FUGUE
plus grave que celle de Voilure, et s'empreint d'une teinte mélancolique qui se mêle à la peinture des plaisirs.
Enfin, Voltaire, disciple de Cbaulieu, l'a laissé bien loin derrière lui, par l'étendue, la grâce et la variété : il est resté un modèle en ce genre. G resset s'est créé une place à part, en faisant autrement que sea devanciers ; mais il procède par éauroéraUon, et s'il éblouit, il fatigue bientôt par l'uniformité des tours et la longueur des périodes. Be r nis a tous ses défauts et peu de ses qualités. Noos ne parlerons que pour mémoire des Dorât, des Pesai, des Desmahis et de tant d'autres, providence de YAlmanach des Muses, et qui sont morts longtemps avant rai. Ces poêle», marqués au même type, n'ont point de physionomie propre. L'ne observation singulière, mais vraie, c'est qu'en littérature les genres les plus futiles sont quelquefois inaccessibles au talent sérieux. Delille n'a pu rimer avec grâce une de cesépltres badines dont Bouflers se tirait si heureusement. Ce qui nous reste des Grecs en ce genre justifie assez mal leur réputation. A l'exception des odes, nu plutôt des chansons d'A n a c r é o n , on n'a d'eux que des distiques sans sel et des épigrammes sang pointe. Elèves et imitateur* dos Grecs, les Romains , si inférieurs à leurs maîtres , le» surpassèrent en ce genre, car ils produisirent Horace et Martial, qui surent manier asses bien Parme du ridicule et aiguiser les flèches de l'épigramme. Aujourd'hui notre état social laisse parmi nous les poésies fugitives sans lecteurs : il faut que les vers s'imprègnent de religion ou (le philosophie pour captiver le public : à ce prix seul , a part les grands noms, ils obtiennent dea succè*, qui ne durent encore souvent qu'un jour. Ssint-Prcmper jeune.
FUGUE. La fugue est une pièce de musique fondée sur les règles de l'imitation périodi-méthodique. L'objet essentiel de la fugue est d'enseigner, au moyen d'imitations de divers genres, artistenmnt combinées, à déduire une composition tout entière d'une seule idée principale, et par là d'y établir en même temps l'unité et la variété. L'idée principale s'appelle le sujet de la fugue; on appelle contre-tujei d'autres idées subordonnées à la première ; et l'on donne le nom de réponse aux diverses imitations de sujets et de contresujets. On conçoit, d'après cela, qu'il y aura un très-grand nombre d'espèces de fugues, selon la manière dont se fera la réponse. Cette première considération nous conduit à en distinguer d'altord quatre espèces principales, savoir : la fugue du ton, la fugue réelle, la fugue régulière modulée, et la fugue d'imitation. La fugue du ton , ou tonale, est celle dans laquelle le sujet et la réponse sont contenus dans les limites de l'octave. La réponse s'y fait de manière à ne point moduler, h» fugue réelle est celle dans laquelle la repose se fait à la quinte supérieure, note pour note, intervalle pour intervalle, dans les mêmes temps de la mesure, et dont le sjijet commence et finit |>ar la même note. La fugue régulière modulée est fondée sur la tonalité moderne ! tettes sont presque toutes les fugues de Jomelli, de Chcrtihini, de Hasndel, de Bach. Enfin, dans \* fugue d'imitation, la réponse imite le sujet à un intervalle quelconque. Tordes les autres espèces, telles que la fugue mixte, irréguhère, serrée, etc., se rapportent à ces quatre espèces.
Pour faire une fugue en autant de parties que ce soit, il faut considérer cinq choses : 1° le sujet ou thème; 1" la réponse : c'est la reprise du sujet par là partie suivante; 3" le contre- sujet , dont on accompagne la première partie; ** la modulation : c'est l'ordre dans lequel le sujet et sa réponse se font alternativement dans les différentes parties; »• le contre-point, dont on remplit l'espace d'une modulation a l'autre. Voila les cinq points caractéristiques d'une fugue, lesquels observés a la rigueur, suivant les règles établies pour chacun de ces points, forment la fugue régulière, et qui, négligés en partie, rendent la fugue irréguiière.
La fugue est obligée ou libre. Une fugue est ap|ielée régulière ou obligée quand on ne traite que le sujet pendant toute la fugue, en ne ie quittant que pour le mieux reprendre, soil en entier, soit en partie, et en n'y admellant i-woec