‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 339 sur 614 · GOUGES · texte numérisé non relu

GOUGES

franchit rapidement les tanières qui

nettement les grandes fractions entre lesquelles se parla

l'adroit»

geait l'opinion publique. Apres avoir été d'abord trire passionnée d« Necker, puis celle de Mirabeau, elle devint l'organisatrice et i'tmo d'une société populaire de femmes, nous devrions dire de Mégères, qui s'en venaient régulièrement occuper le* premiers rang* des tribune» publiques à la Convention, jetant de là l'insulte et l'injure au» membre* de l'Assemblée qui défendaient de* opinions contraires à celles de la Montagne. Ce fut le noyau des tricoteuses, sobriquet donné à ces forcenée» , et provenant de ce qu'elles suivaient les discussions tle rassemblée touien tricotant. On ne se rappelle que trop l'influence qu'elles e ver remit sur tes événements de cotlo époque, Enfin, au milieu de cette immense orgie, vint le moment du réveil et du repentir : Olympe de Gouge» se sentit émue de pitié à r**nect de Louis XVI, traduit a, la barre de la Convention sous une accusation, capitale. Abjurant alors les idée* qu'elles préconisaU naguère, .elle prit hautement la défense du monarque déebu ; puis quand le couteau de la guillotine eut fait rouler sa tete sur la place de la Révolution, elle se mit a attaquer le régime af/reax qui pesait sur la France, et à poursuivre Les hommes de la Terreur de se» énergiques in-; vectives et de ses brûlants pamphlet*. Un jour, un groupe l'entoure dans la rue: un brutal lui serre la tète sous son bras et lui arrache son bonnet, criant ; » Qui veut la tete d'Olympe pour quinze nous? — Mon ami, j'y mets la pièce de trente, • dit euV, sans se troubler. La foule se prit à rire, et la laissa s'esquiver. Mise au nombre des suspects par un arrêté du Comité de salut public , elle fut décrétée de prise de corps vers la fin de 179J, et traduite devant le tribunal révolutionnaire. Du prétoire de ce tribunal de sang à la guillotine il n'y avait qu'un pas : Olympe le franchit sans sourciller, et subit son sort avec courage.

tjOl i. Il ■ Hm.ii GOL'GU, Il i et vicomte), général

anglais, e>t le fils de Georgts Oovcu, de Waodstown, dans le comté de Limerick, ou il est né en 177». Dés liai , il entra dans l'armée ; en 1 795 , il assista à la prise du Cap de Donne* Espérance, nuis <lans les Jndes occidentale* aux attaques de l'ortorRico , de Sainte- Lucie et à la prise de Surinam. Envoyé en Espagne eu 1 Sou, il y comounda le »7« régiment aux batailles deTalavera, de Barossa, de Yittoria et de Nivelle, ainsi qu'aux sièges de Cadix et de Tarifa, où il reçut une grave blessure à la tète. Devenu en 1830, général major et propriétaire du 99" régiment, il reçut en 1841 le commandement des troupes anglaises envoyée* on Chine. Le 25 mai de cette même année, il battit complètement l'armée chinoise, et par suite de cette vietoire il contraignit le gouverneur de Canton à capituler. Au mois d'août, M partit de llong-Kong,et débarqua dans l'Ile d'Amoy, dont il s'empara après une courte résistance. Le 30 septembre il prenait possession de l'Ile de Chusau, et en octobre. îles lies CMng* fiai et Jung- Pu. Sa nomination au grade de lieutenant général et la jrand' aoix de l'ordre du Bain furent la récompense de ce» victoires. Le 15 mars 1842, il battit* Tsé-Kib le» Chinois commandés par Yii-king, et leur fitépouverdes pertes énormes, tandis que les siennes se bornèrent a trois morts et à vingt blessés ; et après être parti do Xingl'o le 7 mai, il s'empara le 1» de la grande ville de Tcha-pou, força l'en tirée de Yang-sé, s'empara le 19 juin de Shangllai, et le 31 juillet prit d'assaut Tshing-Kiang-Fou, ou les Ta tare* Lui opposèrent la résistance la puis opiniâtre. Arrivé devant Kanking, il se disposait à attaquer cette ville, quand il reçut la nouvelle de l'armistice conclu par l'ottingor, suivi bientôt après de la signature de la paix avec la Chine.

