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que Goethe a placées dans son filhelm Meisttr. Sa liaison religieuse avec cette âme si pieuse, si tendre, si exaltée, lui donna l'idée d'étudier les mystiques, même les alchimistes des époques diverses : il s'attacha surtout à Jacob Bœhmc. A ces éludes, il joignit des expériences qu'il fit lui-même. Entraîné dans cette sphère ardente et invisible, il ne s'arrêta pas : il voulut se créer une religion |>ar la seule force de sa pensée; le platonisme en formait la hase; la philosophie hermétique, mystique et cabalistique y contribuait pour une partie ; et tout un monde de rêverie l'enveloppait. Formée des éléments que nous venons de détailler, elle ne laissait pas que d'être assez étrange.
On ne s'étonnera pas si Gœthe , s 'étant rendu a Strasbourg pour y achever l'étude du droit et y prendre le bonnet de docteur, négligea le bonnet et la jurisprudence pour s'en tenir à la chimie et à lanatotnie. Mais l'événement le plus remarquable de sa vie pendant cette époque, celui qui devait avoir pour lui les suites les plus importantes, ce furent des rapports avec Herder, rapports qui devinrent plus fard de l'intimité. Dès cette époque Herder s'était déjà placé au rang des hommes les plus distingués par ses Fragments, ses sfjhrs antiques et d'antres ouvrages. Ses grandes et belles qualités, ses hautes connaissances, la profondeur de ses vues , lui donnèrent beaucoup d'empire sur Gœthe. Celui-ci apprit en outre de Herder à mieux juger les nouveaux efforts de la poésie et les tendances nouvelles qu'elle semblait vouloir prendre. 11 y avait quelquefois dissidence entre l'élève et le maître. Herder poursuivait de ses railleries les innovations auxquelles Goethe aspirait : ce dernier fut donc obligé de lui cacher avec soin ses espérances et l'intérêt qu'il prenait à un nouvel art dramatique, a une nouvelle poésie. Déjà il avait l'intention de transformer en figures poétiques plusieurs personnages dont Herder se serait moqué, tels que Gatz et Fautt. Mais ce qu'il cacha avec le plus de soin à son maître, ce fut son goût pour l'alchimie , le mysticisme et la cabale , dont il continuait toujours à s'occuper en secret. Singulière éducation d'une grande pensée !
Le séjour de Gcethe à Strasbourg produisit un autre résultat étrange : au lieu de le franciser, il le rendit plus allemand. Aux frontières même de la France, il rejeta violemment ses antécédents d'éducation française. la civilisation de Louis XIV et de Voltaire avait dominé la Germanie : Geathe et un petit cercle d'amis trouvèrent le joug trop pesant. Ils rêvèrent une Allemagne vraiment allemande , une poésie plus teutonique, une philosophie plus poétique, une civilisation moins élégamment assortie aux formes convenues. Ce fnt à Shakspeare qu'ils se rattachèrent. Il devint le dieu de cette coterie, qui devait agir si vivement sur la patrie enoere.
Une fois docteur, en 1771, GoMhenc prolongea pas son séjour en Alsace. Il rentra de nouveau dans la maison paternelle, en meilleure santé, plus fort, plus libre d'esprit, plus énergique de pensée que la première fois ; il ne tarda pas a recomposer son cercle de personnes pensant comme lui. Au nombre de ces associés il faut compter Herder, qui venait d'obtenir une place dans les environs de Francfort. Goethe les quitta momentanément pour aller a Wetxlar, où il apprit les circonstances qui lui fournirent la première idée de son roman de Werther. On sait que le jeune Jérusalem, type de ce héros devenu populaire, s'était suicidé par amour pour une jeune personne. La Lotte de Werther, Charlotte Buff, épousa plus tard son fiancé Albort, |iersonnage réel, qui s'appelait Albert Kessner. Elle mourut en 1858.
