‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 387 sur 614 · GRANVELLE · texte numérisé non relu

GRANVELLE

de l'électeur Maurice, qu'ils avaient mis ensemble à la place de l'électeur Frédéric , et ce fut chose dure pour eux d'être dupes d'un électeur d'Allemagne ; ce fut cliose plus dure encore de signer au traité de Passau, en la tolérance de doctrines qu'ils détestaient ; mais le ministre eut au moins la satisfaction de glisser dans les articles cette immense pomme de discorde, qui est si connue dans l'histoire de l'Empire sous le nom de réserve ecclésiastique.

Bientôt Granvelle signa un traité bien propre à effacer celui-là. Dans le Midi, le système de répression opposé au progrès, à la renaissance, à la réforme, avait pour appui l'Espagne, alliée de l'Autriche; dans le Nord, il avait alors pour protectrice Marie Tudor. Faire une alliance de famille entre Madrid et Londres, unir les deux trônes par les liens du sang, était d'une adroite et profonde politique. Cela était aussi bien imaginé contre la France que contre la réforme. L'évéquc d'Arras signa, l'an 1553, le mariage du fils de Charles-Quint cl de la fille de Henri VIII. Cette brillante négociation lui valut a tel point la confiance de son jeune maître qu'à la célèbre cérémonie d'abdication de Char les -Quint, Philippe le chargea de répondre, par une harangue de parade, à la harangue de parade de son père. Mais Charles- Quint et son chancelier avaient laissé à leurs fils une tâche difficile. Les Pays-Bas ne voulaient pas de cette |H>litique semi-florentine, semi castillane, qui dépouillait les provinces de leurs tré»ors nouvellement acquis, en foulant aux pieds leurs vieilles libertés. La France ne demandait pas mieux que d'appuyer ce mécontentement , et bientôt l'Angleterre ellemême, qu'on croyait à jamais acquise, vint se poser en ennemie de Philippe IL A Marie Tudor, morte sans laisser de postérité, avait succédé Elisabeth , qui haïssait au même degré la personne et les doctrines du roi d'Espagne. De tout côté se présentait la guérie, guerre de principes , guerre d'intérêts matériels. Philippe et Granvellc cherchèrent alors leur salut clans une guerre de principes, et l'habile ministre, qui avait signé l'alliance de Philippe II et de Marie Tudor, eut bientôt la joie de signer, au traité île Càteau-Camb ré si s, l'alliance du (ils de Charles-Quint el du lils de François rr. Quand fut obtenu cet immeusc résultat, la lutte de Philippe contre les Pays-Pas semblait aisée : une femme, Margueritedc Panne, fut chargée avec Granvellc d'y établir ou d'y rétablir dans tonte leur pureté l'absolutisme politique et l'unité religieuse. Les décrets du concile de Trente , quatorze évêchés nouveaux , l'inquisition et quatre mille hommes de troupes, furent les moyens confiés à Granvelle. L'évèque d'Arras y joignit bieutôt le rang d'archevêque de Malines et de cardinal, et après cela il était résolu de lutter avec le dévouement le plus absolu.

Mais déjà ses ennemis étaient plus nombreux et plus acharnés que ceux de Philippe même, et l'homme le plus profondément habile du temps. Guillaume d'Orange, dirigeait tous les mouvements, toutes les pensées du pays. En vain Philippe le soutient quelque temps contre Guillaume et d'Egmout : l'an 1 su 't , il fallut lui euvoyer l'ordre de se retirer en Franche-Comté Quand la régente le vit remplacé par le duc d'Albe, elle le redemanda; mais Philippe aima mieux donner à son ministre cinq ans à passer avec Juste Lipsc et d'autres gens de lettres que de se contredire. Cependant, l'an 1370, Granvelle, après avoir assisté au conclave qui élut Pie V, rentra dans la politique , chargé de négocier un traité avec Venise et le pape contre les Turcs. Bientôt après, Philippe le mit à la tète du royaume de Naples en qualité de vice-roi. Là était sa véritable mission. Maître à |>eu près absolu d'une population méridionale, il fit bénir son administration , aussi sagement que fortement dirigée. Bieutôt Philippe, ne pouvant plus se passer de l'homme qui le comprenait le plus et le réfléchissait lemieux, l'appela près de lui avec le titre de président des conseils d'Italie et de Caslille. Toujours liabile et heureux dans les affaires du Midi , Granvelle eut bientôt le bonheur de signer l'union du Portugal et de l'Espagne; mais ensemble son maître et lui perdirent ces belles et riches province* ba-

taves , dont ils ne

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