GOUR VILLE
valet de bord chargé de toute espèce de travail, surlooldu uelto\agc du bâtiment et du service de l'équipage.
GOURNAY (Marie LE JARS.ne ), née i Pari», en m, d'une famille distinguée. Elle était encore toute jeune lorsqu'elle vint à perdre son père, qui était trésorier delà iwson du r«f . Son esprit ferme et sérieux l'attira deboanebew vers des études toutes viriles. Elle apprit le latin uiunultK Les Essais de Montaigne lui étant par hasard tombé «tôt les mains, elle conçut pour l'auteur un vif entliousiasat Et lorsque Montaigne, en 1588, se rendit aui états de Bkà, où il était député , elle quitta sa terre de Gourai) parvenir avec sa mère rendre hommage au philosophe. A Paru elle ne vit que lui , et Montaigne, charmé -de l'avenum- rf de son esprit , lui voua une réelle affection. Il ne rqidït que sa fille d'ulliance. M"7 de Gournay avait alors «irçtdeux ans, et Montaigne cinquante-cinq. Elle l'euuDdMant elle à Gournay, et il y séjourna trois mois. De m ifo M'" de Gournay s'épiil de plus en plus du vieuv phi!o*ipbe, qu'elle appelait son second père , et à qui, disait elle, <k avait autaut d'obligations qu'au premier.
Dans ses Essais, cependant, Montaigne parie rueiiat de M"e de Gournay : « Il faut , disait-il , craiodre dVvdJe la méchanceté toujours en quête auprès des femmes. - M» il lui donna une grande preuve d'estime et d'atbcbrnuf en lui léguant ses manuscrits. \ oici ce que Pasquier rapprit à ce sujet : « Cette vertueuse demoiselle, avertie Je h tuxi du seigneur de Montaigne, traversa presque toute la Fnw tant par son propre vœu que par celui de la veuve de Mutaigne et de M°" d'Ehisac, sa fille, qui la convièrent d'ilfc mêler ses pleurs et ses regrets, qui furent infinis , »'*•' » leurs. » Plus tard, ayant perdu elle-même sa mère, elle tti* habiter Paris, où sa maison devint le rendez-vous de» w& et des gens de lettres.
Elle eut des amis illustres , les cardinaux du Pei.* Bentivoglio, Richelieu, saint François de Sales, GooW* puy, Balzac, Maynard , Heusius. etc. Le roi lut 61 «* pension. Elle prit parti mal à propos dans une querelle f& le père Colton , et publia à ce sujet V Adieu de f<J"»i ^ roi pour la défense des pères jésuites (Paris, in-s", auquel on répondit par un libelle intitulé : Remereux* des beurrières (Niort, 1610), et par VAnti-Govrno), * ne vaut guère mieux. Les adversaires des enfants de L v la ûrent, du reste, cruelkment repentir de son iuteneaw intempestive.
Après la fondation de l'Académie française, dk *> chez elle une partie des membres de cette compas* i*lorsqu'ils annoncèrent l'intention d'élaguer de la tangu '■ grand nombre de mots vieillis, MIU de Gouraaj p»* contre cette réformatioo. Elle disait des puriste», « s» ^ style était un bouillon d'eau claire , sans impureU- «< ^ substance. » Elle a publié deux éditions de Mont»-** J première en 1595; la seconde, qui lui est bien supérieur, t 1635. Celle-ci est dédiée au cardinal de Richelieu, oii«" les frais. Elle est enrichie d'une préface curieuse «w r*** a pria cette idée ingénieuse de la Divinité : « C'est us dont la circonférence est partout, et le centre nulle j*
M"r de Gournay, surnommée par ses galants o»W rains la Sirène française et la dixième Muse, a w»r Le Promenoir de M. de Montaigne, par sa/Utifet^ une traduction en vers du second livre de l'Èntide; U*quel poétique; des versious de fragments de Virgile, et Salluste; un Discours pour la défense de l« ff-* V Égalité des Hommes et des Femmes ; L'Ombre dt de Gournay; Les Avis et les Présents de la &J ' Gournay. On trouve dans ce dernier ouvrage s» '» contée par elle-n>ême avec une grâce et une naïveté «j^ pellent quelquefois son père aduptif. Elle mourut i «** le 13 juillet 1645, à soixante-dix-neui ans, et tut Saint-Eustache. Elle avait U«ué sa wbholhèu* * ^ Ihe-Le-Vayer.
GOUR VILLE (Jean 1IÉRAULD, sieur m ), curieux Mémoire* sur l'histoire de son temps,
G0URV1LLE — GOUT
1641 à 1698, et que plus d'un* fois Voltaire a mis à contribution pour son Siècle de Louis XIV, naquit en 1625, à La Rochefoucauld , en Poitou , de parent» faisant depuis k.netemps partie de la basse domesticité de la maison de La Rochefoucauld. Après avoir été d'abord palefrenier, puis valet de chambre et enfin secrétaire de Illustre auteur des Maximes, il devint son confident et son intime ami. La Rochefoucauld, s'étanl bien trouvé de lui pour ses affaires domestiques et aussi pour ses menées et ses intrigues politiques, le donna , comme on disait dans ce temps-là, au prince de Conde, & qui Gourville rendit d'importants services pendant la guerre de la Fronde ; et à partir de ce moment jusqu'à sa mort, arrivée en 1703, Gourville ne cessa pas un instant d'être pins maître a l'hôtel de Conde que les deux princes de Condé eux-mêmes , lesquels mirent d'ailleurs en lui toute leur confiance. On comprend que dans une pareille position Gourville voyait naturellement la meilleure et te plus grande compagnie de France. Doué de beaucoup de sens et d'un rare esprit de conduite, il réussit à se gouverner dans ce milieu, si difficile pour un parvenu, avec tant d'adresse et de convenance, sans jamais manquer à ce qu'il se devait à lui-même, sans jamais oublier non plus combien obscurs avaient été ses débuts, ni donner à qui que ce soit le droit ou l'envie de le lui rappeler, qu'U se fît les amis les plus considérables, et finit par être un véritable personnage, avec lequel les seigneurs les plus huppes étaient obligés de compter, car le grand roi lui-même le traitait avec distinction.
Après Pédit de pacification qui mit fin aux troubles de la Fronde, Gourville profita de ses brillantes et utiles relations jwur se lancer dans les affaires de finances et y faire une grande et rapide fortune. D'abord intendant des vivres à l'armée de Catalogne , il fut ensuite nommé receveur général des tailles en Guienne. Ami intime du surintendant Fou • <j u e t , et enveloppé dans sa disgrâce, il resta fidèle au malheur et alla l'ex-ministre de son argent et du crédit qu'il conservait encore h la cour. Obligé de fuir, il se retira à Londres, puis à Bruxelles , et alla séjourner à Bréda lors du congrès tenu dans cette ville en 1666. Mieux éclairé sur son compte , probablement grâce aux bons offices des La Rochefoucauld , Louis XIV confia alors à Gourville une mission secrète auprès du duc de Brunswick, Frédéric- Guillaume , au moment même où Colbert , poursuivant le cours inflexible de sa vengeance contre Fouquet , le faisait c ondamner à Paris comme concussionnaire. Le zèle intelligeot avec lequel Gourville s'acquitta de sa mission et, pardessus tout , l'active intervention du prince de Conde, qui négocia sa grâce au prix de 600,000 livres, lui permirent bientôt de rentrer à Paris.