A son retour à Francfort, Gortlie y publia, sous le voile de l'anonyme, d'abord Gtetz ( 1773), puis Werther ( 1774) : ces deux livres fixèrent tes yeux de l'Allemagne entière sur leur auteur. Le duc de Saxe-Weimar ayant fait alors un voyage à Francfort, M. de Knebcl lui présenla le jeune poète, sur l'existence duquel cet événement eut une influen'-e décisive. Le prince liérédltaire se lia d'amitié avec l'écrivain, et quelque temps après , ayant pris en main les rênes du gouvernement, il invita Gœtlie a venir à sa cour. Gothe,
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qui venait de (aire une tournée en Suisse avec les frère* Stolsberg, >c rendit à cette invitation. En 177G il fut nommé conseiller de légation, avec droil «le séance cl voix dans le collège des conseillers privés; en 1779 il reçut le titre de conseiller privé. Pendant le cours de la même année, il lit avec le prince un socond voyage en Suisse. Kn 1782 il fut nommé président des finances, et recul des lettres de noblesse. En 1786 il voyagea en Italie, qu'il liabita pendant dcu\ années (jusqu'en 17»»), qu'il parcourut tout entière, et dont il visita les provinces les plus éloignées. Toutefois, c'est plus particulièrement à Home qu'il séjourna. En 1792 il (it la campagne de Champagne avec le due de $a\e-\Veimar. En 180C il épousa une demoiselle Valpius, avec laquelle il avait pendant longues années entretenu des relations intimes. En 1807 il obtint de l'empereur Alexandre l'ordre de Saint- Aleaandre-Nevvsky, et fut nommé par Napoléon grand-aigle de la Légion d'Honneur. L'année d'après il fut autorisé à s'abstenir de prendre part à l'expédition ordinaire des affaires ; et après la représentation du Chien d'Aubry, il renonça aussi à la direction du théâtre de la cour. En ISI5 le duc de Sa\e-Weimar lui décerna le tilre de premier ministre.
On aurait tort do regarder ces détails comme superflus : les aveux biographiques de Gœthe prouvent qu'il attachait beaucoup d'iin|>ortance a sa vie publique , et qu'il s'estimait autant comme ministre d'un petit prince d'Allemagne que comme créateur de Faust.
Trois époque* bien marquées ont divisé sa carrière. Nous avons déjà vu se développer la première de ces époques, toute de formation : il nous reste à analyser les deux autres.
La seconde est l'époque de création idéale et poétique. Elle fait éclore les premiers fruits de celte longue fécondation à laquelle nous venons «l'assister : Werther d'abord, né de la fougue mélancolique de la jeunesse ; puis Gcrd de Bcrlie hingen, drame sbakspearien. Dans l'un et dans l'autre de ces ouvrages, il put se livrer sans réserve à ses goûls les plus chers, à son inclination ardente pour les antiquités allemandes, et à la peinture de l'amour, grand mobile de la vie morale En écrivant Werther, il avait sous les yeux les dernières lettres et la fatale destinée du jeune Jérusalem. En composant le drame de Cerfs, il suivait à la trace l'autobiographie de ce brave et terrible héros; et l'on y retrouve des passages entiers des Mémoires de Gtrthe, Ainsi, le drame de Clavijo renferme des passage» entiers pris dans les Mémoires de Beaumarchais; Le Tasse, tragédie, est semé de passages empruntés au grand poète, à ses lettres, à ses biographes; Farts t n'est qu'une amplification de la tradition populaire ; Iphigénie, Egmont, Le grand Cophte ou reposent sur des bases historiques , ou contiennent des imitations. Hermann et Dorothée est tiré d'un livre intitulé : Histoire détaillée des Luthériens émigrés ou expulsés de Técéché de Strasbourg (Leipzig, 1732). Faut-Il prétendre que la faculté inventive ait manqué à Gœthe? Ce serait une erreur. Tous les personnages de Goethe offrent une ressemblance parfaite avec la nature ; ils sont vrais dans les moindres traits; les détails se développent et se coordonnent si exactement que vous les croiriez nés d'un senjet. Celte faculté de s'oublier complètement soi-même pour se pénétrer des sentiments d'autrui est accompagnée chez Gœthe d'une facilité extraordinaire à saisir l'idiome propre des passions et des mœurs, à s'approprier la manière dont elles s'expriment : non-seulement ses oeuvres dramatiques en font foi, mais ses chansons populaires, ses imitations de la manière de Hans Sachs, ses Etudes sur Shakspeare et du moyen âge , sou Gcetz, son Faust, son Iphigénie, modelée sur la Grèce antique; ses élégies romaines, qui rappellent si vivement Properec, et ses épigrammes, qui semblent traduites dcMartial. C'estdans ses chansons (le premier recueil en fut pullié dès 1770 par >on ami Brcitkopf ) que son aine respire tout entière. Ces chants nt! sont pas (ils de l'étude, enfants du travail ; ils émanent librement du caractère distinctif el spécial «lu peuple germanique. Le peuple les a gardés comme sa propriété, et il les rc«lit sans cesse avec un
naïf orgueil ; ils élèvent et enuobltssent sa vie ordinaire. Cette nationalité profonde de Gœthe , alliée à un esprit vaste, qui comprend les chefs-d'œuvre étrangers, est une des luerveill» de son existence intellectuelle.
