‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 403 sur 614 · HA · texte numérisé non relu

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la cour de Rome. Celte pièce, que je crois unique, et qui a échappé aux recherches de MM. de Heioecke, de Murr et de Barlsch, est extrêmement curieuse, puisque par sa date elle montre une. antériorité de dix-neuf ans sur les gravure* d'Albert Durer, dont la plus ancienne porte l'année 1515, et que celles du Parmesan sont encore plus récentes, ce peintre n'étant ne qu'en 1503.

Une autre manière, nommée eaux-fortes de graveur, est destinée a préparer le travail qui doit être terminé au burin. Elle ne présente pas autant de variété dans Mon apparence, elle est plus régulière; lorsque les tailles s'y croisent , c'est avec un soin particulier. Suivant le goûl de chacun , elle présente un travail plus ou moins avancé, mais qui ne sera jamais parlait que lorsqu'il sera terminé par le burin. Les graveurs qui se sont le plus distingué dan* la gravure a l'eau-forte et au burin sont : Gérard A u dr a n , Cbasteau , Hollar, Desptaces, Duchange , Le Bas, Vivarès, Wollett, Ba r t o l o z ï i. Quelques graveurs ont souvent employé Peauforte seule, ou du moins ils ne se sont servis du burin que pour reprendre quelques parties qui n'avaient pas moulu a l'ciu-lorle. Daus ce cas , leur travail présente la liberté1 de la pointe, et cependant uni' régularité' de taille que n'offrent pas les eaux-fortes du peintre. On doit ciler comme les plus marquants dans cette manière de graver : l'iètre-Sante Barloli, U Belle, Callot, Abraham Bosse, Sylvestre, Chauveau, Le Potre, Le Clerc, Morin, Perelle, Peiier, Wagner.

Le travail de la pointe étant terminé sur le cuivre verni , pour que h planche devienne une gravure, il reste à faire une opération qu'on appelle faire mordre, cl qui consiste à veiscr sur la planche de V acide nitrique mélangé dVnu, et auquel on donne le nom a'eau-forte. Il existe plusieurs manières de laire mordre : l'une est de placer la planche sur un plan incliné et de verser de l'eau-forte dessus à plusieurs reprises : celte méthode est peu usitée maintenant : l'antre est de border la planche avec de la cire molle , et de la couvrir d'eau-fortc, qu'on laisse plus ou moins longtemps, une derni-lieurc, une heure, et même trois ou quatre, suivant la nature du travail, l'intensité de l'acide et l'état atmosphérique de l'air; quelquefois on prend un acide très-faible, puis on tient la planche dans un mouvement léger et continuel, pour augmenter l'effet de l'eau-forte. Enfin, dans tous les cas, lorsque sur la planche il y a des parties dont les travaux doivent être plus ou moins mordus, on a soin de retirer l'eau-forte, de laver la planche, de la faire sécher et de couvrir ensuite', soit avec du suif, soit avec un vernis gras et coulant, foutes les parties qui doivent rester légères, tels que les t-iels et les lointains. Il y a telle gravure on l'on recouvre alternativement des travaux jusqu'à quatre et cinq l'ois.

Gravure au pointillé. Quoique ce genre de gravure semble . au premier aperçu , dériver de la gravure dans le genre du crayon , et que ce nom ait été particulièrement adapté aux gravures qui ont été si fort a la mode en Angleterre a la fin du siècle dernier, encore doit -on dire qu'avec des moyens différents , longtemps avant on avait des estampes qui présentaient quelques ressemblance* avec ces dernières , en ce que, comme celles-ci, leurs auteurs n'employaient aucune espèce de taille, et que l'effet qu'ils obtenaient n'était dû qu'au nombre et à l'intensité des points irrégnliers dont ils composaient leurs gravures. Les pins anciennes estampes de cette espèce sont du commencement dn dix-septième siècle; elles furent exécutées , soit avec le burin seul , soit par le mélange du burin et de l'eau-forte, et présentent à l'oàl un assemblable de points ordinairement triangulaires et d'une grosseur inégale. Morin, Boulanger et quelques autres ont gravé de cette manière de* portraits et quelques sujets historique*. Un peu plus tard, on a gravé avec une pointe ou citelet qu'on frappait avec on marteau ; cette manière a été nommée oputmaUet, Lutma est presque le seul qnl ait opéré ainsi , et il n'a laissé que quatre tètes ou portraits dans ce genre. Enfin, à la fin du di*-lnrflième siècle, on a vu de* graveurs habiles, tes que Bartolo/ri , abandonner le Iwrin pour se livrer exclusivement à cette

j méthode de pointillé, qui se trouva élevée presque au premier rang, et fut bientôt abandonnée, comme cela arrive à toutes les choses de mode.