Saint-Simon, qui l'avait connu dans sa vieillesse, rapport que c'était un homme fort grand et fort gros, qui avait été très-bien fait, et qui jusqu'à la fin conserva sa bonne mine , une santé parfaite, et sa tête entière. Il ajoute qu'il avait épousé secrètement l'une des soeurs du duc de La Rochefoucauld, son premier protecteur; que c'était là un fait parfaitement connu de chacun à l'hôtel de La Rochefoucauld , ou les trois sœurs du duc , restées filles , logeaient ensemble dans un corps de logis séparé, tandis que Gourville demeurait à l'hôtel de Condé. Mais à les voir, dit-il encore , personne ne s'en serait jamais douté. Gourville à l'égard de tous les La Rochefoucauld, voire de celle qu'il avait épousée, garda constamment en public une attitude de déférence et de respect qui prouvait qu'il ne se méconnaissait !>;»>, et qu'il se rappelait parfaitement avoir été à eux dans sa jeunesse. Saint-Simon nous apprend qu'il avait peu de oinestiques, mais qu'il savait les bien choisir. « Lorsqu'il se vit vieux, dit-il, il les fit tous venir, un matin, dans sa chambre; te, il leur déclara qu'il était fort content d'eux, mais qu'ils ne s'attendissent pas à ce qu'il leur laissât quoi jiie ce fut par testament; seulement il leur promettait d'augmenter a chacun ses gages tous les ans a'iin quart, s'ils le avaient bien et avec affection ; que c'était à eux à avoir
soin de lui, et à prier Dieu de le leur conserver longtemps , que par ce moyen ils auraient de lui, s'il vivait encore quelques années , plus qu'ils n'en auraient pu espérer par testament. 11 leur tint exactement parole. Il n'avait point d'enfants , mais des neveux et des nièces qu'on ne voyait pas, hors un neveu qui même se produisit peu. Ils furent ses héritiers, et sont demeures dans l'obscurité. »
GOUSSE. En botanique, on appelle gousse ou légume un f ru it sec, ordinairement allougé, un peu irrégulier, à deux valves et à deux sutures longitudinales opposées, portant les graines le long d'une des sutures, qui correspond plus directement que l'autre au pédoncule, et qui est un peu plus saillante à l'extérieur. Ces graines sont attachées alternativement à l'une et à l'autre valve. La gousse n'a ordinairement qu'une loge, comme dans le haricot, le pois, et généralement toutes les papilionacées. Cependant elle est btîoculojre, c'est-à-dire à cavité intérieure divisée en deux loges, dans l'astragale; muUUoculaire dans te sensilive , le tamarinier, laçasse; articulée, ou ayant de distance en distance des articulations ou étran^lcme n U qui te divisent en plusieurs parties, dans Yhcdysarum.
L'architecture s'est appliquée à l'imitation des gousses naturelles; et ces ornements, qu'on voit principalement dans le chapiteau ionien, ont pris le nom des objets qu'ils représentaient, et se sont appelés également gousses.
Les jardiniers et les cuisiniers out appelé gousse d'ail une petite tète d'ail : cette acception, tout opposée qu'elle est à la signification scientifique de ce mot, n'en est pas moins aujourd'hui usitée partout.
GOUSSES. (Klhnographie). Koyes Ce u ans. GOUSSET. Dans le blason on donne ce nom à une pièce irrégulière qui ressemble à un gousset d'armure ( partie de l'armure, qui avait te forme d'un triangle, et qui garantissait le dessous du bras), et qui prend en liant des deux angles de l'écu pour venir se terminer en pal à te pointe.
GOUST ou BOUST, la plus petite république qui soit au monde, et située dans les Pyrénées, entre les frontières de te France et celle de l'Espagne , a été oubliée dans tous les traites de paix relatifs à la démarcation des frontières île ces deux puissances, et jouit par suite, depuis un temps immémorial, d'une complète indépendance. Elle se compost! d'un hameau dont les chaumières , éparses ça et là, contiennent à peine cinquante bâtiments , et occupe le point culminant d'une montagne qui s'élève à 1,200 mètres au-dessus des sources thermales des Eaux-Bonnes. La république de Goust est gouvernée par un conseil des anciens, composé de cinq membres , et sous le rapport spirituel dépend de te paroisse de Laruns, petit bourg des Basses-Pyrénées. Elle n'a point de lois écrites.
GOUT ( PAyriofoeie ). On donne ce nom à celui des sens qui juge des saveurs et qui les discerne, te cerveau aidant, c'est-à-dire l'âme, le rendez-vous final de toutes les impressions de peine ou de plaisir. Le goût est le sens de l'appétit et de la gourmandise : aussi te nature I at-elle judicieusement placé, comme en sentinelle, à l'origine des voies digestives. Lui et l'odorat soumettent à une sorte d'inspection les substances servant a nous nourrir, et comme tous les inspecteurs, ceux-là sont sujets è la partialité et à l'erreur. Complaisants pour ce qui les flatte et leur agrée, ils repousseraient souvent des choses utiles, si l'expérience n'interposait son autorité. L'estomac, moins susceptible qu'eux, se trouve bien des alliacés, qui répugnent à l'odorat, et il fait bon accueil aux amers , eux dont le goût se trouve offensé.
Le siège de ce sens est tout à la fois te membrane de te langue et celle du palais. Quelques personnes pensent que te langue en est l'unique organe ; mais c'est une erreur : on a vu des hommes privés de langue qui jouissaient de te faculté d'apprécier les saveurs. Essayes de goûter seulement avec la pointe de la langue, 4 peine sortie de te bouche, une substance savoureuse quelconque, vous verrez combien l'impression en sera faible, à moius que cette substance
GOUT
n'ait le mordant d'un agent chimique, à moins que ce ne soit on sel, par exemple, un alcali ou un acide. La langue n'est donc pas le seul instrument du goût ; je ne sais même si elle en est l'instrument principal ; et cette vérité est ri évidente que le langage vulgaire l'a dès longtemps consacrée. On dit un palais délicat, quand on veut exprimer l'aptitude à savourer des clioses d'un goût délicieux, des breuvages recherchés , des mets exquis. Au reste, il ne faut pas croire que cette remarque soit sans importance. Songez donc qu'on dispute depuis Galien, et peut-être avant lui, sur la question de savoir lequel des nerfs de la langue, l'hypoglosse ou le lingual, est le plus spécialement affecté au sens du goût. A l'appui des deux opinions, on allègue des faits nombreux ; on cite de part et d'autre des expériences de galvanisme , des sections, des blessures de toutes espèces, et des maladies; et ces preuves, crue* péremptoires , se détruisent Tune par l'autre. Outre que je ne vois pas pour quelle nécessité le sens du goût aurait un nerf spécial plutôt que le toucher, outre qu'un même nerf peut faire agir des muscles et servir à la fois aux sensations, il suffit que le palais participe à la dégustation pour montrer que le sens du goût n'a pas de nerf unique et spécial , et que des filets nerveux provenant de diverses sources concourent a la perception des saveurs.
Pour discerner les saveurs, il faut que la langue soit mobile, qu'elle et le palais soient sensibles, et parfaitement humectés des sucs provenant de la membrane muqueuse qui revêt le palais et la langue; il faut que ces organes continuent de se nourrir aux dépens du sang dont leurs vaisseaux les pénètrent; il tant que les issues veineuses de ce sang restent libres , aussi bien que son accès par les artères. Il leur faut encore, a la langue et au palais, des nerfs pour la nutrition , des nerfs pour la sécrétion des sucs lubrifiants . des nerfs pour le simple toucher, qui juge de la présence même du corps à savourer; de pins, il leur faut des nerfs pour le mouvement qui leur fait palper, une à une , les molécules de ce corps sapide , et enfin, d'autres nerfs pour discerner les saveurs elles-mêmes. Supposez maintenant qu'on vienne à détruire un de ces nerfs qui président aux conditions indispensables à la sensation du goût, un seul, n'importe lequel, aussitôt vous verrez cesser cette sensation. Si vous empêchez la nutrition, plus de goût; la sécrétion des fluides, plus de goût; la sensation même, à plus forte raison, plus de goût. Vous voyez qu'il ne suffit pas que la sensation cesse après qu'un nerf a été détruit pour qu'on ait le droit d'en inférer que ce nerf est l'agent essentiel de cette sensation. Peut-être lest-il, mats nous n'en pouvons rien savoir, surtout pour un sens aussi compliqué que le goût. Si vous liez et comprimez les artères de la langue et du palais, le sens du goût sera dès lors aboli, tout comme si les nerfs de ces organes étaient altérés ; et pourtant vous ne direz pas que ce sont les artères qui apprécient les saveurs! Concluons donc que nous savons peu de choses concernant les nerfs des sens , et encore moins sur ceux du goût.
