GODWIN
sirien de la chambre de ce prince , enfin, qui en 1013 aurait quitté l'Angleterre pour aller s'établir à Luheck on il serait mort en 1622. Clarke a cherché à démontrer, à l'aide de documents remontant à cette époque, que ce John Bull aurait exécuté pour la première fois sur l'orgue le God save the king en 1607, eu préseoce du roi et de son fils , à l'occasion de la découverte de la conspiration des poudres. En 1841, cet écrivain a même été jusqu'à en produire le manuscrit original; mara nous devons dire que l'aulhenUité de cette pièce probante a paru des plus suspectes.
GODUftOF. Voyez Gonouror.
GODWIN (William), historien et philosophe anglais, fils d'un ministre dissident, était né à Wïsbeach, dans le comté de Cambridge, le 3 mars 1756. Il fut élevé au collège des dissidents de Hoxton, près de Londres, et en 1778, ayant été reçu membre de l'Église non conformiste, il commença à prêcher à Stowmarkel , dans le comté de Suffolk. Au collège , il suivait les opinions d'Arminius ; comme prédicateur, il embrassa celles de Calvin, et plus tard, sa doctrine ayant subi quelques altérations, qui déplurent à ses co-nectaires , il abandonna la chaire en 1783. I*a même année il vint à Londres , où il publia des Esquisses historiques sous la forme de sermooe. Cet ouvrage n'eut qu'un faible succès , et Godwin demeura plusieurs années sans rien offrir de nouveau au public. En 17»3 il fit paraître La Justice politique, ouvrage dont le but est de prouver que la vertu consiste à faire le bonheur de la société , et dans lequel , pour la première fois , il déploya ce style vigoureux, cette force de conception et cette richesse d'images qui formaient le caractère distinctif «le son talent. L'époque était bien pour la publication d'un livre à idées paradoxales , où l'auteur s'efforçait de prouver que l'institution du mariage est nuisible et absurde. Aussi obtint-it un succès immense dans les classes inférieures ; toutes les personnes attachées aux doctrines de l'Eglise anglicane le blâmèrent hautement. Godwin crut sans doute , lui-même , qu'il avait été trop loin, car dans la troisième édition de son ouvrage, imprimée en 1797, il rétracta quelques-unes de ses opinions.
Trois ans avant cette époque, Godwin avait publié un roman, son chef-d'œuvre et son véritable titre de gloire auprès de la postérité : Caleb Williams. Ce n'est pas que, même dans cet ouvrage , on ne trouve l'empreinte de cette misanthropie haineuse, qui trop souvent entraîna l'auteur dans une critique injuste des lois de son pays et des règles fondamentales sur lesquelles reposent les sociétés; mais les caractères principaux, ceux de Falkland et de Caleb, sont dessinés avec tant de force et de vérité, leurs sentiments sont si naturels, les incidents de leurs positions réciproques sont si bien amené* et développés avec tant d'art , la curiosité et l'intérêt sont si parfaitement soutenus jusqu'au dénouement, que ce roman compte avec raison parmi les meilleurs que l'Angleterre ait produits. Après Caleb Williams, Godwin composa encore trois romans : Fletwood, Mandevilte et Clondesley ; mais Us sont loin de valoir le premier. 11 serait trop long d'énumérer ici tons
les opuscules publiés isolement, ou insérés dans le* recueils du temps, à l'aide desquels cet écrivain donnait son opi-
nion sur les diverses questions politiques qui s'agitaient; mais trois ouvrages plus considérables ne doivent point être passés sous silence t ce sont les Mémoires de Mary Wotlstonecra/l, qui devint phis tard sa femme; V Histoire de la Vie et du Siècle de Geoffroi Chaueer, et enfin l'jf tofolre de la république d'Angleterre. Ce dernier ouvrage, quoique empreint de la partialité que les opinions de l'auteur devaient nécessairement y mettre, est précieux par les recherches qull a dû exiger, et attachant par la chaleur dn style et l'intérêt de la narration.
Nous venons de dire que Godwin épousa miss Wollstonecraft, dont il avait publié les Mémoires : ce mariage (Vit on des traits les plus caractéristiques de sa vie. Mary Woll stonecraft avait eu plusieurs liaisons intimes ; elle avait mené une vie extrêmement agitée. Trahie par ses amants, elle