‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 405 sur 614 · GRAY · texte numérisé non relu

GRAY

de Jane et de ton époux. Marie, irritée par la résistance que rencontrait son autorité et naturellement portée à des actes sanguinaires, crut alors devoir se débarrasser de sa rivale. Elle accorda trois jours à Jane pour se préparer à mourir, et lui envoya un prêtre catholique, qui fit tout pour la déterminer a rentrer dans le giron de l'Église romaine. Jane persista courageusement dans sa foi religieuse, et exhorta sa sreur à Taire preuve de la même persévérance. Le conseil d'État ayant craint que la jeunesse, la beauté et l'innocence de la victime n'excitassent les sympathies populaires en sa faveur, il (ut ordonné que l'exécution aurait lieu h Pinlérieur de la Tour. Le 1? février 1554 fat le Jour Axé pour le supplice de Jane Gray et deGuilford, fila de Northumber» land. Pour conserver I** fermeté si nécessaire en on pareil moment, et ponrqn'il ne la perdit pas lui-même, Jane, en cet instant suprême, refusa de prendre congé de son époux , qu'elle aimait pourtant de l'amour le plus tendre, La force d'Ame dont elle était douée était si grande, que de la fenêtre de son cachot elle put être témoin de son supplice et voir emporter son cadavre ruisselant de sang. Une heure pins tard elle montait à son tour snr l'échafand et y faisait preuve de la même impassibilité , se bornant à déclarer aux perronnes présentes, nvant de placer sa tête sur le fatal billot, que son crime consistait à avoir prouvé qu'elle était digne de porter la couronne. Les partisans lea plus ardents de la reine Marie , témoins du suppliée de cette Innocente victime de la politique, ne purent eux-mêmes retenir leurs larmes. Son esprit égalait ses charmes , et on est surpris de trouver tant d'instruction chez une si jeune femme. En effet elle savait le latin ainsi que le grec ; et le matin de sa mort elle écrivit dans la première de ces langues, sur une espèce de souvenir, cette pensée touchante : « Si ma faute méritait punition, ma Jeunesse du moins et mon imprudence étaient dignes d'excuse. Dieu et la postérité me seront favorables ! » Cinq jours après, son père, le duc de SufTolk, périssait aussi sur l'écliafaud. Consulter Harrls Nicolas, Mcmoirs and Rfmaint of lad y Jane Qray ( Londres, 1831). Ia fin si tragique de Jane Gray a fourni le sujet d'un grand nombre de drames ; on connaît aussi le beau tableau qu'elle a inspiré à DeJaroche.

(•RAY (Thomas), poète anglais, né à Londres, le 20 décembre 1718, lit Bon éducation d'abord au collège d'ttton et plus tard a l'université de Cambridge, où il étudia le droit. Il accompagna ensuite son jeune ami Horace Walpole dans son voyage en France et en Italie, et se sépara de lui à Keggio, pour revenir seul en Angleterre, en 1741. Kn 1708 il fut nommé professeur de langues modernes et d'histoire à Cambridge, et mourut dans cette ville, en 177 1. Son Élégie sur un Cimetière , qui a été traduite dans toutes les langues modernes et qu'il composa en 1749, l'a fait ramier parmi les meilleurs lyriques et lui a valu le surnom de Pindare anglais. Ses autres poèmes ( parmi lesquels il s'en trouve un en latin [De Principes Cogitandi, 1741 )), se composent en partie d'odes adressées, par exemple, au Collège d'Elan, an Printemps, etc., et en partie d'hymnes, comme celle au Malheur, toutes riches en images, d'un coloris chaleureux et d'une admirable versification. Il a laissé aussi des lettres intéressantes snr son voyage en Italie.

GRAY*8 INN. Voget Gs*ndr-B*btacn>:, page 461.

GRAZIOSO ( Musique ). Ce mol sert à exprimer la nuance gracieuse qu'il faut donner à l'exécution d'un passage. Son mouvement tient le milieu entre Pondante et Yandontino; il n'est ni lent, ni prompt, ni tramant, ni rapide, mais toujours d'une grâce expressive.

GRAZZIM ( Artorio-Phakchco), poète et conteur italien, surnommé il iMca (le dard, espèce de poisson), naquit à Florence, en I50S. En 1540 il avait iondé l'académie des Umkli, dont il s'était vu exclure par suite de ses querelles avec les membres ses collègues. Hrïtlanl de se venger, il fonda en IM2 une nouvelle académie, celle délia Crusca , qoi est devenue la plus célèbre et la plus utile peut-être de toute* «Des que l'Italie renferme en si grand

GREBE

nombre. On doit a Grazxini six comédies, des Stances et

Poésies diverses, La Querra de' Mottri, poème bouffon (15*4, bi 4°), un recueil de Nouvelles (Florence, 1550; Paris I7&0 et 1775, 3 vol. ln-8*). Grazxini mourut dans un âge avancé, en 1683.

GRÉAL ou GRAL , terme dérivé , suivant toute apparence, de granit, gréai, ou grasal, mots du vieux français, dont l'origine est peut-être bien celtique , et dont h forme latinisée est garali* , gr ad a lis, etc., désignant un vaisseau de la forme d'un plat. Tel était le saint gral ( son gréai \ de la poésie du moyen Age, formé d'une seule pierre pre-

et vivifiantes. C'étaient des Anges qui l'avaient apporté du ciel sur la terre ; et qui d'abord furent préposes â sa garde. Par la suite, ce soin fut confié aux Templiers, confrérie d'hommes d'élite, obéissant à un roi, et ventant à an conservation sur une montagne inacessihle , dans un château fort ayant l'apparence d'un temple. Cette légende semble provenir de cette fusion d'élément* orientaux et chrétiens qui s'opéra au comntenceinent du douzième siècle en Espagne et dans le midi de la France, sons l'influence d'événements contemporains, tels que les luttes des Maures et des éludions en Espagne, pour former un tout, devenu bientôt le sujet de chants populaires. Le Provençal Guiot, qu'on suppose avoir vécu entre 1 160 et 1180, en lit le sujet d'nn poème, qu'il composa dans la langue française du nord ; il indique comme sources auxquelles il aurait puisé, un manuscrit, vraisemblablement arabe, d un Maure, appelé ê /eye/ViMff, manuscrit qii il trouva à Tolède, et une chronique latine du pays d'Anjou.

Après lui , Cl i ré tien de Troyes et d'autres trouvères mêlèrent à la légende du gréai tantôt les légendes du rai Arthur et de la Table-Ronde, tantôt la légende du chevaleresque apôtre des Celtes, Joseph d'Ariinathie, d'après laquelle le saint gral serait le plat dans lequel Jésus-Christ aurait mangé l'agneau pascal , lorsqu'il fit la cène avec ses disciples. Joseph d Arimathie, ajoutait-on, lavait emporté chez lui ; et lorsqu'il eut enseveli le corps du Sauveur, il mit dans le gréai le sang et l'eau qui avaient découd' de ses plaies et do son eOlé. D'où la fausse signification donnée au mot gral par certains auteurs, qui, se fondant sur une transposition de lettres [sang réal, au lieu de iriM gréxil), l'ont regardé comme synonyme de sang royal, sang du Seigneur. Joseph alla ensuite, avec lo jniNf gral , en Angleterre , et en confia la garde à l'on de ses neveux , après avoir converti toute la contrée. Par la suite, ce précieux vase, ou plat, ayant été perdu, plusieurs chevaliers entreprirent de le retrouver. De 14 le récit de leurs aventures, qui forme le sujet d'un grand nombre de romans du moyen âge. Wolfram d'Kwhenbach est le premier poète allemand qui, au treizième siècle, en ait fait ie sujet d'un poème, après avoir choisi l'histoire de Parvival dans l'œuvre de Guiot pour la traiter mètriquement. Vers l'an 1270, l'auteur du poème de Titutel le Jeune le traita avec beaucoup plus de développements, et, après y avoir rattaché la légende de Klinsor et celle de Lohengrin , y joignit aussi celle du Prêtre-Jean, chez lequel il fait arriver le saint gréai, qui, selon des poètes antérieurs, était retourné an ciel.

GRÈBE, genre d'oiseaux plongeurs de l'ordre des palmipèdes, dont cinq espèces se rencontrent en Europe et se voient assez souvent dans diverses partie* de ta France, notamment diins celles qui avoisinent le lac de Genève, où les grèbes a (tondent. Leur plumage, lustré comme celui de toutes les espèces qoi passent une partie de leur vie dans l'eau, ne laisse pas que d'être asses recherché (surtout celui de ta poitrine et du ventre, à cau*e de sa linesse, qui permet de l'employer à des objets de toilette pour les dames ). Cet oiseau a une physionomie toute particulière, grâce à son corps oblong, emmanché presque verticalement sur des tarses asseï courts, à sa tète arrondie, entourée de longues plumes et portée par un long cou, à ses yeux à fleur de tète, et a sa queue absente. Il se nourrit de poisson* , d'insectes et de plantes marines } mais sa chair a une saveur riesagreabta.

GRÈCE

!■ H fe^ centrée de I ancien monde, célèbre surtout dans l'antiquité par ses lois, «es arts, sa littérature, subjuguée à l'origine de notre ère, reparaissant à peine aujourd'hui sous la forme d on petit royaume.

Géographie et Statistique.

L'ancienne Grèce, dans le sens historique et géographique qu'on attache à ce mot, ou dans une acception plu* large, la Heliade, se compose d'une presqu'île l'étendant dans la Méditerranée au sud de la Macédoine et de l'Itlyrie, a partir environ du 40° de latitude septentrionale, entre la mer figée à l'est et la mer Ionienne à l'ouest, dans la direction du nord au snd, sur une longueur d'environ 37 m Tria me très, et avec une largeur variant entre 20 et 7 myriametres environ. Cette presqu'île est une contrée de nature tout à fait montagneuse, avec un petit nombre de vallées et de plateau* de peu d'étendue; et sa configuration est déterminée d'un cété par les montagnes qui la sillonnent et de l'autre par la mer qui l'entoure. Le caractère de ce groupe de montagnes, dont les pics les plus élevés, le Pinde et le Parnasse, atteignent une altitude de 2,300 à 2,500 mètres, répond tout à Tait a celui lies antres montagnes de la presqu'île turque. Composées aussi le pins généralement de rochers calcaires , elles s'élèvent en pica abruptes, renferment de profondes fondrières, de vastes cavernes et des vallées le plus généralement petites; et ces montagnes, comme toute la contrée elle-même et les diverses Iles qui l'avoisinent, semblent être le produit d'un soulèvement sous-marin; les nombreuses anfractuosités du littoral, les saillies abruptes et vivement accusées de ses cotes, qni forment on graud nombre de promontoires et de golfes , de même que de nombreuses 1 races d'origine volcanique, donnent la pins grande vraisemblance a cette opinion. Les Iles d'origine volcanique qui avoisinent la Grèce, et où se trouvent encore aujourd'hui des volcans en activité, la confirmeraient au besoin. La conséquence de cette configuration du sol , c'est de diviser la Grèce en trois parlies bien distinctes : la Grèce continentale, le Péloponnèse, qui forme une Ile presque parfaite, et les deux Heu qui l'avoisinent. La première, ou la Heliade proprement dile, est en grande partie formée d'nne chaîne •le montagnes qui, se détachant du mont Haemusou Ralkan, situé au nord, traversent ce pays du nord au sud, en envoyant une foule de chaîne* latérales jusqu'à la mer, où elles forment divers golfes et presqu fies, et au sud se terminent aux golfes de Corinthe et Sarooique, en ne se rattachant aux m Miiagnesdii Péh>|x>nné*c rjue parl'étroit soulèvement de sol formant l'isthme de Corinthe. 11 en résulte que la Grèce con tineulale forme à son tour trois régions distinctes. La chaîne <(e montagnea dont il a été question plus haut, et venant du non! , qui à son entrée en Grèce reçoit le nom de Pinde , y envoie aussitôt deux chaînes courant parallèlement : à l'est, les monta Camhunlens, se terminant a l'Olympe, et séparant la Grèce fie la Macédoine ; et à l'ouest les monts Ccrnuniens, qui la séparant de PIHyrie, et par le cap Acrocéraunien s'avancent jusqu'à ce qu'on appelle aujourd'hui le golfe d'Avlona. Le Pinde occupe ensuite à peu près la |iartie centrale du pays, et, dans la direction dn nord au sud, pénètre jusqu'au 89* de latitude nord, où il envoie à l'est la chaîne do l'Olhrys , qni s'etend à travers l'isthme entre le golfe Malique (aujourd'hui golfè de Zeitouni ) et celui de Pages» (aujourd'hui golfe de Volo), puis de la tourne au nord, suit la cote, et se termine au mont Ossa, situé eu face du mont Olympe, en formant one profonde vallée arrosée par le Pénée, dont le» eaux n'ont qu'une étroite issue entre l'Olympe et l'Osas. A l'extrémité occidentale et opposée du Pinde, Is mer Ionienne pénètre profondément dans le pays, sous le mémo degré de latitude que l'Olhrysdaas le golfe d'Ambracic{ aujourd'hui golfetPArta), et limite ainsi avec le mont Tliyainus ( aujourd'hui Graboca ), qui se prolonge jusqu'au Pinde, le côté méridional du plateau situé à l'ouest du Pinde, et terminé au nord par Mais au sud du point de départ de

l'Othrys, la chaîne principale du Pinde, après avoir envoyé vers le golfe dit aujourd'hui de Patras un embranchement latéral qui avec les montagnes d'Acarnanie, situées en face, forme la vallée de l'Achéloo* (aujourd'hui I Aspropotumos), se dirige au sud -est, et se divise alors en deux chaînes : celle du mont Œta et celle du Parnasse avec l'IIéiiron, dont la première constitue avec l'Othrys la vallée du Spcrchius (aujourd'hui Heltada); puis, à partir du détroit des Thermopyles, forme le versant nord-est de la Grèce centrale, vers le détroit d'fcubéc; tandis que la dernière, le Parnasse et l'Hélicon, forme le versant méridional de la Grèce centrale , vers le golfe de Corinthe, en même temps qu'avec le mont Œta une vallée intermédiaire, celle du Ccplu'sc ou du Pinde (aujourd'hui Mavropotamos), lequel se jette dans le lac Copais (aujourd'hui lac Topol ). Au sud-est de cette vallée intérieure, les deux chaînes se réunissent en empêchant ses eaux de s'écouler vers la mer. PJlcs prennent ensuite les noms de mont Cltlueron et de mont Pâmes, puis s'abaissent insensiblement en formant le Pentéliqne et l'Hymettc, A l'extrémité sud-eM de la Grèce centrale, oh elles aboutissent au cap Sunium (aujourd'hui cap Colonna), en atteignant au nord-est la mer Égée et au sud-est le golfe Saronique (aujourd'hui golfe d'Égine ) ; tandis qu'au sud-ouest elles se rattachent par les Gérania aux hauteurs de l'isthme de Corinthe. Ainsi, entre les monts Cambuniens, le Pinde et l'Olhrys, se trouve la Thessalic ; à l'ouest de cette contrée, entre les monts Cérauniens, le Pinde, le golfe d'Ambracie et le Thyanens, l'Epire; et au sud de celle-ci la Livadie moderne avec PAcarnanle, l' Étoile, la Doridc, les trois Locrides, la Béotie, la Mégaride et l'Alliqne.

L'autre principale partie de la Grèce, le Péloponnèse, est également une contrée tout à fait montagneuse, avec cette différence toutefois qu'elle n'est point traversée dans toute sa longueur par une même chaîne de montagnes , mais que d'un plateau central et assez élevé se détachent diverses hautes chaînes se dirigeant en sens divers et atteignant, comme le mont Taygète et les monts Acbéau, jusqu'à -2,500 mètres d'altitude.