On regarde communément les papilles de la langue comme les instruments essentiels de la perception des saveurs ; et comme le palais n'offre aucun de ces petits prolongements manifestes , c'est sans doute à cause décela qu'on lui a refusé sa juste part dans la sensation du goût. Mais où est la preuve que des papilles sont plus indispensables au goût qu'aux autres sens T est-ce qu'il existe des papilles pour l'odorat? Les fiévreux et les vieillards, eux dont la langue est souvent hérissée de papilles jusqu'à i celle des chats, en ont-ils pour cela le goût
sé? Renonçons donc à donner aux papilles un pouvoir
que rien n'atteste. Comment goûteraient beaucoup d'animaux, si la langue et ses papilles étaient essentielles au sens du goûtt La plupart des oiseaux ont une langue cornée et les poissons n'ont point de langue du tout; et cependant beaucoup d'entre eux se laissent prendre à des appâts qui, privés d'odeur, ne les attirent que par leurs qualités sapides.
Les grenouilles et les rainettes, dont la langue a m pointe tournée en arrière, vers le gosier, néanmoins ne te inrpranent point quant à leurs aliments. Les mollusques d'ot! ni palais ni langue, et pourtant il est des saveurs qa'nsifttctionnent. Les mouches, qui n'ont qu'une trompe indisuoek pour juger des saveurs, n'en sont ni moins gourmands ■ moins constantes quant au choix des mêmes alinenu.
Il existe entre le goût et l'odorat un concourt visible, mt solidarité irrécusable. Leur alliance est aussi évidente que leur voisinage : l'odorat prévient le goût et le complète. U perception des plus agréables saveurs correspond à rïiwjni OÙ les corps sapides passent de la buuclic dans le plana» Cest l'odorat qui ajoute au goût ce qu'il a de plus diiarn. Le voile du palais forme les confins et pour ainsi dire la Pyrénées de ces deux sens contigus : c'est en ce lia q« les deux sensations se confondent. Voila même pourquoi « multiplie les aspirations par les narines lorsqu'on ne tu! rien perdre d'une saveur agréable : l'enfant resjére pic vite et bien plus profondément quand il est appeadu a m de sa mère. Il en est de même des gourmets qui degvstat un vin délicat. Par la même raison , on ferme les nuise» moyen du voile du palais , ou l'on suspend U respiration <i fermant la glotte, quand on vent affaiblir ladéletUbiesneir de certains remèdes.
Remarquez que tout état de fièvre ou à inflammation,* même qu'un long sommeil ou l'abus des boissons goame» ou de l'opium, font perdre au sens du goût tonte m fatat tandis que les acides , les remèdes toniques et amen, ls condiments épicés, l'éveillent et l'excitent. En géaéril, r le sens du goût est subordonné à l'état sain ou morbide J< l'estomac. Il a à son tour beaucoup d'influence sur Ingestions : flatté par d'agréables saveurs , l'espèce de voJup'dont il est l'instrument rejaillit sur les glandes salins» sur l'estomac; le cœur alors accélère ses mouTeuxit', l'esprit devient plus vif, l'humeur plus enjouée , et te Agestions sont plus parfaites.
On dit souvent qu'if ne faut pas disputer dts goiU,» que la chose n'en vaille pas la peine, mais parce q*> goût diflère en chaque homme, condition induptasalk s l'égale consommation des produits de la terre.
Un reproche que s'est attiré le sens du goût, c'est*"1 est stérile pour l'intelligence : il peut l'exciter, nos l< grandi) . Quelque délicieux que soit un mets, c'est a pa* si l'on en garde le souvenir , et la masse des idées n'en t* point accrue. Ceux qui s'adonnent aux plaisirs de h ut* sont ordinairement paresseux, grands dormeurs, gù et c* tcurs, mais incapables de toute contention d'esprit.
D' Isidore Bonne*.
GOUT (Esthétique). Ce mot signifie d'abord e* sophie sens du beau. Cest cette faculté dont nous sons* doués, d'être modifiés d'un sentiment agréable oopt«* quand nous sommes en présence d'un objet beau on ^ de quelque nature qu'il soit. Le sens du be a u est M ' férent du goût jugement, judicium, comme 1 les Latins , et qui est une faculté tout intellectuelle, ^ J fonction consiste à démêler le rapport qui existe entre m objet et l'impression qu'il nous a causée , de minière i "■ voir déterminer si cet objet est beau ou ne l'est pas- {m y\ dire encore que cette faculté consiste à comparer on «M sous son côté esthétique avec un certain type de be»»1*à l'apprécier d'après certaines règles formulées d'aï*0 et à juger ainsi s'il est beau ou non.
Un oiseau à la forme élégante , au plumage nuancé de t* leurs brillantes et harmonieuses , se présente à nos rttv* non seulement nous percevons sa forme et ses ce»*-" mais en même temps nous éprouvons un sentiment s*P*^ plus ou moins vif, selon l'énergie de notre sensibW; pouvoir d'être ainsi affecté d'une émotion agréante » suite d'une perception , d'une vue de l'esprit, app**** propre à la sensibilité, et non à l'intelligence. Le W* l'émotion agréable nait bien à la suite d'un fait iateVei" a bien pour cause ce même fait mais il est de a
GOUT
c'est un plaisir si l'omet agrée, une I peine si l'objet déplaît. Les philosophes ont donné à ce pouvoir le nom de goût , et Us ont eu tort. Ils eussent mieux fait, pour éviter la confusion, de se contenter des mots sens du beau, sens esthétique. Mais le rôle de l'esprit à l'égard du beau ne se borne pas au sentiment. Nous ne pouvons avoir conscience de cette modification de plaisir sans l'attribuer à rien , et sans lui assigner pour cause la perception, oo, ce qui revient au même, l'objet perçu qui la fait naître. Nous sommes conduits nécessairement à supposer dans l'objet perça la propriété de nous agréer, et cette propriété, nous l'appelons beauté. Cette, espèce de jugement, par lequel nous concluons du plaisir éprouvé par nous & l'existence d'une qualité correspondante dans les objets est le fait de la raison, et non plus du principe affectif, et c'est au pouvoir de porter de tels jugements que nous donnoos proprement le nom de goût, judiciutn. C'est cette faculté du goût considérée comme pouvoir de l'entendement dont l'examen offre le plus d'intérêt, parce que c'est elle que l'é-
, diriger et
lude et l'< tionner.
Si nous n'avions à juger que sur les œuvres de la nature, cette espèce de faculté attirerait bien moins notre attention , parce que, à quelques exceptions près, elle s'exerce d'une manière assez uniforme dans les différents individus, et que d'ailleurs les différences qui peuvent exister dans les esprits à cet égard ne donnent pas lieu à des discussions bien importantes. Ainsi, tous les hommes sont à peu près d'accord sur la beauté de la voûte des deux , d'un arbre majestueux, d'un noble coursier ; sur la laideur de certains animaux, commed'unediauve-souris.d'un poisson difforme, etc.; la vertu excite parmi les hommes la même admiration, le mal inspire la même horreur ; la dépravation seule peut les rendre indifférents a ce sujet , de même que l'état morbide rend on malade impropre à juger des saveurs. S'il y a des différences dans les goûts des peuples sur certaines formes, ces différences sont conformes aux desseins de la nature , et ne troublent pas la paix du monde. Nous laissons les nègres aimer les cheveux crépus, les grosses lèvres et les net épatés, et ce n'est pas pour cette raison que cette espèce est l'objet de nos persécutions et de nos iniquités. Nais le goût n'a pas seulement afTaire à la nature, il s'exerce encore sur les œuvres de l'art, c'est-à-dire sur ces imitations par lesquelles l'homme ciierche à reproduire les beautés dont le Créateur lui a fourni le modèle. C'est alors que le goût nous apparaît davantage comme faculté intellectuelle, parce que l'intelligence dans ce cas s'exerce aussi bien davantage. Noos n'avons plus seulement à juger ici de la beauté des œuvres de la nature , il nous faut comparer à celles -la les œuvres de l 'homme, et comme celles-ci sont toujours composées d'un assez grand nombre de parties , discerner quelles sont celles qui s'éloignent du modèle, quelles sont celles qui en approchent , h quel degré elles en sont encore éloignées , etc. On voit que la faculté du goût ne peut s'exercer dans ce cas qu'au moyen d'une (oule de comparaisons ou jugements portés sur les diverses parties de l'œuvre que nous devons apprécier ; SI ne suffit pas ici du sentiment du beau , il faut encore une grande justesse d'esprit , un coup d'oeil exercé, jui n'omette rien , une raison dégagée de préjugés , d'idées iial faites, etc. En un mot, il faut d'abord avoir des notions ustes et complètes, arrêtées, sur l'espèce de beauté qui a 'té prise pour type, et ensuite comparer l'œuvre et ses diverses parties avec ce modèle.
