif plaisir dans sa conversation. Il y avait dans l'heureux aventurier quelque chose de si séduisant , un si rare talent d'intrigue , une telle facilité d'eloctition , et sa conversation était si attrayante, qu'on le vit successivement et rapidement devenir (1786) adjudant de sa compagnie, puis (1791) adjudant général des gardes du corps et grand'-croix de l'ordre de Charles III, lieutenant général (1792), duc de V Alcudia, major des gardes du corps, premier ministre, en remplacement d'Aranda, chevalier de la foison d'Or; enlin ( I7'J5), en récompense du zèle prétendu qu'il avait montré dans la conclusion de la paix avec la France, prince de la Paix (principe de la Pat ) et grand d'Espagne de première classe , avec une dotation territoriale de 50,000 piastres fortes de revenu. Le 19 août 1796, il signa à Saint-lldefonse un trait* d'alliance offensive et défensive avec la république française. En septembre 1797, il épousa donna Marla-Theresa de Bourbon , fille naturelle de l'infant don Louis , frère dn rof Cbarlis III. 11 quitta, il est vrai, lu ministère en 1798, mais il fut nommé la mémo année capitaine général, dignité qui équivaut à celle de maréchal de France, lin 1R01 , il commanda l'année qui marcha contre le Portugal , et signa |p traité de Badajoz, qui, en vertu d'un article secret, lui valut lu moitié des trente millions de francs que le prince de Brésil dut payer, t'u décret du 1« octobre 1604 l'éleva A la dignité de généralissime des armées de terre et de mer de l'Espagne. Il eut dès lors nne compagnie de gardes du corps à lui , et ses revenus annuels montèrent à plus de cinq millions de francs. Un autre décret lui attribua en 1607 la qualification iValtesse sérénissime , avec les pouvoirs les plus illimités dans toute l'étendue de la monarchie es|«gnole.

Godoy n'était cependant arrivé st rapidement au faite de la puissance que |>our en tomber avec plus de rapidité encore. Sa chute fut le résolut d'influences intérieures et extérieures. Il s'était attiré au plus liant degré la haine de la nation espagnole, obligée de guerroyer contre l'Angleterre par suite de l'alliance intime contractée avec la France par le cabinet de Madrid , et malgré ses immenses sacrifices d'argent pour imiivoir conserver la neutralité. Le désastre de T ra Ta I gar, qui anéantit les derniers débris de la puissance navale de l'Espagne, le blocus continental qui ne tarda point à être mis en vigueur et bien d'autres circonstances accessoires encore lut aliénèrent de plus en plus l'opinion ; et

fine

bientôt un redoutable parti se forma contre lui h la toar même , sous le patronage du prince des Asturies (roses Ferdinand VII).

Comprenant bien que tous les griefs qu'on élevait contre son administration et sa personne avaient surtout leur source dans les résultats de l'alliance française pour l'Kspagne, Godoy, en 1606, peu de temps avant la campagne île Prusse , crut le moment venu de secouer enlin le jotrç <\« la France. En conséquence, il appela la nation au* arme*, et mit sur le pied de guerre une armée de 40,ooo homme, en même temps qu'il entamait des négociations secrètes «Têt la cour de Lisbonne. Quoiqu'il essayât de donner pour pretexte aux armements de l'Espagne des mesures défaMire* prises contre les Etats barharesques, Napoléon, qui reçut m le champ de bataille même d'iéna la première nmiTell? de l'attitude que le cabinet de Madrid venait de prendre s inopinément , ne s'y laissa pas tromper, et devina tout de suite la pensée secrète de Godoy. Dès lors le détronemeiit des Bourlwns d'Espagne fat cliose arrêtée dans son esprit.

Pendant ce temps-là, le procès criminel intenté à ITnsb"galion de Godoy an prince des Asturies par Charles IV, son père , avait porté à son comble la haine de la tution pour un insolent favori. Godoy reconnut trop tard l'abîme entr'ouvert sous ses pas. L'insurrection qui Mata k- li mars 1808 à Aranjuez eut pour résultat d'empêcher la mi* à exécution du projet qu'il avait formé d'aller se réfit»ier es Amérique avec la famille royale. Godoy , qui s'était «rte dans un grenier, fut trouvé et traité de la manière la pi» cruelle ; les instances du roi, de la reine et du prince de* Asturies purent seules sauver sa tôte; et ixMir apaiser la foreur du peuple, il failnt foi promettre que la justice aurait à prononcer sur son sort. Les événements de Bayonnr empêchèrent seuls ce procès. Napoléon, qui savait quelle profonde influence Godoy exerçait sur l'esprit de Charles IV, obtint son élargissement, et l'appela à Bayonne, ou il dirigea alors toutes les pensées et toutes les actions du roi et de la reine d'Espagne; et jusqu'à la mort de l'un et de l'aotreil ne cessa pas un seul instant de posséder leur confiance la plusentière. Après sa chute, Godoy résida d'abord «Franc puis à Rome, où, avec l'agrément du pape, il prit le lUreo> prince de Passeront», d'une terre qu'il avait achetée dans les Etats de l'Eglise. Tout ce qu'il possédait en Esplfne biens meubles et immeubles fut confisqué. Sa femme, qui à partir de 1 606 cessa de cohabiter avec lui, pour résider a Tolède, où demeurait sa mère, tiabita ensuite Paris, mm* k nom de duchesse de Chinchon. Elle y mournt le M anvembre 1828, un an environ après avoir oWenu du gouvernement espagnol une pension de 25,000 francs «nr le revenu des biens enlevés à son mari. Godoy n'avait en qu'une fille, mariée, en 1820, au prince romain ItwpoH.