La troisième partie principale se compose des {les , les unes situées dans son voisinage immédiat, les autres disliersées à une certaine distance. Parmi les premières on remarque les Iles Ionien nés, à l'ouest ;Cythèic, aujuurdhui Cèrigo, au sud; llydra et Spezzia, Égine et Salamis, et l'Ile d'Enbée à l'est Dans les dernières sont comprises la Crète, aujourd'hui CflMrffc.ct Us diverses Iles de l'Archipel, notamment les Cyclades et les Sporades.

Après les montagnes et les mers, les fleuves ne jouent plus qu'un rôle saiiR importance dans la configuration du sol de la Grèce, car il n'en est pas un seul qui soit navigable. Indépendamment du Pénée, du Sperchius, de l'Achélous et du Céphise, dont il a déjà été question, il n'y a plus guère à citer dans le Péloponnèse que l'Enrôlas et d'Alphée.

La superficie totale du sol de la Grèce, dans les limites que nous venons de lui assigner, peut être évaluée à 1,460 myriamètres carrés, dont 1,000 pour le continent, 400 pour le Péloponnèse, et 200 pour les lies. Le climat de la Grèce, en raison de l'extrême diversité d'élévation du sol, \arie lieaucoup. Tandis qu'il est d'une rudesse extrême dans les régions montagneuses les plus élevées , il est extrêmement doux dans les contrées basses et plates ; et entre ces deux points extrêmes , on trouve une variété infinie de nuances. Au total on peut dire que le climat do la Grèce est un peu plus froid que celui des contrées de la Méditerranée situées sous le même degré de latitude. Toutefois, dans les parties les moins élevées du i*y* on ne sait pas à bien dire ce que c'est que l'hiver avec ses neiges et ses glaces. Ce n'est guèrequ'une saison de pluies, tandisque dans les mois d'été, du commencement de mai jusqu'à la fin d'aotit, il ne tombe pas une senle goutle d'eau , sauf les plus hautes montagnes, et que jamai» le moindre nuage n'y vient troubler la pureté de l'atmosphère. U sécheresse constitue donc le dominant du sol comme du climat de la Grèce ,

508 GRÈCE pays où tout se dessèche en été et U plupart de» cour» d[eau I vers organes de J'Élat et de la famille ne s'étaient point en tarissent. Il n'y a que la rosée qui maintienne la végétation; ; corc séparés et n'avaient |»as Acquis des droits dietincts. De de n m* me que des vents soufflant régulièrement claque joui

soit du câléde U mer, sott du côté de la terre, y tempèrent l'extrême chaleur, qui n'est vraiment intolérable que dans les vallées les plus profondes, là où ne peuvent pas se taire sentir ces vents bienfaisants. On peut dire en revanche que le ciel de la Grèce conserve partout son antique renommée, et quïl n'est pas an monde de pays où l'atmosphère soit si pure , si radieuse, si lumineuse, l'azur du ciel plus foncé, et où tous les objets revêtent de plus brillantes couleurs. La mer, qui baigne amoureusemeut les cotes en y formant une innombrable quantité de golfes , de baies , d'anses , de criques, etc., en même temps que les ports les plus sûrs, n'offre pas de moindres beautés en son genre. Quant à la faune et à la flore de la Grèce, elles n'ont point de caractère qui leur soit exclusivement propre, et elles répondent en général a celles de tout le bassin de la Méditerranée, et plus particulièrement de l'Italie et de l'Espagne.

La Grèce, on le voit, est nn pays du caractère géographique le plus vivement accusé ; séparé des contrées limitrophes par de hautes montagnes; fractionné à l'intérieur en de nombreuses et distinctes parties, reliées en revanche entre elles, comme il l'est lui-même aux contrées voisines par la mer, qui l'environne de tous côtés ; occupant sur la carte de l'Euro|>c la position la pins favorable qui se puisse imaginer pour devenir le point intermédiaire entre les civilisations de l'Orient et de l'Occident ; doué d'une belle, mais non d'une luxuriante nature ; dans les conditions de sol et de climat les plus diverses, mais surtout dans celles qui favorisent la vie au grand air. Ces circonstances physiques ont dû réagir puissamment sur le caractère du peuple qui l'habitait, comme le prouve tout le développement de la civilisation grecque pendant l'antiquité. On remarque dans ce développement deux périodes bien distinctes : l'époque liéroïque et l'époque historique (poye2, ci -après, le chapitre spécial consacré à l'histoire de là Grèce). On retrouve dans l'une et l'autre ce qui constitue les traits essentiels et caractéristiques de la physionomie générale du peuple grec, à savoir la prééminence de l'individualité, la direction tout extérieure des idées, l'heureuse aptitude de l'esprit à saisir avec finesse, à apprécier avec intelligence et à reproduire avec habileté les objets extérieurs, une imagination aimant à se repaître d'im iges sensuelles et l'amour de la beauté physique* La séparation si tranchée des races et des États, de même que l'infinie variété de degrés de civilisation, sont à l'une et à l'autre époque la conséquence des conditions physique* où la Grèce se trouvait placée. Toujours aussi on voit les Grecs faire preuve d'un goût tout particulier pour la vie et les habitudes du marin, pour les aventures et les expéditions maritimes; de même que, soit effet de la nature du sol, soit résultat du caractère national, on a lieu d'observer chez eux on tout temps et en tous lieux une grande sobriété , jointe à un penchant des plus prononcés a la volupté. Dans les fieux périodes on trouve des peuples unis sans doute par une communauté de monirs, de langage et d'intérêts , mais se coml»attant souvent entre eux et se subjuguant tour a tour; la croyance aux mêmes divinités; un culte joyeux et sensuel; la monogRtnie cri vigueur, mais sans que la femme jouisse tout à tait des mêmes droits que l'homme, et le conçut* nat toléré -, le principe de la liberté personnelle consacré en faveur des individus nés libres et une tendance générale à affranchir la vie de toute contrainte , a la faire tendre bien plus à la jouissance qu'au travail. Toutefois, ces traita généraux subissent aux deux époques des modifications très-diverses. Ce qui dilTérentie surtout ces deux époques , c'est qu'aux temps héroïques toutes ces particularités existaient déjà dans le caractère national sans que le peuple en eût la conscience, consacrées qu'elles étaient par d'antiques usage» et par les mœurs. C'est ainsi que dès l'époque la plus reculée nous voyons l'état patriarcal dominer corala yte publique et privée, alors que les di-

là l'existence de rois, chargés suivant l'antique usage de régler les affaires publiques d'accord avec les anciens et les plus considérée d'entre le peuple, de rendre la justice et de commander a la guerre ; de la l'absence de tonte subdivision et de toute différence dans tes droits des hommes libres ; de la aussi l'unique distinction de castes établie et reconnue dans le peuple , la caste des homme* libres et celte de» esclaves, ces dernier* provenant de la conquête et de In réduction des populations vaincues en captivité. En ce qui est des mœurs privées, c'est la vie tic famille qui domine partout. Oc la l'importance plus grande des femmes et leur folucnce sur tous les détails de la vie ; les soins de l'économie domestique exclusivement conùésau sexe lèpres faible; on caractère de sainteté plus grand prêté a tout ce qui est afflaire de piété, aussi bien entre les hommes et la Divinité , que d'homme à homme et surtout entre | tarent* ; enfin, des relations patriarcales eutre les maîtres et le* serviteurs, l'hospitalité La plus inimitée, une situation des arts et de l'industrie bien supérieure a la grossière rudesse de Pétat de nature, et surtout l'égalité des hommes libres en ce qui est des rapports sociaux et de fortune. Que ai, su contraire , on examine l'état de* Grecs dans les temps historiques, ce qui frappe plus particulièrement, et ce qui établit entre eux et la civilisation des peuples asiatiques une différence bien caractéristique, c'est la prétention de tout soumettre à des règles positives et invariables, prétention qui apparaît dans les moindres circonstance* de la vie et dans toute* les opérations de l'esprit, et limitée uniquement |«r de* traditions religieuses. En ce qui a trait aux affaires |*ihltqucs , nous voyons cette prétention prendre souvent , comme à Sparte par exemple, le* proportions les plus ridicule*. Là, a lorce de vouloir tout réglcoteuter et régler à l'avance, on en vient a ce point que la vie de famille n'execro jdus aucune influence sur la vie publique, et que ce sont nu contraire les relations publique* qui règlent et déterminent ton* les actes de la vie privée. On y a détruit U vie intime et en même temps toutes le* vertus, toutes les qualité* qu'elle admet. La femme y a perdu toute espèce d'importance; elle n'a plus d'autre mission que de faire des enfants ; et le rote humiliant auquel on la réduit provoque la venue des Hét a ires, comme il donne aussi naissance a des vices honteux, pour lesquels l'âge héroïque n'avait |>a* de C'est ainsi qu'il s'établit dans les

variété infinie de conditions pour les individus, suivant leur origine, leur lieu de naissance, leur profession. Nous voyons toute une échelle de caste* (des nobles et des homme< libres, des citoyens exerçant tous les droits de. cité et d'autres n'en possédant quo In moitié, des |«trons et des menants, des serls et des esclaves) constituées peu a peu par l'usage ou par la loi , ou bien imposées soit par un conquérant, soit par des envahisseur*, et qui à leur tour ont produit la plus ex trame diversité dans les constitutions politiques. Depuis l'oligarchie la pins superbe jusqu'à ta démocratie la plus effrénée, en trouve en Grèce tontes te* formes de gouvernement possibles, avec les mille nuances dont ils sont susceptibles, suivant que domine dans l'Ktat tel ou tel élément social. >ulle part ailleurs la politique n> en matières de constitutions essayé de plu* de eombinai- *ons. L'extrême diversité de le législation politique engendra naturellement celle de la législation civile , quoique, h la différence de ce qui arriva à Borne , eelh)-ci n'ait jamais pris autant d'importance que celle-là , par la raison que la vie publique y avait complètement absorbé la vie privée et que lliomme n'y vivait pas pour lui-même, mais pour PÈtaf. Ce qui distingue essentiellement U vie publique dans la période historique, c'est que le gouvernement patriarcat et monarchique y avait partout fait place an gouvernenu-irt républicain, surtout là où, comme à Sparte, il restait encore des rois qui ne l'étaient plu* que de nom. Cette époque historique nous

GRÈCE

hommes libres. Les différences profondes établies «lire classes et les professions reparurent dan* le» mœurs t

veloppcment du génie grec atteignant Bon npogée dans ln littérature, dans l'art et dans la religion. En même temps que la vie de famille disparaît de la vie privée, les profession* se trouvent de plus en plus distinctes. Les professions libérales, que celui-là seul peut exercer qni est né homme libre, «ont séparées par une profonde ligne de démarcation de celles qni sont réservées aux esclaves. Toutefois, cette différence était plus ou moins sensible suivant le degré de civilisation auquel les Etats étaient parvenus. Dans ceux où les intérêts politiques remportaient sur tous autres, comme à Sparte, les choses en vinrent à ce point qoe la chasse, le maniement des armes , la participation aux affaires publiques et la culture des art» et des lettres étaient les seules occupations qu'on jugeât dignes d'un citoyen en possession de tous les privilèges qu'assurait ce titre de noblesse. Pour que la condition sociale de l'homme se trouvât si haut placée, il fallait que celle des serfs et des esclaves fût d'autant plus humble et opprimée. Les antiques relations patriarcales qui existaient entre les hommes Hlwes et leurs esclaves disparurent presque complètement des Etats arrivés à un degré de civilisation plus développé, et firent place à un abîme où tout l'État social devait finir par périr, en raison de l'augmentation incessante du nombre des esclaves en même tetnpR que diminuait rapidement celui des

les publiques, de même que la diversité des institutions réagit puisaammeut sur la politique. Ainsi, on voit en Grèce des Étals où , comme en Arcadie , dominait la vie pastorale et où régnait la civilisation la plu1» simple; d'autres, restés essen tièdement agricoles, comme la Thessalie ; d'autres encore où le commerce était la grande préoccupation des populations, comme à Corinthe; enfin, quelques autres devenus militaires avant tout, Sparte par exemple. Cependant, dans le plus grand nombre, il y avait fusion entre ces diverses conditions de la vie sociale. La civilisation grecque atteignit son plus haut degré de splendeur là où , comme à Athènes et dans la plupart des Iles et des États maritimes , cette fusion avait produit la plus vire activité et les froissements les plus bienfaisants. Là, au contraire, où il y avait séparation absolue des castes et genre de vie uniforme, comme dan< l'intérieur du Péloponnèse et dans la Grèce septentrionale, et où se faisait sentir l'influence |>ernîcieuse des peuples barbares limitrophes et des rapports forcés qu'on avait avec eux, en Épire notamment, l'État social des populations demeura constamment voisin de la barbarie, et offrit le contraste le plus saillant avec cette civilisation si raffinée.

Le rogautn* actuel de la Grèce se compose de la partie méridionale de la presqu'île grecque, que nous avons décrite plus haut et de* Iles de l'Archipel qui l'a voisinent Séparée, au nord, des provinces turques d'Albanie et de Thessalie par une ligne a peu près droite, tirée depuis te golfe d'Art* à Test à travers le mont Othrys jusqu'au golfe de Volo, sous le ït>° de latitude septentrionale environ, la terre ferme se compose des anciennes provinces turques de Murée et de Roùmélie ou Llvadie , avec des parties de Lé paille et de Karli-Sli, par conséquent comprend l'ancienne Grèce centrale, ou laHelladc proprement dite, et l'extrémité méridionale de ht Thessalie ou la Phtlilolide, en deçà de l'Othrys. Il faut encore y ajouter : la grande tle d*Eubée ou de Négre(M>ul, la plupart des Cyclades et quelques-unes des Sporades occidentales. Le tout occupe une superficie de 595 myriamètres «amis, et est divisé depuis 1845 en dix nomes ou namarchits (départements, cercles), h savoir : l'Attique et la Deotie, l'Eobée, la l'hthiotide et la Phoride, l*Acarnanie et l'Étene, l'Argolide et Ootinthe, l*Areariîè,1a Laronk, la Messénie, i'Achaie et l'Élide, les Cyclades. Ces «omn sont divisés ea 49 epa refîtes ( arrondissements), et chacun de ceux-ci en un i:ertiiin nombre derfe'wes (communes). Généralement parlant , la Grèce n'est pas, h beaucoup près, l'une des plus lorrlles contrées de l'Europe méridionale. Il n'y a eiiére que 200 myriamètres de sa superficie oui soient sus-