C'est ainsi que s'exerce ou doit s'exercer le goût dans les irts d'imitation. Dans ceux où l'imagination fait plus de rais, comme dans la musique , la composition pittoresque, a littérature , le goût a encore plus à faire. En effet , ce ne ont plus de simples imitations qui sont offertes à la crili- |tic, ce sont des compositions dont les diverses parties, (uoique existant toutes dans la nature, sont combinées dans in autre ordre, et réunies entre elles de manière à conver
principale, qui sert pour ainsi dire de clef à la voûte, comme une idée morale, un fait historique intéressant, une situation de la vie , un caractère, etc. Il but donc ici non-seulement comparer chaque partie avec ce qui lui correspond dans la nature, mais encore apprécier la convenance ou les rapports de ces parties entre elles , et de ces parties relativement à ridée principale vers laquelle elles doivent tendre toutes. (Test cette appréciation de l'harmonie d'un ensemble qui exige de la part de l'esprit le plus de jugement.
Mais , dira-t-on , bien des gens ont l'esprit juste , parfaitement exercé a saisir à la fais une multitude de rapports , comme les géomètres, par exemple, et souvent ces mêmes personnes ont fort peu de goût , quelquefois n'en ont point. Le jugement ne suffit donc pas. Cette objection va nous amener k reconnaître ce qu'il y a de plus dans le goût que dans le jugement proprement dit. Le savant, quand il considère des rapports ou un enchaînement de rapports , n'a pour objet que leur évidence. Le poète ou le critique les envisage encore sous un autre point de vue , sous celui de leur beauté , et il ne se demande pas seulement si la raison les admet, il se demande encore quelle impression ils produisent ; il consulte le sentiment qu'ils font naître dans l'âme, il interroge son cœur. Or, il peut se faire qu'un homme comprenne très-bien ce qu'il y a de justesse et «l'évidence dans une 6érie de rapports , mais qu'il ne sente pas ce qu'il y a de beau, s'il n'est pas doué d'une sensibilité assez délicate pour que leur perception l'affecte d'une émotion agréable. Il demandera ce que le poète a voulu prouver, tandis que le poète n'a rien voulu prouver, mais seulement toucher et plaire. Oo voit donc que pour juger en matière de goût , il ne suffit pas d'être frappé de l'évidence des rapports , il faut encore être organisé de manière à sentir ce que la convenance de ces rapports a de flatteur pour l'Ame qui les perçoit. Cependant, la justesse de l'esprit, l'exactitude du raisonnement , sont presque aussi nécessaires |»our apprécier convenablement les œuvres de l'art , qu'une sensibilité vive. Qu'on place une page de poésie d'une certaine étendue, comme un poème , un vaste tableau, devant les regards d'une personne dont l'esprit n'a point été cultivé, c'est-àdire point exercé à l'analyse : quelles que soient la vivacité et l'énergie de ses sentiments , elle ne comprendra pas tout ce qu'il y a de beau ou de défectueux dans cette composition , parce qu'elle sera mal habile à distinguer toutes les parties de l'ensemble , tous les termes des rapports , et qu'avant de sentir ces rapports, il faut nécessairement les avoir perçus. Mais celui dont l'esprit est accoutumé à saisir rapidement les différentes parties d'un objet , à les comparer entre elles, à juger de la convenance ou de la disconvenance des rapports qui les unissent, celui qui a beaucoup observé, beaucoup étudié , celui-là seul peut être juge du mérite d'un grand ouvrage, en apprécier les divers éléments, les comparer avec les types qui leur correspondent dans la nature , et prononcer sur leur harmonie ou leur incohérence. Yoilâ comment il s'explique que le goût peut se développer et se perfectionner par l'exercice du jugement. Un jeune homme a plus d'imagination et une sensibilité plus active qu'un homme d'un âge fait ; il a presque toujours moins de goût. Voilà aussi pourquoi nous goûtons davantage une belle composition , plus notre attention reste fixée sur elle, et pourquoi une œuvre qui au premier coup d'oeil n'avait point séduit nos regards finit à la longue par admiration.
On peut encore expliquer par là pourquoi la position est goûtée différemment par diverses personnes ; car si l'une n'y aperçoit pas ce que l'autre a considéré, et que celle-ci néglige ce qu'ac\aminé"cellc-là, les jugements, quoique portés en apparence sur le même objet, pourront ne pas se rencontrer, parce qu'ils auront été réellement portés sur des choses différentes. Mais les différences dans les goûts ont encore d'autres causes que nous devons signaler. Nous placerons au premier rang la fausseté ou la justesse de
;er avec le plus d'ordre et d'harmonie possible vers une idée | l'esprit ; car un esprit faux aura toujours le goût faux , pat
GOUT
la raison qu'il apprécie mal les rapports qui unissent les
parties tl'un même objet, et que c'est précisément l'appréciation de ces rapports qui constitue le goût. L'autorité a aussi sur le goût une influence remarquable. Il suffit bien souvent que nous ayons entendu vanter tel ou tel auteur, pour que nous nous extasions sur le mérite «le ses ouvres, et que nous admirions même ses défauts. L'esprit de parti, de coterie, contribue aussi à fausser nos jugement*. Nous nous passionnons pour telle ou telle école, et rien n'est beau qui n'est point sorti d'elle; toutes ses productions, au contraire, sont marquées au cachet du génie. L'imagination n'est |*as la dernière à vicier le goût. Tout ce qui la Trappe vivement en étalant aux regards d'éclatantes couleurs surprend et entraîne notre approbation , et souvent empêche nos yeux éblouis d'apercevoir des défauts qui n'échappent poiot à un esprit sage et exempt de prévention. Les habitudes elles-mêmes, les circonstances au milieu desquelles nous vivons, inlluent sur notre goût. Un peuple dont l'imagination est réjouie par le spectacle d'une nature riclie et variée ne goûtera pas une |«>ésic triste et chargée de sombres couleurs. Une personue éminemment préoccupée d'idées religieuses ne trouvera rien de beau dans la peinture d'objets dont la beauté toute terrestre ne reporte \m l'esprit a l'idée de l'infini. Enfiu, la passion est aussi en matière «le goût, comme en toute autre chose, une cause d'erreur bien puissante. Une mère trouvera toujours beaux ses enfants, une femme s'estime toujours plus d'attraits qu'elle n'en a, un auteur ne tarit jamais d'admiration pour ses ouvrages, et no manque pas déjuger détestables ceux qui sont sortis d'une plume rivale.
Quant a la dépravation du goût, elle tient à la corruption du oriir ou à l'abus des émotions, qui émousse la sensibilité et en accroît les exigences, «le telle sorte que pour la satisfaire il faut avoir recours à des peintures forcées et à une exagération de coloris toujours ennemie de la vérité, et par conséquent du beau ; de même qu'un palais blasé a liesoin de mets épicéa et de liqueurs fortes qui réveillent et surexcitent des organes que les excès ont énervés.
