FUALDÈS
Brest raconte que vers les huit heures un quart il a marcher dans la rue plusieurs personnes, qui paraissaient
porter une balle ou un paquet , qu'elles se sont arrêtées devant la maison Bancal , dont une porte s'est ouverte et s'est fermée bientôt; que peu de temps après il a entendu des coups de sifflet. Enliu, le ?» mars, une des filles de Bancal, la jeune Madelnine, a fait voir à la h Mo Montai! les trous du rideau par lesquels eUe a tout vu. Elle deman<ldu pain ; el comme la lille Monteil s'apprête à en couper : « Non pas avec ce couteau ! dit-elle ; c'est avec celui-là qu'on a tué le monsieur 1 »
Bientôt une lueur nouvelle va se répandre sur toute celte affaire et lui donner un iutérét saisissant. On répète qu'une dame, appartenant à l'une des familles les plus considérées de l'Aveyron, s'est trouvée conduite, par un motif que chacun explique à sa manière, dans la maison Bancal, au jour et à l'heure oii l'assassinat a été commis, et qu'elle a et» témoin du crime. On va même jusqu'à désigner plusieurs dame* t qui leur éducation et le rang qu'elles occupent dans le mande interdisent, sous peine do déshonneur, l'entrée de la maitoo Bancal. Un officier, nommé Clémendot , raconte que le to juillet 1817 , étant à se promener avec In «lame Manson , il lui dit qu'on la cite comme la personne qu'un rendez-voit» a appelée dans la maison Bancal au moment dn crime, fronce de questions, la dame finit par avouer le fait. De* oc moment toute l'attention se concentre sur ce témoin presque insaisissable. En effet, quand on s'apprête à recueillir ses paroles , elle refuse de parler ; un jour la vérité s'échappe de sa bouche , le lendemain elle s'accuse de mensonge. Elle a tout vu, dit-elle ; et bientôt elle le nie. Ce témoin, par ses continuelles tergiversations, par la lutte qui semble se livrer dans son esprit, excite, fatigue et fait renaître la curiosité; elle tient tous les esprits en suspen* , gradue l'intérêt, attire et fixe sur elle les regards de la France, de l'Europe. Enfin, M. Enjalran, son père, désolé des bruits qui courent sur sa fille, prie le comte d'Estourinel , préfet de l'Aveyron, île l'interroger, dans l'espoir qu'il en obtiendra la vérité. Après*; longues tergiversations, elle avoue tout. Conduite par le préfet dans la maison Bancal : - Sortons, je vous en conjure! » s'écric-t-ellc avec une grande agitation; « Emmenes-moi ! je mourrai si je reste ici. » Elle confesse «le plus que ce johilà elle était habillée en liomme , et qu'elle a brûlé son pantalon parce qu'il était taché de sang par suite d'un saigneiueut de nez.
D'autres révélations importantes se succèdent de jour eo jour. Mais quels motifs ont pu déterminer un si grand crime .' Ici on n'a jamais eu qne des conjectures : voici pourtant les probabilités auxquelles l'opinion publique se fixa. On <■<• souvint que quelques jours avant l'assassinat, Fualdfct ri Jausion avaient eu une querelle très-vive, dans laquelle le premier avait menacé le second de faire revivre des piife relatives à une affaire criminelle dont il ne s'était tiré qnr par suite de la soustraction de documents importants h s'agissait d'un enfant dont il avait rendu mère la femme d'un riche négociant, et qu'il avait jeté dans une fosse d aisances. Peut-être ne dut-il son salut qu'à la bienveillant* de Fualdès, alors procureur impérial. D'un sutre côlé, Jausion avait plus d'une fois eu recours à la signature de Fualdès, sous le nom duquel il empruntait pour son compte. On calcula que les effets mis ainsi en circulation s'élevaient à la somme de 100 à 150,000 fr. Il était impossible qw Fualdès n'eût pas exigé une contre-lettre comme garantie de sa signature. Toute» ces circonstances expliquai*0' *** sassinat. Enfin, de nombreux témoins attestaient que B»*u <iait ilébitcur personnel de Fualdès, et que, pressé par « dernier de se libérer, il avait répondu : Je cherche tons <» moyens de vohs faire votre compte ce soir. Trois ««ires après , l'infortuné Fnaldès était assassiné. .