ceptibles de culture; 120 myriamètres sont couverts de forêts, et le reste se compose de montagnes dénudées, de rochers, de lacs, étangs ou cours d'eau. Sur les 200 myriamètres susceptibles de culture, il n'y en a guère que &0 d'utilisés dans la Hellade et la Moréc, tandis que dans les Des il y a à peine 7 pour 100 de la partie du sol susceptible d'être mise en culture dont on n'ait encore tiré parti. Ces chiffres suffisent pour indiquer tout ce que l'agriculture et en général l'appropriation du sol à des buts d'utilité laissent encore a désirer. Dans les années même les plus heureuses, on ne récolte pas assez de grain s pour les besoins de la consommation locale; et cliaque année il y a nécessité de tirer des quantités considérables de froment de l'étranger, notamment des ports russes de la mer Moire. Après le manque de moyen* suffisants d'irrigation, il faut surtout attribuer la situation si peu satisfaisante de l'industrie agricole en Grèce au peu de développements qu'y ont pris l'élève du gros bétail et la production cltevaline. En revancho, les immenses troupeaux de chèvres et de moutons qu'on rencontre dans l'intérieur des montagnes ont une grande importance pour le paya. Dans les autres branches de l'économie agricole, on ne peut guère signaler que la culture de la vigne et de l'olivier et la préparation des raisins secs. On récolte beaucoup de vin, notamment dans les Iles, où sont situées les meilleurs crûs ( Voyez Gbèck [ Vins de]). Les raisins secs constituent un produit extrêmement important, et à bien dire le principal moyen d'échange de l'agriculture grecque ; et depuis l'administration de Capo d'Istria cette industrie spéciale a provoqué de nouvelles plantations de vignes sur une échelle des plus vastes. Jusqu'en 182 1 le commerce des raisins secs était exclusivement resté aux mains des négociants autrichiens, qui chaque année employaient de 30 à 40 bâtiments à transporter â Tricste des ports do Patres et de Vostfzza en Achaie environ 10 millions de kilogrammes de ce produit ; et de Trieste on en approvisionnait l'Autriche , l'Allemagne et même l'Angleterre. A l'époque de la révolution grecque et après, ce fructueux commerce passa aux mains des spéculateurs anglais ; et il n'arriva plus que de faibles quantités à Trieste. Ce n'est qu'à partir de 1849 que plusieurs propriétaires se sont mis à vendre leurs produits sans intermédiaires, ou bien k les expédier pour leur propre compte soit en Angleterre, soit à Trieste. En 1840 la récolte des raisins secs pour la Grèce occidentale seule monta à dix millions de kilogrammes ; eu 1850 die ne fut que de 0 millions. Les bois d'oliviers ont beaucoup souffert a l'époque de la guerre de l'indépendance ; cependant dès 1842 on comptait de nouveau de 7 à 800,000 pieds d'arbres appartenant, pour les quatre septièmes à l'État, et pour les trois autres septièmes aux particuliers. La sériciculture , singulièrement favorisée par la nature du climat, et qui était autrefois une source importante de richesse pour le pays, est aujourd'hui fort négligée. La guerre de l'inde|iendaacc a eu pour résultat d'anéantir la plus grande partie des mûriers, d'où est résultée forcément une diminution considérable dans la production de la soie. Toutefois, les efforts qu'on fait aujourd'hui pour raviver celle culture promettent d'être couronnés de succès. On récolle aussi un peu de coton, mais do qualité médiocre et qu'on consomme môme en grande partie dans les manufactures de Patraset de la Grèce orientale. De même on cultive te mastic et le figuier. En 1850 dans la Grèce occidentale seule on récolta 4,12a,000 boucauU de figues. La production de la garance est en diminution sensible; en revanche, la culture du tabac est en voie de progression constante (le meilleur croit dans l'Argolide), en raison de la consommation toujours plus grande qui s'en fait dans le pays et des demandes de plus en plus considérables de l'étranger. Faute d'aménagement intelligent les forêts de la Grèce ont beaucoup souffert, et l'usage de la vaine pâture nuit singulièrement a ce qui en reste encore. Les forets les plus considérables sont celles de l'intérieur de la Moree. La récolte des noix de galle vu toujours en diminuant, en mison de l'émigration toujours croissante des bergers de l'A-

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ca manie sur le sol turc. Eu 1849 elle avait encore été dans la Grèce occidentale de 9,910,000 livres; eo 1850 elle M'était plus déjà que de 8,900,000. L'apiculture est une sou ire de richesse assez importante pour le pays, et le miel de la Grèce a conservé de nos jours tout son antique renom. La cire se consomme pour la plus grande partie dans le pays même. La pèche sur les cotes et dans les Iles constitue une industrie importante. L'exploitation des mines n'a lieu que dans des proportions minimes, quoique les montagnes contiennent assez de métaux, uotamuient du fer, du plomb et du cuivre, ainsi que quelques gisements houillcrs, notamment dans l'Ile d'Eubée. On y trouve en outre des marhrcs et de l'écume de mer de première qualité, des seis de diverses espèces et d'excellente argile. Jusqu'à ce jour cependant le célèbre marbre de Paros est resté le plus important des produits minéraux de la Grèce; recherché de nouveau aujourd'hui par les statuaires, son exploitation promet d'être longtemps encore pour l'Ile où on le trouve une abondante source de richesse,

L'industrie n'a pris également que de tré>-faible* développements en Grèce. A l'exception d'un petit nombre de grandes manufactures, comme filatures de coton, fabriques de chapeaux, etc., ce pays ne possède pas d'industrie manufacturière agissant sur une vaste échelle ; aussi chaque année i'im|K>i talion des produits étrangers continue- t-elle à dépasser de beaucoup l'importance des exportations en produits du sol et eu produite fabriqués. En 1819 les importations s'élevèrent à 20,800,000 drachmes et tes expor talions à environ 13,000,000 seulement. C'est encore daus les Iles que règne le plus d'activité industrielle, car elles ont sous tous les rapports devancé de beaucoup les pays de terre ferme, et elles sont les grands centres du commerce de la navigation. Cette dernière forme l'élément essentiel de l'acuvile nationale; et bien qu'elle ait eu, elle aussi, beau- I coup à souffrir des suites de la guerre de l'indépendance, l'aptitude toute particulière que les Grecs ont montrée à toutes les époques pour la mer n'a point tardé à la faire refleurir. La marine marchande grecque se composait déjà en 184 1 de 3,100 bâtiments, jaugeant ensemble 1 1 1 ,300 tonneaux et montés par 17,000 marins. Ko 1850 ce chiffre i était de 4,046 bâtiments, jaugeant 136,121 tonneaux et montés par 20,000 matelots; en 185», de 4,230 bâtiments de ' première et de deuxième classe, jaugeant 247,661 tonneaux et montes par 26,292 marins. Indépendamment de leurs propres bâtiments montés par des marins indigènes, justement renommés pour leur liabilelé et leur courage, les négociants grecs possèdent encore dans Ia Méditerranée un urand nombre de bâtiments étrangers ; et le cabotage de l'Archipel et des cotes qui lavoisinent est presque exclusivement entre leurs mains. Toutefois, les mesures de violence prises en 1850 par l'Angleterre à l'égard du cabotage grec ont eu pour résultat de lui porter un coup sensible, de sorte que depuis Lire il a beaucoup baissé, surtout vu l'élan donné auparavant à la eonstructiou , d'où il est résulté encombrement des ports par des navires qui restent oisifs. I^es articles d'exportation les plus importants du commerce grec sont : les raisins secs, le vin, l'huile d'olive, la soie grège et autres matières premières. On importe surtout des grains et autre* vivres, des denrées coloniales, du fer et des articles manufacturés de tous genre*. Les principaux centres de ce commerce sont : Hermopolit , dans l'Ile de Syra; le port du Piréê, près d'Athènes; forint he, Naupiie et Pair as. De ces divers ports, celui d'ilermopolis est resté, en raison de sa situation heureuse, la grande étape des communications à la vapeur existant entre l'Europe et le Levant, le principal entrepôt des produits manufacturés de l'Rurope pour la Grèce et toute l'Asie Mineure. Les relations commerciales entre ces différents ports et l'intérieur du pays sont rendues plus particulièrement difficiles par l'absence presque totale de bonnes voies de communication par terre, et par le défaut absolu de sécurité du petit nombre qui existent; c'est lé ce qui fait en général préférer l'emploi du cabotage, en vue

duquel on a établi un bon système de pilotes et de phares. La banque fondée à Athènes en 1841 ne contribue pas peu à faciliter les transactions commerciales.

D'après le recensement de 1852, la population du royaume se composait de 1,002,112 habitants. Celui de 1851 n'avait donné qu'un chiffre de 998,266 habitants, dont 259,627 sur le continent, 506,383 dans le Péloponnèse, et 237,000 dans les Iles. Après la capitale , A th ène s , dont la population est aujourd'hui d'environ 40,000 âmes, les villes les plus importantes sont Hennopolis, avec 20,000 habitants; Nauplie, Hydre et Patres, qui en ont chacune 15,000.

En ce qui est des races, les habitants du royaume de la G rèce se composent en grande partie de Grec s mode r nés et d'Albanais ( voyex Albanie) : ceux-là fixés plus particulièrement en Morée et dans les lies; ceux-ci dominant au nord du royaume; plus, de valaques, d'un petit nombre d'Arméniens (30,000 environ ) et d'encore bien moins d'Européens et de Juifs ( 500 au plus ). 11 n'est resté qu'un fort petit nombre de Turcs. Au point de vue moral, et maigre les exceptions Imnorables que présentent Athènes et les principales villes de commerce, cette population est demeurée de nos jours encore dans un état de grande infériorité ; connue les idées d'ordre public lui répugnent, elle se montre en général hostile à la civilisation européenne, et persiste opiniatrétnent dans ses idées et ses habitudes à moitié barbares. Les deux racesdominantes, les Grecs modernes et les Albanais, se distinguent au même degré par la vivacité de l'intelligence, la finesse, l'aptitude au commerce et à la navigation, par des habitudes hospitalières, de la sobriété tt des habitudes d'économie , mais aussi par quelque chose d'extrêmement superficiel dans les appréciations, par l'inconstance et la légèreté, par des habitudes superstitieuses, par l'horreur du travail, par le penchant à la volupté, h l'avarice et à la cruauté. Au total, les Albanais sont plus grossiers, mais plus braves et plus loyaux que le* Grecs modernes, te brigandage, sur terre comme sur mer, continue à être regardé par les classes inférieures comme un métier n'ayant en soi rien de honteux. A l'exception d'environ 24,000 adhérents de l'Eglise romaine, fixés surtout dans les fies et daus les grands ports delà terre ferme et dépendant d'un archevêque dont le siège est à Naxos, et de trois évêques établis à Syra, à Timoset à Santorin, la population du royaume appartient à l'Église grecque orthodoxe. Placée autrefois sous la juridiction du patriarche de Constantinople, cette Eglise s'en est séparée en 1 833, en vertu d'un décret rendu par le synode national de Nauplie ; elle est aujourd'hui administrée par un saint synode permanent, qui toujours se trouve dans la Tille où réside le roi , et composé de cinq éTéqnes et «Ton fonctionnaire représentant le gouvernement. Le pays est aujourd'luii divisé en dix diocèses épiscopaux, et le clergé a beaucoup perdu sons le rapport des richesses comme sous celui du nombre. En 1820 il avait été déjà supprimé 320 couvents; en 1830 on réduisit à 30 le nombre des couvents de religieuses, et on confisqua un grand nombre de propriétés ecclésiastiques. Néanmoins, le clergé est encore très-nombreux et jouit de riches possessions territoriales. Quelque crasse que soit son ignorance, il forme nn ordre qui continue à être l'objet de tous les respects de In nation. D'ailleurs, il n'y a pas de peuple au monde qui soit plus attaché que le peuple grec à la foi et à son Eglise, et il faut bien reconnaître que c'est surtout à l'influence de son clergé et à la puissance de l'idée religieuse que la Grèce est redevable de la conservation de sa nationalité.

Aux termes de la constitution de 1844, le royaume de la Grèce forme une monarchie constitutionnelle. Voici le* bases principales de cette constitution : L'Église orthodoxe est la religion de l'Etat ; mais toutes les autres religions sont tolérées : l'Église nationale grecque est admlnistratlvcment indépendante, mais dogmatiquement unie â la grande Eglise orthodoxe d'Orient. Tous les Crées ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Les citoyens grecs sont seuls ajrtes à remplir des emplois publics. La liberté individuelle

est inviolable. l'émane ne peut are poursuivi , arrêté et

condamné que dans les terme» voulus par la loi. Le droit de pétition, la liberté de parler et d'écrire sont garantis â chacun. La confiscation complète des propriétés, 1'eidavage cl la question sont interdits. Le roi, la chambre des députes et le séuat eiercent collectivement la puissance législative , et possèdent cliacun le droit d'initiative; main le roi seul exerce, par l'intermédiaire de ses ministres, la puissance evécutive. Il e*t inviolable, mais ses ministres sont responsables. Le roi" nomme et renvoie le» ministres et les divers fonctionnaires publics; il est le chef suprême de la lorce armée, conclut tous les traités de paix, sanction ue et promulgue les lois, convoque, ajourne, proroge, clot les sessions des chambres , dissout la chambre des députés et a le droit de faire grâce. Toutefois, il ne saurait octroyer de titres de noblesse ai tous autres, non plus qu'autoriser ceux qui ont été accordes par des souverains étrangers. La couronne est héréditaire en ligne directe; tout héritier du trône doit appartenir à l'Église grecque. Le roi est tenu de prêter serment à la constitution. Si le trône vient à vaquer, il y est pourvu par rassemblée nationale au moyen d'une élection nouvelle. Les chambres sont convoquées tous les ans. Les séances en sont ordinairement publiques; la personne des «Imputés et des sénateurs est inviolable, et U liberté de la tribune leur est spécialement garantie. Les députés sont élus pour trois ans ; ils doivent être âgés de treute ans et citoyens grecs. Les sénateurs sont nommés par le roi; ils doivent être citoyens grecs, domiciliés eu Grèce, avoir quarante ans accomplis, et s'être distingues par des services rendus au pays. Les princes de la famille royale font partie du sénat dés qu'ils ont atteint l'âge de dix-huit ans. La chambre des députés peut mettre les ministres en accusation devant le sénat. Tous les juges , nommés à vie par le roi, ne peuvent être déposés que dans les cas pievus par la loi et après jugement préalable. La création de tribunaux d'exception est interdite. Les audieucos des cours et tribunaux sont publiques et le jury est maintenu. La justice est rendue par des tribunaux de paix, des tribunaux de première instance et des tribunaux criminels, et en dernière instance par une cour d'ap|>el siégeant à Athènes. Indépendamment du Code pénal du 30 décembre 1633, de la loi sur la procédure criminelle du 22 mars 1*3'», de l'ordonnance régulatrice de l'organisation judiciaire et du notariat en date du 2 février 1334, et de l'ordonnance relative a la procédure civile en date du l i avril de la même année, les cours et tribunaux appliquent les dispositions du droit coutumier et celles du Code de Commerce français.

Les finances de la Grèce se trouvent dans l'état le |dus déplorable. L'emprunt public de 66,000,000 drachmes, contracté (1833) avec la maison Rothschild et garanti collectivement par l'Angleterre, la France et la Russie, fut entièrement employé au prolil de la uation. La dette contractée envers l'ex-roi Louis de Bavière s'élevait en intérêts et capital à la date du 1er novembre 184» à la somme de 1,529,33a florins. Le service désintérêts de la dette publique exige par conséquent une somme de 4,500,000 drachmes par an; mais à la date de 1850 la dette étrangère a elle seule était arrivée au total de 92,000,000 drachmes, attendu que depuis 1810 il y a eu suspension absolue du payement des intérêts. Le budget de 1853 évaluait les recettes à 21,537,439 drachmes (chiffre dans lequel les avances des trois puissances liguraient pour 3,895,473 dr. ) et les dépense* à 19,408,091 drachmes.