Grature dans le genre du crayon. Cette manière de graver a été inventée dan* le siècle dernier. Quoiqu'il y ait eu alors quelque indérision pour savoir quel était réellement l'inventeur, il est maintenant certain que l'honneur de l'invention appartient à François, el que Demarleanx a perfectionné cette découverte au moment de sa nouveauté , à tel point qu'il a pu en être regardé comme le créateur. Le but de celle manière de graver a été de présenter aux élèves de* modèle* qui pussent èlre multipliés à un prix trèsmodéré, comme le peuvent èlre les épreuves d'une planche gravée, et cependant offrir en même temps l'effet d'un dessin, avec «les hachures ayant l'apparence de celles faites avec un crayon, et non pa* de* taille* sèches et maigres, rotiune le sont ordinairement celle* du burin , lorsque le travail présenlc un grand érartement entre le* tailles. Pour parvenir a imiter l'irrégularité d'un crayon |>a*sé sur le* grains du papier, on prend un cuivre préparé et verni, ainsi que cela a déjà été dit; puis, après avoir conire-épreuté le dessin que l'on veut graver , ou le calque qu'on en a pris , si le dessin original e*l trop précieux pour le soumettre a celle opération , on commence à graver ; mais , an lieu de se servir de la pointe ordinaire, on emploie une pointe divine en plusieurs partie* inégales, el on trace ainsi le contour de sa figure; on imite ensuite le* hachures, soit avec de* pointe* de mémo nature, snit avec des roulettes, qui présentent également à leur circonférence des aspérité inégales. Lorsqu'on a fa:t mordre ce premier travail , on continue avec les mêmes outils à empâter sur le enivre lui-même , jusqu'à ce qu'on ait obtenu l'effet désiré. Si on veul imiter un dessin aux trois crayons sur papier de couleur, le travail se fait séparément *ur plusieurs planche*, dont l'une contient le travail du crayon rouge , une autre celui du crayon noir , et la troisième celui du crayon blanc ; puis , an moyen de repères, on imprime successivement ce* trois planche* sur le même papier. Cette manière de graver , qui était employée avec succès pour fournir des principes et des

I modèles dans un grand nombre d'écoles de dessin , est maintenant bien moins en usage. Elle est remplacée as.se* avantageusement par la lithographie.

Gravure en mezza tinte. L'invention de cette manière de graver c*t due à Louis Siegçn, lieutenant au service du prince Robert, palatin, vers tfill ; on ignore ce qui a pu l'amener à la découverte «le ces procédé*, qui, du reste, sont maintenant bien perfectionnés. Lorsqu'on vent graver en mexzo-tlntc, on prend un cuivre plané avec le plus grand soin, et souvent on préfère le enivre jaune, parce que --on grafn étant plus serré et plus fin, il résiste davantage el s'use moins vite. La planche étant choisie avec soin , on y fait faire le grain par un ouvrier, au moyen d'un outil nonum* berceau, et qui ressemble à un large ciseau, dont le bout, au lieu d'être droit, est la jwrtion d'un cercle de 10 centimètres de diamètre ; le biseau de cet outil est strié de filets extrêmement fins, qui présentent à l'extrémité Une succession »!e pointes aigués , qui entrent dan* la planche au moyen du mouvement que lait l'ouvrier en berçant sa main. Pour faire cette opération avec régularité, on trace sur la p!ancuc, avec un crayon, de,* hande* parallèles de 2 centimètres environ ; on pa**e le berceau successivement dans chacune de ce* bandes, de manière à ce qa'elle* soient tontes couvertes de points. Divisant la planche sur l'autre sens, et ensuite par chaque diagonale, on répète à chaque fois !a même opération, qu'on recommence ensuite jusqu'à vingt fins de chaque roté, en variant .S chaque fols de fi millimètres le point de départ, afin d'éviter les nuances que pourraient amener de* mouvement* trop réguliers. L'épreuve qu'on lire alors donne un noir parfait si l'opération est bien faite. Le graveur, sans vernir sa planche , décalque son dessin sur le cuivre même, après quoi il prend un instrument nommé rdrloir • c'est une lame aiguisée des deux cotés, avec

