‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 352 sur 614 · GOZLAN · texte numérisé non relu

GOZLAN

Ikimet (1847); Vn Cheveu blond UB47); Le Lion empaillé (1848); Le Coucher d'une étoile et Dieu merci le couvert est mis! (1851). Une tempête dans un verre d'eau, LaQucuedu Chien (TAlcibiade, et La Fin du Roman ont égayé le répertoire du Théâtre-Français. La critique désarmée a ri de grand cwur à ces lestes comédies. Pourquoi faut-il que, dans un jour d'erreur, M. Goxlan ait imprimé quelques vers, des vers de prosateur à coup sûr, et qui ne valent ni plus ni moins que ceux de Fénclon ou de Malebranclie ?

L'ironie, nous l'ayons dit, est le caractère dislinctif de M. Gozlan. Quand il raconte une tendre histoire, on sent qu'il reste en dehors de son oeuvre, et que tout en faisant soupirer les amoureux, il sourit de leur ivresse naïve ou de leur douleur. Aussi y a-t-il chez cet écrivain quelque chose qui arrête à moitié chemin l'émotion du lecteur et l'empêche de lui être tout a fait sympathique. Ses romans sont pleins d'interruptions désespérées et d'amers sarcasmes. Dans ce genre , rien n'est triste comme l'article qu'il a jadis publié sur la Morgue, dans le livre des Ccnt-et-un. Il est des choses qu'on ne doit point railler. Mais M. Gozlan sait la vie , et il la sait trop. Il a lui-même (ait sa profession de foi littéraire , lorsque , dans la préface du Xotaire de Chantilly, il s'est écrié : « Plus de héros... des hommes ! « Quant au style , M. Gozlan n'appartient pas à une école très-pure ; sa vivacité méridionale ne hait ni le clinquant ni les paillettes. Mais sa plume a des ressources infinies et sait prendre tous les tons. Paul Ma.vtz.

GOZZI (Gasparo, comte), célèbre littérateur italien, né à Venise , en 1713, éprouva dès sa plus tendre jeunesse la passion la plus vive pour les poésies de Pétrarque , et fut porté à essayer de les imiter, quand il eut (ait la connaissance de Louise Bcrgalli , célèbre par ses ouvrages poétiques et par les grâces de son esprit. Il l'épousa, et à son instigation consentit à se charger de la direction du théâtre d • San-Anselo, qui finit par lui valoir Uni de désagréments, quoique tout le poids en retombât sur sa femme, qu'il résolut de rentrer à tout prix dans le calme et le repos. Il loua un logement bien isolé, et s'y réfugia au milieu de ses livres. Quelques ouvrages dramatiques qu'il livra à la publicité n'obtinrent qu'un succès médiocre; par contre, ses dissertations critiques et morales et la Gazetla Veneta, qu'il rédigrtiil presque seul , attirèrent rétention générale. On ne larda pas à le regarder comme l'un des critiques les plu» distingués et l'un des écrivains les plus élégants et les plus purs de l'Italie. En toute occasion il prit la défende des saines doctrines littéraires contre le mauvais goût. Après avoir pendant longtemps rempli les fonctions de censeur et d'insp etcur des imprimeries à Venise, il fut appelé, en 1774 f à Padoue pour y présenter un plan de réforme de l'université. C'est là qu'il mourut, en i"S6. Comme critique, il brillait par la finesse et la profondeur de ses aperçus, par la modestie et l'impartialité de ses jugements. Sous ce rapport, son Giudicio degli antichi poeti sopra la modema censura di Dante, etc. (Venise, 1758, in-4°), est resté un véritable modèle. Son Osservatore veneto periodico ( Venis«, 1768), est une imitation assez heureuse du Spectateur d'Addison. On a aussi de lui une imitation des satires de Boileau en langue italienne. Une nouvelle édition de ses Œuvres complètes a paru en 20 volumes à Bergamc ( 182à-lS2<j).

GO/Zt (Caklo, comte ), frère du précédent , né à Venise, en 1712, entra au service des l'âge de seize ans, par suite de la pauvreté profonde de sa famille; et trois années qu'il passa dans un régiment cantonné en Dalmatie interrompirent des études qu'il reprit avec une nouvelle ardeur lorsqu'il lui fut donné de revenir à Venise. Le succès qu'obtenaient les mauvais ouvrage* dramatique; de Chiari l'excita à combattre celle aberration dn goûl. RientOt même il ne craignit pas de s'attaquer â G o I d o n i lui-même, coupable à ses yeux de contribuer par ses ouvrages à la ruine de l'ancienne Commediu deW arte. Sa Tartana degli influsli per i'anno bises'tie (1757) excita contre lui des clameurs universelles;