L'administration intérieure du pays est organisée d'après des divisions et sous-divisions territoriales qui ont été maintes fois modifiées depuis 1838, les nomes et les épar chies dont il a été fait mention plus haut. L'armée, qui se recrute par la voie de la conscription, se compose de troupes régulières et irréguli.Ves, et présentait en tsj:» un effectif de 9,84b hommes, dans lequel le corps île la geudarinerie figurait pour 1,451 hommes. On n'y comptait pas moins de 21 généraux, de 65 ofticiers supérieurs et de 680 autres ofti-

GHËCE su

ciers. L'effectif de la cavalerie n'était que de 325 hommes, et celui de l'artillerie de 403, pour environ 14 places fortes (les citadelles de Chalcis , dans l'Ile d'Eubée, de Nauplie, de Misitra, de Navarin, de Coron, de Patras, de Corlnthe, l'Acropole d'Athènes, les fortifications de Mi*so|oiu?hJ, de Lcpante, etc.). lin 1842 la marine royale se composait de 34 bâtimeuts , généralement de petites dimeusions, portant 131 canons et montés par près de 1,100 hommes : en 1853 elle ne comptait plus que 17 bâtiments, dont trois ou quatre fonctionnant comme paquebots, et dont les trois plus grands étaient une corvette de 26 canoës , un bâtiment à vapeur d'une force de 120 chevaux et de 4 canons , et un cutter de 8 canons. L'état-major de cette Hotte ne comprenait cependant pas moins de 410 ofticiers; et on y comptait autant d'amiraux que de bâtiments L'instruction publique, qui avait reçu autrefois l'impulsion la plus puissante et la plus salutaire , a de nouveau pâti , comme toutes les branches de l'administration, de la fâcheuse situation des affaires survenue; mais elle lia pas laissé que de reprendre quelque peu dans ces dernières années, quoique le cliiflre de la population des écoles soit demeuré excessivement minime. L'université d'Uthon, à Athènes , dont les cours étaient suivis en 1849 |»ar 350 étudiants , a vu sa situation s'améliorer beaucoup par suite des dons dont elle a été l'objet de la part de quelques particuliers généreux. C'est ainsi que déjà sa bibliotlièque est riche de plus de 50,000 volumes. U existe en outre des collèges à Athènes, à Nauplie, k Patras et à Sy ra, une école polytechnique et une école militaire à Athènes, deux écoles de navigation à Nauplie et à Syra ; enfin , quel* ques centaines d'écoles élémentaires â l'usage du peuple, dispersées sur la surface du territoire. Consultes Thiersch , De l'État actuel de la Grèce (Leipsig, 18.14 ) ; Wordsworth, Greece, pictural, descriptive and histohcal (Londres 1839 ) ; Strong, Grttce as a Kingdom ( Londres , 1842 ) ; et les ouvrages de Otiâteaubriand , de Fauriel, de Pouqueville.de.

Histoire ancienne.

[ Temps fabuleux. La Grèce était bornée au nord par l'Hlyrie, la Macédoine et la Thrace. Ce ne tut qu'au temps de Philippe, père d'Alexandre, que la Macédoine fut comprise dans le corps hebénique : la Thrace et l'Illyrie n'en firent ja mais partie; mai» ces deux pays n'en sont pas moins liés à la Grèce par une foule de traditions mythiques et historiques.

Ce serait une question intéressante que d'examiner de quels cléments primitifs, puis de quelles accessions successives purent se tonner les |M>pulatk*ns de la Grèce ; mais sur ce point on n'aura jamais que des conjectures, et la Grèce, menteuse plus que tout antre pays , a ouvert un vaste champ aux systèmes des érudils, gens, selon moi, presque aussi imposteurs mais bien moins ingénieux que les mythologues.

D'antiques traditions et même des observations physiques font supposer l'existence du pays de Lettonie , qui occupait jadis une partie de la mer qui sépare la crèce do l'Asie Mineure. Selon ces traditions, un tremblement île terre ébranla les fondements de ce pays , et les eaux le submergèrent en entier : « |>eut-être, dit Jean de Millier, fut-ce à la même époque où la mer qui couvrait les champs de la Scylhie força le |»asMge du Itosphore et se réunit aux Ilots de la Méditerranée. D'après cette supposition , les nombreuses lies de l'Archipel ne seraient que les débris du pays de Lettonie , qui , selon toute apparence , avait facilité uux tribus asiatiques l'entrée de notre Europe. Le sol de la Grèce était humide et froid. Un lac immense couvrait la Thessalic avant que le Pénée se fit jour â travers les rochers. *

Les traditions des Grecs, d'accord avec l'Écriture Sainte, nous présentent les contrées orientales de l'Europe comme ayant été peuplées avant 1rs régions septentrionales. En effet, Japhet, le troisième lits de Noé, dont le fds Javan vint s'établir en Grèce, habitait non loin des côtes de la mer Cas-

GRÈCE

pienne, au pte<l du mont Caucase, si fameux dans les tradition» des Grecs par le supplice de Prométhée, fils de Japbet. Javan ou Ion eut quatre (ils : Kl las ou Elischa , qui donna son nom aux Grecs; Tharsis, le père des Thraces ; Cetum, qui peupla la Macédoine, que l'Écriture appelle toujours lé pays de Cettini ; enfin Dodonaim, du nom duquel on veut tirer le nom de Dodone, ville d'Épire. La Grèce fut donc peuplée par le Nord, et elle formait déjà un corps de nation lorsque des hommes du midi, Égyptiens et Phéniciens, vinrent y apporter la civilisation. Ainsi que les vieux Hellènes, les pélasges paraissent avoir été les peuples primitifs delà Grèce. Les Pélasges se dirigèrent insensiblement du uord au midi. Esl-ceà des Pélasges, est-ce à des Hellènes, qu'il faut attribuer la fondation de Sicyone dans PArgolide, que l'on fait remonter à 2164 ans av. J.-C, et qui eut pour premier roi Égialée? 11 est du moins A peu près prouvé que le Péloponnèse fut, environ vingt siècle* avant Jésus-Christ , le théâtre d'une invasion pélasgique, et cette partie de la Grèce est remplie de constructions pélasgiques attestant l'existence de ce peuple gigantesque dans son architecture grossière.

Après la fondation de Sicyone, le premier événement isolé que présente l'histoire de la Grèce, est l'arrivée de l'Égyptien Inachn s en Argolide, vers l'an 1986 avant notre ère. Argos tut fondée par lui, selon Hérodote; par Phoronée, son fils, selon Pausanias. Phègesen Arcadie, Mycènes en Argolide, Sparte en Laconie, furent bâties par ses descendants immédiats. L an 1883, Pélasgus 1er, issu d'Inacbus à la quatrième génération, alla s'établir en Thessalie. Un second Pélasgus fonda Parrhasia en Arcadie ( 1796 ). Un troisième ( 1733 ) passa en Thessalie avec ses deux frères Achaeus et Pthius; de là les provinces de PélasgMide, AchaU et de Phtiotide dans cette contrée.

Vint ensuite l'émigration de l'Égyptien 0 gy gè s en Attiquc, qui reçut alors le nom d'Ogygia. Eleusis et, selon quelques anciens, Thèbes en Béotic lui doivent leur fondation ; mais ce qui rend surtout célèbre Ogygès, c'est le déluge qui porte son nom. Le lac Copais déborda, désola la Béotic et engloutit deux villes.

Dix ans après, le Chananéen Lélex s'établit en Laconie; ses compagnons, nommés Léléges, s'étendirent en Mcssénie. De la les liens qui, selon l'Écriture Sainte, unissaient la république de Sparte à celle des Juifs.

Sous Gélanor, neuvième descendant d'fnachus, Danaùs venant d*Égypte, aborda en Argolide, sur un pentécontore (vaisseau à 50 rameurs) , devint roi d'Argos et importa de nouveaux germes de civilisation. Pélasgus IV, fils ou proche parent de Gélanor, alla fonder en Arcadie un royaume. 11 apprit à ses nouveaux sujets à se faire des cabanes , à «o couvrir de peaux de sanglier, et à substituer pour leur nourriture le gland aux feuillet d'arbres.

Deux siècles après Ogygès, l'Égyptien Cécrops( 157») vint enseigner aux Pélasges de l'Attique l'agriculture, le mariage et le culte des dieux. CranaQs , son flls et son successeur, forma le tribunal de l'aréopage, seule institution politique appartenant à la Grèce pélasgique qui se soit maintenue sous les Hellènes. Cependant le Phénicien Cad m us s'établissait en Béotie; il enseigna aux Grecs l'écriture alphabétique (1550). Il institua le culte de Bacchus , et apprit à ses nouveaux sujets à faciliter l'écoulement des eaux par le moyen du canaux.

Pendant que la race pélagique dominait en Grèce, Deuc al i on et ses fds, chefs de la race, non pas nouvelle, mais jusqu'alors peu connue, des Hellènes, entrèrent en Thessalie , où les Pélasges de la colonie de Pélasgus 11 habitaient depuis environ six générations (1539). Deucahon était fils de Promélhéeet petit-fils de Japltet. Il occupa les environs du Parnasse, et les Pélasges allèrent liabiter d'autres contrées, PÉpire , les Cycladcs, la Crète , etc. Chassé de ce pays dix ans après par le déluge qui porte son nom, et qu'ont rendu si fameux les traditions mythologiques, il visita Athènes, qui avait pour roi Cranaus, et y fit on sacrifice à Jupiter. Ce \oyage de Dcncalion en Attique prépara sans doute l'élé-

vation d'Amphictyon , son fils, qui régna sur ce pays après Cranaus. A cette époque, les Thraces vinrent monaeer d'une invasion la Thessalie , à peine repeuplée depuis le déluge. Amphictyon rassembla les peuples voisins des Thermopyles, et les engagea à prendre en commun des mesures pou feuse du pays et de ses lieux. C'est là l'origine du amphictvonique.

Mais de tous les fils de Deucalk» , le plus important à connaître est Hellen, qui donna son nom aux peuples appelés avant lui Pelasgi ou Graii. Ses États comprenaient toute la Thessalie. La nation des Hellènes se divisa sous ses trois fils et sous ses ]»>tïU-fils en quatre brancltes :

ueccviion.

IOMJS,

xutuus.

tujt

t'igt tien Arhrt-ii*.

ION, tige des Ioniens.

Ces quatre branches d'une tige commune demeurèrent dans les siècles suivants constamment distinctes les unes des autres, par la différence des dialectes, des mœurs et des constitutions politiques, indépendamment des provinces de la Grèce qu'elles pouvaient occirper. Des trois fils d'Ile!len , Éohis et Dorus se partagèrent les États de leur père. Éohis eut la Thessalie, la Locride et la Béotie. Sa nombreuse postérité s'étendit en Acarnanie, en Pbocide, dans la Corinthle, dans la Messénie. Dorus eut la contrée voisine du Parnasse. Xuthus, chassé par ses frères, se relira en Attique, où il fonda plusieurs villes. Achaeus, son fils aîné, s'établit dans la partie du Péloponnèse, voisine du golfe de Co> rinthe, qui s'appelait alors Égialée, et qui de lui et des siens prit le nom d'Achaie; il passa ensuite en Laconie, et finit ses jours en Thessalie, où il régna sur les peuples de la Phthîotide. De là des Achéens près de l'istlune de Corinthe , en I^aconie , en Thessalie. Le second fils d' Achaeus , Ion , père des louiens, forma d'abord un établissement dans une partie de l'Égialée; mais ses descendants en furent chassés : iU se réfugièrent d'abord en Attique, d'où ils allèrent se fixer pour jamais sur les cotes de l'Asie Mineure. Dès ce moment l'Ionie d'Égialée perdit ce nom , et prit celui d'Achat*.

Cependant, la civilisation faisait toujours quelques nouveaux progrès en Attique , durant les règnes heureux d'Érichthonius,qui institua les Panathénées, de Pandion Ier, d'Érechthée, qu'on croit venu d'Égypte , de Cécrops II , de Pandion II, enfin d'Égéc, au nomdoquel se rattachent tant de traditions mythologiques. Sous les successeurs de Danaûs , Lyncée, Abas, Preëtus, Acrislus et Persoc, le royaume d'Argos devint glorieux et florissant. Prmtus résidait à Tiryntlie ; et Persée transféra le siège de sa domination d'Argos à Mycènes. Ces deux princes confièrent aux Cyclo|>es ( caste de mineurs et de forgerons) le soin d'entourer d'une enceinte de murailles Tyrinthe et Mycènes. Ces constructions cyclopéennes étonnent encore aujourd'hui les voyageurs. Elles sont composées de blocs non taillés, dont la dimension donne une grande idée de la force des hommes à cette époque. Le royaume d'Argos fut divisé en quatre principautés, dont deux appartenaient à la famille de Danaùs , et deux aubes aux Hellènes Melampus et Bias. Ces partages, suivis de plusieurs guerres civiles , et en dernier lieu des querelle* entre les Héraclides et Eurysthée, préparèrent l'usurpation des Pélopides. Pélops, fils de Tantale, qui régnait à Smyrne, était de race pélasgique aussi bien que les Trovens du royaume de Dardanie. Après une guerre désastreuse, soutenue par son père contre le Dardanicn llus , il passa en Tliessalie avec de grands trésors, rallia autour de lui les Achéens phthiotes, et conquit une partie du Péloponnèse, auquel il donna son nom (1361). Les alliances de ses fils avec les familles royales d'Argos et de Sparte assurèrent aux Pélopides la prépondérance en Élide, en Laconie, en Argolide. Le plus puissant de ces princes fut A trée.

ou desc

«lu réloponnèse, j rentrèrent avec lesD«>riemst;t les l.toliens.

tient trois chef, : i emene, i i.'>pin»nte, «t Aristodème. T( mène etil Argos, Cresphonte obtint ta Mossénie, et Aristodème, mort pendant lYxpédition, transmit à ses «feux fils jumeaux, Eurysthenc et Proclès, le royaume de Sparte, où la royauté demeura partance entre deux roi& < 1 190 ). L'Ér li«lc fut donnée à l'Ètolien Oxylus. Environ trente ans après, Aléthès, autre IJéraclide qui était demeuré en Doride, vint rejoindre tes Ircres et s'empara de Corintue (lloo). Ainsi, les territoires d' Argos, de Sparte, de Mycène* et «le Contrr. m: lx cotvers. —t. x.

GRÈCE

Epoque héroïque. Ici commencent les temps héroïques; ici se placent les travaux d'Hercule, qui institua les jeux Olympiques (1384-1350) ; l'expédition des Argonautes dans la Colclilde ( 1350); la grande puissance maritime de Minoa II, roi a législateur de Crète (1330-1315); les exploits de Thésée, qui réunit les 12 bourg» de l'Attique en une seul. \ ille , et lit du gouvernement d'Athènes une démocratie avec un roi ( 1323 ) ; les malheurs d ' Œdi p e, la guerre des sept chefs alliés cootre Tbèbcs (1318); ente, tHIe des Épigones contre cette même ville ( 1307). On a dit de la double guerre de Thèbes qu'elle fut la première ob les Grecs montrèrent quelque connaissance de l'art militaire, et cet esprit d'association qui fonda chez eux l'unité nationale. Ce tait ressort bien davantage de la guerre de Troie.

Depuis la guerre de Troie jusqu'à la guerre des Perses. Le royaume de Troie avait été fondé an pied du mont Ida en Phrygie, vers l'an 1547, par le Pélasge Dardanus. Dans l'espace de trois siècles, les rois de Troie avaient soumis plusieurs peuples asiatiques, et s'étaient emparés de la Tin ace et de la vaste contrée qui s'étendait jusqu'aux frontières de la Thessalie. Pria m était considéré comme le plus riche monarque de cette partie de l'Asie. Les chefs des peuplades grecques se réunirent contre lui pour venger Ménélas, roi • l<- Lacédémone, dont la femme avait été enlevée par Paris, l'un des fils du roi Irojcn. Assemblés a M y cènes, ils reconnurent pour chef le tils et successeur d'Atrée , Agarae.ronon , roîd'Argos et frèie de MéneLis. Les nombreux vaisseaux des confédérés prouvent combien déjà la Grèce était florissante. La guerre de Troie, qui dura dix ans, eut lieu de 1280 à 1270, et se termina par la ruine de cette ville. En même temps, la longue absence des chefs occasionna dans leur pairie des troubles qui devinrent funestes aux princes du sang de Pélops. Malgré ces tempêtes, qui n'atteignaient que les (Aies élevées, jamais la civilisation ne s'était plus heureusement développée en Grèce. Les captifs troyèns y apportèrent les arts de l'Asie. Déjà le siège de Troie avait fait briller, même dans le camp des assiégeants, les talents de l'ingénieux et disert Ulysse, de Calchas, à la fois orateur et poète, «le Podalyre et Machaon, médecins, qui se signalèrent encore comme guerriers, poeUv> et musiciens; enfin, d'Epeus, ingénieur, sculpteur et tacticien, comme Palamèdc, à qui l'on doit l'invention des échecs, Les communications avec la riche et industrieuse Asie devinrent de plus en plu» faciles. Plusieurs poètes fleurirent, précurseurs du chantre d'Achille, qui -ans doute a profite de leurs essais contemporains. L'art de la ciselure, à en juger |K«r les descriptions que fait Homère des armures de ses héros, était déjà très-avancé. La peinture fut trouvée : invention de l'amour, l'art du dessin remontait a une haute antiquité.