La justice était assez éclairée : les accusés furent renvoy devant la cour d'assises de Rodez. L'accusé Bancal, qui «va fait «sr sans i
it la cour d'assises de Rode». L'accusé isuiw, , spérrr d'importantes révélations, mourut empo»80"^ iiu'on ait pu percer le mystère de ce nouveau crone-
FUALDKS - FIÏKNTES-DF^ONORO
(WmU de celte «noire s'ouvrirent dorant La cour de Rodez , l*l»aoot 1*17 ; irais l'arrêt qui condamnait h» accusés fut cassé par la cour de cassation, et de nouveau* débats curent Ira devant La cour <f assises «TAlbi. Alors se renouvelèrent les ternes les plus dramatiques. Le fils de Fualdès, demandant «Tant vei» émue a la justice «le venger les mânes de son pire, ml exciter tour à tour les larmes et l'admiration. Les hypocrites réponses de Jausinn, IVsaraoce effrontée do iu^iide, w froide impassibilité <!»■ la femme llancal, redoui-Wrtil l'Imrreur. A cote d'eux , Colard et Anne Benoît, sa
a<ro-*. qite pour fa in» relater toutes les sollicitudes d'un amour exalté qui avait pm naissance dans le< habitude* les phi» huntesMes ; enfin. M"** Manson, persistant dans le déploqu'elle avait adopté, promenait les esprits ■motion. Par snile de la déclaration du jury , b cour d*assfce* condamna la femme Ilancel , Bastide , Jaii- >ion, Colard et Bach à la peine de mort, Anne Benoit aux travaux foncés à perpétuité, et Missonnicr à deux ans «le prison. La femme Bancal obtint une commutation de peine ; \iif\t mourut en prison; Bastide, Jausion et Colard furent exéentes le 1 juin t8l8.Trente-«ept ans se sont écoulés depuis ce procès, et il pbrae encore sur tonte celte affaire un mystère qni as pu être éclalrei. Il avait élé démontré, aux débats loin* remplissaient la cuisine delà La cupidité avait bien pu armer le bras de t'-j-tide et de Jausion, mais elle n'avait pas dû être le mobile de tons. Par aorte de quelques témoignages nouveaux, trots fndividus, les nommés Constans, Yence et Bcssières-Veinae, hirent traduits devant la cour d'assises ; mais , malgré la déclaration de la femme Bancal et de Bach , ils réussirent à Mahitr tm alibi qui tes sauva. F.. nr. Cninnoi.
M"» Manson, a la suite de l'horrible procès dont on vient de lire le réeft, vint à Paris, ou pour subsister elle se mil à<ime de mmptoir. Plusieurs limonadiers exploitèrent successivement cette rrWe célébrité en la faisant trôner à leur romploir. La curiosité politique une fois repue dans un quar- Manson allait poser dans im autre. Après avoir as on de* somptueux cafés dn quartier de la Bourse, elle finit de chute en chute par tenir pour son propre compte un misérable e^aminet-billard dans la rue Copeau, derrière le Jannn des Plantes, et mourut en 1835, a Versailles, dans w» profonde misère et depuis longtemps oubliée.
FI CHS1A f nom donné par Plumier à un genre de plantes delà fanufle des omothérées, en l'honneur de Léonard Forhs, célèbre médecin el botaniste allemand du scirième .siéefe. Ce genre renferme plus de cinquante espèces ; mais qui pourrait compter leurs innombrables variétés? Depuis qu'elles ont été importées en France, ces plantes, originaire* du CbiR, dn Mexique et dn Pérou , n'ont pas cessé d'être recherchées des amateur»; grâce a leurs fleurs tuhnlewses , pendantes, renflées a la gorge , ayant ordinairement leur» divisions relevées en dessus, ce qui a fait comparer Ihit tonne à celle d'un chapeau chinois. Par des fecondafc>B« artificielles, les horticulteurs en ont obtenu de gros- *eurs diverses et de couleur offrant une foule de nuances intermédiaires entre le blanc, le violet bleuâtre et le rouge vif. Cette dernière couleur est souvent celle du calice.
Le genre fuchsia, composé de sous-arbrissaux , d'arbrisseaai et même de quelques espèces arborescentes , a pour caractères : périantlie double , coloré , placé au sommet de rovstre; calice rabuleux, à quatre divisions charnues, corolle a quatre pétales inv ointes et soudés intérieurement avec le tabe dn calice; huit étami nés d'inégale hauteur; style long, à stigmate globuleux ; disque glandulaire, épigync ; baie à quatre loges polyspermes.