• GRACE

et Goldoni crut devoir lancer contre ce piquant pari,* un grand poème qui ne lui valut que de nout elles èpigrinit:* de la part de Gozzî. Cette lutte littéraire eut pour ttatu de pousser Goxxi ver* un nouveau genre d'antres fanatiques. Goldoni avait presque complètement ruwr Sml, ce remarquable arlequin, ainsi que sa troupe , qn eutbt dans la Commedia delV arte. Gozzi prenant fait d aut pour ces artistes, écrivit pour eux gratis à partir défit. Au lieu d'emprunter ses sujets à la vie bourgeoise, il ibis demander aux contes de fées ; et Schiller a arrangé pr s scène allemande l'un de ces ouvrages intitulé ; ftrasfc. princesse de Chine. Toutes les pièces de Gozo tint » l'effet Pleines de hardiesse cl de fantaisie, elle* reposé au goAt alors dominant en Italie , mais elles n'oit s* n se maintenir au répertoire. Toutefois, sous rinfloeatetfu' aririce appelée la signora Ricci, et, pour luifairessrfa tragiques plus convenables à ses moyens, il se nili bu** plusieurs pièces françaises et autres. Carlo Gotù lui-même à l'impression d'une édition de ses Œstre et* plètes ( 10 volumes, Venise, 1792), et mourut le 4*«ui* On trouve dans son autobiographie, intitulée MewutuMà vita di Carlo Gom, de précieux renseignement» tes» vaux littéraires.

GOZZO. Voyez Goze.

GOZZOLI (Btxozzo), célèbre peintre toscan, (ksi le ritahle nom était vraisemblablement Benoao diLut.vquit vers 1400, à Florence, et fit partie delà »«i»M pléiade d'artistes du quinzième siècle qui awtrilwrat» élever la peinture toscane à ce degré de perfedios <W » toiles de Léonard de Vinci et de Michel- Ange noa* foarsN* de si admirables exemples. Il y a toute apparent* «~ l'élève de Fie sole; mais il ne continua pat la pieuse et dévote de son maître. Cédant au contraire ji» pulsion d'un caractère naturellement gai, il revêtit»*)* bibliques de l'expression de bonheur et dejoc fnrW«« au milieu dans lequel il vivait Dans sa tendance ses figures de plantureux paysages etd'edilkes soœptti' il est jusqu'à un certain point comparable a stsouw'rrains flamands; et il (ut le premier eu Ualusqai ««* ner à ses tableaux un riche fond. Comme dewiaiK" * comme coloriste, il est plus habile que Fiesok,m«*r* tant que Masaccio, à l'instar de qui il prit lad*»* * mettre dans ses toiles des portraits de eonternporïi* Se principaux ouvrages se trouvent au palais Riuanli i fr rence, et au Campo-Santo de Pise, qu'il a orné fcnu>tr* grands tableaux, dont les sujets sont ton s emprunte! t récriture Sainte. Le premier, Les Vendanges dt V< * exécuté par lui en 1469 ; le dernier, La Bcine de S»*** 1485 : de sorte qu'il consacra seize années à I' On présume qu'il mourut peu de temps <

GRAAL. Foyes Greau

GRABAT. On nommait ain suspendu, étroit, sale, et sans rideaux, ou ci)o<l>«^: esclaves, les pauvres gens et les philosophe* ersiq»* 1* ce mot se forma celui de grabataire, nom de sectarM différaient de recevoir le baptême jusqu'à la awrt,«» qu'au moment où tout espoir de vivre les Jf* dans la persuasion où ils étaient que ce sacreioest twtous leurs |>cchés. On a dit Gguréruent être sur l* fd* pour désigner quelqu'un d'alité et de tres-nalade.

GRACCI1US. Vogex Ghacocgs.

GRÂCE ( du latin gratia ). Ce mot, en géners), «*•■' une idée de faveur bénévole, de complaisante w*^ c'est ainsi que l'on dit : Je vous demande cette gràtt; I»»1 comblé de grdees. Être en grâces auprès de qnftV0-* être dans les bonnes grâces de quelqu'un, c'est pw*'"* tièrement sa confiance, son amitié, être dsas »

Grâce signifie aussi remerciaient, témoignage naissance ; il est alors ordinairement précédé du vtflV n^ c'est dans le même sens qu'on dit rendre des grâces. Grâce s'emploie encore pour pardon, uiaW

On appelait autrefois, dans le commerce, <M*i

te grée» un délai de dix jours qu'on accordait à celui sur I equel une lettre de change était tirée. An de grâce se dit le chacune des années de l'ère chrétienne. Grâce expecatiee se dit des prorisions que la cour de Rome donne par Tance du bénéfice d'un homme vivant.

On nomme chevaliers de grâce, dans les ordres de cheilerie où il faut faire preuve de noblesse, ceux qui ne nouant faire cette preuve, sont reçus par grâce. Les comnan- 'tries de grâce sont celles dont le grand -martre d'un ordre I

la libre disposition.

Noua avons parlé ailleurs du coup de grâce.

La bonne ou la mauvaise grâce s'entend de la bonne a de la mauvaise volonté, de l'élégance ou du manque élégance, de la raison qu'on a de faire une chose, etc.

