GRAVITE 4<J
millionième seulement de son mode d action sur la luno, celte différence déterminerait dans la longitude de notre satellite une variation de plusieurs secondes et une variation d'un quinzième de seconde dans sa parallaxe : or, comme il est difficile d'admettre uue identité complète de substance entre la planète et son satellite; comme il est impossible qu'une variation telle que celle que nous venons d'indiquer ait échappé à l'observation dans l'état si parfait de la théorie lunaire, il faut bien admettre que la gravitation est identique , quelle que soit la substance des corps graves. Il faut admettre encore que la gravitation se maintient identique dans son énergie, quel que soit le milieu à travers lequel elle est transmise; car, d'one part, la stabilité absolue de l'eut phénoménal actuel suppose nécessairement que les corps planétaire* n'éprouvent aucune résistance de la part des milieux qu'ils traversent, et par conséquent la gravitation se transmet à travers le vide absolu ; et d'autre part, l'action du soleil dans la formation des marées suppose que la puissauce attractive de cet astre agit simultanément cl synergiquement sur toute la surlacu de l'Océan; et par conséquent la gravitation n'éprouve aucune modification sensible en traversant toute la masse du sphéroïde terrestre. Il taut admettre enfin que le laps des siècles ne modifie en rien l'énergie de cette force ; car ta stabilité du système astronomique actuel étant le résultat de l'équilibre des forces de projection primitives et des attractions réciproques des corps planétaires, il est évident que si l'intensité de ces attractions eût varié (les forces de projection demeurant nécessairement constantes), l'équilibre du système tout entier eût été anéanti.
La transmission de la gravitation à travers l'espace estelle instantanée«ou successive? ou, en d'autres termes, le point A ayant été doué à un moment quelconque d'une puissance attractive, cette puissance a-t-elle été transmise instantanément jusqu'au point B, situé comme l'on voudra dans l'espace, ou bien a-t-elle exigé pour sa transmission un temps appréciable, quelque minime qu'on te suppose ? Ce problème, qui a été longuement débattu , est jusque ici demeuré sans solution. Quelques astronomes ont bien pensé que l'accélération observée dans le mouvement moyen de la lune était due à la transmission successive de la gravitation, et le calcul avait démontré que pour produire un effet analogue la vélocité de cette transmission devait être f>o millions de fois plus grande que celle de la lumière. Mais l'on sait aujourd'hui que l'accélération dans le mouvement moyen de la lune dépend d'une cause complètement différente , à savoir la diminution graduelle de l'excentricité de l'orbite terrestre. Nous croyons que le problème dont on a ainsi cherché la solution est, par sa nature même, com|>létement insoluMe. On a procédé par voie d'analogie, et l'on a pensé que parce qu'il était possible de démontrer la successivité dans la transmission de la lumière, de la chaleur, du fluide électrique, la même successivité devait nécessairement exister dans la transmission de la gravitation : mais il est manifeste qne l'analogie dont on a argué n'existe réellement pas : la lumière, quelle que soit l'hypothèse que l'on adopte, est un corps matériel qui se meut dans l'espace, et le mouvement de la matière sup|>o<ie nécessairement la successivité; mais la gravitation n'est qu'un rapport qui existe entre deux ou plusieurs corps inertes et libre* dans l'espace absolu , rapport dont nous possédons bien la formule, mais dont la nature ou l'essence nous est parfaitement inconnue. La formule newtonienne affirme seulement que le phénomène astronomique se comporte comme s'tl existait réellement une force d'à 1 1 ract io n , etc , mais il ne suit nullement de là que cette attraction existe , et que ce soit une entité matérielle se mouvant snecesslvement dans l'espace. Hr.inr.iD-I,KK>vhr.
fiRAVITrë (Physique). Voyez l'rsvvmn.
CiR.VVITÉ ( Morale). Un homme grave c$\ un homme sérieux qui parte ou agit avec un air sage, avec circonspection et dignité. Par extensiou, le mot grave s'applique au*