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MOT. DE LA COKVEM. — T. X

— OR AMONT 433 ils avalent successivement été placés, avec la province à laquelle ils appartenaient , sous la suzeraineté des comtes de Montbéliard, des ducs de Bourgogne, et enfin des rois d'Espagne. Les barons de Granges figurent avec éclat dans les annales du moyen âge. Saint Théodule , évéque de Sion sous Charlemagne, appartenait à cette famille. En 1 102 , un sire de Granges fut préposé k la garde des fameuses reliques des trois rots mages , envoyées par l'empereur Frédéric-liarberousse de Milan k Cologne, où on les tient encore en grande vénération. Le zèle dont il fit preuve dans l'accomplissement de cette pieuse mission fut récompensé par la permission que lui octroya l'empereur d'écartcler ses armes d'azur à trois tètes couronnées d'or à trois pointes , et c'est k ce fait , dont sa famille conserve les divers documents, qu'elle a emprunté sa devise : Dieu aide au gardien des rois. De là aussi le privilège que ses divers membres partageaient avec les princes souverains, d'entrer lèpre au côté dans la chapelle de la cathédrale de Cologne ou sont déposées les reliques en question.

En 171 s la terre de Villersexel , touchant à celle le Grammont, fut érigée en marquisat en faveur de Michel oeGium mont, mort doyen des lieutenants généraux, et à qui Ltmis XIV, en récompense de sa belle défense de la petite place de Bhcinstein , sur le Rhin, donna en outre six pièces de canon. Son fils mourut également doyen des lieutenants généraux , en 1795. Cette famille a donné plusieurs archevêques au siège métropolitain de Besançon, savoir : Antoine- Pierre de Gravnokt, mort en 1G98; François-Joseph pf. Giunuoivr, frère de Michel, mort en 1717, et Antoine- Pierre m GiUMnoirr, son neveu , mort en 175*. C'est à ces trois prélats, qui occupèrent presque consécutivement le siège de Besançon, que la famille de Grammont est surtout redevable de la grande popularité dont elle a longtemps joui parmi les Francs-Comtois reconnaissants, qui leur tenaient compte des monuments utiles et des institutions de bienfaisance dont ces dignes archevêques avaient doté la province.

Sous le gouvernement constitutionnel, le marquis T Module de Gtumotrr, né en 1766, beau-frère dcLalayette, dont il partageait les principes politiques, fut constamment envoyé k la chambre élective par les électeurs de l'arrondissement de Lure ( Haute-Saone ), où est située la terre de Villersexel. 11 est mort en 18*1. Son fds, Ferdinand ne GniuMoirr, né en 1803, député de 1839 k 1848, représentant k l'Assemblée législative, a épousé la fdlc du duc de Cr il Ion; et m fdle, le comte de Mérode, ancien membre du gouvernement provisoire de Belgique, et ancien ministre du roi Léopold.

GRAMMO.VTINS, ordre religieux fondé, vers l'an 1070, par saint Etienne, fds d'nn vicomte de Thicr* en Auvergne, qui dans sa jeunesse avait suivi son père en Italie, où des ermites calabrais lui inspirèrent le goût de la vie rénobitique. Il se retira d'abord sur la montagne de Muret , dans le Limousin. L'exemple de ses vertus et «le ses austérités lui ayant amené quelques dfcciptes, il obtint du pape Grégoire VII une bulle qui l'autorisait k fonder un ordre monastique de la règle de Saint-Benoit. « Nous sommes des pécheurs conduits dans ce désert par la miséricorde divine pour y laire pénitence, * dit-il un jour à deux cardinaux venus l'y visiter. A sa mort, arrivée en 1 17» , ses disciples, tourmentés par les moines d'Atnbazar, prirent avec eux le corps de leur fondateur, et allèrent s'établir une lieue plus loin, au milieu des montagnes et desbois, à Grand-Mont; de là leur nom. L'ordre des Grammontins avait une règle extrêmement sévère, qui fut adoucie, en 1347, par Innocent IV, et, en 1309, par Clément V. Les premiers, ils nièrent de la flagellation par esprit de pénitence. Cet ordre fut supprimé en 1769. Au bas de l'ancienne abbaye l'est formée une petite ville, du nom de Grand mont, ayant fait partie delà Mrrcbe limousine, et dépendant aujourd'hui du département de la Haute-Vienne, avec une population de î,500 «mes , k 15 kilomètres de Limoges.