Douze années s'écoulèrent pendant lesquelles Goethe te (it parler de lui par aucun ouvrage très-neuf ou très-iwpor- , tant. Il avait senti le besoin d'échapper aux dangers et au ridicule de celle fausse énergie que Werther avait servie, et que le développement de la révolution française favorisait De la cet état intermédiaire et transitoire qui sépare la première de la reronde époque de sa vie. L'auteur se purifie lui-même par l'ironie ; il s'efforce de mettre de l'harmonie entre la force ardente de sa première jeunesse cl le calme de son âge mûr. C'est à cet étal transitoire qu'il faut rapporter plusieurs productions satiriques, par exemple, U Triompht de la sensibilité ( 1777 ), excellente parodie de Diderot ri de Kotzebuc : c'était une issue qui lui était offerte pour sortir des préjugés philosophiques et de* crises violentes de l'époque précédente, et scie ver à une position plus haute. Ainsi, par des efforts constants et multipliés, il approchai toujours davantage du vrai beau, de cet idéal sublime, qui devait couronner sa staluc dans l'avenir. Iphigénie est un chef-d'u-uvre de «lélicatesse et de grandeur antique. A.-W Schlrçcl a eu raison de dire que cotte tragédie n'est poiat une imitation d'Euripide, mais un souvenir puissant de a poésie grecque. Le Tasse se place à coté tVlphtgeme, dot lui est peut-être inférieur que comme composition. Le Ttuu n'est pas un draine, dans lu seus rigoureux de ce mot, nm c'est un admirable poème, un tableau de caractère achevé, un commentaire profond : il u'y avait qu'un poêle qui pot comprendre ainsi le poêle. La petite cour de Weiraar ressemblait, sous quelques rapports, à celle de la maison d'Est*. On ne voyait dans aucune capitale d'Europe une réuni» aussi brillante de hautes intelligences et d'artistes distirçne* que dans la petile ville de Weimar, transformée par euv « paradis «les arts. Ce fut là que Gœthe trouva le modèle do monde au milieu duquel vivait le Tasse, et du style qa'd convenait de lui prêter. Assurément , Gcrthe courtisan d homme d'État, a dû influer sur Gœthe artiste et poète. Cette influence, qu'on ne saurait nier, a été souvent favorable U gravité, In tenue que sa position exigeait, et «mi d'ailkon ont plus d'une fois fait méconnaître son vrai caractère d'homme , corrigeaient la fougue et l'entraînement oaurrd de l'auteur de Werther. Son long séjour en Italie modifo aussi les penchants de sa première époque. Le moyen seul l'avait d'abord séduit ; jamais , pendant sa longue car rière , il n'a cessé de lui rendre un hommage poétique. Ma» l'Italie découvrait a ses yeux un nouveau monde, celui * l'antiquité hellénique , qui embrassait à la fois tes idées le plus élevées et la simplicité la plut douce. Son amour teoJrr et profond pour la nature et l'art acquirent donc une tendance nouvelle et plus sublime. Son ancien système, foa* sur la uaiveté, fut remplacé par un mélange du nai/H * l'idéal.
Les grands ouvrages qui appartiennent à cette époque, <k laquelle date aussi son étroite liaison avec Schiller ( rot*la Correspondance, de 1 7i>4 à I805[6vol., ïaM-lMQ]), helm Meister ( 1794-1896), Hermann et Dorothée ( 17* l portent l'empreinte de cette idéalité naïve. Wilheln fer, merveilleux de détails, laisse beaucoup à désirer qu»» à l'ensemble, où certaines tendances de la franc-maçon*0' apparaissent de la manière la plus visible. On attend te «*•ronnement de l'œuvre , et l'esprit n'est pa* satisfait : l'apprentissage et les ouvrages de l'artiste ne devraient ~fl> être suivis de sa vie de maître? Malgré ce défaut <Tonité, Wilhelm Meister, l'une des plus remarquables Inductions de Gœthe, renferme toute l'énigme de soa gea* L'émotion y est puissante, l'exécution |tarfaite, te dévtltypement et la peinture du caractère merveilleux. Partoot « y trouve un style également pur, brillant, doux et profow Dans Werther, l'écrivain luttait encore contre la vleetU**tinée ; la philosophie de Meister est une espèce d'opuiw*1*
GCETHE
poétique. Le poète, qui dans Werther s'était laissé séduire à une misanthropie farouche, impatiente, frénétique, s'élevait à l'idée d'une tliéosophie consolante. Le même esprit tt retrouve dans Faust (isu8).
