‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 33 sur 614 · FRUIT — FRUITS · texte numérisé non relu

FRUIT — FRUITS

l.s moins nourrissants ,1e tous, sont encore un précieux bienfait du Créateur pendant les vive* chaleur» de Tété : ils rafraîchissent et portent une abondante proportion d'eau dans le sang, appauvri par les pertes de toutes espèces. Leurs principaux éléments sont l'eau, le mucilage, et un acide qui varie selon les espèces. Ils servent à confectionner des boissons agréables, des confitures, des conserves.

Dans le langage vulgaire et dans celui de* jardiniers, /Viril s'cutend seulement des produits des arbres fruitiers, sans avoir égard à la graine. L'objet de la culture du fruit dans ce cas est le développement du péricarpe ( pomme , pèche, abricot , etc.). La greffe, ia taille bien dirigée, le sol approprié aux espèces , sont les moyens les plus efficaces de perfectionner et d'accroître les produits. Dans une grande partie de la France, on ignore encore l'importance de cette ressource pour la nourriture : les paysans du Poitou, du Bcrry, de la Sologne, laissent incultes les environs de leurs fermes , qui pourraient leur fournir de beaux fruits et une alimentation saine. Dans les climats chauds, la nature, plus, féconde , produit sans le travail de l'Itomme des fruits aussi délicieux qu'abondants ; dans nos pays tempérés, elle veut Cire aidée : trop nombreux , ils doivent être décimés , car le grand nombre nuit au développement de chacun , eu même temps qu'il épuise le sujet. Selon l'époque de leur maturité, ils sont d'été, d'automne ou d'hiver; cette époque, toutefois, n'est pas tellement tranchée, qu'elle ne puisse être avancée de quelques semaines. Une incision circulaire sur l'écorce du rameau qui porte le fruit produit ce résultat. Sont aussi d'une maturité précoce les fruits piqués des insectes ; mais ils ont perdu de leur qualité. Le temps de la récolte varie suivant la nature des fruits ; ceux d'été et d'automne peuvent être cueillis mors : ceux d'hiver , et parmi les précédents les fruits qu'on veut conserver, doivent être récoltés avant la maturité. Toutes les précautions qui les préservent des variations de la température, du contact de l'air, prolongent leur durée : ainsi, les poires et les pommes d'hiver, cueillies une à une avec précaution, déposées sans meurtrissures entre des couches de sable sec, se conservent longtemps.

Dans son acception la plus étendue, le mot /rué* comprend tous les végétaux, grains, lierbes, légumes, etc., que la terre produit, et dont uu grand nombre servent de nourriture a l'homme. Dans ce sens on dit : Cette pluie sera utile aux fruits de la terre. Le mot fruit est encore employé pour désigner l'ensemble des plats qui se servent au dessert : Servez le fruit. L'usage de servir les figues immédiatement avant ou après la soupe, généralement répandu, pourrait s'étendre avec avantage pour le gastronome à beaucoup d'autres fruits mucoso-suercs, tels que le raisin, les prunes , etc. J'ai observé sur un grand nombre de personnes que cette pratique facilitait la digestion. P. Gacbemt.

Le fruit défendu se dit, par allusion à la désobéissance du premier homme , du pencliant que nous avons à désirer ce que nous ne ]iouvons avoir.

FRUITÉ, en termes de blason, se dit des arbr chargés de fruits d'un émail différent : d'argent à Coranger de sinople, fruité d'or.

FRUITIER ou GARDE-FRUITS. Un garde-fruits doit être situé au nord , un peu au-dessus du rez-de-chaussée , et il doit être garni de doubles fenêtres , afin que la lem-

Siérature ne puisse jamais s'y abaisser au-dessous de la gelée 'lacé trop haut, l'air y est trop sec, les fruits s'y allèrent et y éprouvent de la dessiccation ; dans un lieu trop humide, les fruits se corrompent. La situation la plus heureuse se rait celle d'un souterrain sec où la température serait constante. Ce sont les brusques changements atmosphériques qui les font gâter.