GRAMOAT {Famille de). Cette maison est redevable de son nom k une petite ville du déparlement des Basses-

GRAMONi

Pyrénées, appelée aussi Éidacfu, sur la Bldouie, a 25 kilomètres de Bayonne, et dont la population est de 6,450 Ames. C'était jadis la capitale de la seigneurie indépendante que cette famille possédait entre le latourd et la basse Navarre. Les Gramont font remonter leur origine à Sanche- Garcie Agra monte d'Aure, vicomte d'Arboust, seigneur de Mont al ban et de Salles, lequel, en 1381, rendit hommage ponr ces divers fiefs au comte de Poix. Ils se divisent depuis longtemps en deux brandies, bien distinctes : celle de Gramont-d'Aure ou d'Aster, et celle de Gramont-Caderousse.

Les Gramont-d'Aure, branche aînée de la maison, descendent en ligne directe de ce Sanchc Garcie Agramontc d'Aure, dont nous venons de parler. La vicomté tYAster, en Bigorre, passa en 1460, par acquisition, dans leur famille , qui depuis en a conservé le nom.

Les Gramont-Cadcrousse , autrement dits du Davphiné, descendent d'un cadet des Gramont de Navarre qui , au quinzième siècle , vint s'établir dans cette province , où il acquit la seigneurie de Vachères. Kn 1767, Marie- Philippe nr. GmiiosT-VAcnfeHF.s hérita par le testament d'André- Joseph d'Ancczunc, duc de Caderousse , son parent maternel, de tous les Hens de la maison d'Ancezune, et notamment du duché de Caderousse , dont le titre a été porté depuis par ses descendants. Une ordonnance royale de 1826 confirma au duc de Gramont- Caderousse, né en 1783, et appelé alors à la pairie , la possession du titre de duc.

Les Gramont-d'Aure sont évidemment ceux qui ont le plus de droit d'occuper l'histoire. Voici les personnages les plus célèbres dont elle fasse mention :

Roger m Giumont, sieur de Bidache, fut ambassadeur à Rome sous Louis XII. Deux de ses fils suivirent la carrière ecclésiastique ; l'un devint archevêque de Bordeaux; l'autre, Gabriel w. Giunovr, mort en 1534. après avoir été cliargé par François Ier de diverses missions délicates , d'une, entre autres, auprès du roi d'Angleterre Henri VIII, dont il devait hautement approuver le projet de divorce avec Catherine d'Aragon , dans l'espoir de lui faire ensuite épouser la duchesse d'Alençon, fut récompensé de ses services d'abord par l'ambassade de Rome , puis par 1 evêché de Poitiers, d'où il ne tarda |»as à être promu à l'archevêché de Toulouse. En 1525, la petite-fille de Roger, unique héritière de la maison de Gramont, épousa un de ses cousins, Metiaud d'Aure, vicomte d'Aster. Le fils issu de ce mariage, Antoine d'Aure, fut substitué aux noms et armes de Gramont , et servit les rois Henri II et Henri 111.

Philibert de Gramont, comte de Guichc, épousa Diane d'Andouins, la belle Corisande, qui devint l'une des mattresses de Henri IV. On sait que ce fut par impatience d'aller déposer aux pieds de la belle M"* de Gramont, comtesse de Guiche , alors à Bidache , les vingt-deux drapeaux enlevés à l'ennemi dans la bataille de Coutras, que ce prince perdit tout le fruit de cette grande victoire, dont les résultats, dit Sully , s'en allèrent au vent et en fumée. Ajoutons que la belle Corisande était veuve lorsque Henri IV en devint éperdûment amoureux, et qu'elle racheta sa faiblesse en vendant ses diamants, en engageant ses biens, pour pouvoir, a diverses reprises, lui envoyer des renforts de Béarnais et de Basques enrôlés à ses (rais. Henri IV, ne se piquant pas plus de fidélité envers ses maîtresses que de reconnaissance envers ses serviteurs, oublia, comme tant d'autres, la belle Corisande, dont les lettres a re prince sont conservées à la Bibliothèque de l'Arsenal , après avoir été publiées dans le Mercure de Fi ance de 1765. Un de ses pctils-fiis, le fameux comte de Gramont, beau-frère d'Hamilton, regrettait amèrement un jour, enpn'sence de Louis XIV , la folie qu'avait (aile son père en refusant de se laisser reconnaître pour fils de Henri IV; acte dont (Idée première venait du roi lui-même, qui eut, il est vrai, déshonoré son grand-père, mais qui lui aurait, tout au moins, valu l'avantage d'être déclaré de sang royal, et qui eût dès lors assuré à sa descendance la préséance , à litre de premier» i , sur César de Vendôme et autres bâtards.

