‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 314 sur 614 · GOETHE — GOÉTIE · texte numérisé non relu

GOETHE — GOÉTIE

traduction : » Heuren* celui que les dieux ont choisi avant sa naissance, qui a été Itercé dans les bras de Vénus, à qui Apollon a ou vit t les yeux et les lèvres , et sur le front de qui Jupiter a imprimé le sceau de la puissance. «

Il faut réunir mille détails, combiner mille traits divers, rapprocher et comparer plusieurs époques pour former une appréciation approximative du vrai caractère de Gœllic.

Gœthe aimait par-dessus tout le calme et Tordre ; il les faisait régner autour de lui. Il fallait à son intelligence profonde une harmonie souveraine, on accord parfait de toutes les pensées et de toutes les actions , non l'ordre de de la médiocrité , de la nullité , mais l'arrangement dans la richesse et l'ordre dans le luxe. Courtisan , poète, historien, ministre d'État, directeur de théâtre, savant critique, homme du monde, homme de rêverie et de solitude, il sut tellement unir et balancer toutes les parties constitutives de sa vie que nulle dissonnance , nulle incohérence n'y apparurent jamais. Son âme tranquille et froide redoutait les orages, et ne se mêlait point avec passion aux événements de la vie : il les contemplait en spectateur paisible, qnelqnefois attendri , souvent ironique ou rempli de pitié. Conserver la netteté du jugement en établissant la paix dans son intérieur, et cherclier la vérité en toutes choses , telles furent les bases sur lesquelles Gœthe fit reposer son bonheur. Il leur dut te développement de son génie. Le talent qui se plaît au milieu du désordre et de la violence ne se soutient que par un élan fugitif. Il n'arrive jamais à un développement total et ne saurait conserver l'équilibre nécessaire à des études suivies, à des observations profondes. C'est une corde trop tendue, qui finit par se rompre. La conduite sage et modérée de Gœthe lui assura une existence indépendante; il ne prit aucune part aux disputes politiques et religieuses dont l'Allemagne était le théâtre. Dès qu'une impression Intense menaçait de le dominer, il y échappait par instinct, comme (es feuilles de la sensitive se dérobent au doigt qui veut les toucher. Jehne encore, il eut des moments de désespoir, de marasme, de de dégoût : pour les bannir, il écrivit Werther. Une fois libre et débarrassé de ces pensées turbulentes, qui l'auraient absorbé et subjugué s'il avait eu la faiblesse de se livrer aux passions qu'elles provoquent, Il retrouva sa tranquillité habituelle, et n'eut plus qu'un seiri mot d'ordre : ce mot était l'équilibre. Son esprit souple semblait se prêter à tout sans peine, et embrassait à la fois plusieurs genres de spécialités qui se trouvent rarement réunis. Toujours maître de lui même, «dominait ses émotions : il savait combien la quiétude des sens et de l'esprit sont nécessaires pour que l'intelligence prenne son essor ; il l'était (ait une vie méthodique et des habitudes régulières que rien ne pouvait déranger. Les occupations de sa journée , sa bibliothèque, ses liapiers, tout était classé avec soin. Sa vénération pour l'ordre et la paix lui firent redouter le chagrin et comprimer m- s affections; aussi fut -il souvent accusé d'égowme. Il refusa de suivre le convoi du célèbre Wieland , se consola de la mort de son fils en se livrant à l'étude , et de la perte de Schilllcr, son rival et son ami , en faisant des vers.

Gœthe , qui s'était appliqué à la recherche de la vérité , ne |H*nsait pas que la poésie fut mensonge ; il croyait au contraire que toute vérité est poésie. Ainsi, il voyait dans l'étude du dessin non le symbole et l'ombre des idées représentant les choses , mais l'apparence exacte des objets eux-mêmes. « Nous devrions moins parler, disait-il, et dessiner davantage. ■ Pour Gœthe, l'harmonie était la loi de la nature, la grande loi 'littéraire', politique, religieuse. Il ne voulait pas croire que la plus grande de nos facultés, celle qui les gouverne toutes , l'âme, l'intelligence enfin, fût destinée ii |»érir un jour. Selon son système . les germes d'une existence a venir plus parfaite que celle de ce monde se trouvaient renfermés dans les phénomènes de la nature.