Les Anglais ont fait du mot grâce un titre d'honneur qu'ils onnent aux ducs.

Enfin grâces, au pluriel, se dit d'une prière que l'on fait

Dieu après le repas pour le remercier de ses biens.

tiRÂŒ, (acuité indéfinissable, mystérieuse même, plutôt iné« qu'acquise, par laquelle l'être heureux qui en est doué éduit instantanément les yeux et les cœurs. La grâce est en »éme temps la puissance et l'envie de plaire. Son étymologie «eut du mot latin gratta, agréable, dont la source détournée st dans le mot grec xa^f*lv. *e réjouir, parce que le consternent intérieur, la conscience des bonnes actions, ùsseut sur le visage une joie douce qui se change en une race i>ermanente. La grâce est presque toujours la cornagne de l'enfance, souvent celle de la jeunesse, et, à quelues bien rares exceptions près, jamais celle de la vicilase. Tout est grâce dans l'enfance , ses joies et ses cotres, ses rires et ses pleurs, ses jeux et son sommeil, son ctivité et son repos ; plus tard , les passions, l'intérêt, les Uagrins, rétiolent, et, pour peu qu'elle cherche, par artifice, raviver ses couleurs primitives, etle n'est plus, comme on i nomme vulgairement, qu'une grâce affectée.

La grâce est la beauté des laides; les Grecs l'avaient bien *nti, eux qui enfermaient dans de vilains satyres creux de -lies statuettes représentant les Grâces. Socrate, par une iste appréciation de lui-même, se comparait à un de ces ityre*. « La grâce est ce qui plaît avec attrait », a dit Voltaire; tais qu'est-ce qui plaît avec attrait? La Fontaine nous ré- ;ndra : c'est :

Il grâce, plus belle cn«,r «pic la lieamé.

Demne-Baror.

GRÂCE ( Esthétique). L'être privilégié auquel hnaire, ainsi que les lées de Perrault, a tait ce don au berau, s'il est écrivain, poète ou artiste, doit bientôt la voir lure sous sa plume ou ses pinceaux, sous son ciseau ou i lyre. La grâce fuit qui la cherche; le travail, les élocuations, l'odeur de la lampe, fanent ses roses : c'est ce l'un appelle une grâce étudiée. Les lettres de Mm* de Séigné doivent à la nature et â un mol abandon tous leurs tannes, ainsi que cette philosophie populaire et profonde i bon gentilhomme Montaigne, qu'il n'appelle que des sais. Les Odes d'Anacréon sont les fruits mûrs de la iresse, du plaisir et de la volupté ; il est le seul des poètes ces chez lequel l'helléniste le plus subtil ne saurait trouver t seul mot, une seule particule même, affectés. Le doux urmure de la source dans un rocher est moins égal que •n style, qui berce, mais jamais n'endort. Il y a aussi des dees sévères : telles sont toujours celles de Dante, sourit celles d* Homère et de Milton; les grâces riantes se nt presque toutes données à Catulle, à Horace, au asse, à Racine et à La Fontaine, qui, joignant > temple et le précepte , a écrit :

Ne forçoM point notre talent.

Nom ne ferions rien avec grâce.

ïs grâces mélancoliques sont celles qui agissent le plus ofomlément sur Pâme : Le seul Virgile chez, les anciens, •nclon dans Télémaque, Chateaubriand dans les ict. ne la cosvm-. —t. x.

CE 4i1

Martyrs et dan Atala, nous en laissent des modèles à chaque page.

Comme l'éloquence, l'éiocution a aussi sa grâce : elle doit être naturelle, mais l'étude la rend parfaite; témoins Démos thène etTalraa.

Dans l'architecture, la statuaire, la sculpture et la peinture, la grâce ne peut exister sans les proportions , non mathématiques , mais naturelles à tons les êtres. Avec toute sa belle figure asiatique, Artaxerxès Longue-Main ne pouvait avoir de grâce à causa de ce manque d'harmonie dans ses membres, tandis qu' Alexandre, célèbre aussi par sa petite taille, semblait être né pour le pinceau d'Apclles. Dans ces quatre arts , la grâce affeetionue les lignes courbes et les formes rondes. Aucune nation n'est absolument dépourvue de toute ordre dans les arts. Cependant, le vrai sentiment de la grâce était réservé aux Grecs ; dans tous les arts ils sont restés des modèles. Ils ont arrondi les angles du pilier égyptien et en ont fait les colonnes , qu'ils savaient si bien proportionner aux lieux et à l'espace. L'architecture géante , la gothique, a aussi ses grâces, mais dans les détails. Dans la statuaire des Grecs, c'est encore la grâce qui domine. La nature, les bois, les champs seuls, fournirent aux ornements simples de la plupart de leurs figures.