laquelle il enlève le grain de la planche , d'abord en entier dans toutes le* partie* claire*, entoile plu* légèrement «Uns les demi-teintes et les parties plu* ou moins ombrées. Quelquefois, au lieu de rdeloir, le graveur emploie Vébarboir, barreau d'acier a trois ou quatre face*, et dont les angles, moins aigus que celui du rdclotr, offrent un travail plu* doux. Mai*, en toot cas, dans les clair* pur* le nlchtr ne suffit pas, parce qu'il pourrait lui-même occasionner quelques légères rayure*, qu'on efface au moyen du brunissoir, instrument d'acier très-poli de la forme d'un crayon aplati. Otte manière d'opérer est donc entièrement opposée à celle de la gravure ordinaire; car la pointe ou le burin, dans la main du graveur, semble ialre l'effet d'un crayon noir sor un papier blanc, tandis que dans la mezzo-tinte te râclolr produit celui d'un crayon blanc sur du papier de conteur.

Gravure en couleur. Ce qu'on nomme gravure en couleur n'est pas, à proprement parler, une manière de graver, mais plutôt un procédé particulier d'imprimer des gravures, par le moyen duquel on obtient une estampe coloriée, qui a l'apparence d'un tableau , d'une gouache on d'une aquarelle. C'est la mexzo-tinte ou la gravure au lavis qu'on emploie à cet effet, comme étant d'un travail facile et prompt, surtout comme ayant plus de ressemblance avec l'effet du pinceau, et présentant un velouté en rapport avec la peinture. Lorsqu'on veut graver un tableau et te rendre avec ses couleurs , on partage ce travail sur trois nu quatre planches, qui seront ensuite imprimées successivement sur la même feuille, et contribueront ainsi a la représentation du même objet.

Gravure au lavis ou aqua-tinta. Le* épreuves des planches gravée» au lavis offrent quelques ressemblance avec celle* qu'on tire de* gravures en meizo-linte ; mais les pro- 1 cédé* qu'on emploie dan* cette manière de graver sont si variés et si longs à décrire, qu'il serait déplacé de vouloir ! les donner avec précision dans cet article. Il suffira de savoir que te trait étant gravé et mordu, on revernit de nouveau la planche , mai* très-légèrement et sans la noircir ; ensuite , on met dessus de l'amidon en poudre , puis , avec une encre particulière, composée d'huile d'olive, d'essence de térelk-ntliine et de noir de fumée, on lave au pinceau sur la planche , comme on le ferait sur un papier avec de l'encre de la Chine, et en commençant de préférence par raire tous les détails. Cette encre ayant la propriété de dissoudre le vernis, on enlève l'un et l'autre avec un linge fin, qu'on appuie avec précaution sur le cuivre , qui se trouve I ainsi à nu ; prenant alors une eau dans laquelle on a fait dissoudre du sucre et du savon, on mouille toute la partie découverte, pois, avec un tamis de sole très-lin, on saupoudre partout de la résine en poudre, mais elle ne se trouve retenue sur la planche que dans les parties couvertes d'eau sucrée; alors, on chaulfe légèrement le cuivre , et les petit» grains de résine deviennent un peu adhérents à la planche, en laissant cependant entre eut un grand nombre de petits interstices, par lesquels s'introduira l'eau-fortc. Cette préparation terminée, on borde la planche avec de la cire , ainsi que nous l'avons dit plus haut, puis on fait mordre. Mais il faut, pour cette opération , des précautions que. ne demande pas la gravure ordinaire. On doit avoir deux bouteilles tfeau-Jorte de force inégale, l'une contenant nn tiers d'acide nitrique et deux tiers d'eau , l'autre un quart seulement d'acide et trois quarts d'eau. L'eau-fortc doit rester très-peu de temps sur la planche, c'est-à-dire environ deux minutes; un peu plus ou un peu moins, suivant la chaleur ou l'humidité de l'atmosphère ; puis on la retire, on lave la planche, on la fait sécher, et on couvre avec du vernis ou du suif les parties qui doivent être le* plus légères , et que l'on juge assez mordues. On verse de nouveau l'eauforte, et on recommence cette opération huit ou dix fois. Après quoi, on nettoie entièrement la planche , on la revernit encore ; pois avec la même encre dont on a déjà parlé on lave les grandes masse* , et on recommence lotîtes les opérations déjà décrit**, pour faire mordre tes parties corn-

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prise* dans ce nouveau travail. On se sert aussi quelquefois dans celte gravure d'outils semblable* à ceux qui ont été indiqués à l'article sur la manière de graver au ernyon.

