‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 315 sur 614 · GOÉTIE · texte numérisé non relu

GOÉTIE

dont. Cette magie infime avait pour but de faire du mal , de séduire le peuple, d'exciter de* passions déréglée», de porter au crime. Piotin, Porpbire, Jambliqua, la définisseat l'invocation des démons malfaisants pour nuire aux hommes avec plus de sûreté. Les ministres de cet art funeste et ridicule ae vantaient aussi de tirer par leurs enchantements les mânes de leurs sombres demeures (roye* Évocatiom). Us employaient dans leurs cérémonies tout ce qui pouvait redoubler la terreur des esprits faibles, nuit obscure, cavernes souterraines à provituilé des tombeaux, ossements de morts, sacrifices de victimes noires , herbes magiques , lamentations , gémissements. L'appareil ordinaire de leurs cérén>onies avait même lait croire qu'ils égorgeaient de >eunes enfants et cherchaient dans leurs entrailles Phoroscope de l'avenir. Il but avoir Men soin de distinguer cette magie qoètique, on sorcellerie odieuse, de la magie théorique. Dans cette dernière, on n'invoquait que les dieux bienfaisants , pour qu'ils procurassent du bien aux hommes et les portassent à la vertu. Les magiciens théurgique» se trouvaient offenses qu'on les rangeât dans la classe deseoétkptes, qu'Us regardaient avec horreur (royex TnÉvncia).

G4JETTIXGUE, jolie ville du royaume de Hanovre, dans la partie de l'Allemagne qu'on désignait jadis sons le de basse Saxe, bâtie au pied du Hainberg , sur la rive droite de la Leine, et dont la population s'élève à environ 13,000 âmes, est célèbre par son université, fondée en 1734 par le roi Georges II, dont l'inauguration eut heu en 1737 et dont les cours attirent chaque année de 900 à 1,000 étudiants. Dans le nombre des savants distingués qui l'ont illustre* comme professeurs, on citeTyclisen, Enald, Metster, Kergmann, Hauer, Blumenbach , Langenbeck, Sclilrezer, Osiander, Gauss, Harding, Heeren, Saalfeld , Reuss , Wendt, MiUcherlich, O. Muller, Siebold, Oahlmann, Stroineyer, les frères J. et W. Grirom, etc. La bibliothèque de l'université «le GoMtinguc si- compose de 300,000 volumes et de 5,000 manuscrits; et pour ce qui regarde la littérature moderne, elle est sans conteste la plus riche qu'il y ait en Allemagne. La Société royale des Sciences, fondée en cette ville en 1751, est une des plus célèbres compagnies savantes de l'Europe. De magnifiques établissements affectés à l'étude des sciences se trouvent réunis à Gœttingue , et font de cette petite ville un des principaux foyers de lumière du monde civilisé : tels sont un observatoire , qui est fourni d'excellents instruments; un jardin botanique, l'un des plus riches de l'Europe; un musée, précieux dépôt d'objets d'histoire naturelle et de médailles ; une galerie de tableaux, un musée anatomiqoe, de beaux hôpitaux, un superbe cabinet d'hHtoire naturelle, la belle collection de crânes formée par le célèbre professeur Blumenbach, etc. etc.

G4IKTZ DE BEitLICHINGÉft. l'oy. Buiucuiflc».

GOËZMAN (Affaire). Voyez Beaumarchais.

GOG et MAGOG sont les noms d'un prince et d'un peuple fabuleux, contre lesquels le prophète Exéchiel (chapitre» as et 39) prophétise. 11 les représente comme venant du nord, et leur prédit qu'ils seront complètement anéantis lorsqu'ils envahiront Israël. 11 est aussi question de tiog et de Magog dans les écrivains arabes et dans l'Apocalypse de >aint Jean ( ch. 20, v. s), mats ici de telle façon que Gog y est seulement le nom d'un peuple.

Deux statues colossales en pierre ornant la grande salle de GvUdhall ( l'hôtel de ville), dans U cité de Londres, sont aussi désignées sous les noms de Gog et de Magog. La tradition veut qu'elles représentent la victoire d'un géant saxon sur un géant de Cornouailles. Elles sont armées de pied en cap ; l'une a sur la téte une couronne de chêne, et l'autre une couronne de laurier. On présume qu'elles datent de l'époque de la domination romaine, et qu'elles avaient pour but de perpétuer le souvenir de la complète égalité de droits avec les Romains, obtenue par les Bretons. Tons les ans, lors de l'installation du nouveau lord maire, qui a lieu le 9 novembre, deux , mannequins ligurant les statues de Cuililhall, grolesquement ornés, et portés à bras d'hommes,

WCT. OR I.A CO.WEM. — T. X.