.A»u mois de décembre de cette même année 1842, le générât Gough fut créé baronet et appelé au commandement en chef des farces britanniques dans l'Inde. Son premier exploit dan» ce pays (ut une attaque qu'il tenta le 29 décembre 1843, « Marahajpour, contre les Maltraites insoumis. Il les mit en déroute, cl les força à reconnaître de nouveau la souveraineté de l'Angleterre. Il obtint des succès encore

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plus glorieux dans son expédition contre les Sikhs. Le 18 décembre 1845, il les battit dans la sanglante affaire de Moudky ; et trois jours après, & la téte de 17,000 hommes, il s'empara do camp retranche de Feroxashah , défendu pat 50,000 hommes; enfin , le 10 février 1840, il fit essuyer à l'ennemi une déroute complète a Kobraon. Les Sikhs fierdirent dans cette affaire 07 pièces de canon , 200 bouches à feu pour chameaux , un matériel immense et 10,000 nommes tués. La perte des Anglais se borna à 1,400 morts et blessés. Le 22 février, Gough . a la tète de son année victorieuse, entrait à Lahore, et la paix qui fut conclue alors valut aux Anglais tout le territoire situé entre le Seiledge et le Beas. Le parlement vota des remerciements au général, qui fut créé pair, sous le titre de lord Gough de Tslung-Kiang. Fou en Chine, Maraharjpour et de Setledge dans l'Inde,

Dana l'automne de 1848, les Sikhs ayant recommencé les hostilités et envahi te territoire anglais , Gough rejoignit l'année, le 21 novembre, et, à la suite de diverses escarmouches, dans lesquelles il tna beaucoup de monde à l'ennemi, franchit le Tshenab. Le 15 janvier 1849, il livra lu sauglanl combat «le Chtflianwallah, où l'armée anglaise resta, il est vrai, maîtresse du champ de bataille, mais a la suite duquel elle se trouva tellement affaiblie, qu'elle ne put poursuivre les Sikhs et qu'elle leur ohandonna même quatre canons. La nouvelle do cédé» astre produisit la plus vive émotion en Angleterre, ou tout aussitôt on accusa Gough dînaou la Compagnie des Indes résolut de lui en-

Mais dès le 21 février suivant Gough avait attaqué de nouveau les Sikhs à Goudxerale, et, après une résistance héroïque, il avait été assea heureux pour exterminer à peu près complètement leur armée. Entourés de toutes part», les quelques débris qui en restaient encore durent mettre bas les armes, le 4 juin 1849; il fut créé vicomte de Goudserale et de Lrmerieà; et après avoir remis à son successeur te con> de son armée , M revint en Europe jouir de sa > pension de 2,0©o liv. st. que h Compagnie des Indes lui a votée. U réside tantôt à Londres et tantôt dans le domaine de Sainte-Hélène près de Dublin; au mois de juin 1854, il a été promu générai , wrnàtt supérieur en Angleterre à celui de general-ltatlentint.

<. or II K.VANS (Affaire des mines de). Vogtx Turc. GOUJAT» Vers le milieu du moyen âge, lorsque les armées commencèrent à s'organiser plus régulièrement, on attacha à leur suite dos domestiques chargés des offices les plus bas, et on leur donna le nom de goujats (valets de l'armée). C'étaient eux qui entretenaient les objets d'habillement des soldats, qui leur préparaient à manger, qui nettoyaient leur habitation. 11 y avait parmi eux une espèce de hiérarchie qui les divisait en trois classée distinctes : la première, chargée de tout ce qui avait trait À la propreté du corps et des bardes ; la seconda, afkctée à la direction de la partie culinaire ; la troisième, formant la troupe, plus modeste, des marmitons. Sons le règne de Philippe- Auguste, en donna également la dénomination de goujats aux paysans armés qui suivaient l'infanterie dans les expéditions militaires , et que l'on avait jusque alors désignés sous le nom de piquiahins, pétau* et bidons. Lorsque , dans le onzième et le douzième siècle , des bandes d'aventuriers se formèrent en b rance , une grande partie des goujats de l'année passa dans leurs rangs, et commit dans les prounees b> phi* grands désordres. Dès lors leur nom devint un terme de mépris, synonyme de osseux, bandits, mauvais sujet*. Disons pourtant, à l'éloge de cette troupe si méprisée , qu'elle n'était pas uniquement une pépinière de pillards et de marnais garçons. Brantôme, écrivant la biographie d'un vaillent homme de guerre, qui avait tait parmi eux son apprentissage , le baron de Lagarde , général des galères, ne peut s'empêcher de s'écrier : •.Ah! qu'on en a vu sortir de bons soldats de ces goujats! •