Il faut cueillir avant leur maturité parfaite les fruits que l'on veut conserver. Il ne faut jamais les empiler les uns sur les autres; il vaut beaucoup mieux les étaler, de manière que chacun soit isolé ; on doit se garder de les «■ suyer, vu que leur surface semble être recouverte d'un duvet

qui est nécessaire à leur conservation. Il faut que le fruitier soit éloigné des fumiers et des eaux stagnantes, ainsi qui? des fours et des serres chaudes , qui en feraient trop varier la température. Le fruitier doit être planché) é, boisé et garni de tablettes , que les uns recouvrent d'une mous» fine, sèche et légère, les autres d'une couche de paille de seigle , de graine de millet on de sable de rivière. On doit les visiter fréquemment, pour retirer ceux qui commençât à s'altérer. Une trop grande quantité de raisin répandue dut le fruitier nuit a la conservation des autre* fruits. Une faible gelée peut détruire en une nuit toute la provision, ti on ne la garantit pas du froid par une bonne couverture.

Comte Français ( de Nantes).

FRUITIERS ( Arbres ). On applique cette qualifiation a tous les arbres ou arbrisseaux dont les fruits soot mangeables. Il y en a tout au plus une vingtaine d'indigènes A nos climats; ce sont: le pommier ,\e poirier, le prunier, Volivter , le noisetier , le néflier, le /ramboitier ,\egroseillier ,\e figuier, le châtaignier, le cognassier, le cormier ou sorbier, le merisier, le micocouli er, te eornouillier , le carowôier,l'ar6o«*ier, Valisier, Vaterolier ,Vépintvinette, etc. Plusieurs ont même peu d'importance; lieu reu sèment les autres ont, dans la culture, donné de nombreuses variétés. L'Afrique et l'Asie nous ont cédé la vigne, Voranger, le cerisier, \e pécher, Yabricotitr, Vamandier, le grenadier , le mûrier, le pistachier, etc. D'autres ne sont pas encore sortis de nos serres. Parmi les arbres fruitiers exotiques, on cite Va r b r e o p a i n , Uicocotier, le dattier ,le bananier , le goyavier , le manguier, le mangoustan, etc.

Les arbres fruitiers se cultivent en serres, en espalier, et en plein vent. On les classe suivant qu'ils donnes! des fruits en ba tes, des fruits à pépins, des fruits a noyau, ou des fruit» enveloppés dans une coque. Le semis propage les espèces types , mais beaucoup de variétés se per liraient si l'on n'avait que ce seul moyen de reproduction.

Les fruits que nous cultivons sont loin de ressembler à ceux que produit la nature livrée A elle-même. La taille, la greffe, l'incision annulaire, l'arcure, Yébonrytunn e me n t, etc. , joints aux labours, aux fumures, ont aniew ces améliorations. Mais, comme les espèces sauvage*. I» arbres à fruits cultivés ont besoin, pour produire abondai) ment, d'espace, d'air et de soleil. De ces conditions dépend aussi la qualité des fruits. Ainsi ceux qui viennent dans la lieux ombragés sont insipides et aqueux.

FRUITS (Droit). Dans la langue du droit on apnetk fruits les produits d'une chose ; ils en sont l'accessoire, ri appartiennent Ace titre au propriétaire. On les distingue en fruits naturels, fruits industriels et fruits civils- be* fruits naturels sont ceux qui sont le produit spontané de la terre; le produit et le croit des animaux sont aussi de fruits naturels. Les Iruits industriels d'un fonds soot r*«» qu'on obtient par la culture; ils n'appartiennent au propriétaire qu'à la charge par lui de rembourser les frais de labours, travaux et semences faits par des tiers. LesfrviU naturels et les fruits industriels sont immeubles urt qu'ils sont attachés au fonds ; ils sont m e u b tes dès qsl* en sont détachés. Les fruits civils sont les prix des km^ des maisons et des baux à ferme , les intérêts des soause* exigibles et les a r ré rage s des rentes : ils s'acquièrent joor

On désigne encore sous le nom d« fruits pendant p* racines les récoltes non détachées du sol. Le Code i* Procédure civile règle tout ce qui est relatif au mode de restitution des fruits ordonnée par j ugement, à la manière d'« faire la liquidation, à la saisi o et à la vente que les créas ciere ont le droit de poursuivre de ceux appartenant à le** débiteurs, a la distribution du prix en provenant et au dru! que ces créanciers ont sur les fruits saisis réellement a«« le fonds auquel ils sont attachés.

FRUMENTAIRBS — FUALBÈS

FRl'MEXTA 1RES (Lois). On appelait ainsi chei les R.Mnajoi les lois qui ordonnaient desdist ri bu lion s grafaite * de Mé.