Depuis le voyage des Argonautes, le génie aventureux dnajflvcs les portait chaque jour à «le nouvelles expéditions maritimes. La seconde guerre «le Thèbes avait donné lieu à plusieurs émigrations, tant sur les cotes de l'Asie Mineure tium. Après la prise de Troie, Idoinéoéa, Philortète, Diome.le, los IMiens de Nestor, les bu-riens d'Ajax, les compagnons d'Dlysse, etc., formèrent de nombreux établissements dans la partie méridionale «le l'Italie qui s'appelait Grande-Grèce (1270-1206). Enfin, Teucer, iils de Telamon, hatil Salaraiue dans l'Ile de Chypre. Quatie \ ingls ans après la prise de Troie, les Héraclides, < i iidants d'If cr« ule, que les p. h.pidcs avaient chassés

rinthe, enlevés à leurs anciens habitants les Acbéens, deviennent doriens. Les Achéens à leur tour chassèrent les Ioniens, et s'établirent dans le pays appelé depuis Achaie. Les Athéniens accueillirent les Ioniens. Tandis que les invasions amenaient dans les autres États de fréquents changements, Athènes se distinguait par la conservation de la race indigène et des moeurs primitives. Une autre suite de ces migrations fut l'établissement, tant dans l'Asie Mineure et sur les cotes du Pont-Euxin qu'en Italie et en Sicile, de nombreuses colonies gr«-cques, fondées d'abord parle* Eoliens, bientôt après par les Ioniens et par les Doriens eux-mêmes. Ces colonies eurent la plus grande influence sur le développement ultérieur de la nation hellénique; mais il rne parait nuit île d'en présenter l'indication, qui ne pourrait être ici qu'une sèche nomenclature. « Une colonie, nous dit M. Saint- Marc-GJrardin, partait de la Grèce sous la conduite de quelque héros, fils des dieux, emportant avec elle le feu pris aux autels de la Métropole et «metque obscure réponse de l'oracle de Delphes qui lui désignait le lieu ou elle devait s'établir. Elle trouvait ce lieu pré«lestiné; elle y élevait un temple à Mercure Ecbasius (qui protège les débarquants ) ou a Apollon Archagète ( qui sert de clief ou de conducteur) • elle y bâtissait une ville ; mais bientôt les habitants du pays] étonnés et vaincus un moment, attaquaient la colonie naissante; sou vent elle périssait. Alors quelque autre ville grecque envoyait à son tour une colonie aux mêmes lieux ; car les colonies suivaient volontiers les traces de leurs devancières. Les Hellènes abordaient où avaient abordé les Pélasges; les Ioniens succédaient aux Eoliens : le flot suivait le flot, et c'est ainsi que les villes grecques de la Tbracc, du Bosphore, du Pont-Euxin et de l'Asie Mineure eurent plusieurs fondateurs successifs ; c'est ainsi que les traditions sont diverses sans être mensongères. » Dans les deux siècles qui suivirent le retour des Héraclides, des gouvernements républicains se formèrent dans les différents Etats de la Grèce, a l'exception de l'Épire. La révolution commença s Tbèbes, l'année même du retour des Héraclides (U90). Dans une guerre contre les Doriens, Codrus, roi <i Athènes, sesacrilia pour la patrie (1132). Les Athéniens déclara eut qu'ils ne reconnaîtraient plus d'autre roi que Jupiter. A l'héroïque Codrus ils substituèrent Médon, son fds aîné, sous le titre d'archonte à vie. Quatre cents ans plus tard, l'arcbootal fut réduit à dix ans ( 734) ; enfin , l'on créa neuf archontes annuels (684).

L'an 984 l'Argolide s'érige en république. On ne connaît pas les circonstances qui assurèrent la liberté des habitants de l'Achaie, de la Sicyonie, de la Locrkle, de la Phocide. Malgré ce morcellement de la Grèce en une foule de petits Etats indépendants, séparés les uns des autres par des intérêts divers et même hostiles, certaines institutions entretinrent entre eux cette union, qui fit d'eux la première des nations de l'antiquité. Ces institutions furent l'oracle de Delphes , les jeux Olympiques , rétablis par lphitus , roi d'Elide (776) , et le conseil des ampuictyons, dont Imfluencc tutélaire se trouva fortifiée par l'établissement des Doriens dans le Péloponnèse. L'objet de toutes ces institutions était la religion; le but de l'assemblée des amphictyons elle-même était encore plus religieux que politique. Les Grecs seuls pouvaient prendre part aux jeux qu'on célébrait a Olympie. L'oracle de Delphes secondait les itéras et les législateurs. Ce fut après que la pythie lui eut adressé ces mots : « Mon oracle incertain balance s'il te déclarera dieu ou homme; je te crois plutôt un dieu, » que Lycurg u e donna cette législation qui , subordonnant la morale à la politique, fit de Sparte, avec deux rois et un sénat, une république sans troubles, une royauté sans abus. Il plaça les Spartiates sous l'empire de l'exaltation patriotique, a peu prés comme Moïse avait par la loi placé les Juifs sous l'empire d'un* sorte d'exaltation religieuse. La législation de l.u urgue est de l'an 766. On ne sait si l'on doit lui attribuer r n titution deséphores, magistrats annuels, tirés de la

nfMeji

classe populaire et cliargés de défendre le peuple contre allait se briser contre les petites

l'oppression. On ne peut douter que leur grande puissance ne soit d'une époque postérieure à Lycurgue. 11 avait défendu aux Spartiates de faire longtemps et avec acharnement la guerre aux mêmes ennemis. Les deua guerres de Messénie, qui eurent lieu au mépris de cette loi, procurèrent à Sparte la suprématie parmi les États du Péloponnèse. Durant la première de ces guerres, les rois de Messénie Eupbaè* et Arisloderne tinrent téta pendant vingt ans aux farouches Spartiates : U funeste journée d'itliome força les Mesftéjùeu* à rendre les armes et à céder aux Laccdéraouiens la moitié de leurs terres. Trente-neuf ans après la prise dlthome, la Messénie, sous le Uéros Aristomène, secoue ses fera. Fendant dix-buit ans (de 6*3 à 66* ), la fortune reste indécise entre les deux peuples ; Sparte, qni doit ses victoires à l'Athénien Tyrlée, général et poète, finit par l'emporter. La est rayée do nombre des nations de la Grèce. Le» qui restent dans le pays sont réduits à l'esclavage, et, sous le nom d'ilotes, se confondent avec les peuples serfs qui cultivent la terre pour la tière et oisive Lacédémoa*. Les antres se réfugient en Arcadie; mais tout ce que la nation messenieane conserve d'Iiommes énergiques vont s'établir en Sicile, où ils donnent à la ville de Zoiutle le doux nom de leur patrie (Mcssiue).

Athènes (car durant cette époque que dire d'intéressant sur les auires cités de la Grèce?) Alignes cependant

vivait en proie aux désordres d'un gouvernement sans base et sans règles. Il n existait point de lois écrites : tout s v décidait d'après la tradition et les usages. Le peuple, qni se lasse de l'anarchie, charge l'archonte Draconde rédiger

manque le but eu le dépassant (624). Le désordre est au comble : l'ambitieux Cylon veut asservir sa patrie (598). Il est massacré dans la citadelle de Minerve. Athènes, souillée par la profanation de ce lieu saint, appelle nn homme inspiré, le Cretois Épuitéaide (MM). Il fait construire de nouveaux temples, érige au Dieu inconnu cet autel que saint Paul reconnaîtra ait siècles plus tard, et par des règlements utiles tache de rendre les Athéniens au calme et au bonheur. A peine les a-t-it quittés, les factions se rallument : le peuple alors se jette dans les bras de Solo n , qui devient son Mgis- Jateur(a«l). • ,

Somn était du nombre de ces sept hommes célèbres de la Grèce qui tirent leur étude de la véritable sagesse, et qui s'appliquèrent a renfermer dxins de courtes sentences le résultat de leurs rrvéhtatinn*. La plupart d'entre eux étalent des hommes d'État SeUn abolit las lois de Draeon, è l'exception de celles qui concernaient le meurtre. Ses lois criminelles étaient le» plus sages de l'antiquité; mais il toucha peu au gouvernement d'Athènes. Dans sas lois sut In vie privée, il siihordouna la politique à ta morale : Lycurgue avait fait tout le contraire. Selon lui-même a jugé sa législation en disant « qu'il avait donné aux Athéniens non les meilleures lois, mais les meilleures qu'ils pussent supporter ». Celte grande œuvre accomplie, il s'éloigna d'Athènes : a son retour, après v ingt aus d'absence, il trouva tout eu combustion.

Bientôt Pisist rate s'empare rie la tyrannie (560) : il observe des lois de Somn tontes celles qui se concilient avec son usurpation; et il ase de ion pouvoir avec une modération qni a lait voir en lui le précurseur de Périclès. Hipparque, «s dePisistrate, eut les qualités brillantes de son père; mais une passion honteuse et déréglée, trop commuue chez les Grecs, le perdit. Ayant offensé le bel Harmodius, il s'attira sa haine et la rivalité furieuse de son ami Aristogiton, et périt sous leurs coups au milieu d'une tète publique. Hippias, frère d'Hipparquc, qui lui survit, gouverne avec sévérité : les Athéniens, iuités, appellent les Lacèdemoniens à leur secours. Cléomène, roi de Sparte, chasse Hippias» qui se rélugie auprès du roi de Perse Darius. La ution de Solon fut rétablie dans son en lier.

La &I3, Dar lus, à la suite d'une expédition contre les Scythes, rendit la Macédoine et la Tlirace taire*. Déjà, sous Cy rue, l'fonle, la Carieet la Doride ( < à-dire la Grèce de l'Asie Mineure), avaient été subjuguées par le grand-roi. En 500 les Athéniens brûlèrent Sardes , en soutenant la révolte des ioniens contre Darius.

La révolte d'Joaie, l'incendie de Sardes, vengeance : la conquête de la Grèce fut résolue. Le , Mardonius , gendre du grand-roi , part a\ec nne armée n».«n> breuse, perd ses vaisseaux dans une tem|>éte, 50,000 hommes chez les Thraces, et revient à Suae couvert de honte. Parias n'en fut que plus irrité. Il avait promis à ses femme-: ries esclaves athéniennes, et les liéraults qu'il avait ••nvoyéaux Athéniens et aux Spartiates pour demander la terre et Peau avaient été, par une cruelle dérision, précipités dans des fosses ou dans des puits. Une nouvelle armée plus nombreuse , sous ta conduite de généraux plus habiles , le Mède Datis et le Perse Artaptierne , part avec l'ordre fPamener cliargés de « haines tous les habitants d» Athènes et «TErétrie, ville de l'Enhée. Érétrie est d'abord enlevée d'assaut, livrée au pillage, à l'Incendie, et tons les habitants réduits en servitude. Fière de ces succès, l'armée des Perses, guidée par Hippias, débarque dans l'Attique. Toutes les ville* grecques, épou vantées, envoient leur soumission. Mais trois héros, M iltiade, Aristide etThémistocle, relèvent le courage dés Athéniens. On prend les armes avec enthousiasme ; tes fi^clflvc^ lyw^ino sont pnrôlt"^?, C liocunt^ tïtj*> <lt\ tribus fournit mille soldats, les Platéens nn pareil nombre; puis, avec 1 1,000 hommes seulement, Mtluade accable,

dans les plaines de Marathon, la multitude des (490). Les Spartiates n'arrivent «ra'après la victoire accomplie. MHtiade, avec la flotte d'Athènes, veut purger les mers et tes ports de la Grèce de ce qui reste des barbares : il échoue devant Paros, est accusé, de trahison, et condamné , par l'ingrate répnbfiqne qu'il a sauvée, à payer les frais de l'expédition. Il meurt en prison , faute de potrvorr payer l'amende, et sa pauvreté est sa plus noMe justification. Darius meurt en léguant à son fils X er x ès ses projets de vengeance ($S5). En Grèce, TWfufsterle, à qni les lauriers de MHtiade ôtaient le sommeil , le remplace a la tète de fa république. II supplante le vertueux , le juste Aristide, qu'il fait bannir par l'ostracisme , augmente la marine d'Athènes, et en combattant les Éginètes, qui disputent à sa patrie l'empire de fa mer, il prépare les Athéniens à une lutte bien autrement Importante coutre les Perses. Xcrxès, avec dixsept cent mille hommes et douze cents trirèmes, sans compter les vaisseaux de transport , si l'on en croit Hérodote, arrive à l'Hellespont. Il passe la mer sur un pont de bateaux , et s'avance vers la Macédoine, à travers les tribus hostiles de laThrace. Les villes de Thessalie, les peuplades du Pindc,de l'Ossa, de rolympe, envoient leur soumission. La Béotie suit cet exemple, excepté Thèbes et Platée, dont les députés vont joindre à l'isthme de Corinthe les représentants rie la Grèce. Sparte est à la tétc de la ligue, et Théniistocle, sous les ordres du Spartiate Eurybiarié, dirige la flotte confédérée. Léonidas, roi de Sparte, avec 7,000 hommes, se poste au défilé ries Thermopy les. Après quelques jours d'une héroïque résistance, la trahison livre aux Perses les hauteurs environnantes. Toute défense devenait inutile ; mais Léonidas veut rester fidèle à son serment. Il renvoie tous les Grecs, et ne garde avec ses »00 Spartiates que 400Thespicns, qui refusent de les abandonner. Cette glorieuse élite, si grande dans la postérité, combat jusqu'à la mort de son dernier soldat, pour obéir aux lois de Lacédémone ; mais l'ennemi a perdu 20,000 rie ses meilleurs guerriers.

Pendant que la flotte de Xerxès, repoussée par les Grecs au promontoire d'Artémisiura , perdait 200 vaisseaux par une tempête , le despote entre en Phocide , reçoit les ïbebains dans son alliance, et occupe toute la Grèce centrale.