Quant à la peinture, la grâce était aussi , disent les auteurs anciens , l'expression du pinceau d'A pelles , quoique nos riches palettes, chargées de couleurs et de nuances, lui manquassent. La grâce naît de la pureté du dessin, qui seule la rend complète. Témoin ce jeune Raphaël, qui rêva Bethléem, Jésus enfant, sa crèche, son agneau et ses anges, et dont il laissa la croix et le tombeau au sombre Dominiq u i n , au terrible Michel- Ange. Quant à la musique , les Grecs semblent avoir ignoré la science de l'harmonie : leurs chants étaient simples , et qui dit simples dit gracieux : tels devaient êlre les hymnes d'Orphée, d'Homère, de Pindare, de Simonide, chantés en l'honneur des dieux. Haydn, Mozart, Beethoven, Weber, si profonds liannoniMes, dans leurs morceaux les plus gracieux, les plus suaves, posaient, sans s'en apercevoir, la science des accords. Boield ie u, le chantre de la grâce par excellence, n'était point grand harmoniste, non plus que Grétry. La danse, esclave de U musique, U suit pas à pas, elle est le triomphe de la grâce; fille de la nature, elle demande plus d'exercice que d'étude. Concluons de tout cela que la grâce du corps, des manières, de l'esprit, du génie est, comme la grâce d'en haut , un don. Demie-Baron.

GRÂCE (Théologie). Peu de matières religieuses ont donné lieu à tant de discussions entre les théologiens , peu ont fait naître tant de divisions dans les rangs des catholiques, et même dans ceux des hérétiques. Par grâce on entend généralement un don que les hommes tiennent de la pure libéralité de Dieu , sans qu'Us l'aient mérité , soit que ce don s'applique à la vie présente , soit qu'il regarde la vie céleste. De la on a établi une première division de la grâce en grâce naturelle et en grâce surnaturelle. Parmi les grâces naturelles se trouvent le don de la vie, les facultés, les qualités que Dieu nous donne dans tout ce qui est d'un ordre physique , naturel ou moral. Aux yeux de quelques-uns , ce sont là plutôt des bienfaits que des grâces : cefiendant, saint Jérôme dit bien : Gratia Dei est quod homo creatus est. La grâce surnaturelle, la seule qu'on appelle grâce dans la rigueur théologique , comprend tous les secours et tous les moyens propres à nous conduire au salut éternel ; Dieu l'accorde gratuitement et en vue des mérites de Jésus-Christ, aux personnes intelligentes. Ce point de départ une fois établi , on reconnaît plusieurs sortes de grâces. La grâce extérieure consiste dans les secours extérieurs qui peuvent porter l'homme à faire le bien : la prédication de l'Évangile, la loi divine, les exhortations pieuses, l'exemple des saints, rentrent dans cette catégorie. La grâce intérieure est dans les saints désirs , les bonnes pensées , les résolutions louables que Dieu nous inspire intérieurement, et qui ne viendraient pas de nous-mêmes. Mais parmi ces dons, il

GRACE

en est qui sont accordés directement pour l'utilité et la sanctiHcatioD de celui qui les reçoit, comme ceux dont il vient d'être question, et d'autres, qui le sont surtout pour l'utilité du prochain , comme le don des langues : le* lliéologieua ont appelé les premier» gratta gratum fuciens , et les derniers grat lu gratis data.

La grâce habituelle , appelée encore sanctifiante ou justifiante , est celle qui demeure toujours dam l'Ame tant que celle-ci n'est pas eu étal de péché mortel : elle est inséparable de la charité parfaite , et nous rend saint* e( justes devant Dieu; les sacre ineuts la produisent en nous et l'accroissent quand elle s'y trouve déjà ; elle renferme les dons du Saint-Esprit et les vertus infuses. La grâce actuelle, nécessaire pour commencer, entreprendre et finir une bonne œuvre, est un don passager que Dieu nous donne à l'effet de faire quelque bien , quelque bonne oeuvre , pour nous convertir, pour résister à une tentatiou. Envisagée dans la manière dont elle agit en nous , et dont elle nous prévient , la grâce actuelle s'appelle grdee actuelle prévenante ; on la nomme coopérante et subséquente , parce qu'elle agit avec il ou*. In nécessité de la grâce pour une bonne œuvre, et la liberté qu'a Illumine de la rejeter, ont fait diviser la grâce actuelle opérante en grâce efficace et en grâce suffisante : elle est efficace quand elle a son effet , elle est suffisante quand elle ne l'a pas, par suite de la résistance même de riiomme qui la reçoit , bien qu'elle puisse l'avoir. Nous ne saurions de nous-mêmes et par nous-mêmes mériter la grâce efficace ; c'est par la prière que nous l'acquérons, et que nous devons la demander. Cette grâce éclaire l'entendement , nous (ait connaître ce que nous devons faire, et, s'emparant aussi de notre cœur, nous porte â le faire.