FUCIN (Lac), anciennement laaisFucinus, aujourd'hui lago di Ceiano, situé dans le pays des Marsex , au midi de ] f>mbrie. César el Claude, ayant voulu le dessécher, cmployèrent trente mille hommes à percer une montagne, pour Wre écouler les eaux dn lac dan* le Tibre et le Liris. Mais fut sans succès, quoique le lac n'ertt que
sept
de pro- Adrieii
goémons, varechs et
fondeur. On assure pourtant que, vint à bout de cotte entreprise.
FUCUS* nom scientifique d< antres plantes marines analogues, que Linné et autres botanistes classent parmi les algues (voyez llvniiopnm*).
FUKIVTÈS(Oon PRrmo-Hr.xim.a'r.z o'AZKVKIM), comte r>K), général espagnol, né en IMM), A Valladolid, fit en Ibso sa première campagne en Portugal, sous les ordres du duc d'Albe. Vers 1591 , on l'envoya dans les Pays-Bas seconder le célèbre Alexandre Farnèse , tant dans le cabinet que sur les champs de bataille. Apres la mort de ce grand capitaine, il conserva les même» fonctions auprès de son succe^cur, le comte de Mansfeldt ; puis auprès de l'archiduc hrnest , qu'il dissuada de faire la paix avec les Hollandais. 1* ïèle intelligent dont il avait fait preuve lui valut d'être chargé, en lb9b, du gouvernement intérimaire de* Pays-Bas, a ver pleins pouvoirs pour réduire les Hollandais, soit parla diplomatie, soit par la force. Quand le canlinal archiduc Alliert fut nommé gouverneur des Pays Bas, le comte de Fuentès alla à Milan remplir les fonctions de gouverneur et de capitaine général. Sa politique inquiète et cauteleuse inspira de vives défiances aux princes italiens, et surtout aux Vénitiens. Il aclieta sur le* cotes de l'État de Gènes le port de Finale, et, en 1603, fit construire sur le» contins de la Vaiteline, au point où l'Adda vient se jeter dans le lac de Corne , le fort de Fuentès ; entreprise qui irrita au plus haut degré les Grisons. Voyant avec une jalouse inquiétude l'essor de prospérité que la France prenait sous le gouvernement paternel de Henri IV, il conclut avec le duc de Savoie un traité dont le but secret était le démembrement de 1 1 France, et fomenta la conspiration du maréchal de Biron. A la nouvelle de l'assassinat du bon roi , Fuentès témoigna la joie la plus indécente. Quand, à la mort de Louis XIII, la France eut à soutenir de nouveau la guerre contre TKspagne el l'Autriche, Fuentès, quoique déjà très-avancé en Age, en» valut la Champagne A la tète d'une armée espagnole de 3 5,000 hommes d'élite, dans le but de marcher droit sur Paris Mais attaqué avec des forces de beaucoup inférieures, le l«» mai IA43, sous les lignesde Bocroy, qu'il tenait assiégé, par le jeune duc d'Enghien, celui qui devint ensuite le grund Con dé, il essuya une déroule complète. Les Ks[ugnol*, outre une immense quantité de prisonniers, eurent o.ooo liommes de tués, et dans ce nombre leur général en cher; la perte des Français ne s'éleva pas à plus de 2,000 hommes. Fuentès, homme d'une activité et d'une audace peu communes, en revanche dur, égoïste et insubordonné, nous offre le type exact de ce qu'était alors la noblesse espagnole
FUENTÈS-DE-ONORO ( Bataille de ) , livrée en F.spagne à l'A kilomètres ouest de Ciudad-Bndrigo, près du village ainsi nommé, dans le royaume de Léon, entre les Français d'une part et une armée 'l'Anglais, de Portugais et d'Espagnols de l'antre, do .1 au 5 mai, Utl. Après un infructueuse tentative en Portugal, Massena avait repayé la frontière et laissé dans Almeida une garnison de ijon hommes, qui n'avait que pour un mois de vivres et que vingt mille ennemis bloquèrent bientôt étroitement. 11 songe» à la ravitailler à la tète de 30,000 fantassins et de 5,000 chevaux , sans tenir compte de l'approche de Wellington avec. 50,000 soldats et des nuées de guérilleros, qui avaient pris position sur un coteau, d'accès difficile, près du ruisseau de las dos Casas , la droite appuyée sur Fiienlès-de-Onoro et Savar-de-Avel, le cenlre sur l'Alamcda, la gauche sur les mines du fort de la Conception.