Depuis la guerre de» Pertes jusqu'à la fin de lu guerre Athènes est livrée aux flammes. La victoire navale de Sala de Péloponnèse. Le moment était venu ou le colosse persan mine couronne ces nobles prévisions. Elle est l'œuvre de Thé-

j , qui a su k la fois tromper Xerxès par de Taux avis, endormir la susceptibilité jalouse de Sparte et se réconcilier avec Aristide. La flotte du grand-roi est détruite, son armée «léciruée par les privations et les maladies , se* allu*, les Carthaginois ( voyez Caktb vce ) , accablés par Gélou eu Sicile. Il fuitprécipitamroeot, repasse THelIcspoui sur une barque de pécheur, et va cacher sa boute à Suie, au tond de son sérail. L.i il apprit la double victoire que lea Grecs remportèrent le même jour (479) sur les forces qu'il avait laissées en Grèce, aux ordres de Mardoiùus. Le danger passé , Athènes , avec tout* sa gloire, ne trouva pas grâce devant lea Spartiates , qui s'opposaient à la reconstruction de ses mur» et <le ceux du Pirée. Pendant que Tliémistocle entame à ce sujet une insidieuse négociation, tous les Athéniens mettent la main à l'œuvre, et Atbènes est de nouveau fortifiée. Les hauteurs «te l'ausanias, le vainqueur de l'Iatôe, révoltent les allies, qui transportent aux Athéniens le commandement jusqu'alors ilévolu aux Spartiates, l'ausanias conspire contre la liberté de la Grèce : il expie von crime par une mort cruelle. Théuiistoele, qu'on accuse d'avoir |>artagé ses projets, s'éteigne à temps, et se retire auprès du roi de Hem, qui le comble do rie itesses et d'honneurs. La modération d'Aristide, qui -<■!ministre les subsides des allies , consolide l'udlut nu- d'Athèues et la rend chère à la Grèce. Aristide a pour élève te lils d'un grand hoiume : c'est Ci mon , fils de Miltiade. Se» victoires et ses conquêtes étendent la puissance de sa patrie ; son triomphe près du fleuve Eurymédoa rend la liberté aux Grecs de l'Asie Mineure ( 472 ). Mais tes temps d'Aristide se passent ; l'orgueil d'Athènes croit avec sa puissance, et soulève contre elle ses allies de la Grèce. Sparte, à moitié détruite par un tremblement de terre et par la révolte des Messéaieus et des Ilotes, ne peut encore profiter des fautes de sa rivale. Cependant Péri dès , chef du parti démocratique à Atbènes , s'empare du gouvernement , et fait exiler Cimon. Il livre aux Spartiates te bataille sanglante et indécise de Tanagre. Mais le rappel de Cimoq , proposé par Périclès lui-même, (ait cesser cette guerre iutes- Lne. Cimon dirige contre la Perse l'humeur inquiète de se* concitoyens, soutient la révolte de l'Égyple, et dicte à Artaxerxès te fameux traité qui, après cinquanteetunans de cornbals, bannit te marine persane de toutes les mers hellésique* et garantit la liberté de tous les Grecs de l'Asie ( 449 ). La meute navire apporta dans Athènes l'instrument de ce traite et les restes inanimés de son auteur.

Périclès l'Olympien occupe la scène après Cimon i raïubitiou de cet heureux héritier des projets de Pisistrate précipite la Grèce dans un abîme de maux. Pour dominer Atbènes, il a besoin dhmo lutte contre Sparte. Son éloquence et surtout son habileté à tout conduire sans se montrer lui procurent une royauté sans titre, fondée sur l'enthousiasme aveugle du peuple. Son ponvoir ne trouve de contrôla que dans l'opposition timide de Thucydide , représentent de l'aristocratie. Thucydide est banni. Du reste, Périclès emploie son influence à la grande satisfaction de la démocratie qui te soutient. Athènes se convredemonuments, et l'or des allies en fait les frais. Athènes devient le riégede tous les arts, la patrie de tous les savante; et son peuple, qui n'a d'autre soin que d'assiter aux fêtes et aux assemblées publiques, est pour cette assiduité payé aux dépens de te Grèce. Un peuple si heureux peut-il craindre les revers? Aussi, dans son enthousiasme Athènes se lance aveuglément dans la guerre du Péloponnèse où Périctes l'entraîne. , Guerre (/m Peiopon Hé**. Un d ebai sanglan t s était élevé en* taeCorcyre et Coriuthc, sa métropole: Athènes prit parti pour Corcyre.Coriothese veugeen faisant soulever Potelée, colonie d'Atlièues, déjà travaillée par les intrigues de Perdiccas II, roi de Macédoine. Les Corintiuens, vaincus, dénoncent à la Grèce l'ambition d'Athènes. Une ligue se forme à Sparte ; Argos ot Platée se rangent du cote d'Athènes ; te guerre du.Péloponnè^«omuwnee(43l). Cette guerre, qui dura vingt-sept ans, et qui moissonna la fleur (te la Grèce, a cela du remarquante* dit un auteur moderne, qu'elle ne fut

GRÈCE 614

pas seulement uneguerre contre les peuptes, mais aussi contre les constitutions des États. La politique d'Athènes, pour établir et maintenir son influence chea les étrangers, était ds soulever partout la populace contre le* citoyens riches et puissante et de se créer partout un parti democeatique on athénien ihjut l'oiuioser au oarli lacedt-utomuu i>i

chassés. La première année de la guerre est sigaatee de part et d'autre par d'aitreux ravags*. Tarn us que le roi de

Athéniens à rester eufer mes dans leurs muraille». Ainsi qu'il l'avait prévu, la lamine a bientôt chassé tes Spartiates. Périclès, à la Mai des galères d'Athènes, détruit la flotte dm Loortens. La population athénienne se porto toul entière aux rivages (te la MégaridC. ApSès cette campagne , Périclès prononce l'éloge te» bro de* héros morte pour la et Athènes se trouve consente. La peste, décrite ni

vient ajouter k tous ces maux (4*0). ban* leur désespoir, tes Athénien» retirent le pouvoirs Périclès; il* te rappelpeste. Cet bécasse, doué de qualités brillantes, uabite capitaine, grand homme d'État, orateur surtout, réussit pendant trente ans, moins par ses services et see exploite que par te puissance do te parole, s conduire à sosgré te plus des peuples de l'antiquité. Mais qu'importent a sa | maux de quelques années qu'il attira sur sa patrie, puisque son nom sers éternellement placé k la té** des grands nommes oonv I «iiiutriiCTC s i<uf itwttt in r ■ line 1 1 i^rriicre uiiinnFfiv .

Les Athéniens prennent Potidrv ( 43? >, pmissent la défection de Lesbos, mais ne peuvent empêcher la prise de

1>I, i „ .|„â l^a i j. i ■ ilifbli i (VnMiinul inn,

l Mllr , utini prs m'uert^ii i^friisrui^ *ihh iMMiinnrTii f^or*

gés par les Tbéhct'ms. La ville est détruite de fond en comble; mais Platée vit éternellement dam le bel épisode que lui a consacré Thucydide. Le général athénien Dénvostbèee transporte la guerre dans le Péloponnèse, s'empare do Pytos, bat les Lacèdémontens, malgré la valonrdo Brasidas : quatre cent» Spartiates enfermés dans l'Ile de Sphactérte, sont obligés de se rendre. Cythère est prise psr Nietes; les Corinthiens sont i; les Hotas se révoltent , st tes MessénJens, rétablis à , menacent tes Lacèdémontens jusque dans Sparte, triomphante peut dicter la paix k sa rivale, qui mais elle veut toujours te guerre : la fortune l'abandonne. Ses troupes sont vaincues à Hélium (4M) Iraaidas lui enlève la Thraee et lui accorde une suspension d'armes. L'Athénien Cléon , fougueux démagogue, entraîne de nouveau sa patrie dans la guerre. Aussi mauvais général que funeste orateur, il est vaincu et tué. Les Spartiates, qui ont aussi perdn son* tes murs d'AmpMpofls leur rhef, Brasidas , veulent la paix : elle est eonehre ponr cinquante ans ( 4îl). A le 1 blad e, qui aspire k l'héritage de Périclès, porte tes Athénien» k violer te traité, malgré les avis du sage Nicias, qui est k ce jeune ambitieux ce que Thucydide avait été pour Périclès. Après quelques faits d'armes insignifiant*, lès Athéniens, dont l'ambition téméraire ne recule devant auenne entreprise , tournent leurs armes contre la Sicile , "ii les appellent tes Ségestins. Alribiade commande l'e*pénlt)on , dont les préparatifs sont immenses. 11 a pour collègues ffteias et Lamadius (415 . A peine a-t-il quitté- Athènes que ses enrjemts l'accusent de sacrilège. H est rappelé de Sicile , on d'éclatants succès couronnaient déjà ses armes. Alribiade s'enfuit k Sparte, brillant de se venger de ses concitoyens. Dés Ion; plus do succès pour Athènes. Nicias, qui a perdu un temps précieux devant Naxos , assiège trop fard Syracuse. Le Spartiate Gylippc sauve la ville, bâties Athéniens sur terre et sur mer. Leur armée est prise ou détruite. Nteias ne survit point à tant de désastres. Us car- Hère* de Syracuse étaient encombrés de prisonniers athéniens. Qnelqite*-uns adoucissent leur rapt ici té en récitant à leur* mattres les Beats vers «"Kuripide ( \\%). Athènes, un instant consternée, se moutre bientôt supérieure a la fortune» Uns Hotte sortie du Pirée arrête les progrès des ennemi»

dans U mer Egée, et rappelle Aleihladc, qu'un éclatant adultère h fait bannir de Sparte, et qui s'était retiré auprès du satrape de Carie, Tissapberne(3H). Les allies , vaincus dans deux batailles navales et daaa deux eombats sur terre, épuisés d'hommes et d'argent, abandonnés par le satrape d'ionie Pliarnaba/e , implorent une paix que leur refuse Athènes. Alors Alcibiade ramène dans sa patrie sa flotte victorieuse. Il est reçu au milieu des transports d'une joie délirante, et replacé à la tète du gouvernement de la république. Six mois après il errait en fugitif sur les cotes de l'Asie Mineure. Une faute de son lieutenant Antiocbne lui avait .ittiré. la disgrâce de ses légers compatriotes ( 409 >. Le* dix généraux qui le remplacent détruisent la flotte lacédémoliienne aux lies Arginuses. Mais une tempête tes empêche d'ensevelir les morts et la superstition athénienne oublie leur victoire. Us subissent la mort des trattres et des sacrilèges. Ce fut le Spartiate Lysandre qui cette fois châtie Athènes, dont il détruit la flotte près d'/f^os-Potamos ; fi ameute contra elle tous ses alliés, et jusqu'à la Perse, puis vient mettre le siège dev ant ses murs : il fallut céder et livrer tous ses vaisseaux, toutes ses richesses, et recevoir garnison lacédémonienne (404 ). Trente tyrans , créatures de Lysandre, exercent dans 1a malheureuse ville un odieux despotisme. La même révolution s'opère dans toutes les villes grecques d'Europe et d'Asie. Elles reçoivent des h arment et ou commandants militaires de Sparte.

Depuis la guerre du Péloponnèse jusqu'à la bntaillede Chéronée. Mais Sparte commence à craindre pour sa propre liberté. Lysandre songe à renverser les lois de Lycurgue au profit de son ambition. Sparte, pour rester libre, sent qu'elle a besoin d'Athènes libre. Elle favorise l'Athénien Thrasybule (401), qui dusse les trente tyrans et rétablit l'ancien gouvernement démocratique. Ici se place le grand crime athénien, la condamnation deSocrate (400> . Athènes a perdu l'empire da la Grèce, et Sparte régente à son gré tous les États helléniques. Cependant , le roi de Perse a mis a profit la rivalité des républiques grecques. En les soutenant tour à tour, il a épuisé l'une par l'autre , et c'est lui maintenant qui va dominer la Grèce, l'n moment, pourtant, son empire fut en danger. Le jeune Cyroa, en ébranlant, a la tète d'une armée grecque, le trôna d'Artaxerxès, son frère, avait ouvert le chemin que suivit bientôt Agésilas ; et la retraite des di x mille, gloire étemelle de l'AUiénien Xénophon, annonça ce que pouvait- une poignée de Grecs. Ce fut bien autre chose lorsque le roi de Sparte Agésilas, vainqueur de Tissapherneet de Pharnabaze, s'élança au milieu de l'Asie, suivi de 20,000 Grecs et d'une feule de barbares. Mais l'or du grand-roi avait formé derrière lui une ligue terrible , qui s'annonce par la défaite et la mort de Lysandre. Sparte rappelle Agésilas à la défense de ses foyers. Il trouva toute la Grèce armée contre sa patrie. La bataille de Coronée ne décida rien. L'AUiénien Co n on et le satrape Pharnabaze venaient de détruire la flotte lacédémonienne. Sparte semblait perdue. Agésilas désarme la Perse par le traité d'Antalcidas, qui met les villes grecques et la plupart des Iles d'Asie sous l'empire du grand-roi. Athènes , à qui on laisse Imbros, Scyroset Lernnos, ne s'opposa pointé cette honteuse transaction. Ainsi , l'œuvre du traité de Cimon est détruite, tant en Asie qu'en Grèce. Sparte, sûre de dominer sous le patronage des Perses (386), donne pleinement carrière a son ambition. C'est sur la Thrace qu'elle dirige ses efforts. Phœbidas , héros des temps héroïques par sa valeur brillante, mais tout dévoué a la politique immorale de sa patrie, s'empare de Thèhes par surprise (381 ). On se récrie contre cette violation du droit des gens : les éphores condamnent Phœbidas et gardent la ville. Thèbes est bientôt vengée : l'exilé Pélopidas part des murs d'Athènes avec sept compagnons, entre dans Thèbes (379), surprend les tyrans établis par les S|>artiat«, et les massacre. Thèbes est libre. Athènes s'empresse de la secourir. Toute la jeunesse

i la conduite de Pélopidas et

GRÈCE

thébaine

dJÉpaminondaa, de .qui l'Ame élevée inspire aux lourds pour leur prédire les

Béotiens un courage dont jusqu'alors ils avaient paru peu

susceptibles. Le roi de Sparte Clé ombrote est repotsssé trois fois, Agésilas lui-même ne peut vaincre leur opiniâtreté. H abandonne Thcspies et Platée, pendant que les généraux d'Athènes, Chabrias le tacticien et l'heureux Timothée, humilient en maints combats la flotte lacédémonienne. Les alliés de Thèbes jalousent bientôt ses succès et sa nouvelle puissance. Athènes se détache de la ligue. Une paix générale est signée à Sparte. Épaminondas y représente sa patrie : il veut , si Thèbes renonce à dominer la Béotie, que la Laconie soit libre aussi du joug de Sparte. Ce fier langage irrite Agésilas, qui de sa main efface Thèbes du traité (871 ). L'éclatante victoire de Leuctres, cette première et immortelle fille d'Épaminondas , met le comble à la gloire de Thèbes, qui s'annonce comme la libératrice de la Grèce. Les anciens ennemis de Sparte se soulèvent par tout le Péloponnèse. Les Arcadiens fondent Uégai»polis ; ils appellent le héros thébain, qui parait bientôt avec 70,000 hommes , et fait voir aux femmes de Sparte , pour la première fois, la fumée d'un camp ennemi. Les talents d' Agésilas sauvent sa patrie. Épaminondas , obligé de se retirer, veut, en quittant le Péloponnèse, laisser des ennemis aux portes de Sparte. Il rétablit l'Arcadie et la Mes sénie en corps de nation , et fonde Messène ( 369 ). Sparte s'allie avec le grand-roi, avec Syracuse; elle est secourue par Athènes. Chabrias sauve Corinthe, menacée par Épaminondas , et le force à rentrer dans la Béotie. Les Arcadiens , qui croient pouvoir se passer de Tbèbes , affrontent l'armée Spartiate : ils sont vaincus par Arcliidaraus A la bataille sans larmes (367). Cependant Pélopidas soutenait en Theasalie la gloire des armes et de la politique thébalnes contre Alexandre , odieux , mais habile tyran. Surpris par celui-ci, il est promené captif dans une cage da fer, et délivré par Epaminondas. Il veut se venger du perfide, et succombe en soldat près de Cynocéplwles (36&). Epaminondas, qui, à la suite d'une troisième invasion dans le Péloponnèse, a conçu lu projet de donner aux Tliébaina l'empire de la mer, parcourt l'archipel hellénique à la tète de cent trirèmes , et fait révolter les villes maritimes contre Athènes (364). Rappelé nne quatrième fois dans le Péloponnèse par les troubles qu'y excitent les Arcadiens, protanateurs du temple d'Olympie.il rallie sous ses étendants tous les ennemis de Lacédéraone. Une grande bataille s'engage sous les murs de Mantinée ; elle doit décider du sort de la Grèce. Épaminondas, vainqueur et blessé à mort , expire dans la joie de son triomphe. Avec lui Thèbes semble avoir rendu l'âme (363). A l'école d'Épaminondas, un jeune barbare , laissé en otage à Tbèbes , avait appris à vaincre la Grèce. Ce barbare était Philippe, tils du roi de Macédoine Amyntas. Monté sur le trône de ses pères (360), après de longs troubles, il adopta et suivit le phtn de Jason , tyran de Thessalie ( assassiné en 370 ) , qui avait rêvé à la fois l'asservissement de la Grèce et la conquête de la riche Asie. Philippe aguerrit ses troupes en subjuguant les Illyriens et d'autres barbares voisins de ses frontières. Aux dépens de la Thrace, il étend Jusqu'au Bosphore et à FHellcspont la domination de la .Macédoine, qui, naguère reléguée au fond du continent, devient une puissance, maritime. Mais c'est à la Grèce qu'il en veut : il gagne la Thessalie ; divise , trompe , et réduit les Pnactdiens à la faveur de cette guerre sacrée, qui montre dans la Grèce une nation fanatique à la fois et sans croyances; pais, comme vengeur du dieu de Delphes, il force la Pythie à philippi&er, et acquiert, par le droit de siéger au conseil amphictyonique, son adoption dans la grande famille des' Hellènes. De Byunce jusqu'au Péloponnèse, on ne parle que de ses victoires, de sa grandeur d'âme, de sa clémence, de sa popularité. Alors seulement Athènes lance tes décrets et prépare ses armes contre Philippe : ce n'était pas la faute de Démosthène si elle ne s'était pas réveifléa • plus tôt. •> Cet orateur semblait avoir été donné aux Grecs

