GRANT
grâce et épousa, sans s'apercevoir que c'était là un tour sanglant que lui jouait son impérial maître. Sans doute, quand les illusions de Pâmant s'évanouirent , il ne put jamais le lui pardonner. La société parisienne se divertit, du reste, beaucoup des nombreuses anecdotes qui circulèrent bientôt sur le manque d'esprit et te défaut absolu d'éducation première de la princesse. Une séparation amiable ne tarda à intervenir ; mais madame Grant ne précéda tout au plus que «le quatre ou cinq ans dans la tombe son illustre mari, dont on peut dès lors imaginer le dépit , mais qui, du reste, faisant bonne mine à mauvais jeu, lui avait assuré un revenu conforme à sa position. Elle habitait un hôtel du faubourg Saint-Germain , tandis que son mari était resté dans cet hôtel de la rue Saint-Florentin dont la façade donne sur la place de la Concorde, et ou, , en 1814 et 1815, il eut l'honneur de donner l'hospitalité à l'empereur Alexandre.
GRANULATION , opération de chimie par laquelle on réduit un métal en petits grains qu'on appelle grenaille. hlle consiste à le liquéfier et à le verser par lilet très-delié dans de l'eau froide. Aussitôt que le métal arrive en contact avec l'eau, il se divise en gouttes qui affectent la forme gph' tique, et qui la preunent plus ou moins parfaitement, suivant la minceur du lilet , la hauteur de laquelle il s'échappe, et la température du métal liquéfié. Quelques-uns îles métaux les plus fusibles peuvent être réduits en groin» beaucoup plus Ans en les renfermant tout liquéfiés dans une boite on bois intérieurement enduite de craie , et en les agitant violemment avant qu'ils aient le temps de se refroidir. Le plomb, l'étain,le cuivre, sont les métaux le» plus propres à ce procédé. La craie dont on a enduit l'intérieur de la boite de bois l'empêche de brûler, tandis que le métal secoué contre les parois , acquérant de la fragilité à mesure qu'il refroidit, se réduit, par les secousses réitérées qu'on lui communique, eu une fine poudre.
GRANULE. Ce nom, qui signifie petit grain, et qui est souvent synonyme de g 1 1> b u t e, sert a désigner les corpuscules qui nagent dans les liquides des végétaux et des animaux , et plus spécialement dans les fluides de-tin. s a leur reproduction, comme le pollen el le sperme. La graisse est aussi composée de granules.
GRANVELLE (Nicotvs PKKiUlNOT m ), fils d'un chancelier de Charles-Quint, naquit à Ornans, en Bourgogne, le 20 août 1517. Destiné aux affaires des son enfance, il lut envoyé, pour faire ses premières études, à l'université de Padoue, puis il alla les achever à l.ouvaiu. Il n'avait pus vingt-trois ans accomplis quand il fut nommé évoque d'Arras. Mais l'épiscopat n'élait pour le lils d'un chancelier qu'un point de départ. Granvellc fut bientôt chargé d'assister sou père aux diètes de Worms et de Ratisbonne, espèces de conciles politico-religieux , où il s'agissait de réprimer les nouvelles doctrines que professaient déjà , plus ou moins ouvertement, plusieurs princes d'Allemagne, sans toutefois w priver de leurs secours dans les guerres qu'on projetait contre la France et la Turquie. La négociation était difficile ; elle échoua contre le sang-froid allemand, que le jeune Granvelle avait peu appris à conn titre en Italie. De ces petits | conciliabules germaniques, Granvellc passa au concile européen de Trente, où il s'agissait pour lui beaucoup plus •le politique que de religion, d'un armement contre la France que d'une croisade contre la réforme. Granvellc devait échouer là encore. Mais le lour «l'être heureux était arrivé pour lui. Ne pouvant plus latre la guerre à François 1er, Charles- Q uint avait fait avec ce prince la paix de Crespy. Libre ; «le ses mouvements , il se jeta bientôt sur les deux chefs de la ligue protestante d'Allemagne , l'électeur Frédéric de Saxe et le landgrave Philippe de Hesse. Ils les battit tous deux à la rencontre de Muhlberg , et le premier était à peine devenu son prisonnier les armes à la main que le second le fut aussi, grâce aux négociations de Granvellc. Une (elle habileté demandait une récompense : Pévêque d'Arras fut nommé conseiller d'Etat garde des sceaux. En cette qualité, il eut le chagrin de voir son maître tomber dans les pièges