le 3 au matin les Français poussèrent en avant. Le général Ferey prit et perdit plusieurs fois le village de Fuentès-de-Onoro, et a lu nuit nous étions maîtres de l'Alameda. I>e 4, Massénn, voulant percer ht Ligne de Wellington, appuyé sur le lit de la Coa, qui offre partout d'affreux précipices, crut avoir trouvé un point accessible entre Paso- B-llo et Navar-dc-Avcl. Il mamruvra toute la soirée et toute In nuit p<mr être le lendemain en mesure d'attaquer
FUEINTÊS-DE-ONORO — FUEROS
. Le 5, au point du jour, la brigade Mauenlèvc île vivo force le premier et les bois .environnant* qui foisonnent «le tirailleurs. L'ennemi développait en arrière vingt escadrons, une nombreuse infanterie et douze pièces de canon. Monlbrun, «'étendant par la gauclw, sabre celte cavalerie, enfonce deux carrés de la meilleure infanterie anglaise, et fait 1,200 prisonniers. L'aile droite de Wellington , contrainte à rétrograder, a pendant près de 5 kilomètres notre cavalerie et notre artillerie légère à ses trousses. D'autre part, la fusillade est engagée sur toute la ligne ennemie. On remarque déjà dans ses colonnes cette incertitude, cette confusion, prélude ordinaire d'une déroute. Fcrey est maître de Fuentès-de-Onoro, et tout semble promettre une nouvelle palme au vainqueur de Zurich.
Malheureusement, par une inconcevable fatalité, les divisions françaises qui se trouvent en avant de Paso-Bcllo, infanterie et cavalerie, s'arrêtent faute d'ordres. En l'absence de Masséna, le général Loiseau n'ose prendre sur lui de se jeter sur ces masses ébranlées, et la victoire nous érhnppe. L'armée ennemie a le temps de se raffermir. Wellington effectue à propos un changement de front sur son centre, la droite en arriére, et après avoir rétabli son ordre de bataille, rentre dans Fuentès-de-Onoro, et s'y tient sur U défensive. Masséna, cédant à une prudence exagérée, croit ne pas devoir attaquer une seconde fois, et le feu cesse de pari et d'autreà deux heures après midi. Les Français restèrent maîtres d'une grande partie de champ de bataille; mais l'ennemi, se fortifiant, rendit sa position inabordable, et Masséna, désespérant de ravitailler Almeida, envoya quatre hommes de lionne volonté porter au général Brenicr, commandant celte place, l'ordre de détruire le matériel et de ae frayer ensuite, à la tète de la garnison, un passage Pépée a la main. Trois de ces hommes restèrent en chemin. A l'arrivée du quatrième, une grande explosion se lit entendre; c'étaient les fortifications d' Almeida qui sautaient. Les 1 ,100 assiégés, sortis de ces ruines à dix heures et demie du soir, favorisés par les ténèbres , et suppléant par la bravoure a l'infériorité du nombre, traversèrent les cantonnements anglais sans éprouver trop de pertes et rejoignirent au point du jour la division Reynier.
FUEROS, mot espagnol, dérive du latin forum, et qui désignait jadis tout à la fois le siège d'un tribunal et sa juridiction. Dans cette seconde acception, on s'en est servi en l'.spaimc |»nur désigner certains recueils de lois, comme le Fuern juzgo, ancienne loi des Vurigohts ( Les Visigothorum ) , appropriée aux rrurors et aux besoins de certaines villes. On disait en ce sens iefuero de Léon, le fuero de Najera, pour ne citer que les deux plus célèbres corps du droit communal espagnol. Ces droite communaux consistant le plus souvent en exemptions, immunités et privilège», le mot/ruro prit insensiblement cette signification complexe, et fut particulièrement employé pour désigner l'ensemble des droits, privilèges et chartes formant les constitutions particulières de la jVavarreetdes trois provinces basques : \t Biscaye, VAlava et le Guipuscoa. C'est presque exclusivement sous cette dernière acception qu'il est resté en usage, acquérant dans ces dernières années une nouvelle importance historique et politique par suite de la lutte acharnée que les Basques ont soutenue pour la défense de leurs privilèges. En effet, la Navarre, qui porte le titre de royaume, et les autres trois petits États qui se décorent de celui de seigneuries, ne furent jamais considérés comme parties intégrantes de la monarchie espagnole. Dès qu'ils parviennent, de temps à autre, à secouer un peu le joug, ils redeviennent des espèces de républiques, placées sous la protection de la couronne de Castille, qui est lenue de guardar stufueros, de respecter et Caire respecter leurs constitutions. La difficulté d'un terrain accidenté, hérissé de rochers, creusé de ravins, a protégé dès la plus haute antiquité l'indépendance des habitants de ce pays contre la domination étrangère. Les Phéniciens et les Carthaginois, ne s'en occupèrent point. Rome ne les soumit jamais entière-
ment. Les Goths, les Vandales, les Alalns, sentant que leur conquête conterait cher, ne tentèrent pas de les réduire, et finirent par s'allier avec leurs petits Etats (edératîfs dont l'ensemble formait dès lors une constitution aisa régulière. Il en advint que lors de l'invasion des Arabes, le danger commun réunissant ce qui restait de Goths ariens aux chrétiens des versants septentrionaux de la chaîne pjrénaiquo, les uns et les autres, vivant d'accord, entreprirent conjointement de résister au croissant sous la bannière de la Croix. Les Maures commirent la grande faute de ne pas les soumettre, ou de ne point les exterminer. Tandis que ces rapides conquérants débordaient sur la France méridioruK les montagnards du nord de l'Espagne se soulevèrent et se donnèrent des chefs, dont l'élection eut lieu à la pluralité d* suffrages ; mais, dans cette souveraineté établie du consente ment de tous à certaines conditions, il fut bien entendu que le pacte serait synallagmatique , sans que le droit divia % Intervint en quoi que ce soit.