Digitii

?8le

tètes leur indifférence pour te bien public, la corruption de leurs mœurs et de leurs principe*. Mais ils furent sourds à ses prédictions , comme les Troyens l'avaient été à celles de Cassandre ( Mùller ). s Malheureusement pour la Grèce, le vertueux Phocion , qui sut remporter quelques victoires contre Philippe , professait une politique opposée a celle de l'orateur Démoslhène, qui ne savait que fuir devant l'ennemi. La prise d'Étalée avait ouvert les yeux même aux Hiéhains : une bataille eut lieu dans les plaines de Chéro née en Béotie. Les Athéniens et leurs alliés combattirent en vrais défenseurs de l'antique liberté; ils furent vaincus; le bataillon sacré des Thébains périt en entier (337 ). Philippe, vainqueur, respecte Athènes. « Irai -je détruire, dît-il, le théâtre de la gloire, après avoir fait tout pour elle? » Mais conquérant ne peut s'arrêter. Il lui faut occuper et distraire

i les Grecs , par i nationale, du sentiment douloureux de leur défaite. Comme chef des amphictyons, il a résolu de venger les dieux outragés jadis par Xerxès, et de faire expier aux successeurs de ce prince les maux qu'il avait fait subir à la Grèce. Au milieu des préparatifs de la guerre, Philippe tombe sous le fer d'un assassin, laissant à un enfant de vingt ans l'héritage de ses projets et de ses conquêtes ( 335 ). Dès ce moment l'histoire grecque n'est plus que l'histoire de Macédoine.

La Grèce sous la domination macédonienne. Mais quels étaient ces Macédoniens qui , selon l'Écriture , élevèrent la troisième monarchie, c'est-à-dire la monarchie des Grecs? Leur origine remontait à une colonie d'Argos, qui , sous la conduite des Tëménides, de la race d'Hercule, alla s établir dans llîmathie, et jeta les fondements du royaume de Macédoine, vers Tan S13. Malgré cette origine incontestée, malgré l'influence politique qu'avait obtenue en Grèce le roi de Macédoine Perdircas II pendant la guerre du Péloponnèse; malgré le règne brillant d'Archélaûs, qui fit beaucoup pour h civilisation de ses peuples, les Grecs n'avaient jamais voulu avouer les Macédoniens pour leurs frères. Il leur fallut bien pourtant, sous Philippe et ses successeurs , les reconnaître pour dominateurs.

Alexandre, après avoir réduit les Illyrienset les Tri- Iwilles révoltés, détruit la ville de Thèbes, et par cette acte de sévérité enlève aux Grecs tout espoir de recouvrer leur indépendance. Toutefois , respectant les formes républicaines , Il se fait nommer à Corinthe généralissime des arnfédération Itelléniqne contre les Perses (336).

Il part ensuite de Pella avec trente-cinq mille soldats, trente talents et Vespérance. Le combat du Granique lui ouvre l'Asie Mineure ( J34 ) ; la bataille d'Issus lui en donne la conquête (333) ; le siège de Tyr, qui dure sept mois (331), et l'occu- |Mimn ne i tgypie ie renueni maure ne in mer. rj\ lonnani Alexandrie , il voulut, dit Heeren , s'élever à lui-même un monument plus durable que toutes ses victoires. Du fond du désert d'Ammon, il s'élance sur l'Asie intérieure. Après la journée d'Arbelles (!" nov. >at), après la mort de Darius- Codoman, victime de la trahison du satrape Dessus, tout l'empire persan se prosterne devant le héros macédonien. Cependant le repos intérieur de la Grèce paraissait assuré par la politique habile et ferme d'Antipater ; et la fortune d'Alexandre voulut que le plus habile des généraux persans, Memnon de Khodes, périt obscurément devant Mitylène, ou moment où il méditait contre la Macédoine une invasion qu'aurait favorisée le mauvais vouloir des Grecs. En effet , l'année même de la mort de Darius, les Thraces se révol-

avoir dompté les Thraces, marche on Arcadie : les Spartiates sont vaincus ; ils perdent 5,000 soldats et leur roi Agis (330). La monarchie persane a pris fn ; mais Alexandre a encore à faire m plus rude conquête, celle de la Bactriane et de la Sogdiane (339). Dès Ion le fleuve laxartes, ancienne limite de la monarchie persane, parait devoir borner la conquête macédonienne; mais l'attrait d'une entreprise k de grandst projets de découvertes , de

dont il ne subjugua que la partie septentrionale, Jusqu'à FM v phase. Les Macédoniens ne veulent pas aller plus loin ; Alexandre, de retour à Babylone , meurt , à l'âge de trentedeux ans , des suites de ses fatigues et de ses excès ( 323). Il fut plus regretté des Asiatiques que des Macédoniens, qui voyaient avec mécontentement ses projets, tendant à « réunir en un seul empire tous les peuples soumis par lui , à les élever an même degré de civilisation , à fondre ensemble

toutes les races , et à accoutumer las Européens et les

Asiatiques à se considérer comme compatriotes. » (Muller.) Par cette mort prématurée , le monde fut ébranlé des Iwrds du Nil à ceux de ('Indus. La famille d'Alexandre conserva pendant quelques années une ombre de pouvoir dans le royaume de Macédoine, où ses lieutenants, Antipater et Cratère, ont d'abord la direction des affaires. Tandis que les mercenaires et les Grecs , colonisés par Alexandre dans la haute Asie , s'arment pour retourner dans leur patrie , la Grèce se soulève à la voix de Démusthèjie. La moitié de In Grèce suit cet exemple ; sept peuples restent seuls fidèles à la Macédoine. Les Spartiates et les Arcadkns sont neutres. Alors commence la guerre Lamiaquo. Antipater est vaincu et renfermé dans Lamia. Léonnat, autre lieutenant d'Alexandre, qui vient à son secours, est battu et tué. Les vainqueurs , enivrés de leurs succès , licencient une partie de leurs troupes, et sont défaits près de Cranon par < et Antipater. Athènes, prise, reçoit pour Phocion, qui s'était opposé à la guerre. Démosthène, condamné par le peuple d'Athènes , échappe au supplice par le poison (322). Les autres villes reçoivent garnison ; Antipater meurt (320). Une réaction s'opère. Poiysperchon , ami et successeur d'Antipater, qui veut supplanter Cassandre, fils de celui-ci , proclame par toute la Grèce le gouvernement démocratique. Athènes se soulève, et l'injuste mort de Phocion signale le retour de la démocratie (31 a). Bientôt dre s'empare d'Athènes, rétablit l'aristocratie, et donne | administrateur aux Athéniens le philosophe Démétrius de Phalère , qui pendant onxe ans les gouverne avec sagesse. Cependant, Poiysperchon triomphe uu moment dans le Péloponnèse : toutes les cités cliassent ou massacrent les administrateurs d'Antipater. Un échec qu'il éprouve devant Mégalopolis, demeurée fidèle à Cassandre, change ces dispositions ; plusieurs cités retournent au fils d'Antipater, qui étend son autorité sur la Thessalie , sur la Grèce centrale, où il rebâtit Thèbes , et sur la moitié du Péloponnèse, où il enlève Argos et la Messénie k Alexandre, fils de Poiysperchon (316). Dans tous ces pays, il domine par ses gouverneurs et ses garnisons. L'autorité de Polysperclton et d'Alexandre no se soutient plus que dans l'Acbaie, la Sicyonie, la Corinthie. Parmi les Grecs, les Spartiates, une partie des Etoliens, ont seuls conservé leur indépendance. Antigone, déjà maître de l'Asie Mineure et de la haute Asie , envoie ses lieutenants contre Poiysperchon et contre Cassandre, qui , gardant réciproquement leurs conquêtes , sont, d'ennemis, devenus alliés. Poiysperchon et son fils ne conservaient plus que Sicyone et Corinthe ; Cassandre, qu'Athènes, Mégare, et la Thessalie, mais il est maître de la Macédoine (314-312). Il se joue du traité qu' Antigone lui impose en 31 1 , et ne rend la liberté ni aux cités grecques ni à la Macédoine. La guerre recommence (308). Démétrius Poliorcète s'empare d'Athènes ; la démocratie se relève, et la générosité du vainqueur a besoin de protéger contre les cruels et mobiles Athéniens leur administrateur Démétrius de Phalère. Ce peuple, déjà en possession de s'avilir par les excès de l'adulation , déclare rois et sauveurs Démétrius Poliorcète et Antigone ; des prêtres sont institués pour ces divinités d'un jour. Démétrius affranchit pareillement Mégare; mais son père Antigone le rappelle en Orient. Cassandre relève son parti, et assiège Athènes. Démétrius arrive avec sa Hotte (303), force Cassandre à se retirer, le poursuit jusqu'aux Thcrmopy les, et proclame la liberté de la Grèce : les Grecs , à leur tour, le nomment à l'isthme de Corinllie chef de tous les Grecs. Casperdu ; M se I

et Séleiinis, rivaux d'ambition d'AoUgone et de Diuuétriua. La bataille d'Ipsus (302), qui enlève à Aaligone La vie et l'empire de l'Asie, prépare pour la Grèce de nouvelles révolutions. Démétriua, qui conserve Tyr, Sidon, l'Ile de Chypre et quelques villes dans le Péloponnèse, se rend encore une foi» maître d'Athènes, à laquelle il pardonne après «n avoir chassé l'usurpateur Léocharès (297). Cassendre «lait mort sur le trône do Macédoine, Pan 29». Ses trois fils le suiveut an tombeau. Déniétriua Poliorcète, -proclamé roi de Macédoine (29b), domine sur la Tbessalie, sur Athènes, sur Mégarcet sur une partie du réloponnèse : deua Cois ( 298 et 292 ) Thèses devient sa conquête. Aptes un règne de sept ans, il est chassé par les Macédoniens, qui voient un nouvel Alexandre dans son rival Pyrrhus, roi d'Épire .( 2&ft ). Les Athéniens prolilent du malheur de Démétrius penr chasser sa garnison. L'ancienne constitution est rétablie avec des archontes. Démétrius, toujours mallre du Péloponnèse, prend une troisième fois leur ville, et se laisse fléchir par lé pltilosopbe C ratés. C'est là le dernier beau jour de Poliorcète. Dépouillé de la Macédoine, il veut ravir l'Asie à Séleucus, et meurt captif en 2S4. Pyrrhus, qui occupe le trône de Macédoine, en est chassé à son tour par le vieux Lysimaque (2S6). En moins de six ans six rois montent successivement, pour en descendre, sur ce trône si périlleux et si disputé. Cependant, des bordes de Gaulois ont franchi « le pas des Tliermopylea, qui n'avait plus de Léonklas< Millier) >. Mais la superstition supplée a l'héroïsme pour sauver la Grèce : les Grecs, animés par leurs prêtres, profitent des hauteurs pour accabler les Gaulois, à la faveur d'un violent orage, qui fait croire aux barbares que le Dion combat contre eux. Ils fuient, et vont fonder en Asie des établissements que détruiront les Romains. Quand tous les généraux d'Alexandre eurent péri, et qu'une guerre de quarante-quatre ans eut fatiuaé les nations, le sage Antigone-Gonatas, fils de Démétrius Poliorcète, releva la Macédoine (2»3) : sa politique, adroite et modérée, fit croire aux Grecs qu'ils étaient ses allies ot non ses sujets; mai* la prise de Corinthe, une des entraves de la Grèce, les avait rois entièrement dans sa dépendance ( 251 ). Après un règne de quarante ans, il laissa deux lus, Deroétriu* Il (243) et Antigono (233), qui surent maintenir leur .puissance ^ar leur habileté. Mais la formation de la liguo étolienne et celle de la li^ue achéeunc avaient changé totalement les rapports intérieurs de la Grèce. Athènes, The ne s, Sparte et Corinthe semblaient éclipsées. Mais, grâce aux efforts des deux ligues , surtout de celle d'Aohaïe, la Grèce devait avoir un brillant crépuscule.

Ltçue nehéenne. C'était en 260 qu'au sein de l'Achaie, Pâtre et six autres villes du Péloponnèse se mirent en liberté, et renouvelèrent l'ancienne ligue aehéeune. Quatre ans phis t<M (2Ht) les Étalions avaient formé une ligue semblable. Quant â la ligue béotienne , elle «'eut aucun caractère. Bientôt s'établit entre les confédération* d'Achutt- et d'Etalie une rivalité dont les rois de Macédoine ne auvent que trop bien profiter. Arnlus délivra Sicyo**, sapHtrie^ol), et la réunit à la ligue acbéenue, a laquelle il attacha successivement Corinthe, M égare, Tréxène, Lpidanru, Argos, Athènes, Megaiopohs, etc. En 329 la ligue acliéenne embrassai* toute la Grèce» excepté la tocride, to Béntie, Sparte, et la Laconas. A Sparte cependant ., Agis fi trouva la mort, eu voulant remettre en vigueur les lois île Lycungiic (241). Dès ce moment Sparte n'a plus qu'on seul roi. L'exemple d'Agis ■n'etfraye npoint Cléomèn» Hi, npd accenapUt la réforma, et •sous lui les Spartiates dovienneut «.l'extérieur ceux de Lycurgue et de Léonidns. Cléomène ne refusait

tradicteur des éplvores, ne se repose tle V, la tyrannie atroce de Nabis, qui traite les tes. L'alliance de l'Acheté avec U Macédoine,

qw Mil

*ntrer dans la liane achennn

il voulait fr\ être

le chef. Aratus n'admit point cette prétention d'un jeune ambitieux. La guerre eelate entre l'Achate et Sparte : Arntus, serré rte près par Cléomène, appelle a son aide Antigone-Doson, qui commence par se taire livrer Corinthe (222f. > Oléonieoe, vaincu à Sellasie par tes Achéoeset les Macédonien», va chercha dans Ahwandrie la thevt dun aventurier.

et sortant U

guerre <les deux ligues (221 à 217), rend tout- poissant le Ms cédonien foilipite Ht, neveu et successeur d'Antigone-bo*ni. 11 paraissait destiné A devenir le modérateur de raGnV»; mais le* Romains avaient rranclii l'Adriatique, et devait le peuple conquérant toute* les dominations, toutes le* libertés grecques s'évanouirent. A l'histoire de Rome appartient le récit de eus derniers et triâtes jours de la Grèce.