En voyant régner une si grande diversité de goûts parmi les hommes, on se demande naturellement s'il existe des règles pour le goût qu'on soit en droit d'assigner à tous , et d'après lesquelles on puisse contrôler tous les ouvrages. Est-il un critérium auquel on reconnaisse ce qui est vraiment bean, et que l'on puisse appliquer a toutes les œuvres dè l'art ? Cette épineuse question, qui a déjà soulevé de si grands débats parmi les hommes, a été résolue de diverses manières. Quelques-uns ont prétendu qu'il n'est point de règles possibles en matière de goût, par la raison que les hommes, étant différemment organisés , n'éprouvent pas le même sentiment en présence des mêmes objets, et que le beau étant ce qui plaît, chacun a droit de proclamer beau ce qui lui plaît davantage. Cependant, des faits importants s'élèvent contre cette opinion. Eneifet.si chacun a un sentiment différent de la beauté, comment arrive-t-il qu'il y ait dans la nature et dans les œuvres des hommes, des clioses qui excitent une admiration générale, un enthousiaroc unanime? Il faut qu'il y ait dans ces choses un certain caractère de beauté bien évident pour tous, et qui (trouve que le beau n'est pas aussi relatifqu'on le pense. D'un autre côté , ai le goût ne pouvait avoir les règles, l'art du critique serait quelque chose de ridicule et d'insensé, puisqu'il consisterait à discuter gravement avec des gens sur des questions impossibles à résoudre. Cependant nous lisons avec intérêt les ouvrages des critiques; nous avouons qu'ils servent à éclairer le goût, et nous reconnaissons qu'ils s'appuient sur des principes au moyen «lesquels nous démêlons ce qu'une œuvre a de beau et <b> défectueux. Quels sont donc ces principes an nom desquels un homme s'arroge le droit de contrôler et de léiormcr le goût de ses semblables T Four les arts de pure imitation, il est évident que ce contrôle est bien simple à exercer, car il consiste uniquement à comparer la copie à l'original, l'œuvre de l'art à celle «Je ta nature : rien n'est beau que le vrai
! Mais dans les arts où Niuçhiation s'écarte divsnb» * I la réalité et où elle combine ses tnatérianx demamimtf I frir des espèces de créations, comme en arrhnerforr.n I musiqne , en poésie, ces principes semblent pins dittriJs i | établir. On a dit que l'assentiment général était la i ■ preuve de la beauté d'an ouvrage; nu résoudre la question la laisse indécise dans la ptapart^cas ; car sMI ne s'agissait que des enivres pour teqadk l'admiration des hommes est unanime on nWanptsfan de règles de cri tique, tandis que si nous chercttons c« rttk c'est nonr savoir à quoi nous en tenir sur les ouvrsijK cjn sont un sujet de dissent i ment parmi les homme». 1rs rttfc , d'après lesquelles nous devons les apprécier ne sont [«■( si difficiles à signaler qu'elles le paraissent an nreamriM Toute vaste composition se rattache nécessaire!»»! i mgrande idée qui doit avoir un profond retentissemmt l'Aine humaine, et quia inspiré le poète, présidé à tret u travail, enfin dont la mise en lumière est le butdfto*^ elforts. Pour l'exprimer, il est obligé d'employer ow fwj de matériaux divers qu'il va prendre dans la nature, «t ip> dispose le plus heureusement possible «le manière a eqrô' l'idée qu'il a choisie. Nous avons donc d'abord a ojn»r si cette idée est réellement digne, par sa grandeur et sa \*ri d être proposée aux hommes par l'artiste <pn coD*an* *■ talent à la faire briller aux regards. Quant anx materai qu'il emploie, comme il va les prendre dans la naturf, w- «levons examiner s'ils sont de bon nloi, c'est-à-dire « bnf est fidèle, et nous n'avons pour cela qu'à les rempart ia leauie. r.nun, u lam consnterer non-seuiCTivur m h.<-j. partie est dans on rapport convenable avec le* partie* n vironnantes , mais encore si elle est en rapport anx ( principale à laquelle tontes doivent aboutir; cart'eî'*' cette relation des partie* entre elles et des wrtte m l'unité à laquelle elles se retlaclient que résulte ITnw'' c'est-à-dire la beauté «Je l'ensemble. Or, le travail «pVup cet examen est an travail de raisonnement; et tm**** raison est commune à tous les hommes, c'est-à-dii*^ est loisible à tous «le remarquer si une chose courir»! à t* autre ou ne lui convient pas, on voit par là qoeto*!* hommes soot appelés à juger sur les œuvres de l'irt ■< t» leur goût peut èlre dirigé et éclairé par certain» prnnr1 Après celte règle , la plus imitortante de toot», « <!»'•» peut appeler fondamentale , il en est encore d'antres, qui**1 toutes également basées sur les lois de l'esprit honnis T* est la règle de la variété , celle de la gradation dan» rêt , etc., parce que c'est une loi de l'esprit harnais, <\**> monotonie fatigue, et «pie le sentiment langoissed de son intensité s'il n'est nourri et vivifié par àtt bu*1 toujours croissantes. Or, ce ne sont point là des règles > bitraires et variables, puisqu'elles reposent sur U w*T humaine , qui est constante et uniforme dans m lo» Q"1 a-t-il donc «le mieux à faire |K>ur former et dérrVff* ' goût? Etudier la nature pour en apprécier les beMtédif harmonies ; étudier l'esprit humain pour en ronaalw '" exigences. C.-M.
Outre son emploi en physiologie et en esthétiqur,***1 dans le langage des beaux-arts, comporte uao d'acceptions qui ne sauraient être passées son» Ainsi , comme synonyme de jugement, il est fréaar»*»' employé par les amateurs «le tableaux et d* d»i^ par les gens du monde pour exprimi*c certain sentan* moins raisonné qu'instinctif, des convenance*, ce*»* culté «le discerner les notions du beau et do vrai, t'* • acception, plus particulière aux artistes, coasi*te**J manière de voir, de sentir, d'imiter la nature, «•«T'JJ un travail d'après les rèsles acceptées et qui lont loi des épithètes sublime ou burlesque, etc., etc., ^J^tL faire de tel ou tel artiste. La troisième acception, «* de la première , invoque comme règle à suivre, « «"^ la physionomie particulière , la roédioée d'un s**- ^ pays, d'une école, d'un maître. Le goût, 10 peut ni se définir, ni s'analyser, ni «>■"«**■». v
GOUT
luérir ; H se développe par l'étude , mais ne se donne pas.
> qu'on appelle 6on 901I/ est le goût général, le goût surtout les hommes d'expérience.
Considéré comme se rattachant au choix, à l'exécution l'un sujet, le goût semble se rapprocher du style, mais il Vu éloigne en réalité. Le style dans les arts est l'ensemble lu faire ; tandis que le goût préside a la conception, ta guide, a suit, lui imprime telle forme, lui donne tel caractère, ni riilève tel ou tel défaut. Envisagé comme mauière de entir la nature et d'exécuter un travail suivant les convenions d'une époque, le goût se subdivise en trois parties >rinnpales : le goût naturel, le goût artificiel ou d'imin(ion,A enfin le goût national, le goût traditionnel d'un >ay», sans compter le goût particulier de chaque artiste, <>n faire instinctif de prédilection. Considéré comme pliyionomie particulière, comme caractère distinctif, comme uélhode, le goût se rapporte aux siècles et aux époques : ions avons, dans ce sens, le goilt italien, le goût flamand, < goût français, le goût espagnol, etc. }A™ Dacier ap- M'Ile le goût une harmonie, un accord de l'esprit et «le .s raison; et Roltin, un discernement délicat, vif, net et
> . ris de toute la beauté , la vérité et la justesse des penées.
l.e goût se dit aussi du plaisir qu'on éprouve a manger et i hoire : Les malades ne trouvent goût à rien, ne prennent :oût a rien , perdent entièrement le goût. Ils commencent i rentrer en goût, le goût commence à leur revenir, dès lu'ils «ont convalescents.