Gravure de musique. On se sert ordinairement de planches d'étain pour graver la musique ; et quoiqu'on emploie le burin pour quelques parues, la plus grande pari du travail se faisant avec des poinçons qu'on/; appe avec un marteau, on pourrait, en quelque sorte, regarder cette manière de graver comme une espèce de ciselure. La première opération est de tracer sur la planche le* portées ce qui se fait au moyen d'une greffe que l'on appuie fortemeut i n la faisant glisser contre une règle; ensuite on frappe le* cliver* signes et notes ; puis avec une échoppe on grave les harrea, les croches et doubles-croches ; enlin, avec un butin, on fait les queues des noies et des accolades. Quant aux paroles , lorsqu'il y en a, elles se frappent aussi a\ec de* poinçon».

[ Gravure mécanique. Sous ce titre, on peut reunir diverses machines, telle* que celles deConté et de M. Colla*. La première sert k faire avec la plu* grande régularité dessertes de ligues parallèles, également espacées , comme cela est nécessaire pour les ciels des grandes gravures. Mlle se compose essentiellement d'une règle ou d'un cylindre portant de* ondulations que l'on fait mouvoir au moyen d'une vis de rappel d'un mouvement parfaitement régulier, et d'une poiulc qui trace une ligue le long de cette règle ou de ce cylindre.

La machine Collas, invention très-remarquable au point de vue de l'art, olfre un gmnd intérêt pour la fabrication des billets infalsifiahles, en tant que copie par la gravure. Que l'on soumette en eflel à cette machine un bas-relief dont on ait enlevé irrégulièrement quelque* parties et qui fera par suite un type unique, on pourra reproduire ce basrelief sur i n billet, recouvert ainsi d'une quantité indéfinie de lignes variant d'écartement et d'intensité , et qu'aucun travail de gravure ne saurait imiter avec une exactitude suffisante pour tromper l'util le moins exercé.

Gravure héliographique. Cette gravure , qui s'exécute sur acier et sur verre , n'a pas encore atteint un grand degré de (tertection. Cependant elle a déjà fait cerlains progrès qui permettent d'espérer de beaux résultat» pour l'avenir. Voici comment opère aujourd'hui l'inventeur de la gravure itéliugraphique, le neveu de Kicépbore Niepce : Après avoir obtenu une bonne image à l'aide de la chambre obscure, il la place dans une boite semblable à celle qui sert à passer la plaque daguerrienne au mercure. Dans le fond de cette botte , qui ferme hémetiquemeut, il met une capsule de porcelaine contenant de l'essence d'aspic pure non distillée ou rectifiée, que l'on chauffe avec une lampe à alcool, de manière à porter la température de 70" à 80° au plus. Quelquefois il est nécessaire de recourir à une seconde fumigation. La plaque étant bien «echee à l'air, il la fait mordre par l'eau-fortc, et la gravure est parfois obtenue avec assez de vigueur de ton pour que les retouches au burin soient inutiles. N'oublions pas de dire que la plaque sur laquelle on a fait agir la lumière doit être enduite d'un vernis ainsi composé : benzine, 90 partie*; essence de zeste de citron pure , 10 ; bitume de Judée, 2.

On avait antérieurement cherché à transformer en gravures les épreuves daguerrienne», mais par un procédé bien différent, puisqu'il fait intervenir l'électricité comme a^ent (voyez Gaiaanocraphib).]

Gravure en relie/.