Les pélagiens, les semi-pélagicns , les arminiens, les sociniens, ont contesté la nécessité et l'influence de la grâce , sous le prétexte de défendre le libre arbitre. Les premiers se sont refusés absolument à reconnaître la nécessité de la grâce intérieure. Les pélagiens , comme les sociniens et les arminiens, ne trouvant pas dans l'Écriture Sainte cette nécessité de la grâce intérieure et prévenante , ne l'admettaient pas. Saint Augustin leur a démontré la fausseté de leur système en leur citant les textes mêmes. A leurs yeux encore celte nécessité détruisait le libre arbitre, qu'ils définissaient uu pouvoir égal de choisir entre le bien et le mal ; mais ce Père leur a aussi prouvé que leur notion du libre arbitre était iuexacte; que depuis le péché d'Adam l'homme se trouvait plutôt porté au mal qu'au bien , qu'en conséquence la grâce lut étiiit nécessaire pour rétablir l'équilibre. Les semi-|iélagiens, sans nier absolument la nécessité delà grâce, comme présidant aux bonnes œuvres, ne la considéraient point comme prévenante, mais bien comme prévenue, ou, pour mieux nous faire comprendre, méritée par les bonnes dispositions de l'homme ; ils ne la trouvaient pas nécessaire pour le commencement du salut , et , toujours d'après eux , la grâce habituelle une fois reçue pouvait être couservée jusqu'à la mort sans aucun secours particulier. Pour mettre un tenue à toutes ces erreurs, l'Église a déciilé , d'après saint Augustin , que la grâce intérieure était nécessaire à l'homme, non-seulement pour (aire une bonne œuvre méritoire, mais même pour avoir le désir de la faire, et que le simple désir de la grfti« était déjà une grâce ; la conséquence de ce principe est que toute grâce est gratuite. L'Église a aussi proclamé que pour persévérer dans la grâce habituelle l'homme avait besoin d'un secours spécial de Dieu, appelé don de Ut persévérance. D'où il suit que Dieu prédestine à la grâce.

La grâce cA gratuite en ce sens qu'elle n'est point le salaire ou la récompense des bonnes dispositions ou des efforts de I homme pour la mériter, ce que prétendaient les pé'agiens; non cependant qu'elle ne soit jumaiA pour l'homme la récompense , le salaire du bon usage d'une grdee précédemment reçue , et que la grâce ne mérite pas d'être augmentée, mais bien parce que, comme dit saint Paul : « Si c'est une grâce , elle ne vient point de nos œuvres;

ment, cette grâce ne serait plus une grâce. » D'aillés», Da n'est point déterminé à raccorder par le bon u±àp yt i p* voit qu'où en fera, et, comme le remarque JfaMtwÉ.Din voyant , dans toutes les circon>tances, que W \**l#u » convertirait en recevant telle ou telle grâce, seroreiUUd'accorder des grâces efficaces à tons les boum*,, intoutes les circonstances de leur vie.

La distribution universelle de la grdee actuelk » l<jun> matière â beaucoup de controverses. Après avoir prooW la nécessité de ce don divin pour tout les Uuanes , î e* été impie de prétendre que Dieu ne le distribuait pas i ttr c'eût été contre l'évidence, car nul homme a'cntdprhf Il y a, il est vrai, inégalité daus la distribution do 4» de la grâce ; mais ceux qui voient dans cette inégalité tat injustice de la part de Dieu se trompent grandtxanil; w. ainsi que le fait observer saint Augustin , l'inégalité fol» de la grdee ne doit pas plus nous étonner que riaèpiides dons de la nature; ils sont également gratuiti, et un dispose également des uns et des autres.

L'homme peut-il résister à la grâce intérieure, et jrtsiste-t-il souvent en effet? La solution de cette qaeâiand très-simple : il suffit à chacun de nous de scruter »c* science pour être convaincu que nous avons sauve** » mis quelque faute , non parce que la grâce nous awqtd. mais parce que nous y avons résisté de notre propre «iaaY Les Écritures , saint Paul , saint Etienne , saint Aupwto l'attestent hautement. Cependant l'une des cinq propentis) de Jansenius disait que dans l'état de nature tomba, * ne résiste jamais à la grâce intérieure; doctrine « 1 été notée d'hérésie , et qui avait déjà été proscrite pv k concile de Trente.

Enfin, l'efficacité de la grâce a été aussi l'objet dew» discussions. Les uns ont voulu que cette encart* M» consentement de la volonté, et n'ont envisagé la pittf comme cause morale de nos actions ; d'autres oat prrtau qu'elle résidait dans la grâce elle-même, et ib l'est «s-1 déréc comme en étant la cause physique.