■ GOUIER 8C9 font partie du brillant cortège avec lequel le premier magistrat de la ville de Londres va prendre possession des fonctions auxquelles l'a appelé le suffrage de ses concitoyens.

GOGOL (NscoLAl-WassiUBwicz), l'un des poètes les plus remarquables qu'ait encore produits la Russie, naquit en 1808, a Wassiljewka, village du gouvernement de Pultawa. Son père, propriétaire peu aisé, mais grand amateur de l'art dramatique , fut le premier qui l'initia aux règles de la déclamation et de la représentation mimique ; et U était encore sur les bants du Collège du prince Besborodsko lorsqu'il s'essaya comme auteur et comme acteur.. Au commencement de l'année 1819, il tenta de débuter au théâtre de Saint-Pétersbourg : cet essai ayant été malheureux, il voulut voyager; mais, faute d'argent, H ne put pas aller plus loin que Hambourg , et dot alors s'en revenir en Russie. Après avoir pendant asseï longtemps battu le pavé a Saint- l'étersbourg, H unit par attraper, en avril 1830, dans un ministère, un petit emploi, auquel il renonça bientôt; et l'année suivante la protection de Hetnew , alors inspecteur général de l'Institut patriotique, lui fit obtenir une place de professeur d'histoire. En même temps son protecteur lui faisait .avoir des leçons particulières dans les familles Wassiltscbtkow et Ralabin, avec lesquelles il continua loujour* depuis d'avoir les meilleurs rapports. A quelque temps de là, il se lia aussi avec Delwnj et Pouschkin, qui s'intéressèrent vivement a ses premiers essais littéraires. Une chaire d'histoire générale qu'il obtint en 1834 k l'université de Saint-Pétersbourg, par la protection «fOuwarof, améliora beaucoup sa position ; mais il n'en remplit guère les fonctions que pendant six mois, et s'en alla alors voyager. Ce fut en Italie qu'il séjourna le plus longtemps, et de là il entreprit même plus tard un voyage à Jérusalem. Nicolas Gogol mourut k Moscou, le 21 février 1852.

Cet écrivain est un Pctit-Russien pur sang; rien de plus original que la manière dont il comprend et décrit les m<turs russes, et U peinture amusante des trivialités de la vie est le principal caractère de sa poésie. Ses ouvrages les plus en renom sont : Les Soirées de la ferme voisine de Ditanka, créations d'un talent déjà remarquable, mais encore jeune, et où l'on trouve des descriptions des moeurs de la Petite- Russie d'une grande valeur ethnographique; Mirgorod, nouvelles pleines de poésie, parmi lesquelles on remarque surtout celle qui a pour titre : Tarait Bulba, œuvre où l'on admire la puissance des idées, la peinture des caractères, et une incomparable habileté à brouiller et à débrouiller les nœuds d'une intrigue ; le Revisor, très-certainement la meilleure comédie du UiéAlre russe, où sont peintes de main de maître les petites misères de la vie «les chefs-lieux de province et les habitudes de corruption des fonctionnaires russes : pièce dont le théâtre de la Porte-Saint- Martin nous k donné une imitation en 1854 sous ce titre, assez maladroit : Les Russes peints par eux-mêmes ; enfin Les Trépassés, tableau satirique et comique des abus et des préjugés sous la tyrannie desquels croupit la province, ainsi que de la vie grossière et matérielle des provinciaux, de leurs idées étroites et de leur naïf égoisme.

GOGUETTE, propos ou chant joyeux, familier, pimpant, fougueux, pétillant, et même sans réserve, que, le bonnet sur l'oreille ou par-dessus les moulins, de gais et francs buveurs échangent sous la treille, an choc des verres et au glouglou des bouteilles. Conter goguette, c'est s'en donner à cœur joie sur ce chapitre. Être en goguette, se mettre en goguette, c'est se laisser aller, à toutes voiles, aux propos et aux chants joyeux qu'inspire et que provoque cette situation excentrique. On appelle aussi goguettes les lieux ou l'on se réunit pour se livrer k ce passe-temps, et les recueil* de chansons grivoises qui y prennent naissance. Les gentilshommes ont fréquenté jadis le c a ba r e t , jamais la goguette, la goguette, ûi\e du peuple, nargue les talons routes.