La gravure proprement dite est celte que l'on fait en traçant en creux un trait, dont le bruit pourrait, en quelque sorte, avoir motivé le nom qu'on loi donne ; mais ce ne peut être fi ce qui a fait donner le même nom à la gravure en taille d'épargne, qui se fait ordinairement sur bois, et dont les tailles, au lieu d'être creusées comme dans la gravure au burin, sont, au contraire, réservées et restent en relief, tandis qu'on enlève toutes les parties qui doivent rester claires lors de l'impression. C'est donc seulement comme produisant des épreuves semblable» , quoique tirée» par de»

GRAVURE

moyens fort différente , que cet art a été considéré comme

La gravure en creux est tellement ancienne, qu'on en voit de« traces chez presque tous les peuples ; la gravure en taille d'épargne est plus moderne : cependant on ne peut assigner ■on plus d'une manière précise le pays et l'époque où elle lut d'abord mise en usage ; mais il est assez probable que les Clrnois la pratiquaient dans le onzième siècle. Il est certain aussi que les Indiens en Taisaient usage dans le treizième siècle, tandis que c'est seulement dans le commencement du quinzième siècle qu'on en aperçoit des traces en Europe. Cette manière de graver est beaucoup plus longue, plus dilficiic et inoins agréable que l'autre. Klle n'a dû être mise eu usage que longtemps après elle; an contraire, l'impression en étant plus simple et plus facile , c'est de cette dernière gravure qu'on a tiré des épreuves en premier. Sans remonter aux impressions sur toiles , faites par les Indiens, nous trouvons de* épreuves sur papier, d'un Saint Christophe, gravé sur bois en Allemagne dans l'année 1423, et d'un Saint- Bernard, gravé probablement en France, par Bernard Milnet en 1445, tandU que, comme nous l'avons déjà dit, ce n'est : qu'en 1452 quVwi fit à Florence une épreuve sur papier de la gravure en creux sur métal.

La gravure en taille d'épargne s'exécute ordinairement sur le bois ; cependant on en fait aussi sur du cuivre, pour des j estampilles, et sur de l'acier pour des poinçons, des vi- i gnettes ou des ornements, qu'on emploie particulièrement dans la fabrication des billets de banque, puis pour les ornemente que les relieurs placent sur le dos des livres. La première, c'est-A-dlre la gravure sur bois, a été d'un usage < très-fréquent dans le quinzième et le seizième siècle, pour j publier des estampes même d'assez grande dimension ; depuis elle n'a plus été employée que pour des vignettes, «les lieu- J rons et des lettres grises ; enfin , elle fut presque abandonnée vers la fin du dh-hnitième siècle. Elle a repris quelque faveur depuis une cinquantaine d'années, et même elle a reçu alors des améliorations assez notables.

Gravure à une seule taille. C'est ordinairement sur du buis qu'on exécute cette gravure ; cependant on emploie aussi le poirier pour les objets de grande dimension , ou dont le travail n'exige pas autan! de finesse. Lorsque la planche dont on veut se servir est bien dressée et bien polie, on la sanpoudre de sandaraque , qu'on frotte avec un papier, de manière a l'introduire dans les pores du bois, afin qu'en dessinant, l'encre ne s'étende pas irrégulièrement comme sur du papier qui boit , et que les traits soient bien nets. L'artiste alors dessine lui-même à la plume la composition qu'il veut publier. Quant a la gravure, elle s'exécute par des artistes d'un ordre inférieur, qui souvent même savent peu de dessin, et dont le talent se borne à enlever toutes les pari ifs du bots restées blanche:, et à laisser en saillie tous les traits, toutes les hachures, qu'a devinées le peintre, et qui deviennent alors autant de tailles. Cette ojiération se fait avec une lame longue et étroite, a laquelle on donne aussi le nom de pointe, cl qui se trouve prise dans un manche rond et fendu par le milieu sur toute la longueur : cette lame est fortement resserrée dans son manche au moyen d'une longue virole conique, qui ne laisse sortir qu'un bout de lame de 10 à 12 millimètres. On se sert de celle pointe de diverses manières , suivant que les travaux ont besoin de plus ou moins de force : ainsi , pour faire des hachures ou des traits délicats , et pour lesquels il n'est pas nécessaire de creuser profondément , on tient cette pointe comme un crayon, en l'inclinant un peu à droite de la perpendiculaire; après avoir suivi le trait dessiné, on retourne la planche , pour suivre la hachure voisine, en laissant le haut de la pointe toujours légèrement incliné vers la droite; par conséquent , rentre-taille se trouve enlevée , et le sillon triangulaire qu'elle laisse, quoique ressemblant à celui que forme le burin , n'y a aucun rapport , puisque dans la gravure en taille creuse le sillon du burin ou de la pointe doit être rempli d'encre et pro luire les traits aperçus sur l'épreuve,

