GOUVERNANCE
gouverneur. Selon l'édit de Louis XIV, de mars 1603 , la . gouvernance de Lille était compos»*, outre le gouverneur, I d'un lieutenant général , civil et criminel , d'un lieutenant particulier, de six conseillers , d'un avocat et d'un procureur du roi.
GOUVERNANTE. On donne ce titre à réponse de l'homme qui porte celui de g ou verneur, et auquel le soin d'une province a été confié. Une femme peut être gouvernante de son chef : Marie-Christine , arcliiduclwase d'Aulriclie, était gouvernante des Pays- Cas lorsqu'en 1793 elle vint mettre le siège devant Lil le en Flandre.
On donne à ce nom une extension couîduYrable , puis» qu'il désigne les femmes chargées d'élever des enfants : la femme à qui l'on confie dès sa naissance un enfant au maillot, et celle qui dirige l'éducation de la jeune personne qui va se marier, sont toutes deux appelées gouvernantes, bienque, l'une soignant le corps, l'autre l'intelligence, la même désignation ne devrait point leur convenir. Mais arrêtons-nous à ce que l'on entend par gouvernantes le plus communément. C'était avant 17»» une personne d'une conduite régulière, qui menait a l'église, à la promenade, en visite chez | des amies de son âge, la jeune personne auprès de laquelle on l'avait placée ; elle assistait à ses leçons , lui recommandait de les étudier, et ne quittait sa chambre ni le jour ni la nuit. Des principes religieux, de la patience, de la fermeté, mais une vigilance attentive suffisaient. Aussi Mmc deGenkis dit-elle que l'un faisait souvent des gouvernantes avec les femmes de chambre dont Cage avait roidi les jambes et vieilli le goût. Les gouvernantes mangeaient dans leur chambre, où elles commandaient au laquais et à la femme de cliambre de leur demoiselle; on ne les voyait guère daus le salon, ou peu de personnes étaient polies pour elles; et ce n'était que l'été, quand on menait la vie de château , qu'elles faisaient partie de la société.
Si l'état de gouvernante est plus honoré aujourd'hui , il est devenu bien autrement pénible. L'on exige en général de la femme qui s'offre pour le professer l'enseignement de Torlltugraphe, de l'histoire, de la géographie, de l'anglais, de la musique, du dessin, et des petits ouvrages a l'aiguille; quant aux vertus et à l'excellence du caractère , cela va toujours sans dire ; la gouvernante est donc devenue une institutrice.
La place de gouvernante auprès des enfants des rois et des princes du sang était une fort grande dignité autrefois. On ne pouvait être nommée sans l'agrément dn roi , et l'on ne pouvait être destituée. Lorsque le prince deGuéménéefit une banqueroute de vingt-huit millions, on eut beaucoup de peine à obtenir que sa femme, gouvernante des enfants de France, donnât sa démission. M,nc de Miossens, gouvernante de Henri IV, se fit beaucoup d'honneur par l'éducation qu'elle donna a ce prince, le laissant courir pieds nus dans les montagnes du Béarn , manger du pain noir, et visiter les paysans dans leurs chaumières. Les fonctions de gouvernante auprès des princes cessaient quand ceuxci avaient atteint rage de sept ans. Les princesses gantaient leurs gouvernante* jusqu'à l'époque de leur mariage ou de leur majorité. La duchesse de Ventadour, en qualité de gouvernante de Louis XV, assista, sur un tabouret, au bat des degrés du trône, au lit de justice tenu par ce monarque âgé de cinq ans. Le duc d'Orléans, ayant choisi pour gouvernante de sa fille (plus tard M"" Adélaïde) la comtesse de Gcnlis, la nomma quelque temps après, avec l'agrément du roi , gouvernante de ses fils. Cet exemple unique fut justifié par l'instruction extraordinaire que la comtesse de Genlis fit acquérir aux jeunes princes dont elle dirigea l'éducation , et par la vie I alto rieuse de l'aîné , depuis le roi Louis-Philippe, qui pendant l'émigration aima mieux longtemps professer les mathématiques que recourir aux souverain» étrangers. La gouvernante du roi de Ron>c, la comtesse de Monlesquiou , ne lit sans doute que son devoir en conduisant cet enfant à Vienne, et en ne le quittant qu'a l'époque ou son éducation devait être confiée à un ooirrer-