FM! XDSBERG (Georcc* ut), seigneur de M indelbeim, .suerai au service de l'empereur, était né à Mindelheirn , le 14 septembre 1476. Ce fut surtout dans les guerres <jue Mjvunilien I" eut à soutenir contre les Suisses que ses talons militaires purent se déployer. Dès 1 504 on le regardai amant l'un des plus braves chevaliers de l'armée impériale! il la commanda en chef à partir de 1512, en Italie. .\ U bataille de Pavie ( 1535), H rendit des services signalés i Charles-Quint; et plus d'une fois il amena à ce prince des

c'est ainsi qu'en 1520 il en enrégimenta douze mille a ses frais et en engageant ses domaines, et qu'il «bit avec ce puisiq! renfort accroître l'effectif de l'armée avec laquelle le roaoétable de Hourbon mit le siège devant Rome. L'art mulâtre lui doit de notables perfectionnements. Une vieille chronique manuscrite- rapporte qu'il était doué d'une telle fora eorporellc, que rien qu'avec son doigt du milieu il < mtraigaait l'homme le plus vigoureux, quelque résistance qne fit celui-ci, k reculer et à lui céder la place. Un cheval prenait-il la mors aux dents, il l'arrêtait sur place, du montai oo il pouvait sabir la bride. Il transportait sur son «io», et comme si ce n'eût rien été pour lui , les plus lourds ffeife de rempart et jusqu'à des coulevrines. Ses gens s'élut mutinés sons les mors de Ferra re en réclamant leur «Me arriérée, il fit de vains efforts pour les ramener a leur devoir, et dans la surexcitation que produisit sur lui cette révolte, il (ut frappé d'apoplexie et transporté dans •m château voisin. * Vois où j'en suis, dit-il alors à son eonl*»t Sdmalinger ; voilà bien les fruits de la guerre ! Il est trois chose* qui devraient retenir un chacun de guerroyer : u raine et l'oppression des pauvres gens qui n'en peuvent mw, la vie désordonnée des gens de guerre, et l'ingratitude de* princes, auprès de qui les traîtres prospèrent toojours, tud» que les braves gens restent sans récompense. » En liîl.à la diète de Worms, ou Luther vint se justifier devant Qiarks-Qaint , le regard calme et assuré de l'accusé p rôtiront sue telle impression sur Frundsberg, qu'il dit à Luther niai frappant amicalement sur l'épaule : < Moinillon, mon 9», tu joues U une partie telle qu'il ne nous est jamais «thé, à moi et à bien d'autres chefs d'armée, d'en jouer ha> te plus sérieuses batailles rangées. Si tu as raison , data et sûr de ton bon droit, continue an nom de Dieu, d mm tans crainte ; Dieu ne t'abandonnera pas 1 »

frwkberg mourut à Mindelheim, en 1528. Ses domaines ^tent tellement grevés, par suite des emprunts qu'il »nit <)o contracter pour lever des troupes, qu'ils suffirent à gnnd'peine k éteindre ses dettes.

FRUSTE (du verbe latin frustare, briser ) se dit d'une Défaille, d'une monnaie, d'une inscription usée, rompue par k frottement, et qui a perdu son empreinte. Ce mot reproduit exactement le son radical ; le son radical est une «wiutopée. Les Latins disaient frustum, fntstulum, pour désigner un morceau, une pièce, un fragment, parce <)>e r action de frotter aboutit à détacher d'un corps (rotté arec force des morceaux, des pièces, des fragments, et à le rtdoire,a la longue, à l'état des corps frustes.

FRl STRATOIRES ( Actes). En termes «le pratique, W appelle ainsi les actes qui sont uniquement faits pour augmente: les émoluments de l'oflicier ministériel ; ils ne doi- *eat pat être passés en taxes, comme étant inutiles à l'instruction : ils demeurent à la charge des officiers ministériels qai les ont faits ; la loi les rend en outre passibles des dom- 'iwye^intérets auxquels ces actes peuvent donner lien ; ils peuvent même être suspendus de leurs fonctions.

HtUTlLLIERou FRAISIER DU CHILI. Voyez Fiutse, Fiuisun.

