GRANVELLE
point le génie, et dont la fortune devait bientôt porter à celle de l'Espagne les coup» les plu» funestes. Elu archevêque de Besançon en 16»*, il se démit de son archevêché de Matines , pour aller jouir, dans une ville qu'il aimait et qu'il avait enrichie de monuments d'art et de littérature, des douceurs de la retraite, lorsqu'une sorte deplitliisie le mit au tombeau. L'abbé Boizot a réuni ses Lettres et ses Mémoires en 3à volumes, dont Bcrtliod a donué une analyse en 3 vol. in- 4°. Mattui.
G R AN V I LLE, ville de France, chef-lieu de canton du département de la Manche, bâtie à l'embouchure du Boscq, sur un rocher qui s'avance dans la Manche, avec 10,035 habitants, un tribunal et une chambre de commerce, une école impériale d'hydrographie, un bureau de douanes , un entrepôt réel, un entrepôt des sels, un établissement de bains de mer, des eaux minérales. C'est une ville forte , son port est commode et sûr, et peut recevoir ao navires, mais il a peu de profondeur et assèche à toutes les marées; on y arme pour les pèches de la baleine et de la morue. La pèche des huîtres y occupe un grand nombre des gens du littoral. Son cabotage a de l'importance. Des communications régulières existent avec Jersey etG uernesey. La ville possède des fabriques de dentelles , de noir animal , de soude de varech, des tanneries , des mégisseries , des scieries hydrauliques, des usines à fer, des ateliers pour la construction. On fait dans ses environs une récolte de pommes de reinette estimées ; on exploite le granit aux Ile» Chausey.
En t4 io, lord Thomas Scales, sénéchal de Normandie pour le roi d'Angleterre, entreprit de construire sur la montagne de Granvillc une forteresse qui pût tenir en respect relie du mont Saint-Michel appartenant aux Français. H obligea les habitants à démolir leurs maisons situées a la pointe Gautier et sur la Houle, et à les reconstruire sur le rocher, afin de rendre la position plus forte. Mais dès l'année suivante Louis d'Estouteville, commandant des troupes du mont Saint-Michel , s'empara de la place par surprise. Elle demeura dès lors à la France. Comme toutes les villes conquises sur les Anglais, Granville garda ses anciennes franchises et ses privilèges municipaux , sa milice bourgeoise de sept compagnies, faisant elle-même et en tout temps la garde de la ville, ses exemptions de tadles. En 16*9 Louis XIV lit en grande partie démolir ses murailles. Six ans après elle était brûlée par les Anglais. Elle fut vainement assiégée par les Vendéens en 1793 : ils y perdirent 1,500 hommes, et le découragement s'empara bientôt d'eux, malgré la présence de La Rochejaquelein et de Stolflet. En 1&03 les Anglais ne (mrent pas davantage y entrer.
GRANVILLE (Gjunvili.e Ltvtsos Gower , comte), diplomate anglais, fds puîné de Granville, marquis de Staffort (voyez Gowm ), était né le 17 octobre 1773. En 1703 il entra au parlement comme représentant de Lichlicld ; et Pitt, qui faisait grand cas de sa capacité , le fit appeler en isoo aux fonctions de lord de la trésorerie, qu'il conserva jusqu'en 1802, époque où il quitta les affaires en mémo temps que son protecteur. Celui-ci étant revenu au pouvoir en I80i|, envoya Granvillc à Saint-Pétersbourg en qualité d'envoyé extraordinaire et de ministre plénipotentiaire à l'clfet d'y signer le traité d'alliance qui précéda la campagne terminée à Austerlitz. Chargé en 1813 d'une mission à La Haye, Granville fut créé vicomte et promu à la pairie en 1815, en même temps que pourvu de l'ambassade de Paris. 11 conserva ce poste pendant plusieurs années, et en 1825 George IV le nomma grand-croix de Tordre du bain ; mais comme il par» tageait les idées de Canning, Wellington le rappela en 182*. Le ministère Grey, en 1830, l'envoya de nouveau à Paris, où il réussit à maintenir la bonne intelligence entre les deux gouvernements jusqu'à l'aunée 1841, époque où, à l'arrivée de Robert Peel aux affaires, on lui donna pour successeur lord Cowley. En 1833 il avait été créé baron Leveson et comte Granville. Il mourut à Londres, le 7 janvier 1846. De sa femme , lady Harriet-ÉlisaMh Cavumsii , tille dn cinquième duc de Devonshire, il avait eu plusieurs enfants.