De ces temps héroïques datent les fuerot de Navarre, Biscaye, Alava et Guipuxcoa. Les premiers furent reconnus par Ferdinand le Catholique lorsqu'il unit la Navarre à la Castille. 11 en fut de même pour ceux de Biscaye quant Charles-Quint rangea cette province sous sa domination. Quant aux fuerot d' A lava et de Guipuzcoa, leur acceptation par l'Espagne date des rois de Castille Jean 11 cl Charles II. Ils furent en grande partie supprimés lors ne U première régence d'Espartero ; mais la reine Isabelle les rendit à ces quatre provinces en juillet 1844. Le royaume de Valence, la Catalogne et surtout l' Aragon ont eu autsi jadis leurs fueros très-indépendants, mais depuis des siècles ils n'existent plus. Ceux qui restent encore sur pied soal tellement exorbitants, qu'ils ne pourraient s'accorder atec les charges que le gouvernement espagnol , régularisé et porté au niveau des autres États constitutionnels, voudrai imposer à ses administrés : ils consistent en une démocratie pure, où les masses délèguent, par l'élection la plus libre, l'exercice du pouvoir à des chefs qu'elles renouvellent annuellement, ou de deux en deux ans , selon la nature d* fonctions. Le souverain d'Espagne n'est que seigneur du pays, et ne prend pas d'autre titre dans ses relations am lui. Les pays de fueros ont leurs tiibunaux indépendant-. Ils ne payent aucun impôt, si ce n'est ceux que votent leurs assemblées nationales, sous le titre de don gratuit. On n > connaît pas de douanes, et ils commercent avec qui bon leur semble , recevant les denrées de tontes les parties de l'Kurope, et n'acquittant pour les marchandises étrangères qu'un droit très-modique. On n'y souffrit jamais de gahellc> : le sel, le combustible, l'eau et l'air, considérés comme U propriété imprescriptible de chaque individu, n'y payèrent jamais la moindre redevance, et ces montagnards ne coutoivent pas qu'il y ait des pays où des hommes se disant libre» consentent à laisser taxer ces choses. Ils n'admirent jauw:d intendant; les gens de guerre n'y doivent jamais « journer. Le commandant militaire doit être un enfant il» pays. Nul n'y est sujet à la milice, ni à la levée des matelot -, le pays devant se défendre lui-même en temps de guerre, et ees défenseurs n'étant |toiat tenus de poursuivre 1a victoire ou de marcher sous des généraux du souverain hc»:s de leurs limites. Non-seulement chaque ville ou bourg a v • magistrats, mais les hameaux et les maisons isolées épars dans quelque vallon écarté et formant le plus petit district, ont les leurs, qui rélèrent des différends survenus <!<canton à canton ou de village 4 village aux assemble. > générales. Chacun s'impose et se gouverne; on ne s'aperçoit nulle part ni des impositions ni du gouvernement , etc.
Cet état de choses, qui n'a pas varié depuis deux raille ans, au milieu de tant de vicissitudes historiques, peut convenir à une surface restreinte, que ses nnfractuosités sourcilleuses et profondes isolent au milieu d'un continent . Il a été celui de toutes ces petites républiques grecques, où 1rs citoyens étaient également protégés par la nature du terrain. Mais l'Espagne constitutionnelle ne pourra conserver à c«s