GOURMAND
Et la gourmandise , qui rend égoïste , inhumain , ne serait qu'un travers ! Non, J.-J. Rousseau le dit: «La gourmandise est le vice des âmes sans étoffe. » Et celui qui pense trop souvent â contenter te sensualité de son palais doit sur-lechamp se condamner a l'abstinence.
Il ne faut pas confondre avec te gourmandise te sensation agréable que l'on éprouve en réunissant dans un festin de nombreux amis, dont on s'efforce de contenter les goûts : la générosité , l'hospitalité, justifient dans ce cas l'abondance et la recherche. La préférence que l'on accorde à quelques aliments, le plaisir qu'en cause la saveur, n'ont rien de commun avec la gourmandise : elle commence quand on mange ou boit avec excès, quand on dépense pour se nourrir une somme prélevée sur les besoins de sa famille. La gourmandise est une passion, un vice, quand elle met obstacle à l'aumône, indispensable devoir des riches; elle l'est encore quand enfin elle provoque des maux physiques. La Biographie des Gourmands renferme des noms plus fameux qu'illustres : on ne peut se rappeler sans dégoût V it e 1 1 i il s et A p ici u s , qui se tuait ne pouvant vivre avec les 500,000 francs qui lui restaient des 5 millions dépenses pour sa table; Domitien, Hé liogabale, et tant d'autres qui engraissaient leurs murènes avec des esclaves. En vain a-t-on voulu modernement ennoblir, par des dérivés grecs, la plus matérielle des passions, te gastronomie : le gasl rotât re est demeuré le gourmand, c'est-à-dire l'être le plus bas placé sur l'échelle du vice. Les moines, dans le moyen âge, les financiers, avant te révolution , avaient une réputation de gourmandise, qui passa aux représentante «lu |ieuple dans les assemblées nationales. Il n'y a plus , que nous sachions, de corporation qui se distingue en ce genre, et l'on ne cite aujourd'hui que des individus.
Le gourmand est celui qui est adonné à te gourmandise, qui professe cette science de gueule, comme l'appelle Montaigne. L'n homme qu'aucun mérite ne distingue a un litre, s'il est gourmand, à l'attention des sots. Ainsi devint célèbre, sous l'empire, d'Ai^refeuille, ami deCambacérès, l'archichancelier. il s'occupait chez ce dernier de tous les détails relatifs à la cuisine, et l'on citait te table de Cambacérès comme te meilleure de l'époque. C'était dans l'ordre, car l'archichancelier traitait pour Napoléon, à qui ses habitudes laborieuses et son admirable sobriété rendaient insupportable le temps (tassé à manger. On n'est pas un gourmand pour trop manger une fois, ou pour dîner, en passant, à dix louis par tile : la fréquence de ces excès constitue seule ktjourmand. Le gourmand est sujet aux migraines, aux coliques, aux gastrites, et, bravant ces maux, fl meurt le plus souvent d'indigestion ou d'apoplexie. Son caractère est nul : la passion qui l'absorbe ne laisse guère place à d'autres passions, si ce n'est par exception ; il est aussi incapable du mal que du bien, et mérité la désignation de pourceau d'Epicure, qu'on lui donne généralement. Sous le nom à'Almanacti des Gourmands, La Reynlère a publié plusieurs petits volumes aussi gais que spirituels. La Gastronomie de Ucrchoux est un des poèmes les plus amusants que nous possédions; la Physiologie du Goût de Brillât-Savarin est un livre plein d'érudition; les œuvres de Carême, Le Cuisinier royal, La Cuisinière bourgeoise, sont dans toutes les mains. On n'en estime pas plus le gourmand, et il est impossible de ne pas regretter «les frais de science et d'esprit faits pour «les gens qu'un des plus beaux génies du moude, Dante, a placés dans la lange. « Tout ce que j'ai donné à mon veutre a disparu , disait Callimaque, et j'ai conservé la nourriture donnée à mon esprit. » C*** df. Dradi.
GOURMAND ( Culture), jeune pousse d'arbre fruitier oud'arhustc soumis à la taille, qui, se développant avec trop de vigueur, attire à elle la sève, épuise aiusi les tranches voisines , et souvent même les fait périr. Quelle est la cause la plus fréquente de la production des branches gourmandes? Si Ion remarque «l'un côté la rareté de ces déviations de la sève sur des arbres abandtinnés à eux-mêmes, «le l'autre leur fréouenec sur les arbres tailles, rabattus,