GRANJA
Au mois d'août 1836, ce palais, où se trouvait alors la reine ; régente Marie- Christine, fut le théâtre d'un mouvement militaire provoqué par les sociétés secrètes, et qui eut pour résultat de contraindre le gouvernement espagnol à proclamer la constitution de 1812 en remplacement du statut royal, charte octroyée et calquée eu grande partie sur la 1 charte française, Un nouveau cabinet se forma sous la présidence de M.Calalrava, et toute l'autorité ne tarda pas à se concentrer entre les mains du général Espartero.
GRANO, monnaie de Naples. Voyez Bmoque.
GRANSON (Bataille de). Graason est le chef-lieu d'un district suisse du même nom , appartenant au canton de Vaud. Situé à 32 kilomètres nord de Lausanne, il s'élève en J amphithéâtre, sur la rive occidentale du lac de Ncufchâtcl. . Cette ville, peuplée de ?,000 âmes environ, asur le lac un petit j port, au milieu duquel x- dresse un rocher consacré du temps ' des Romains à Neptune. File est dominée paru» vieux fort, ; résidence jadis des barons du lieu, dont il est souvent question ; d ans l'histoire de la Suisse. Lorsque leur race s'éteignit, en 1 397, . la maison de Chalons hérita de la seigneurie, et la conserva i jusqu'en 1476. Alors il prit fantaisie a ce Bourguignon ba- ! tailleur connu sous le nom de Charles le Téméraire ! d'aller, avec sa puissante armée, apprendre aux grossiers paysans de la ville et des environs ce que c'est que la guerre. Les confédérés suisses, avertis de l'approche du duc, battirent le comte de Romont, qui le précédait et qui j ne put s'emparer d'Yverdun. Us y mirent le leu, et sercti- | rèrent, au nombre de 800, dans le château de Granson, ré- | solus à s'y maintenir jusqu'à la dernière extrémité. Leur j position était, du reste, assez critique : il leur fallait combattre les ennemis du dehors et se méfier des habitants de i la ville, qui, étant sujets du seigneur de Château-Gnyon, se trouvaient naturellement portés pour le duc de Bourgogne. Leurs provisions étaient rares, et ils pouvaient prévoir une prochaine disette : ils se détendirent néanmoins avec vaillance. Le duc, arrivé devant Granson avec toute son armée le 10 février, livra un assaut, et fut repoussé. Cinq jours après, en ayant tenté un autre, il éprouva un second échec. Cependant, la garnison ne pouvait tenir longtemps. Elle hésitait à se rendre, connaissant le peu de cas qu'il fallait faire de la parole du duc. l'n gentilhomme allemand de l'armée bourguignonne, le sire de Ramschwag, parlementa avec elle, extorqua une forte somme aux assiégés et les livra au duc de Bourgogne. Le duc en fit pendre une partie et noyer l'autre.
Les confédérés apprirent bientôt le malheureux sort de* soldats de Granson : ils n'avaient pu les secourir à temps, ils se promirent de tes venger. Leur armée grossissait tons les jours; elle devint en peu de temps formidable. Au rrmars . 1 i7B elle se composait d'environ 30,000 hommes. Le duc de j Bourgogne en avait 70,000 sous ses ordres. Il s'était emparé | de Vaux-Marcus, qui commande le chemin de Granson à i Ix'eufchâtel, et en avait duun • la garde au sire de Rosimhos. I Le 1" mars les Suisses marchent sur Vaux Marcus. Le : lendemain quelques-uns tournent le château, et, en s'avau- j çaut, rencontrent les gens du sire de Rosimbos, qu'ils mettent en déroute. Puis ils aperçoivent les Bourguignons, qui occupent la route le long du lac. Les confédérés, voyant leur avant-garde donner, avaient suivi le même chemin qu'elle derrière Vaux-Marcns, et Nicolas Scharnacht.il, avoyer de Berne, se trouva ainsi en face de l'avant garde i des Bourguignons ; alors les Suisses descendirent d'un pas ferme vers une petite plaine au bord du lac. Quand ils furent près de l'armée ennemie, ils se mirent à genoux, et prièrent Dieu, selon la coutume de leurs pères, ce qui lit croire au duc qu'ils demandaient merci ; mais aussitôt ils s'avancèrent en bataillons carrés, se faisant un rempart de leurs longues piques et de leurs hallebardes.
Leduc animait ses gens au combat ; mais il avait été assez peu prudent pour ne savent» rcr qu'avec son avant-garde et l'élite de ses hommes d'armes et cavaliers; il n'amenait qu'un petit nombre d'arquebusiers et peu d'artillerie. Chef