GRÂCE (Droit de). Ce privilège de remettre h p«" un criminel légalement condamné par ks tribwura 1 pays dérive incootesuWenient du droit de vie et kartdu caractère de juge suprême, attribues aux tauvera*>* solus par la loi des monarchies primitives. Les nwc*^ d'Israël s'appelaient juges avant de s'appeler roi M* jugeaient comme rois après avoir gouverné comipe»* Ce droit de rendre la justice, usurpé par cette Mt * f titx despotes que la féodalité avait fait éclore, eut tsc<<<* exercé par Louis XIII dans le procès de L» Valette. 9* président de Bellièvre ne Petit fait rougir de cette en lui faisant observer qu'en abandonnant aux le pénible devoir de condamner, nos rois ne s'étsieal rM* que le droit de (aire grâce. On ne retrouve phi* le vie et de mort que dans les monarchies orienta»», et * prétendue émanation de la puissance divine est ** «e* vieilles coutumes qui distinguent encore la bsnsrv ^ civilisation. 11 reste seulement en Europe <te w> * signature desquels un arrêt de mort ne peot être "«* mais il est probable qu'ils tiennent moins à cette tive pour maintenir leur droit de confirmer la pour avoir l'occasion de pardonner, s'ils le juge**

Les seigneurs ecclésiastiques avaient profité, tcf*~m laïques, de la confusion de tous les pouvoirs pour * <"r*^ de ce noble privilège. Sous Innocent III, VrifjL la puissance pontificale, les cardinaux l'exerçaieri P*** au mépris de l'autorité souveraine des lieux q>»» w talent; et la présence d'un légat du saint-siège *vt' vet d'impunité pour tous les criminels qui se «no*1 sur son passage. Le droit d'asile, accordé aui Théodose, s'était pour ainsi dire incarné dan» I* des princes de l'Église ; et cette usurpation «le* s'est prolongée sans contestation jusqu'au mil*»1 r tieine siècle. C'est à cette époque que les

GRACE

combattirent, comme tous les abus dont ils avaient entrepris la réforme, pour justifier ceux dont ils avaient composé leur autorité. Celui de Paris (il exécuter, en 1 547, nn clerc qui ai ait tué un soldat, malgré le pardon qu'avait osé lui déférer le cardinal de Plaisance. Les rois de France et d'Angleterre oni lutte pendant trots siècles contre les usurpateurs d'une prérogative qu'ils voulaient exclusivement attacher à leur couronne. Les roi* saxons, ancêtres des Anglais, professaient déjà cette maxime : que le pouvoir de pardonner dérivait de leur dignité même; et les statuts d'Edouard III, <le liiebard 11, de Henri VIII , ne faisaient que la rétablir. Mai* l'abus était si général, si enraciné dans les mœurs, surtout en France, que les grands-officiers de la couronne, le connétable, les maréchaux, le mattre des arbalétriers, les gouverneurs des provinces, en avaient fait un des privilèges de leur charge. Charles V le leur interdit vainement par son edit du 13 mars !35<J. Louis XII fut obligé , en I VJt» , «Je réitérer la défense. Nos rois avaient d'ailleurs sur le gouvernement des États, sur la royauté même, des principes si peu arrêtés , si variables , qu'on les voit déléguer d'eux mêmes ce droit de grâce à leurs parents, à certains autres de leurs officiers, après avoir employé toute leur politique a en déposséder leurs vassaux. Ainsi, Charles VI le concède au duc de Bcrri et au cliancclier de France; Louis XI a Charles d'Angoulêmc; François 1" à Louise de Savoie, sa mère. Des communes même s'emparèrent de ce privilège. A un certain jour de l'année, les villes de Rouen et de Vendôme faisaient grâce à un criminel ; mais le plus tenace de tes usurpateursétail sans contredit l'évêque d'Orléans, qui, en prenant possession de son siège, libérait tous le; criminels écroués dans les prisons de la ville avant son entrée. 11 eu arrivait de tous les points de la France, et l'on a peine a concevoir qu'un pareil droit ait survécu à la puissance «le Louis XIV. Sous son règne, en 1700, l'évêque d'Orléans lit ^râce à neuf cent* de ces misérables ; et en 1 733 le nombre ««douze cents parut si extraordinaire qu'un édlt de la même année restreignit l'exercice du droit à l'étendue du diocèse. On ne voit plus maintenant de ces bixarrerie* politiques que dans les États-Unis. Ce n'est pas seulement le droit de grâce qui est attribué par la constitution au gouverneur partie* lier de chaque État; ce fonctionnaire peut en outre dispenser un criminel de l'obligation d'èlre jugé.

