FUGGER
Jacques, tout un quartier de maisons construites par leurs soin* pour y loger, moyennant une très- minime redevance, cent (amiilrs d'artisans pauvres. Les frères Fugger, on le voit, créèrent des ritVs ouvrières plus de trois siècles avant que certains flibustiers contemporains s'avisassent de les inventer pour eu Taire l'objet de sociétés en commandite et par action». Ce sont là certes des bienfaits réels et durables, en considération desquels on peut leur pardonner d'avoir introduit les jésuites en Bavière et même de les avoir richement doté».
A la mort de Raymond et d'Antoine Fugger, la famille se partagea , comme nous l'avons dit plus haut , en deux lignes. La ligne aînée, issue de Raymond, se divisa en deux branches, celle de Fugger-Pfirt et celle de Fugger-Kirchberg-W eisseahorn , qui subsistent encore de nos jours. La ligne cadette , issue d'Antoine , se divisa à son tour en trois branches, dont la première s'est éteinte en 1676, dont la seconde compte aujourd'hui trois rameaux : Fugger-Gleett, Fugger- Kirckheim et Fugger- Nordendorf , et dont la troisième, enfin, subsiste encore dans le rameau de Fugger- Babenkausen. Le comte Anselme- Marie Fucckk-Babenhausen, mort le 11 novembre 1831 , avait été élevé par l'empereur François II, le l" août 1803 , à la dignité de prince de l'Empire, ponr en jouir lui et sa postérité par ordre de primogoniture masculine ; et les seigneuries de Babenhausen, Boor et Kettershausen , présentant une superficie d'environ sept rnyriamètres carrés, avec une population de 11,000 âmes et un rev<>nu de 700,000 florins, avaient été érigées en principauté d'Empire sons le nom de Dabenhauscn. La création de la Confédération germanique la plaça, avec plusieurs autres , sous la souveraineté de la Bavière; toutefois, des trait»-s particuliers passés avec la couronne ont assuré divers privilèges importants à la maison princière de Babenhausen. Le prince actuel, Mopold-Charles-Marie, né le 4 octobre 1827, a su. cédé, le 19 mai l8.ni, a son père, Anselme- Antoine.
FUGITIVES ( Poésies), pièces de vers détachées, nées de l'occasion, ou inspirées par la fantaisie, et qui n'ont entre elles aucune liaison. Tous les poètes, s'ils ont La joie de publier des (i- uv re* complètes, y joignent des pièces de ce genre pour témoigner de leur inépuisable flexibilité. Ce sont d'ordinaire des épi 1res badines, des odes anacréontiques , des madrigaux, des staoces, «tes fables, des contes, des couplets, etc. Toutefois, les poètes du grand siècle, les Corneille et les Racine, ne s'amusaient guère à ces bagatelles, ou dédaignaient de les recueillir; car on n'a du premier qu'une chanson, et du second que quelques épigrainmes. En réalité, les pièces fugitive* étaient l'occupation favorite de ces cercles a la mode oit se rencontraient des esprits d'élite, rimant pour ocoqier leurs loisirs et se créer une renommée dans la bonne compagnie. Les Voiture, les Montretiil, les Pavillon, les Charleval, les Saint- Pa vin, étaient autant gens du monde que poètes. Il est vrai que quelques-uns d'entre eux s'appuyèrent de leur talent pour monter à la fortune; mais la plupart ne voyaient dans leurs petits vers qu'un délassement glorieux. Au reste, les premiers maîtres en ce genre remontent à une époque antérieure : Marot, Saint-Celats et Des portes, qui régnaient» la cour de nos rois, y perfectionnaient le langage en l'épurant, et enseignaient aux courtisans à se montrer naïfs sans grossièreté, spirituels avec délicatesse. Mais alors les poésies fugitives étaient exclusivement galantes ; elles conservèrent ce caractère sous la plume des écrivains qui parurent à l'aurore du règne de Louis XIV et en firent le charme durant les vingt premières années. Voiture cependant mérite d'être excepté de ses émnles : en semant les siennes d'un peu de morale et de philosophie, il donna une physionomie nouvelle à de frivoles compositions. Le premier il connut aussi l'art de plaisanter avec les grands sans offenser leur orgueil, et de les louer sans servilité en leur adressant des lettres d'un hadinag<» aussi délicat qu'ingénieux. Ciiaolieii, venu plus tard, s'est immortalisé à son tour par un petit nombre de vers qui sont restes dans la mémoire; mais «a philosophie est