Il se prend aussi pour saveur : Une sauce de haut goût 'st une sauce salée , epicée. Il devient encore synonyme V odeur : Cet appartement a un |oût de renfermé , ce tabac » un goût de |H>urri.
Goût se rapprochant d'inclination , on dit : Faire une hose par goût, pour exprimer qu'on la fait avec plaisir; es ouvrages de goût sont ceux qui ne sont exécutés que v.nr l'agrément, pour l'ornement. Il se dit enfin de la maii<V«; agréable ou désagréable dont une chose nous frappe, m physique ou au moral un livre, un tableau , une staiio , un mobilier, une toilette de bon goût , de mauvais :<>ûl, d'un goût nouveau; des ornements d'un goût recher- ■ r-, d'un goût mesquin; le goût du jour; une plaisanterie de uaitvais goût; une galanterie de non goût.
Coût dans ses diverses acceptions entre dans une foule h: façon* de parler proverbiales : Des goûts et des couleurs, l ne faut pas disputer. Tous les goûts sont dans la na- 'nre, auquel dit-on, on peut opposer le proverbe espagnol : f / »/ a des goûts gui méritent des coups de bâton. U coût 'h fait perdre le goût, signifie qu'une chose dont on a •nvic est trop chère. Le morceau avalé n'a plus de goût, ndique qu'on ne doit plus songer à une affaire fâcheuse, piuml elle est passée.
4iOl TER. Voyez Cou.vtiov
liOUTTE (du latin gutta). Ce mot désigne en général me lrcs-|K!lfte portion d'un liquide quelconque. Dans la onversation familière, on dit boire la goutte \*mr prendre trie petite quantité de liqueur spiritueuse. Goutte à goutte ■ignilie qu'il faut verser très-lentement. Par mère-goutte •n désigne le vin qu'on tire delà cuve, sans pressurer, par ./'position à celui qu'on tire du pressurage ( vin de première '.outte). Faire la goutte se dit du sirop qui coule en formant les gouttes séparées.
Goutte , en termes de tondeur, est une petite partie tirée l'une fonte d'or ou d'argent, et qu'on remet à l'essayeur •our qu'il en constate le titre. En architecture, ce sont de velîts ornements coniques placés dans le plafond de l'ordre torique , ou sous les triglyphes.
Tout le monde a pu remarquer que les gouttes d'un fluide (uelconqiie affectent constamment la forme spbérique : ce >li<-nomène a longtemps embarrassé les physiciens, qui en >nt cherché l'explication dans différentes hypothèses; on 'attribuait autrefois à la pression du fluide environnant ou le l'atmosphère, qui , étant uniforme sur tous les points.
GOUTTE 407
nécessitait , disait-on , la figure sphérique dans la goutte ; mais cette explication tomba d'elle-même , du moment qu'on eût (ait l'observation que la tonne des gouttes dans le vide était la même que dans quelque milieu que ce fût. Les disciples de Newton attribuent ce phénomène à l'attraction , qui , étant mutuelle entre toutes les parties du fluide , les concentre , les rapproche les unes des autres, et les oblige ainsi à s'arrondir. « L'attraction mutuelle des parties de tout corps fluide, dit Newton, les force à prendre une l.^nre spbérique, de la même manière que la terre et les mers sont réunies sur tous les points en globe , par l'attraction mutuelle de leurs parties , qui n'est autre chose que la gravité. » Du moment qu'on imagine en effet des molécules semblables qui s'attirent réciproquement et qui se réunissent en corps, en vertu de cette force attractive, on aperçoit tout de suite qu'elles doivent affecter la forme sphérique , car, il n'y a pasde raison pour qu'une de ces molécules soit placée à la surface de la goutte d'une antre manière que toute antre, et la figure ronde est la seule qui puisse maintenir en équilibre toutes les parties du fluide.
Le mot goutte s'emploie encore dans le langage pharmaceutique pour désigner la mesure de certaines liqueurs qui se prennent à très-petites doses. La goutte est évaluée à peu près au poidsd'undemi décigramme; toutefois, on conçoit que ce poids doit varier suivant la pesanteur spécilique ou la densité de chaque liquide. Il est certaines liqueurs dont Pusage est Intérieur et qu'on prescrit par gouttes : tels sont les baumes, les huiles essentielles, les élixirs, les mixtures, les esprits alcalis volatils , certaines teintures. Plusieurs liqueurs composées de cette classe ne sont administrées que par gouttes , d'où leur est venu ce nom. C'est ainsi que les mixtures magistrales, qui agissent à très- petites doses, sont ordonnées communément , bien que l'on puisse déterminer par grammes et même par cuillerées la quantité de ce remède excédant trente ou quarante gouttes. I<es pharmacopées décrivent sous le nom de gouttes plusieurs compositions : telles sont, par exemple, les gouttes a" Angleterre anodines, les gouttes d'Angleterre céphalique*, les gouttes du gé~ néral l/imotte, etc. Les gouttes de Goddard ont fait beaucoup de bruit dans un temps ; on leur attribuait des vertus presque miraculeuses dans les faiblesses , l'assoupissement , la léthargie et plusieurs autres maladies fort graves. Goddard, qui en est l'inventeur, exerçait avec éclat la médecine à Londres, sous le règne de Charles II. Sollicité par ce prince à lui vendre son secret , Il résista longtemps , et consentit enfin, par déférence et par égard, a le lui livrer pour une somme de 25,000 écus. Le prince en fit part a ses médecins, et, malgré cette confidence, la composition des gouttes de Goddard demeura longtemps un mystère entre quelques Anglais. Mais enfin, le célèbre Lister, persuadé que cet esprit de nationalité exclusive et jalouse était un préjugé nuisible au genre humain, communiqua la recette de la médecine de Goddard à Tournefort , qui l'a rendue publique. On sait aujourd'hui que cette sorte de panacée n'était autre chose que le produit de la distillation de la soie écrue , rectifié avec l'huile essentielle de lavande. Quant aux gouttes d'Angleterre anodines, c'était une décoction d'écorce de sassafras , de racine de cabaret , d'opium , de sels volatils de crâne humain et de sang humain, d'alcool, etc. Us gouttes d'Angleterre céphaliques différaient peu des gouttes de Goddard. V. De Moléo*.
liOUTTE {Médecine). Cette dénomination, qui parait avoir été employée pour la première fois vers I7?0, est due à l' h u m o r i s m e , et suppose le dépôt d'une goutte de quelque humeur acre sur les surfaces articulaires. On a cberché à expliquer l'origine «le cette affection par les théories les plus singulières. Hippocrate la plaçait dans la bile et la pituite; Paracelse l'attribua à l'acrimonie de la synovie; Fcroel à une humeur s'écoulant de la tète vers les articulations ; Rivière suppose l'altération du sang par un sel corrosif; plus nouvellement , Hérissant et Rertholtet ont cherché à prouver que la matière arthritique se séparait des os. Ikous-
GOUTTE
uni» voyait dans la goutte une inflammation articulaire sous l'influence d'une gastrite chronique.
Quoi qu'il en soit , toujours on a tenu compte et de la lésion locale et d'une affection générale Retendant à toute l'organisation. C'est dans l'âge de transition entre la virilité et b vieillesse, que surviennent les premières attaques. Le fait souvent cité de Franklin, souffrant d'une première attaque de goutte à soixante -quinze ans, est une exception trèsrare. Les femmes n'en sont point exemptes , surtout après l'âge critique. Bien que l'hérédité ait été mise en doute , une grande masse de faits semble rendre cette cause incontestable. La migraine, la gravelle, les hémorrhoides , certaines dyspepsies, une tendance hypochondriaque , l'irritabilité extrême du caractère , une susceptibilité excessive pour la douleur et le spasme, un teint couperosé, etc., indiquent une disposition à la goutte : qu'il s'y joigne une vie sédentaire, sensuelle, ou seulement une disproportion entre l'alimentation et la fatigue, et cette maladie ne tardera point à se manifester. Aussi se rencontre-t-elle plus fréquemment dans la classe aisée (morbus dominorum). On ne peut pas plus nier l'influence du défaut d'exercice, surtout après une vie active, que celle d'un travail intellectuel trop assidu. De là cet axiome : la goutte tue plus de gens d'esprit que de stupides (Sydenham). La colère, les affections morales tristes y disposent comme tous les excès qui portent leur influence sur le système nerveux : llippocrate dit : puer podagra non laborat ante veneris usum, et il ajoute : Eunuchi pixlagra non laborant.