Le droit de grâce a été soumis , comme tous les droits |K>ssibles, aux investigations des piiblicistes, des Juriscon- -uUes et d«* philosophes , qui depuis le seizième siècle »nt exploré l'art <lc gouverner les hommes. On trouve dans Charron une dissertation sur la clémence, qu'il appelle une vri tu inincîpesquf, et dont il semble même étendre le privilège en l'appliquant avant le jugement. Jusqu'au milieu Ju dix-huitième siècle, personne ne s'avise do contester le Iroit. Montesquieu n'essaye pas même d'en rechercher Toriçine ; il le considère comme le plus bel attribut de la souveaineté, et, loin d'essayer d'en modérer l'exercice, il s'en -apporte à la prudence du prince, dans les cas où la clémence titrait des dangers. Beccatïaet Blackstone sont les premiers mblicistea qui aient cherché à lui imposer des limites, hauteur anglais, tout en reconnaissant que le droit de grâce •-t l'acte du roi qui lui est le plus personnel et le plus entérinent de lui , n'en approuve pas moins les formes qui ont subordonné a la loi de la responsabilité ministérielle, lecraria va plus loin ; il regarde cette belle prérogative du n'»ne comme une improbation tacite des lois existantes. •;!!■' nourrit, dit-il, l'espérance de l'impunité dans l'esprit les criminels. Il voudrait la bannir de la législation, et pose n priucipe qu'un adoucissement «les lois pénales serait plus flicrice et plus avantagi-ux à la société. Les publicistes sont •eu d'accord entre eux sur cette question; mais les partisans u système pénitentiaire déclarent presque tons que le droit e nrâc« serait dans ce régime un puissant obstacle .lux r^^i «'-s du repent'e.

Quoi qu'il en soit, cette prérogative est bien restreinte dan* m exercice. En Angleterre où depuis Edouard III elle a

subi tant de modifications diverses, le roi ne peut pardonner ni les injures et préjudices soufferts par les particuliers, ni les crimes dévolus à la justice du parlement, ni les emprisonnements illégaux. L'expédition de la grâce est faite sous le grand sceau ; les lettres qui la donnent doivent, â peine de nullité, désigner la nature du crime ou de l'offense. Il y a nullité nouvelle si le gracié n'en fait pas usage dans un temps donné; dans tous les cas, le magistrat est admis a prouver que le roi a été trompé, et il suffit d'une présomption raisonnable pour casser un acte que Blackstone regarde comme l'acte le plus personnel au souverain. Le parlement s'est arroge lui-même cette prérogative royale, et l'effet des grâces qu'il accorde ne souffre pas de restriction. Il n'y a pas même de prescription pour elles comme pour les pardons de la royauté. Bien plus, le roi ne purifie pas un criminel en lui remettant les peines corporelles et les confiscations : il ne le fait point rentrer dans ses anciens droit s : il en fait un homme nouveau ; il lui confère de nouveaux droits civils et politiques. La grâce «lu parlement emporte au contraire une réhabilitation tout entière. C'est l'homme ancien qui reparaît entièrement purgé de ses souillures.

En France, la prérogative de la couronne est plus large elle s'étend à tous les crimes privés, comme aux crimes publics; mais elle a aussi ses formes restrictives. Sous l'ancien régime, le roi faisait grâce; mais elle était nulle si avant six mois le brevet n'en était expédié par la chancellerie. Les lettres qui en émanaient étaient de trois sort« s. On les distinguait eu lettres d'abolition, de rémission ou de pardon. L'abolition faisait plus que remettre la peine, elle effaçait le crime, autant du moins que les mœurs pouvaient se prêter à ce dernier effet, car dans ce cas le préjugé a toujours été plus fort que la loi. La rémission n'était ordinairement appliquée qu'à l'homicide involontaire ou dans le cas de légitime défense, et la peine seule était remise par la clémence royale. Les lettres de pardon effaçaient enfin toutes les peines autres que la peine de mort. D'autres distinctions existaient entres les graciés. Les lettres de grâce qui concernaient les roturiers étaient adressées aux baillis et aux sénéchaux. Celles des gentilshommes leur étaient remises par les cours souveraines. Le criminel se présentait à genoux, tête nue et sans épée. fl était interrogé sur la sellette; et si ses réponses établissaient quelque différence entre les charges réelles et les motifs imprimés dans les lettres de grâce, la cour, suspendant l'entérinement, en référait an chancelier, qui prenait de nouveau les ordres du rot. Ces distinctions ont disparu ; il n'en existe plus que dans la nature des grâces, sans acception de rangs ni de crimes. Le souverain remet la peine, ou la commue ou en diminue la durée; mais quoique cet acte soit censé une émanation pure de sa volonté, les formalités le soumettent , comme en Angleterre, au contre-seing du chefde la justice. Une ordonnance du 6 février 1818 a réglé l'exercice de ce droit à l'égard de la population des bagnes et des prisons. Cette ordonnance est basée sur le principe que la grâc«* doit être la récompense de la bonne conduite des détenus. Il faut donc qu'ils aient subi une assez longue détention pour donner des preuves d'un repentir sincère; et de la vient cette règle qu'on semble se faire aujourd'hui, de n'accorder de grâce entière que lorsque les condamnés ont subi la moitié de leur peine.