On pourrait dire de Gœthe qu'il fut l'ami de la nature : sa sympai hie pour les objets naturels se montra dès sa première jeunesse, et c'est de lit qu'il fut conduit à sa lliéo logic véritable , au panthéisme. Les feuilles, les fleurs, les

fruits, les anhnanx sauvages, furent pour loi des objets

d'études profondes. Il conservait sur sa cheminée un serpent vivant qu'il observait avec soin chaque jour. Dans sa vieillesse, cette disposition, loin de s'affaiblir, se fortifia tellement * lu-/ lui qu'on était sûr d'en être bien accueilli si on lui apportait eu tribut quelques curiosités d'histoire naturelle, coquillages rares, oiseaux d'Amérique, ce qui était devenu une puérilité d'enfant.

■ H y a, dit-il , dans le siècle où je vis une ardeur d'action qui se prend à tout, et qui contrarie la pensée : une dispute, une guerre, une révolution naissent d'un malentendu. Je me tiens à l'érart autant que je puis. « En effet, Gœthe, fidèle à ce système, porta un peu trop loin son indifférence et son athéisme politiques. Son habitude, de rêverie et de méditation a laissé bien du vague dam se* opinions, et l'on chercherait on vain dans ses ouvrage» un système politique déterminé , une théorie religieuse bien évidente Tour à tour les protestants et les catholique» l'ont regardé commodes leurs. Tantôt vous le prendriez pour un ultra-ration»1iste , tantôt pour un partisan du pont i beat. Le fait est que nulle de ses théories ne s'est jamais complètement élaborée dans son esprit, que les pensées km plus diverses l'ont traversé comme des nuages traversent le ciel, et qu'il n'a pu les concilier entre elles que grâce à ce vaste panthéisme et à cette indifférence systématique qui offrent une place à toutes les idées et un autel à toutes les croyances. Quoi qu'il en soit, c'est le plus grand poêle de 'son pays , un des plus élégants prosateurs de notre siècle, celui qui a présidé à toute la civilisation de l'Europe septentrionale dans ces derniers temps, dieu intellectuel de l'Allemagne moderne , le père de ses nouvelles destinées.

Philarète Chasle*.

Le fils unique de Gœthe, Jules-Auguste- Walther de Goethe, né en 1791 , mourut pendant un voyage en Italie, à Rome, le 30 octobre 1830. Il avait le titre de chambellan et de conseiller intimedu grand-duc de Saxe-Weimar. Sa femme, Otlilie de Goethe, née baronne de Pogwisch, après avoir passé les premières années de son veuvage à Weimar, S'est depuis longtemps retirée à Yienue. l'e ses trois enfants, le plus jeune, Aima de Goethe, mourut du typhuà à Vienne, te 20septembrc 1844, avanl d'avoir seize an« accomplis. Des deux petits-fils de l'immortel Gœthe, Puîné, lia/ier-Woffgang de Goethe, s'est voué à la musique, qu'il a étudiée à Leiprig, sous Mcndelsohn et NVcinlig. puis «Stettin, sous Lœwe; et il vint ensuite se perfectionner f Vienne, où H a depuis lors fixé son séjonr. Son frère cadetf< W#tfgatig-.lfaximllien de Goethe, après avoir étudié le droit a Bonn, h Berlin, à léna et à lléidelberg, fut reçu docteur dans cotte dernière université, devant laquelle il soutint une thèse ayant pour titré : pejragmcnto Yftgqix, En 1*4» i) publia un ouvrage intitulé : Vtlntumê et la nafùreïuéineti' taire, dans lequel il s'est montré tout à la fofsA>hUosophe, jurisconsulte et poète. En 1851 il fit paràftrc'iS'rmttf,' poème (Stutlgard et TuWngen ). Depuis 1852, il est attaché a b légation prussienne a Rome.

GOETIIITE. La gerthite, aussi nommée Irpidokrokite, pyrosldérite , shlpnosidrrite , est une variété de fer bydroxydé. Elle se présente cristallisée quelquefois en prismes courts, terminés par des sommets dièdres , le plus souvent en aiguilles allongées. Ses cristaux ont un éclat assez vif, sont transparents, en lames minces et (Tune couleur rouge hyacinthe, qui parait d'un brun noirâtre en niasse. La gu thite accompagne souvent une autre variété de fer hjdroxydé, la limonite : toutes deux sohT quelquefois recherchées comme minerai de fer. Les cristaux nets de g<ethile viennent des environs de Bristol et de Lostwilhiel (Cornoiiaiites ) ; les variétés aciculaircs et capillaires, de Sibérie, de Bohême et du pays de Siegen; les variétés éeafllcuses et amorphes, de Wcsterwald et de la Korêt-Noire.

<«OÉTIE (du grec wct ta, magie, sorcellerie), divination par les esprils infernaux ; elle se faisait bVniiil, autour des toml*au\f avec des gémissements et des lamenta.

« >HaOl*t I

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