Souvent précédée de malaises, de flatuosilé* , de troubles digestifs, d'engourdissements, de fourmillements et de crampes dans les membres, la goutte aiguë débute d'ordinaire au milieu de la nuit et réveille le malade subi lement ; une douleur vive se fait sentir au gros orteil (70 fois sur 100, Scudamore) ; d'autres fois c'est à la cheville, au talon, etc. Cette douleur est comparée à une dislocation , à un déchirement, à une brûlure ; le frisson survient Iwentôt , puis la souffrance augmentant toujours s'accompagne d'une grande agitation et de chaleur générale , souvent d'un sentiment marqué de pulsations. Le mal atteint dans la soirée son plus haut degré d'accroissement , et disparaît presque complètement après vingt-quatre heures de durée, paifois avec des phénomènes critiques , tels que des sueurs générales ou partielles : celles-ci sont visqueuses, ont une odeur forte et noirciraient l'argent s'il fallait en croire Hoffmann, Costc et M. Guilbert. Dans quelques ras une vive démangeaison les remplace ; mais le gonflement, la rougeur et la douleur de l'articulation reparaissent dans la soirée et durent ainsi sept à huit heures pendant quelques jours; puis ces accès disparaissent et font place à des accès semblables sur d'autres articulations. Leur réunion constitue une attaque qui dure quinze à vingt jours et se prolonge d'autant plus que les douleurs sont moins violentes. La maladie disparaît ensuite, parfois entièrement, et ne revient qu'après une intervalle plus ou moins long et souvent périodiquement.
Les attaques répétées, en se rapprochant les unes des autres, envahissent un plus grand nombre d'articulations et produisent un état maladif général permanent et local des altérations qui constituent la goutte chronique, alonique. Dans des cas assez rares on a vu celle-ci être primitive, c'est-à-dire n'être point précédée par la forme aiguë. Les douleurs sont vagues, elles envahissent les genoux et d'autres jointures; des nodus, des tumeurs tophacées, volumineuses, entourent les articulations. Elles commencent toutes par le dépôt d'une liqueur visqueuse qui durcit d'abord au centre. Lorsque mécaniquement elles enflamment la peau, celle-ci peut s'ulcérer et donner issue à une sérosité abondante, mémo à des fragments plus ou moins volumineux de ces concrétions. L'anatomic montre souvent de très-grandes altérations morbides, particulièrement à l'extérieur des membranes synoviales, à l'origine des tenions et autour des ligaments. En 1805 Tercy à déposé à l'École de Médecine de Paris le squelette du gout-
] tcux Simorre, remarquable par une soudure cottipiett h toutes les articulations, même des mâchoires. L'aniiju de» ! concrétions donne beaucoup d'uratede soude, d'urate et de pltosphate de chaux unis à une matière animale. Toute!/., beaucoup de concrétions désignées comme goultms*» sont il ues à d'autres causes. C'est surtout dans la goutte dira- ; nique qoe la plupart des fonctions participent a la maUdir : locale, tandis que les phénomènes locaux sont moins <ksloureux. Ainsi à ces souffrances locales viennent m jotndrrb , tristesse, la morosité, un sommeil troublé, descrutfts, I des mouvements convulsils qui agitent les membres, lest» 1 tements d'oreille, la céphalalgie frontale, le trouMe swt des fonctions digeslives, une gastralgie particulière, Ut* tipalion, la dyspnée, la toux, enfin l'œdème des menti* On attribue trop volontiers à la goutte dite irrfy*tte(, interne, répercutée, rétrocédée, tous les accidents pû» logiques qui surviennent chez les goutteux. Cette eiptu i tion manque de preuves, et lorsqu'une maladie graveur vient après la disparition brusque d'une attaque de gotfif. on doit Irien plutôt admettre que le mouvement innanwi- , toire qui s'est développé détourne, dérive la fluxion çat I teuse préexistante, comme aussi une maladie iaflanouj toire peut être supprimée par l'apparition d'un accès v goutte aiguë. Nous ne prétendons point cependant qut j i diathèse goutteuse soit sans influence sur la (orme, fiy*' des maladies; cette altération de toute l'économie, ai» , surcharge de sucs nourriciers ( Roche ) doit agir de U même laçon que toute autre diathèse.
Doit-on considérer comme des complications de la gwik la gravelle et les troubles des fonctions digestives? .V m* ce pas là bien plutôt des dépendances immédiat» d'à même cause? 11 en est de même de la néphrite, dam ce cas du moins.
Le diagnostic de la goutte offre peu de difficultés cependant sa ressemblance, son identité même, suivant ta* coup d'auteurs, avec le rhumatisme, méritent li pk sérieuse attention. Si des rapports nombreux les rapt"chent , d'un autre côté ils diffèrent. Ainsi la goutte feetc primitivement les petites articulations et ea part» lier le gros orteil; le rhumatisme siège d'ordinaire du* 1» grandes articulations. Celui-ci débute avec de la fièvre << les signes d'une inflammation souvent très-aigoé; lap** s'annonce communément par des troubles dans le» lions digestives. Dans cette dernière il se fait un dép4l, w sécrétion de produits salins autour des artkulations et ffctard des incrustations, quand daus le rltumatisae W s* flement d'abord considérable, tendu, intra-articulii« ^ ! parait complètement après l'attaque ou fait place i* produits inflammatoires. Celui-ci, s'il est aigu, est rostiK celle-là est rémittente ou même Intenuillente. Le prflpt semble commencer à la peau et dépendre de eau» **■ rieurcs, tandis que l'état goutteux commence aux voh tives et tend à se terminer aux reins. Après l'auaoor * goutte le malade, loin de rester souffrant, faible, «wwf*comme dans le rhumatisme, revient proroptemeot » occupations, à un état de santé meilleur qu'avant l'atUt* et même à sa pléthore habituelle. Dans les dénias.^ vrai, l'urine pendant l'attaque est rouge, chargée «"** urique, mats elle conserve plus on moins ce caractère ap l'attaque de goutte, et les perd entièrement après le rt*" tisme ou plutôt quand la fièvre a disparu. Nous P0*"* encore chercher une différence dans l'eugmeirtit** * " fibrine dans le sang des rhumatisants : bornons-nom > w peler et les complications graves du rhumatisme s'étea* aux enveloppes séreuses du co ur, a la plèvre et ma**6 méninges, et enfin les différences considérables <pa *F rent le traitement des deux maladies.
Il existe cependant, il faut se le rappeler, on étal i»**' médiaire, une affection mixte, qoe l'on a désignée se*»1' M àc rhumatisme goutteux, dans lequel lesdooleurs a*i» rement périodiques, les nodosités se forment diton*** La tumefaction loin de précéder la diminution do U do**-
GOUTTE — GOUVERNANCE très-
Tire». Pourquoi s'étonnerait-on de cette union mixte? Les causes extérieure» du rhumatisme doivent, en agissant sur 1er sujets prWisposés à la goutte, proroquer une forme particulière du rhumatisme.