Faust n'est pas un simple drame, mais une pièce philosophique, religieuse, didactique même. C'est de tous les monuments littéraires qu'il a élevés le plus profond, le plus trie et le plus touchant. Tout ce qui peut émouvoir le de lliomme s'y trouve consacré par une admirable poésie , une poésie variée comme la vie elle-même , et qui saisit l'Ame comme le feraient des paroles magiques. Aussi toutes les personnes qui sont en état de comprendre et de sentir un pareil ouvrage n'ont à cet égard qu'une seule voix. On a blâmé l'ensemble, oubliant que cet ensemble n'était réellement qu'une moitié. Ici un idéal immense , là des scènes hollandaises; puis des tableaux d'une pureté divine. Le* deux époques de l'auteur, son époque idéale et son époque d'imitation naïve, s'y touchent et s'y rencontrent : aussi cet ouvrage appartient-il à Tune et à l'uulrc. Nous ne dirons plus qu'un mot sur ce drame , qui pourrait fournir la matière de tant d'observations : même dans le fantastique, le poète reste fidèle à la nature; son demou est de clair et d'os comme uous : on assure que le baron de Merk, ami deG<ethe, homme d'esprit, a posé pour Mé ■diistophélès.
Apres la création de Faust, fortlie fut le roi de la sphère intellectuelle en Allemagne. La publicatiou des Affinités de choix ( Wahlvçncandschaften, 1809 ) ne put que consolider celle royauté du' génie. Ou le plaça non-seulement à la léte de la poésie allemande, mais encore de l'art en général, de la philosophie, de la religion, delà physique, de la médecine et de quelque chose encore. Rien de trop grand ou de trop beau , rien de trop absurde ou de trop ridicule pour que Gœthe u'en fût pas proclame le défenseur. Quant à lui, il gaidait le silence : avant de lui en faire un reproche, il est bon de se rappeler que ce silence faisait partie du système de toute sa vie. Il voyait avec une calme ironie toutes ces bannières agitées, toutes ces espérances, tout ce désordre. Dans le grand nombre des aberrations contemporaines', au milieu des changements que l'on proposait dans la philosophie, la physique, la poésie, les arts, beaucoup de données s'accordaient avec la manière de voir personnelle de Gœthe; mais cette sympathie naturelle pour ses élèves ne l'empêchait pas de s'amuser de bien des choses et de se moquer de bien d'autres. Pourquoi aurait-il fait entrer le public dans le secret de ses pensées? Pourquoi aurait-il repoussé la foule qui s'appuyait de son nom , même pour soutenir des absurdités ? Il se tut, et resta mystérieux : on l'admira davantage.
C'est bien a tort que Gœthe a été soupçonné d'avoir favorisé le catholicisme philosophique d'une nouvelle école. Le prétendu catholicisme caché de la cour de Weimar, de Gœthe et de Schiller, est un coûte ridicule. Gtrlhe était inerte avant tout, chrétien dans Faust , païen dans ses Élégies romaines, mahométan dans son Divan. Après avoir, dans sa jeunesse, préléré l'Ancien Testament au Nouveau, il était devenu fort indiffèrent dans son christianisme. Au même moment où le public l'accusait de favoriser la religion catholique, les hommes religieux lui reprochaient «le ne pas être assez chrétien. Cest dans ses Mémoires (Aus meinem Leben, Dichlung und War/ieit [181 1J) que Ga-the, pour la première fois, parait prendre parti en faveur du catholicisme. Jamais d'ailleurs il n'avait manqué «Je sympathie pour les opinions exaltées, et son penchant l'entraînait vers ce qui tient de l'enthousiasme ou de la singularité.
Daiu sa dernière époque, il n'est pas resté, comme poète, à l'abfi de l'influence redoutable des années; son énergie productrice s'est allaiblie sur ses derniers jours, cl depuis Mahomet il n'a rien publié, à l'exception de quelques tliatiAous et romanres , qui rappelât son ancienne vigueur. Il avait formé le plan d'une trilogie a la manière du Wat-
tenslein de Schiller ; mais, soit que le public se montrât indifférent, soit que Guthe perdit l'envie de continuer son ouvrage , il n'en écrivit que la première partie ; c'est le drame à'Egmont.