tandis que dans celle-ci ce qu'on enlève est la partie qui ne doit point laisser de trace sur le papier, et qu on épargne les tailles qui doivent marquer à l'impression. Lorsque le contour ou la taille qu'on veut tracer est près d'une grande partie où il ne doit exister aucun travail , on sent bien que la coupure a besoin d'élre plus profonde, afin que lors de l'impression le papier ne puisse pas atteindre le fond et produire quelque tache au milieu du clair. Il faut donc, dans ce cas, enfoncer la pointe avec pu» de force : alors, an lieu de la tenir comme un crayon, ainsi que nous venons de le dire , on la prend à pleine main en laissant passer le bout entre l'annulaire et le petit doigt , ayant toujours le soin de la tenir légèrement incliné* vers la droite. Par ce moyen, la force du coup ne dépend plus de celle des doigts , mais bien de celle do la main et du poignet . Comme on ne creuse profondément que le contour des parties qui présentent une surface de quelque étendue , il est facile de concevoir que la pointe ne suffit plus pour enlever le bois dans l'intérieur de ces larges parties. Pour cette opération, on se servait autrefois de petite fermoirs; on Icm a remplacés par des bute-avant , outils d'acier à pou près semblables à uue petite pelle a feu , dont la largeur varie depuis ci1", 0005 jusqu'à 0e", 0067. Lorsque l'espace est très- grand, on n'emploie pas ces outils de petite dimension) on se sert de gouges, que l'on Trappe avec un maillet, et par on moyen on enlève de grandes parties de bois. Les graveurs les plus célèbres dans cette manière sont : Jean Springinltle, Jean Brosame, Sctueffling, Charles Skhero, Salomon Berna ul, Slimmer, Papillon père ellils, Beugnet, etc. Depuis que l'on a recommencé à orner les livres avec des vignettes gravées sur bois, on a lait d'assez grands changements dans la manière d'opérer. Au lieu de graver sur des planches, suivant le fil du bois, on grave sur des tronçons de bot* «te bout ; au lieu de pomte, on emploie souvent le burin, mais toujours pour enlever les entre-tailles, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut. C'est à l'aide de ces procédés qu'on doit la perfection des gravures publiées eu Angleterre, par Ncsbitt; en Prusse, par GubiU, et en France, par Bougon et Thomson.

Gravure à plusieurs tailles. En se servant de l'expiession plusieurs tailles, il ne faut pas croire qu'on veuille parler du nombre des hachures, ni de leur croisement; mais comme ceux qui exerçaient la gravure sur bois étaient nommés tailleun de bois, tailleurs de cartes à jouer, en a donné le nom de taille i la planche même qui avait été tailtte ou gravée; par conséquent, lorsqu'on a fait avec des planches de bois «les gravures en couleur, comme il fallait employer deux et même trois planches, on a nomme celle manière gravure à plusieurs tailles, ou gravure en ' camuicu, gravure en clair-obscur. On a fait en Allemagne \ quelque* gravures dans ce genre ; mais c'est plutôt en Italie qu'on s'en est occupe , cl on pense que l'invention en est duc à Frauçois Mazzuoli. Le but qu'il s'est proposé a été d'imiter des dessins lavés au pinceau ; aussi n'y a-t-il souvent que très-peu de hachures dans cette manière de graver. La première planche présente toutes les parlics ombrées, depuis les teintes légères jusqu'aux oralirr* les «lus fortes , ayant soin d'enlever seulement les clair», qui laissent par conséquent le papier entièrement blano ; la seconde planche offre les parties plus colorées, et la troisième, enfin*' donne seulement les contours ou les ombres les plus vigoureuses, et s'imprime d'un ton très-intense. Les graveurs les plus renommés dans cette manière sont ; Amlreani, Hugues de Carpi, J.-E. Vinccntini, Antoine Fanluzaido Trente , B. Coriolano, Burgmsir, Jeglier, qui fous ont travaillé dans le seizième siècle. Cette ludhode, abandonnée, a été reprise en France , vers 1740, par Loueur et autre*; elle a aussi été exercée en Angleterre par Jackson, «t a Venise par Antoine-Marie Zanelli ; mais souvent alors an a substitué une planche de cuivre à l'une des piandiet de bois. La méthode employée pour l'impression des indienne* et dis papiers pciulsa l)eauxoupdcrapporlavccce1te«i»vi»re.

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