I«t haine vouée par le pennle espagnol à Godoy a mi**» Nablement eu pour résultât d'entremêler l'fostotre 6> « vie d'un grand nombre de fol» ou faux on exagérés. On l'accusa généralement, par exemple, de s'être rendu eetpd* de bigamie Ainsi, il aurait épousé bien secrètement, en i '"■ la fille d'un vieil officier appelé Tudo, dont il était de»w« éperdument épris; et c'est lorsque la reine aurait cosmi mi secret , que, par jalousie, cette princesse l'aurait coairini à épouser la iHIe naturelle de Tintant don Louis. Ceq» « ! a de certain, c'est qu'à la mort de la duchesse de Chnacboa. Godoy rendit public son mariage avec cette Josepha W qu'au temps de sa puissance II avait fait nommer mm**" de CastellO'Fiel.

Le prince de ta Paix est un de ces hommes dont on » «M trop de mal pour qu'une fol entière puisse être ajoutée à» ennemis. Maître absolu de la monarchie espagnole pei»*"» vingt ans, le clergé, -dont II avait voulu diminuer finit**' ce, sut soulever contre lui les passions populaire'*. W*" nand VII, par son odieuse tyrannie, l'a Meh vengé *cj«r«<* injustices dont il a pu être l'objet de la part de 1"T*** publique. En précipitant des marches du trône un favori , on oublia que ce même homme s'était oeenp*

GO DO Y de

réformes utiles, et qu'il avait «lu tribunal de l'inquisition.

Après la révolution de Juillet, Godoy, qui jusqu'aux dernier» moments de l'existence de Charles IV et de la reine Marie-Louise ne les avait pas quittés d'un instant, vint s'établir à Paris, où pendant près de dix-huit ans il vécut dans un état voisin de l'indigence et réduit à recevoir une pension de Louis-Philippe, qui n'avait pas oublié les quelques services qu'il avait été donné jadis au tout-puissant ministre d'fopagne de lui rendre. En 1844, Godoy obtint l'autorisation de rentrer en Espagne, ou bien des haines s ciaient éteintes à la suite d'un exil de trente-six ans. Ceux de ses biens dont l'État n'avait pas disposé lui forent même restitués en 1847. Il est mort à Paris, en octobre 1851. De 1830 à 1838 il avait fait paraître dans cette ville : Mémoire» du prince de la Paix, don Manuel Godoy, duc de l'Alcudia, etc. (4 vol. in-8°).

Son frère, don Louis, premier auteur de sa fortune, mourut en 1801, capitaine général de l'Estramadure.

GOD SAVE THE KINGl Cerf à dire : Dieu sauve te roi! (Test tout à la fois le refrain et le titre d'un chant national anglais. Ce chant grave, qui trouve des sympathies dans l'humeur anglaise, est d'un merveilleux effet. \jt roi, d'après l'étiquette «le la cour, doit faire acte de présence au moins une fois l'année à Covent-Garden,k Drury-Lanr, à l'Opéra. Aussitôt qu'il parait dans sa loge, le God sace the king remplit la salle de sa mélodie majestueuse, excuté par une voix solo, des instruments et des chœur». Dès la première mesure, tous les spectateurs, loge» et parterre, se lèvent spontanément, par un sentiment unanime de resjtect. Maintenant, sons le rapport des curiosités, des propres et de l'histoire de la musique, reste à savoir quel est l'auteur de cet air célèbre ; or, force nous est de confesser qu'à cet égard il règne toujours la plus grande obscurité. On a cherché à rendre vraisemblable que le texte et la mélodie auraient pour auteur le poète Harry Carrey, fils naturel dn comte Halifax, qui se brûla la cervelle en 1744 ; on a dit qne, ignorant les principes de la con)|>o»ition, il s était atrtsse A Harrington, et suivant d'antres à Smith, secrétairecopistc de H tendel , pour corriger ce que son premier essai avait d informe, et pour y ajouter la basse. Cest là probablement ce qui aura fait dire que cet air était de Heendel; et on^ a même prétendu que celui-ci l'aurait, sans en rien

aux dieux de Quinault, en cinq on six Ters. Ce qu'il y a d'avéré, c'est qu'il (ut publié pour la première fois, a ce qu'il parait, paroles et musique, en 1745 dans le Gentleman t Magasine, peu de temps après le débarquement du Prétendant , et qu'il devint tout de suite populaire, quand A r n e, l'auteur du chant patriotiq w RuleBrttannia, l'eut transporté sur la scène. Divers compositeurs en perfectionnèrent depuis la mélodie] mais le rhytbme est toujoora resté tel qu'il était à l'origine, sauf les légères modifications qu'il a fallu y introduire par suite du changement survenu dans le nom du souverain, k l'avènement d'abord de Guillaume IV et ensuite de Victoria. ( Le titre et le refrain <ie i<i i lia n sou, oepuis ic règne oc cent princesse, nom doti wave the Queen I ).

D'autres prétendent que cet hymne n'avait point été primitivement composé en l'honneur d'un roi Georges, et que tes plus anciennes leçons portaient : God tare great James, our king! (Que Dieu consent' le grand Jacques, notre roi ! ) ; qu'il fut couqiosé et mis en musique pour la chapelle catholique du roi Jacques 11; mais qu'après M chute de ce prince, personne n'osa plus le chanter, Jusqu'à ce que, soixante ans plus tard, on trouva moyen de raccommoder a la nouvelle dynastie. W. Clarté, qui a combattu l'opinion qui l'attribue, à Carrey, le fait dater du dixseptième-siècle. 11 lui donne pour auteur un certain John Bull, né en 156), attaché en 1591 à la chapelle de la reine Elisabeth en qualité, d'organiste, professeur de musique au collège de. Gresuain en 1596 et sous Jacques I" devenu mn-

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