FRY (fj.isiBf.TM ), quakeresse, née en 1780, tt Tune de* femme* qui honorent le plus notre siècle, a consacré sa vie «lièreà la bienfaisance. Fille du quaker Joint Guruey, de

Cartham-Hall, dans le comté de Norfolk, elle commença par ouvrir une école libre et gratuite pour les filles de pauvres et les orphelines. Elle se maria a un bourgeois de Londres, qui partageait ses goûts et ses espérances, et qui se nommait Joseph Pry. Ces deux êtres dévoués , dont la philanthropie sincère avait pour résultat des actes réels et une constante et continuelle abnégation , s'établirent à Londres, où leur premier soin fut d'ouvrir une école religieuse destinée aux enfants des prisonniers de Newgate et aux orphelin* et orphelines du peuple; ils avaient, avec une admirable sagacité, compris l'Impuissance de la législation et de ta société sur ces jeunes générations, nées dans la fange des grandes villes, abreuvées de vices dès l'enfance, n'ayant pour modèles et pour leçons que la vie criminelle de leurs parents. L'œuvre de régénération tentée par mistress Fry et son mari ne resta pas sans succès ; et bientôt , protégé* par quelques personnes bienfaisantes et |*euses des hautes

ils organisèrent, pour les

indigent* laborieux, une salle d'asile et de travail. Le* encouragements que reçut mistress Fry lui permirent de commencer ensuite une série de voyages en Amérique, en France et en Allemagne, et de se consacrer au soulagement de la souffrance et à l'étude des misères humaines. I a mysticité qui s'est mêlée à ses actes, et qui a été en Angleterre l'objet de plus d'une attaque, ne doit pas empêcher de rendre justice à cette existence vraiment sublime, dout toutes les journées ont été marquées par un bienfait et toutes les heures par un sacrifice. Mistress Fry est morte le 13 octobre 1845, a Ramsgate. Ses filles ont publié : Memoirs qf Ihe l(fe Elisabeth Fry (2 vol. Londres , 18*7 ).

Philarète Chvslks.

FRYXELL (AimcRS), historien suédois, est né en 1785, dans la province de Dalsland, où son père était prévôt. Après avoir étudié a l'université d'Upsal , on il remporta , en 1821, le prix d'honneur de philosophie, il fut nommé en 1828 recteur a l'école de Marie à Stockholm , et en 1833 professeur. Eu 1834 il fut reçu membre de l'Académie do Stockholm et de la Société des Antiquaires de Copenhague. La même année il entreprit un voyage en Allemagne et en Pologne, et a son retour, en 1835, il obtint la cure de Sunne, en Werrolaud. Le but de cette excursion scientifique avait été de recherclver des documents relatifs à la Suède et à son histoire. Ses Essais sur r Histoire de Suède ( tomes 1-X, Stockholm, 1833-43.), ouvrage remarquable par les sentiments patriotiques dont l'auteur y fait preuve , et par la manière philosophique dont il envisage les faits, est la base de la grande réputation dont il jouit comme historien dans sa patrie. Un antre ouvrage, en quatre volumes, publié de 1845 à 1850, dans lequel il défend la noblesse contre une foule de reproches que lui adressent certains historien*, lui a fait perdre depuis les sympathies du parti libéral.

FUALDÈS (Affaire). Le 20 mars 1817 la ville de Rodez apprit avec épouvante qu'un meurtre odieux avait é*é commis dans ses murs. Le matin de ce jour un cadavn' avait été trouvé flottant sur les eaux de l'Aveyron : c'était celui de M. Fualdès, ancien magistrat, entouré de la considération publique. Une large blessure au cou, repoussant toute idée de suicide, ne démontrait que trop l'existence d'un assassinat. Etait-ce l'œuvre de gens flétris par la justice? Fualdès, qui appartenait au parti libéral, avait-il péri victime de son opinion î Bientôt ces incertitudes cessèrent, et des' indices, qui ne tardèrent pas a devenir des preuves accablante* , se réunirent pour signaler les assassins à la vengeance des lois. On avait su que le 18 M. Fualdès avait reçu de M. Séguret, en effets de commerce, une somme considérable pour partie du prix d'un domaine qu'il lui avait vendu, et qne dans l'après-midi du 19 un rende?-vous pour la négociation de ces effets lui avait été donné a huit heures du soir. M. Fualdès était sorti en effet de rl»< / bit vers celte heure-la, et une demi-heure après un hrli*i«hi avait trouvé dans la rue du Terrai, près de celle de* lleb ' , une canne, reconnue pour être celle de M. ' < • •