Le comté de Gramont fut érigé en duché, en t«U,a faveur S1 Antoine II, vicomted'AsteTet deLouviany.quiiTi» épousé une nièce de Richelieu. Son AU /lnfoi»r^ tneiae du nom, maréchal de France et vice-roi de Savant, iuï été compris dans le même brevet, et fut, en 164s, erëédw a pair, pour ce titre passer à ses hoirs maies. On a de loi in Mémoires, bien moins intéressants que ceux de m fr», dont Hamilton s'est fait l'éditeur, mais où on ne &<« jy que de trouver de curieux renseignements sur s» Dçcaj. lions en Allemagne et en Espagne, aiusi que sur te bé* ments militaires de cette époque.

Cest son (rère Philibert qui tenait le propos qw^ avons raconté plus haut, et que Louis XIV exila un btut pour avoir osé lui disputer le comr de M** de Urocd*- Houdancourt. Ce comte de Gramont avait d'abord smi «a les ordres de Condé et de Turenne. Les loisirs de h pu lui avaient ensuite permis de mener la vie la plus fjr rienne, et l'exil dont le frappa la rancune du grand roi importa pas de changement a sa manière de vivre. Urtir-n en efTet à la cour de Charles II des amours tout mn\ f)M et des aventures non moins éclatantes; son beau-frèr* h: milton s'est chargé de nous en transmettre l'histoire «fer* s livre resté l'un des chefs-d'œuvre de la prose françj;* .(> comte Philibert de Gramont, qui fut le Frontae, k f't lieu de son époque, mou rut en 1707, à l'agedequate-tin:^ ans. Saint-Simon dit de lui qu'il excellait a saisir etipeio 'rr, ; deux coups de langue irréparables et ineffaçables, le ma» •. le ridicule, le faible de chacun. « C'était, ajoule-t-ï, a chien enragé, a qui rien n'échappait. Sa poltronnerie rca** le mettait au-dessus de toutes suites de ses mor<on*; us cela, escroc avec impudence, et fripon au jeu à visaçnJr:» vert, et jouant gros jeu toute sa vie. Tombé a«ei çnoos! malade, un an avant de mourir, sa femme s'avisa de ifsenter à ce pécheur endurci , qui n'avait pa< b amin teinture d'aucune espèce de religion. In nécessite * b« * paix avec Dieu. L'oubli entier dans lequel il en avait Mettfr sa vie le jeta dans une étrange surprise quand il «rteo-b* »* femme essayer de lui faire comprendre les grand» et m?^ mystères bases du christianisme. A la fin, se tournai ^ elle : « Mais, comtesse, me dis-tu là bien ♦ rai' * lui entendant réciter le Pater, « Comtesse, lui dit-il . prière est belle ; qui est-ce qui a fait cela? * La rw.-l'* lui survécut peu; elle mourut en 1708, âgée de soiuav** ans. Mn,c de Maintenon avait un instant été inquietede- i:b* tions que lui témoignait Louis XIV, quand ce priotts'fr mis à aimer les beautés déjà mûres.

Armand de GiuMovr, comte de Guichc, fils »tn* d *: toine, troisième du nom, fut un des premiers qui, *tj*N dans le Rhin, en 1672 , traversèrent ce fleuve à U a-^-*1 par leur cxeoîplc entraînèrent toute l'armée, tanfi* 1* Louis XIV , demeuré prudemment sur le bord, y mausn*. nous assure Boileau, contre sagrandeur, qui l'attachai «fvage. Doute ans auparavant, le comte de Gufche exilé en Hollande par son royal maître pour s'être n*- >* intrigue d'alcôve, dont le but était de faire renvoyer * Lavallière. Son exil n'avait pas duré moins de art car sur le chapitre de ses amours Louis XIV était fof*"" ble. 11 mourut on 1773, de douleur d'avoir été battu 4*' conduite d'un convoi qu'il avait été chargé d'escorter.

Louis or. fouitorrr , colonel des gardes français» <*P" verneur de Navarre, fut tué d'un coup de canon sur If de bataille de Fontenoy.

Antoinc-Louis-Marie , duc de Grahott, né le l"-" 1755, avait été fait pair par Louis XVIII en 19(4. M*** outre capitaine d'une des compagnies des gardes ds nommée d'après lui compagnie de Gramont. H m**-*1 ! Paris, en aoôt 1836. Son (ils aîné, qui de son vivait le titre de duc de Guiche, était l'un des meni** <i- * d'AnRoulémc, et fut longtemps a la cour légitime dtsT'"' ries le modèle de l'élégance et du goût. Devenu duc de Gramont , il ne paratt pas qu'il ait imposé à erndanec le culte exclusif de la légitimité. Dans les te**

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