GOHIER ( Look-Jéhômk), membre de la première Assemblée législative, ministre de la justice, l'un des cinq membres duDirectoire, etc., naquit en 1 746, à Samblanccy ,

en Touraine, et fut élevé au collège des jésuites de Tours. Après avoir étudié le droit à Rennes, il s'y établit comme avocat , et ne tarda pas à s'y faire une réputation d'orateur et de jurisconsulte. Elit s'accrut encore lorsqu'il prit courageusement le parti des parlements dans leur lutte contre te chancelier Maupeou, et lit jouer à ostte occasion une pièce allégorique, intitulée : Le Couronnement d'un Eoi. Entouré du l'estime publique, il rit les clients affluer dans son cabinet, et ce fut à lui que les états de Bretagne confièrent la défense de leurs droits, violés à diverses reprises par le pouvoir royal , notamment sous le ministère de Loméoie de Brtenne. Lors de la suppression des parlements, en t790, il devint membre supérieur de la cour provisoire de Bretagne. Le déparlcmeut de ITlIe-et-Vilairie te choisit, en 1791, pour 6oa représentant â l'Assemblée législative, et il y fit preuve d'autant de modération que de zèle pour toutes les reformes praticables. Quand, le 30 août 1792, l'Assemblée nomma une commission chargée d'inventorier et d'examiner les papiers trouvés aux Tuileries, il fut désigné pour en faire partie. Dans la séance du 16 septembre suivant, il présenta le rapport de cette commission , et dans ce document il dévoila avec franchise et modération tes intelligences et les intrigues secrètes de la cour avec les puissances étrangères. Cette modération bien connue l'empêcha d'être élu député a la Convention. En octobre 1797, Garât, nommé ministre de la justice, l'appela près de lui en qualité de secrétaire général ; et plus tard Gohier remplaça Garât au ministère de la justice , lorsque celui-ci passa à l'intérieur. Par suite de la tendance de plus en plus prononcée des comités de la Convention à absorber en eux toute la puissance executive, te rôle des minières se trouvant réduit à rien, Gohier donna sa démission, et devint président de l'un des tribunaux civils de Paris. Il fut ensuite successivement président du tribunal criminel de la Seine et du tribunal de cassation. C'est dans ce poste important qu'on vint te prendre, en 1799, après |a journée du 30 prairial , pour faire de lui un des cinq membres du Directoire, en remplacement de Treilhard.

Il s'en fallait de beaucoup qu'il fût à la hauteur d'une telle situation. Sincèrement républicain , il se trouva alors le chef du parti qui voulait a tout prix conserver la constitution de l'an m. Lui et son collègue Moulins devinrent dans te Directoire te centre autour duquel se groupèrent tous les débits de l'ancien parti de te Montagne , tandis que S y e y ès et Roger-Ducos méditaient déjà le renversement du

nement dont ils faisaient partie, et que Barras, te cinquième directeur, se tenait incertain et irrésolu entre les deux partis. C'est dans de telles circonstances que la présidence du Directoire fut déférée à Gohier, au moment ou se pré|*arait la fameuse journée du 18 brumaire, qui devait rendre Bunaparte l'arbitre des destinées de la France. La femme de Goluer était liée avec Josépltine, et Gohier raconte lui-même naïvement dans ses Méuktires te parti que Bonaparte tira de celte liaison pour l'endormir, après avoir vainement essayé de l'enrôler parmi tes hommes qui se vouaient a sa fortune. La veille même du 18 brumaire, Bonaparte jouait à Gohier le tour sanglant de lui écrire qu'il s'invitait a dtner chez lui |»our te lendemain ; et te président du Directoire attendait impatiemment la venue de son convive, lorsqu'on vint en son nom lui demander une renonciation expresse à la première magistrature de te république.

Si Gohier manqua de cette sûreté de coup d'œil , de cette force et de cette énergie de caractère qui seules font les hommes d'Etat, s'il se laissa faire échec et mat comme un conscrit, on ne saurait nier qu'il sut du moins honorer sa défaite par te manière digne dont il la supporte. Il refusa de donner la démission qu'on exigeait de lui , protesta au contraire hautement contre l'attentat dont te constitution venait dV trc l'objet et contre les violences dont la représentation nationale était menacée. Vains cflorts d'un pouvoir depuis longtemps usé! la révolution du I» brumaire s'accomplit en dépit de l'opposition et des protestations de Gohier et de ton collègue Moulins , qui, après avoir été retenus quelques

Page 1