Si l'on cherche à pénétrer la nature de la goutte ou mieux de U diatbèse goutteuse, on reconnaît que sa cause réside «Tune part dans une nourriture surabondante, tropanimalisée, etd'autre part dans l'oisiveté, par suite dans une déperdition insuffisante. Le sang puise dans les aliments trop succulents, trop azotés, un excès d'urée ou d'acide urique; et si les reins, qui ont pour fonction de recueillir et d'éliminer l'urée ou l'acide urique provenant de la décomposition de nos tissus et aussi des aliments introduits dans l'économie (Dumas), si les reins, dis-je, sont insuffisant* pour cette élimination, l'acide urique en excès donne lieu à la gravetle et à la diathèse goutteuse. La fatigue et le travail activent la circulation, la respiration, et secondairement la ttroportion de l'urée dans l'urine. Ainsi s'explique la rareté de la goutte dans la classe pauvre, Itabituéc aussi à des excès d'aliments , mais en même temps à des travaux pénibles et peu interrompus. Celle explication théorique par la disproportion entre la dépense et la recette alimentaire n'est sans doute pas irréprochable, mais elle s'accorde avec les faits et certainement met sur la voie d'un traitement préservatif et même curalif rationnel. Elle ne répond pas, il est vrai, à cette vaine recherche d'une formule unique ou d'un spécifique contre une maladie qui n'en comporte point; mais, de, tout temps on l'a reconnu, c'est à l'hygiène et à la diététique qu'il fout recourir pour modifier la diathèse goutteuse. Lucien fait dire .1 la goutte qu'elle n'obéit point aux pharmaciens, et le fabuliste, complétant cette pensée,
Goutte bien trariaséc
Eit, dit-on, » demi pansée.
I c» conseil-» à donner pour combattre la diathèse goutteuse doivent tcidre en effet a prévenir la réplétion gastrique en diminuant la quantité des aliments azotés et des boissons alcooliques, ensuite à entretenir la liberté du ventre et à activer les sécrétions urinaires et cutanées; enfin, à prescrire tin exercice Journalier et une vie active. Tissot et Cullcn ont peut-être exagéré les bons effets de la diète lactée et végétale , mais la convenance de ce régime n'est pas douteuse.
La goutte aiguë est-elle annoncée par quelques signes, le repus, un régime doux, des boissons délayantes, nitrées ou alcalines, laxativcs, seront prescrits. Des organes iuqtortants à la vie sont-ils menacés , ou facilitera l'invasion sur les articulations par des cataplasmes un peu excitants. La douleur est-elle lixéc, on se contente, si clic est modérée, de prescrire des cataplasmes émollicnU, la flanelle recouverte de taffetas gommé, enfin quelques antispasmodiques. On a recours aux émissions sanguines, s'il y a une inflammation un peu vive. Peut-on sans imprudence essayer au début des méthodes perturbatrices, du froid, d'une forte chaleur, des quarante-huit verrées d'eau chaude conseillées par Cadet de Vaux, pratiquer une large saignée, etc.? S'il est permis d'espérer ainsi un trouble favorable, on n'est pas, d'un autre coté, assuré de ne point exposer le malade à de (adieux accideuts.
Plus les attaques se répètent, et moins le traitement devra être affaiblissant. Parfois même il sera bon de recourir k quelques toniques, au gaïac, à la squine, au bois de Surinam ou à la poudre du duc de Pottland, surtout si avec un appareil digestif sain il y a faiblesse cl langueur. C'est particulièrement dans la goutte atonique qu'il faut éviter le froid. Les tumeurs, nodus, concrétion* topliacécs réclament quelques soins particuliers pour en faciliter la résolution ou ii,éme la sortie dans quelques cas d'ulcérations, etc.
Les eaux alcalines, celles de Vichy, par exemple ont obtenu des succès avéré»; mais une grande prudence doit être apportée dans leur emploi, si l'on ne veut exposer le malade à des congestions inflammatoires cl hémorrliagiqucs. Du reste,
l'influence des eaux, les articulations s'assouplissent et se fortifient, le gonflement diminue et les douleurs disparaissent dans le plus grand nombre des cas. Passeronsnous en revue l'interminable liste des spécifiques vantés contre la goutte ? Ce serait temps perdu , car chaque jour eo voit naître de nouveaux, aussi impuissants que les anciens, et la crédulité publique ne s'en lasse point : l'intensité insupportable des douleurs l'explique suffisamment Mieux vaut, en terminant, répéter le conseil le plus utile aux goutteux : la sobriété et la frugalité, jointes à un exercice suffisant sont les meilleurs préservatifs de la goutte. On parviendra ainsi a éloigner et à modérer les accès ; a bien plus forte raison à écarter un danger, beaucoup moindre il est vrai, que ne le feraient supposer la violence des douleurs et la gravité apparente des attaques : tous les bons observateurs sont d'arcord en ce point. Dr Auguste Gouwi..
GOUTTE ROSE on COUPEROSE. Voyez DumiE.
GOUTTE SCIATIQUE. Ce nom vague a été donné à une maladie qui a son siège dans le nerf sciatique et aussi à la douleur arthritique de l'articulation iléo- fémorale. Elle devrait être bannie du langage comme vicieuse ( voyez Névralgie ).
GOUTTE SEREINE (gutla serena), nom que Ton donnait autrefois a l'a mau rose, et qui lui vient de ce que dans cette affection le fond de l'on! parait diaphane.
GOUTTES NOIRES. Voyez Blicx-Drops.
GOUTTIÈRE. On appelle ainsi , en termes d'architecture , un canal de plomb ou de bois destiné à déverser dans une rue ou dans une cour les eaux du clténeau d'un comble. Dans les bâtiments gothiques, on leur donne la forme de chimères, de Itarpies et d'autres animaux fabuleux , et elles prennent alors plus particulièrement le nom de gargouilles. Les ordonnances de la police moderne ont proscrit dans les grandes villes l'emploi de cet ornement architectural ; elles exigent aujourd'hui, à Paris notamment, que l'eau pluviale soit , à sa descente des combles, reçue dans des gouttières en zinc ou en fer-blanc, et conduite dans la rue par un conduit métallique appendu le long de l'édifice, de sorte qu'elle ne jaillisse pas sur les passants.
GOUVERNAIL, pièce de bois attachée à l'arrière d'un navire ou d'un bateau , et qui , tournant sur des gonds, s'oppose à l'action de l'eau, tantôt d'un coté, tantôt de l'antre, et imprime au bâtiment la direction convenable. La barre du gouvernail est une longue pièce de bois horizontalu qui le fait mouvoir. Dans l'usage ordinaire, gouvernait se dit des deux pièces de bois réunies, tant de celle qui est en dehors du navire et qui descend dans l'eau, que de la barre ou timon qui le fait mouvoir, et qui est dans l'intérieur. Le gouvernail primitif, fort peu semblable au nôtre, était placé de coté a l'arrière du navire; il consistait en une pelle large et courte, en lormc d'aviron, manié par le tiinonuier. Dès le treizième siècle, le gouvernail s'attachait, comme aujourd'hui, juste à l'arrière du bâtiment. Au quinzième siècle cependant, on s'aide encore du gouvernail de côté. Dans les grands navires, la barre du gouvernail, ne pouvant être dirigée a la main , est manœuvrée à l'aide de palans , ou d'une corde très-solide, souvent en cuir tressé, qu'on nomme la drosse du gouvernail, laquelle s'enroule sur le tambour d'une roue qui est maniée par les litnonniers et se trouve placée sur le pont du bâtiment. Perdre son gouvernail est un si grand malheur en pleine mer, que les efforts de beaucoup d'officiers distingués tendent depuis longtemps à imaginer un gouvernait de fortune qui puisse se fabriquer à bord avec les ressources que le navire présente et s'appliquer immédiatement au oâliment désemparé.
En numismatique, un gouvernail posé sur un globe accompagné de faisceaux manroc la puissance souveraine.
Ce mot s'emploie figurément pour exprimer le gouvernement de l'État Charles Du Rozom.
GOUVERNANCE, mot conservé par l'Académie, désignait autrefois une juridiction établie dans certaines villes de Flandre et des Pays-Bas, et à la téte de laquelle était le