dès, et, non loin de la

choir umï , récemment tordu daiu toute sa longueur. Ces premiers renseignements en amenèrent d'autres ; il fut reconnu qu'un homme avait été posté près du la maison de M. Fualdès, et qu'au moment où celui-ci en était sorti, cet individu avait quitté son poste et était descendu dans la rue de l'Aubcrge-Droite, qui aboutit à celle des Hebdomaudicrs. D'autres hommes avaient été égalemeut postés au coin de diverses maisons , dans les rues des Frères do l'École chrétienne, et sur la porte de la maison Vergues, liabitée par Bancal.

L'infortuné Fualdès marchait avec sécurité ; il était a fteine arrivé près de la maison Missonnier, qu'à un signal donné plusieurs hommes fondirent sur lui, lui mirent uu haillon et le traînèrent dans la maison Bancal. I,à on le jette sur une table, et les assassine s'apprêtent ; vainement il demande un instant pour recommander son âme à Dieu , on le repousse avec ironie. 11 se déhat, la tahle est renversée; les assassins la relèvent ; l'un tient les pieds ; un autre, armé d'un couteau, essaye de lui porter le coup mortel, mais sa main tremble; un troisième lui reproche ce manque d'assurance, et, lui arrachant le couteau, le plonge dans ta gorge de la victime. Le sang qui coule est reçu daus un baquet et donné à un cochon! Après la consommation du crime, le corps est place sur deux barres , dans une couverture de laine, lié comme une balle de cuir avec des cordes, et jiorlé, vers les dix heures du soir, dans l'Avcyron par quatre individus précédés d'un homme de liante taille, armé d'un fusil, et suivi de deux autres, dont l'un est aussi armé d'un fusil. Ces révélations encore incomplètes proviennent de propos inconsidérés tenus devant des tiers par la femme Bancal, et surtout par les jeunes enfants de cette femme. Une perquisition fait découvrir une couverture de laine et du linge ensanglantés, ainsi qu'une veste que portait Bancal le jour «le l'assasinat ; cette veste tachée de sang.

Dans la prison , la femme Bancal tint des propos qu'on ne manqua pas de recueillir. Bientôt l'opinion publique signala comme les véritables assassins des hommes appartenant aux familles les plus considérables do pays, admis .dans les meilleures maisons, parents et omis de Fualdès. C'était à Bastide et à Jausion que la population tout entière demandait compte de ce meurtre. Le premier était un propriétaire cultivateur, le second un agent de change; at l'indépendance de leur fortune semblait les garantir contre la plus simple idée d'un attentat qui n'aurait eu pour mobile que la cupidité. Cependant, le lendemain du crime, Jausion s'est introduit, vers sept heures du matin, dans la maison de Fualdès ; là, sans parler à sa veuve, il est monté aux appartements, il a enfoncé, à l'aide d'une hache, un bureau, d'où il a soustrait un sac d'argent, un livre-journal ou Fualdès inscrivait toutes ses affaires, un grand porteicuiJic de maroquin et plusieurs effets de commerce que Fualdès avait reçus la veille de M. Ségurel. Le même jour, à dix heures du matin, il frappe à la porte, et demande d'un air égaré si Fualdès y est; alors personne n'ignorait sa mort. Il monte rapidement à la chambre du maître ; le domestique le suit. Il court à l'armoire où Bualdès tenait certains papiers, y met la main, en ferme la porte, et en ote la clef. Jausion et Bastide sont arrêtés, et avec eux les nommés Bach , Colard , Missonnier, Bousqnier et la fille Anne Benoit, que de nombreuses déclarations font regarder comme complices du crime. Depuis ce moment la lumière jaillit de tous côtés : un mendiant, cnuclté dans une écurie dépendant de la maison de Missonnier, déclare avoir entendu qu'on « se débattait dans la rue, près de la porte de l'écurie •ù il était couché ; on poussa deux (ois la porte; le malheureux qu'on traînait, arrivé devant la maison Bancal, poussa deux eu trois cris , dont le dernier était étouflé comme une personne qui suffoquait. » Pendant ce temps, des joueurs de vielle qu'on n'a jamais pu retrouver, étaient placés devant la maison Bancal, et faisaient entendre, pendant une heure, le son de leurs instruments. Puis, un sieur

Page 1