L'abstractiou domine les dernières créations de Gœtlte; la réalité s'enfuit, l'idéal absorbe le vrai. On reconnaît bien Gœthe de temps à autre , mais son esprit ne plane pas sur l'ensemble, et l'élégance l'emporte sur la beauté. Dans sa première époque, son style est grand, mais dur et incorrect; dans la seconde il est vrai, profond et grandiose; dans la troisième il devient élégant. Sympathiser également avec toutes les productions de ces trois époques n'est pas chose facile; mais toutes olfrent des parties admirables. Celle qui, publiée dans t es derniers temps, mérite le plus de reconnaissance est son autobiographie. Tant de franchise, tant de vérité, tint du raison et de simplicité étounent et captivent.
Nous u 'avons guère parlé de Gœthe que comme d'uu grand écrivain : que u'a-l-il pas fait cependant pour les arts d'imitatiuu, pour le théâtre, pour l'observation de la nature? Ce n'est pas seulement comme écrivain qu'il a été utile, mais par sa protection pour les artistes , par ses encouragements de toutes espèces. On doit regarder comme d'une haute importance les représentations qui avaient lieu a Weimar, sous la direction immédiate de Gœthe : plus d'un édifice , plus d'un jardin de celle ville, attestent l'influence de Gœthe. Kii uu mol, Gœthe a exercé l'action la plus variée, la plus civilisatrice, sur la nation allemande.
La postérité a| commencé pour Guthe le 22 mars 1832. Il mourut à onze heures et demie du malin , des suites d'une lièvre catarrhale de trois juurs , dégénérée en catarrhe suffoquant. Il était âgé de quatre-vingt-deux ans sept mois ; sa mort fut douce. L'Allemagne entière s'emut à celte nouvelle : l'ecrivaiu de l'Allemague , le guide du siècle di -.paraissait. Le public depuis cette époque n'a cessé de prendre intérêt aux moindres particularités «le sa vie. Parmi les biographies qui out abondé, signalons l'ouvrage de Falk, intitulé : Garthe peint d'après une familiarité personnelle et intime. La se révèlent une loule de nuances profondément cachées au fond de ce cœur noble et de ce vaste génie.
Pendant ses dernières années , Gœthe ne cessait de travailler sans relâche; et jusqu'à son dernier soupir il corrigea ses écrits , qu'il voulait léguer au public dans la plus grande perfection et le meilleur ordre possibles. La dernière édition de ses Œuvres complètes, publiée par lui-même à Stuttgard ( 1828-1831 ), se compose de 40 volumes, et contient quelques ouvrages inédits : \ Intermède de Faust, la seconde partie de son Voyageai Italie, etc. La publication de ses Œuvres posthumes augmente considérablement les richesses intellectuelles prodiguées par Gœtbe à son époque. On y trouve la seconde partie de Faust, que Gœthe avait achevée peu de mois avant sa mort, ainsi que la quatrième et dernière partie de son autobiographie. Il publia en 1831 P Essai sur les Métamorphose* des Plantes, auquel il ajouta des notes historiques. Il s'occupait beaucoup aussi d'aria tomie comparée , et lit insérer dans les caliiers de mars 1832 des Annales de Critique scien tique un essai sur lus théories de Geoffroy Saint-Hilaire, en faveur duquel il se prononça. Un intérêt particulier se rattaches cet écrit, qui est, selon toute apparence, le dernier morceau sorti de la plume de Gœthe. Ses Métamorphoses des Plantes trouvèrent en France l'accueil le plus flatteur, et Geoffroy Saint-Hilaire en lit le sujet d'un rapport à l'Académie des Sciences, h* général , les relations de Gœthe avec les pays étrangers ont toujours été les plus flatteuses dont jamais écrivain ait pu se gloriher. Ses ouvrages se sont répandus en France, en Angleterre et en Italie, où ils ont été traduits avec succès. La reproduction la plus fidèle et la plus spirituelle de ses traite est due au ciseau du sculpteur français David, qui a fait son buste, place dans la bibliothèque de Daruieker, a Weimar, à coté de celui de Schiller. Sur le piédestal on lit des vers de Sciiuler, dont voici la