Les gouvernements monarchiques et républicains semblent tous marcher au même but, en écartant l'arbitraire et le caprice de la distribution d'une faveur qui peut avoir tant d'influence sur les mœurs des prisons. Le roi de Prusse a établi une commission qui est chargée d'éclairer sa clémence dans la commutation ou l'atténuation des peines. \ c,enève, un conseil semblable a été institué -ous le nom de commission de recours; elle agit souverainement , et n'est pas obligée de recourir h l'aiilovif.' du magisti ,il hiprême. Mais tous les publicistes s'accordent sur «e pnYt, <iue dans une monarchie le droit de laiie gr;Vr ne peut

appartenir qu'au monarqi e, au nom dvqnel se rend la jn>-

430 GRACE -

tice. Je terminerai cet article par l'opinion d'une grande autorité dans les matières de gouvernement. « Pour ne pas discréditer le droit de grâce, écrivait, le 3 avril 1808, Napoléon à ton frère le roi de Hollande, il ne faut l'exercer que dans le cas où la clémence royale ne peut déconsidérer !' oeuvre de la justice ; dans le cas où elle doit laisser, après les actes qui émanent d'elle, l'idée de sentiments généreux.... C'est plus particulièrement dans les condamnations pour délits politiques que la clémence est bien placée. Un ces matières, il est de principe que si c'est le souverain qui est attaqué, SI y a de la grandeur dans le pardon. Au premier bruit d'un délit de ce genre , l'Intérêt public se range du côté du coupable. Si le prince lait la remise de la peine, les peuples, le placent au-dessus de l'offense , et la clameur s'élève contre ceux qui l'ont offensé. S'il suit le système opposé , on le répute haineux et tyran ; s'il fait grâce à des crimes horribles, on le répute faible ou mal intentionné. La société le blâme lorsqu'il pardonne à des scélérats , à des meurtriers, parce que ce droit devient nuisible à la famille sociale. » Si maintenant quelqu'un voulait se tromper au sens de ces paroles , nous en trouverions le commentaire dans le jugement des auteurs de la machine infernale et du fanatique de Schœnbrunn, et en définitive nous en reviendrions au mot de Montesquieu : Que la prudence du monarque en décide. Vienset, de l'Académie Frinçaùe.

La constitution de 1848 donnait au président le droit de faire grâce; mais il ne pouvait exercer ce droit qu'après avoir pris l'avis du conseil d'État, nommé comme ou sait par l'assemblée. Les amnisties ne pouvaient être accordées que par une loi; le président , les ministres et toute autre personne condamnée par une haute cour ne pouvaient élre graciés que par l'assemblée nationale. La constitution de 1853 a rendu le droit de grâce entier au chef de l'État.

GRÂCE DE DIEU (Par la). Voyez Dei ciutu.

< . H À CES. Ainsi s'appelaient trois déités écloscs de la riante imagination des Hellènes, et qui n'avaient point d'analogue dans la théogonie des peuples de l'Orient. Toutes trois furent non moins célèbres que Vénus elle-même, dont elles étaient les compagnes , et dont elles attachaient la merveilleuse ceinture. Leur nom chez les Grecs était les Charités ( Xapite; ) , mot qui enferme le double sens de joie cl tYaménité. Ces déités sont vierges, au moins une, dans la théogonie grecque ; elles sont filles ou de Jupiter et de la nymphe Eurynomc, ou de ce dieu et de Junon, ou du Soleil et d'Eglé, ou de Bacchusetde Vénus, ou du Plaisir et de la Beauté. Les poêles les nomment Aglaé ou rtglé ( la splendeur), Thaïie i la floraison ), et Euphrosyne ( la bonne pensée). Pasithée (la déesse universelle) est le nom qu'Homère et Stace, après lui, donnent à l'une des trois. Les tacédémoniens , laconiques même en religion , n'en admettaient que deux. Kleita (l'illustre) et Phaenna (la brillante). Les Athéniens les imitèrent: ils n'en reconnurent que deux aussi, Auxo et Hégémone, appellations d'uuc signification vague pour nous, et non sans doute à leur égard. La première se traduit par celle qui accroît, et la seconde par ctllc qui guide. Hésiode, le poète de la raison, adjoint au trio charmant Peitho (la persuasion). Au nombre de quatre, on les prenait pour les Saisons , comme elles filles de la Nature. Homère osa marier deux de ces vierges : il donna l'une à Vulcain, l'antre au Sommeil. Toujours unies, riantes, se tenant par la main, elles dansent en cercle.

Etéocle, roi d*Orchomène, la ville de la danse , fut, diton , le premier qui leur éleva un temple ; mais les Spartiates revendiquaient cet honneur : ils l'attribuaient à Lacédémon, leur quatrième roi. Ou n'entrait dans leurs sanctuaires que couronné de fleurs : le Printemps leur était consacré. Ces déesses avaient des temples à Élis, à Delphes, a Perge, à Périnthe, à By tance, et un autel particulier à Paros, dont le marbre blanc et pur était si digne d'elles. Les dure Spartiates sacrifiaient à l'Amour el aux Grâces avant de combattre ; ils demandaient à celles-ci d'adoucir la première furie

Page 1