Le mot goujat, dans le sens militaire, est aujourd'hui inusité ; la colère seule le fait quelquefois employer contre

suk GOUJAT -

la classe la plus grossière du peuple. Il peut s'entendre aussi d'un I tomme qui, grossier par caractère ou par babltude, apporte daus le commerce du monde une rudesse de manières et de mœurs qui lui fait méconnaître tout ce qu'il se doit à lui-même cl aux autres.

liOUJOX, genre de poissons de la famille des eyprinoides , offrant pour caractères ; Nageoires dorsale et anale sans épines ; barbillons labiaux , dont un a chaque angle «le la bouclie ; dents pharyngiennes, coniques et crochues sur deux rangs. Les goujons se distinguent des tanches par les écailles de leur corps, qui sont plus grandes. L'espèce commune , dont la chair est très-estîmée et qui sert i faire d'excellentes fritures, passe l'hiver dans les lacs; au printemps, elle remonte les rivières pour frayer. On la rencontre alors en petites troupes dans toutes les eaux douces de rKnropc.

(àOlIJON (Jun ). C'est à Pari* qne naquit Jean Goujon, le premier sculpteur dont la France puisse se glorifier. On ne connaît pas la date de sa naissance , on ignore où et comment il apprit son art; mais ce qu'il n'est pas permis d'ignorer, c'est son génie extraordinaire. On peut dire qne pendant que Michel-Ange enrichissait l'Italie des fruits de son génie, Jean Goujon offrait des clicfs-dViNivre à la France étonnée, non pas qu'il eut jamais l'énergie et la force qui caractérisent le talent du sculpteur florentin ; mais il mettait tant de grâce et d'élégance dans le mouv entent et les attitude! des femmes qu'il dessinait , et tant de perfection dans le maniement de son ciseau , qu'on peut le placer à coté des plus habiles artistes de l'antiquité , surtout si on observe ses bas-rebeis , la partie de I» sculpture dans laquelle il excellait, l'eu de sculpteurs ont compris aussi bien que Goujon les règles de l'optique et du bas-relief. Il avait l'art de modeler un corps peu saillant et méplat de façon à lui donner du la rondeur par la manière dont il fixait la lumière sur les |>arties saillantes , et dont il savait la faire glisser sur celles qu'il voulait sacrifier. Rien n'est plus beau que la fontaine des Nymphes , dite des Innocents, Dana cet ouvrage, un de ceux qui honorèrent le pins l'école française, il règne entre la sculpture et l'arcbitecturo dont le monument se compose une harmonie qui charme la vue , et qui provoque d'aimables M-nsatinn*. On y voit des naïades dessinées correctement, dons des proportions élégantes , et dans des attitudes aninu-is par les grâces ; leurs draperies légères laissent stiffisammeot apercevoir le uu qu'elles cachent , et elles y sont adhérentes avec une discrétion qui pourtant inspire on sentiment de volupté. Dans les bas-reliefs du soubassement , on voit aussi le triomphe de Vénus. La déesse des amours, mollement couchée sur les eaux , folàlre avec de petits enfants qui l'accompagnent , et qui s'amusent avec des poissons qu'ils ont retirés de l'eau. Les archivoltes de ce joli monument, dont l'architecture est de Lescot, sont ornées de plusieurs renommées dans des altitudes différentes, sculptées par Goujon.

Le grand artiste, lié d'amitié avec Pierre Lescot, se plut à enrichir le palais du Louvre des plus belles sculptures. Les frontons circulaires sont peuplés de ses ligures en demi-relief: on y voit Mercure, l'Abondance, cl au milieu deux génies qui soutiennent des cartels aux armes de Henri 11. Les entre-pilastres offrent des traits relatifs à la prudence et à la valeur du roi, avec de» trophées et des esclaves enchaînés. On lui doit encore tontes les figure» iconologiques qui embrassent les croisées circulaires formées en artl de bœuf. Ces femmes élégamment dessinées , qui expriment les principales vertus d'un pouvoir, ont de l'analogie avec les sculptures de la Fontaine des Innocents. Dans la salle des Cent-Strisses , on admire de lui quatre caryatides de quatre mètres de han' , taillées en ronde bosse ; elles soutiennent une tribune enrichie des plus beaux ornements Dam l'une des salles du Musée, on s'arnftle également devant une grande et riche cheminée où il a sculpté deux magnifiques statues colossales , qui s'appuient sur une niche circulaire qui contient un buste.

Jeie passerai pas sous silence le bel hôtel de Cama-

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