Uns première invasion des Romains en Épire leur donne l'alliance des Étalions et quelques places conquises m Philippe. Une seconde guerre se termine («r ] UMniliaiin» de la Macédoine a Cynocéphales. Philippe, pour obtenir -a paix, livre ses flottes, licencie ses années, évacue tout* les places de la Grèce (1M). Les Ètoliens, par qui te fis mains ont vaincu, n'obtiennent rien, et h'Iamininus prorlww aux jeux Isth iniques la liberté de la Grèce. Ce promn<ul, qui se joue des Grecs, tandis qu'ils lui dressent des autak, oppose Nabis à la confédération achéenue. Les Étoheas font justice de ce tyran; Sparte accède enfin à m ligue ach«-na* (191). Philopremen, alors préteur des Aehéens, abolrl lu institutions de Lycurgue à Lacédémone, •< parce qu'an Imi de contenir la populace dégénérée de nette ville, elles u rendaient pins féroce, plusturèuteuteet plus indomptable (Muller). Les Btoltens avaient perdu la Grèce case hfsnot avec Rome contre la Macédoine, leur chef Thow, irrite de voir ses servi ces mal récompensés, anime contre les Ri>niains Anlioehns le Séleucide. Ce prince leur deelarv i> guerre, et choisit pour champ de bataille la malheureux Grèce, il est détait aux Ihcrnmpyles. ChBsst1 de la (îrére. il perd une soooude bataille près de Magnésie, dans l'Ane Mineure, et achète ta paix par la cession de l'Asie Mineur et de ses trésors. Les Étoheas, dont les principale» plieront été conquises , pas que la Macédoine et l'A modes voisine. Cependant, Phi lopomon soutenait I* oignit», de la ligue aebéenne : un tel homme gênait raiulstius romaine: il meurt empoisonné, et dès ce moment le r-enat '1' Rome se fait un parti parmi les Aettéens. Le du Philippe, Pcrsée, ose attaquer -tes -Romains deux ans il soutient la guerre. Il a pour lui l'Kpire, l'htoli'. les veaux secrets de toute la Grèce. Enfin, Paul -Ésri le accable Persée* Pydaa. Lsilniinistration <le ce consul en Grèce est encore plus terrible que ses année. Il approuve les excès commis sur les partisans de t'ersée, admet les accusations portées contre eux, et emmène a sa *uil*' tout oe que l'Été lie, l'Aeainenie, la Béeueet l'Achaie, possèdent de eJtoyea* *»«,>ectB n la pouuqite romain». L'Ittyris et la Macidoinc sont organisées en républiques (té*), leutative d'Andriscus jmur relever le trône de Mncédoift' ( 1M) ne fit que hâter le moment où cepuys fut red">< M' province romaine. Après «bilopatmen , la ligue sabrern "' s'était nnhlemeut soutenue sous HnRuence de Lycortss, pc" de -l'historien Poly be; mais dn moment qu'elle ent f»»"" chef un Callirrete, pensionnaire des Romains, IMu*»»*' n'était plus qu'une province du sénat L'exempte •"*■* dhscos éle, irisa les imputation» acbéennrs ; la liLwrte gnv que aux abois M un dernier effort sous tes vaillant/ préteurs Critolaus et Diœus. Vaincus tous deux par Métefin* Macédanique, fls ne survivent pin à la défaite; et A; fi> rouche Mu m m tas, par<Vmcendic de Corinthe, miraw !«• dernier jour de rAesuse-^Mar).

même sort; Athènes et Sparte ne furent pas jv <)<' La vtnigeance du 'Méfiât.

Ln Grèce depuis le eommmefmtmt fie la dominai*»1 rrrmmne iiu/tfà la dnUe de 4>**pm Vjrtitntin. ^ l'Achaie, réduite en province romaine, l'histoio- n'a rien dire de la Grèce que pour signaler ses •malheur». Mit»'1' il.t te un moment voulut réveiller le lion grec endormi jim»* ce lion n'était plus qu'un agneau timide , et d'Ain*** par sa résistance les aimes de Svlls,

pour maître un tyran rendu à Mithridate, le rhéteur Aris-

tioa. Dan* ce siège trop mémorable {il), lea jardins de l'Académie Curent dévastes, et le sang rejaillit dans lea rue*, jusqu'à hauteur d'homme. Sylla pardonna au famir de leurs ancêtres; et les Athéniens qm prodigué les plus sanglantes moqueries pendant le siège, épuisèrent alors pour lui les llatu-ries les plus exagérées, qui seule de toute» lea cités de la Grèce conserva

qui commençaient alors à se civiliser. Pompon Lus, l'ami lettré de Cicéron, se glorifiait de ne porter que le nom d'Afticus. Dan» la grande lutte entre César et Pompée , la Grèce, qui devint leur champ de lataille, était pompéienne ; la Grèce fut encore le théâtre de la guerre de Brutus et Cassiu» contre Antoine et Octave. Athènes prodigua les honneurs divins à Antoine : elle le proclama liai chus; elle lui lit épouser Minerve, et le triumvir -n'oublia pas d'exiger la dot. Enfin, la Grèce fut encore témoin et victime de la dernière lutte d'Acthnn ; et tout près de ses rivages expira pour jamais la liberté romaine. Dans le partage que fil Auguste des provinces de l'empire pour l'administration, l'Achaie et la Macédoine forant abandonnées au sénat. Néron, dans

la liberté bellcmqae. Vaspasieo abolit ce décret dérisoire.

Lorsque Constantin transporta à Byxance le siège de l'empire, la Grèce prit sous certains rapports sa revanche sur l'Italie : la langue grecque devint officielle; on dit indifleremrocnt V empire grec ou l'empire romain ; mais rien ne fut fait pour rendre à la Grèce sa nationalité. Depuis cette époque, envahie, pillée, ravagée par cent nations différentes, Goths, Scythes, Huns, Alains, Gépides, Bulgares, Africains, Sarrasins, etc., elle devint en 1204 la proie des Francs de la quatrième croisade. L'empire latin effaça un instant l'empire grec, et les chevaliers français, allemands, italiens, se partagèrent l'ancienne Achète : il y eut des ducs d'Athènes, des marquis de Cerintbe, des seigneurs de Mcssène, etc., titres qui jurent avec les vieux noms si chers a la liberté. C'était an snrpios on digne fruit de cette croisade, qui fut un contre-sens perpétuel. Ajoutons que les Latins furent d'arides et cruels dominateurs pour la Grèce, dont la croyance schématique indignait leur fanatisme.

La prise de Constantinople par Mahomet 11, en 1453, fut bientôt suivie de la réunion de l'empire turc et de tontes les petites dominations gréco-féodales qui avaient survécu à l'empire latin. La Grèce, livrée pièce A pièce par les derniers successeurs des Paléotoguea (Thomas et Démétrius), n'eut alors qu'un véritable champion : ce fut l'Albanais Scanderherg ( Georges Castriota), qui se prétendait issu de I Pyrrhus et d'Alexandre : « Encore aujourd'hui son nom est citante dans les montagnes de l'Épure (Michelet). » La victoire chrétienne de Lépante (1670) fut pour la Grèce un jour d'espérance, qui n'eut pas de lendemain. L'Europe, qui tant de fois au nom des vieux souvenirs de liberté a soulevé la Grèce, l'abandonna toujours honteusement aux vengeance» musulmanes, au temps de Charles Vlll comme an dix-huitième siècle. Mais les nations sont comme Dieu, elles peuvent attendre, et, an moment où j'écris, la Grèce, rendue à elle-même, a pris parmi les nations un rang incontesté. Charles Do Rozoir. J

Histoire moderne.

Le christianisme, introduit peu de temps après sa naissance à Athènes et à Corinthe par saint Paul , semble n'avoir d'abord fait que de minimes progrès en Grèce. Si l'on voit quelques commîmes chrétiennes se constituer dans le courant dn premier et du deuxième siècles, du moins elles ne prirent point d'importantes proportions ; et ce n'est guère avant le milieu du deuxième siècle qu'on aperçoit des traces de persécutions exercées contre les chrétiens dan» quelques grande» villes, comme Thc«salonique, La risse, Athènes, Corinthe, Sparte, ou bien encore dans les tles de Crète et de Chypre. L'édit de tolérance universelle publié à Mediolanum

GRÈCE 519

en l'an 311 par Constantin accorda le libre exercice de leur culte aux communes chrétiennes de l'Acbaîe, sans que pour cela les adorateurs des anciens dieux , qui peut-être s'y trouvaient en majorité, fussent forcés d'embrasser le christianisme. MaisdcUprésenced'uncertaiD nombre d'evôquesd'Achaie au concile de Kicée, on doit conclure qu'a cette époque les chrétiens formaient déjà te majorité dans cette contrée. Dès lors tous lea Grecs adoptèrent les articles de foi proclamés par ce concile ; circonstance d'une importance m» jeure, car elle ne contribua (ta* peu au développement |>acilique de l'Église chrétienne en Grèce (voyez ci-;ij,.èa l'article Gaccqiic[ Église]). La province d'Achaie et Athènes notamment furent l'objet de faveurs particulières de la part de Constantin et de celle de ses successeurs, dont il semble que l'on eut rarement lieu d'y appliquer les sévères édite contre les païens. Du moins, en voyant l'empereur Julien clwisir de préférence à toute autre province I Achaïe pour y mettre à exécution ses projets de restauration du paganisme, on doit penser que l'ancien culte y comptait encore un grand nombre de partisans, tant déclarés que secrets. Élevé en

l>artic a Athènes et versé dans la connaissance des lettres grecques, Julien, dès qu'il eut clairement annoncé ses projets, fut reçu avec enthousiasme par toutes les villes de la Grèce. Sur la foi de ses promesses on rouvrit à Athènes le» temples de» anciens dieux, on releva leurs autel», on y célébra des sacrifices et des fêtes comme avant l'introduction du cliristianisrae. La mort de l'empereur Constance ayant rendu Julien complètement martre de ses ««lions, la civilisation grecque reprit tout aussitôt un éclat (momentané , qui ne fit qu'ajouter à la vivacité des tristes regrets qu'un avenir très- rapproché devait amener à sa suite. Après la mort inopinée de Julien , en 863, cet éclat factice disparut d'autant plus rapidement que tes successeurs immédiats do ce prince, Jovicn, Vatentinien et Valens, se montrèrent peu disposés a suivre les mêmes voies que lui en politique. Quoique toléré encore, le paganisme perdit de plus en plus de ses forces, alors que le christianisme en acquérait chaque jour de nouvelles. Toutefois les rigoureux décrets de l'empereur Théodose, qui en 390 dépouilla les prêtres païens de leurs privilèges et de leurs droits, irais bientôt après la destruction des temples païens, furent encore impuissants a amener le complet anéantissement du paganisme, comme le prouvent les lois rendues par l'empereur Tliéodose le jeune, qui, en 420 , fit renverser ou changer en églises chrétiennes les anciens temples païens. Mais le paganisme n'en continua pas moins de subsister encore dans les parties do la Grèce tes plus lointaines; par exemple, parmi les Mainotes, qui n'adoptèrent pas le christianisme avant le neuvième siècle, sous le règne de l'empereur Basile le Macédonien.

Cependant, à la suite de l'invasion de l'Europe par les Huns, en 37*, les Goths avaient recommencé lenrs incursions sur le territoire grec. Déjà ils avaient fait de la Tbessalie presque tout entière un vaste désert, quand, en l'an 37fl, l'omjwreur Valens se vit réduit à leur abondonner la partie de la Dacie située en deçà du Danube, ainsi qu'une partie de la Mo-sie et de la Thrace. U défaite essuvee en l'an 378

sous les murs d'Andrinopie par l'armée romaine commandée par Valens leur eût petrt-étre doonèTempire d'Orient, si par son habileté et sa résolution Théodose n'était point parvenu a le» refouler sur leur territoire. La mort de ce prince fut te signal d'une invasion générale des barbares. Grèce à la trahison de Rufin, administrateur de l'empire d'Orient, Al* rie pénétra en Grèce à la tète d'une armée, sans rencontrer nulle part le moindre obstacle. Dan» les derniers jours de l'année 395 , il arriva jusque sous les murs de Constantinople, d'oè, parla Thrace et la Macédoine, il se dirigea sur la Thessalie, franchissant le défilé des Thermopylea sans résistance, par suite de ses secrète» intelligences avec lea chefs de divers corps de l'armée impériale , et ravageant sa route la Locride, la Phocide et la Béotie. H Athènes, qui vraisemblablement se racheta du pillage par i contribution volontaire. En revanche, il détruisit Éteuria**

GRÈCE

Mégare. Pénétrant ensuite dans le Péloponnèse, il s'empara

de Corintbc, d'Athènes, de Sparte et de toutes les localités intermédiaires, et porta le fer et le feu dans toutes les parties de la presqu'île. L'anoée suivante, refoulé vers le nord par Stilicon, qui dans l'intervalle était accouru d'Italie, H dévasta encore dans sa retraite l'Élolie et l'Acarnanie, prit une forte position dans les montagnes de l'Epire, et contraignit, en 39* , l'empereur Arcadius à lui accorder le gouvernement suprême de l'Jllyricum, province qui comprenait aussi alors l'Acbaic ; et pendant quatre ans il exerça l'autorité souveraine la plus absolue et la plus incontestée, jusqu'à ce que son étoile le conduisit en Occident. 11 est vraisemblable qu'alors la plus grande partie de l'Acbaîe n'était déjà plus qu'un désert. 11 n'y eut que les grandes villes, comme Corintlic, Sparte, Argos, qui réussirent à se relever de leurs ruines; et la population se concentra de plus en plus dans les villes maritimes. Un long intervalle de repos procura alors quelque soulagement à ces contrées épuisées. Dans son expédition à travers les provinces de l'empire romain (vers 435), le roi des Huns Attila ne toucha point à l'Acbaîe; les expéditions postérieures des Ostrogoths, sous Tbéodoric (475), ne dépassèrent pas le nord de la Thessahe; et il est as.se/. vraisemblable que les brigandages des Vandales, venus du sud sous les ordres de Gen série, en 466, n'eurent d'autre théâtre que quelques villes des cotes de l'Myrie, de l'Epire, de la Hellade, ou encore le Péloponnèse. La grande irruption des Bulgares, sous l'empereur Anastase, ne refoula jusqu'aux Tbermopyles, notamment en l'an 517, que quelques- mies des bordes de barbares qui déjà s'étaient établies en Macédoine et en Épire. Ce fut seulement sous le règne de Justinien 1er qu'une autre horde «te barbares, composée en grande partie de Slaves, arriva en l'an 540 sur le sol de la Grèce, qui jusqu'à l'isthme fut dévastée par ces envahisseurs. En 558, une borde de Huns pénétra jusqu'aux Tbermopyles. En 578 des Slaves, qui jusque alors étaient toujours demeurés paisibles sur les bords du Danube, s'avancèrent encore plus loin; et il est vraisemblable que dès cette époque ils s'établirent dans quelques-unes des localités delà Grèce qui étaient devenues désertes. Ce ne fut toutefois qu'en 626 qu'ils eurent toute liberté de s'étendre davantage an sud , lorsque sous Héraclius la puissance des Avares eut été" détruite et que, à l'invitation de ce même empereur, les tribus tdaves des Croates et des Serbes eurent pris possession de la Dalmatie , de la Dardanie, de II U y rie et de la Meesie supérieure jusqu'aux frontières de l'Épi re ; d'autant plus que e'est aussi à la même e|H>que qu'une population complètement slave s'établit [dus à l'est , dans la Meesie Inférieure et dans l'ancienne province désignée sous le nom de Dada ripensis. Cependant leurs perpétuelles querelles avec les empereurs byzantins, et l'invasion des Bulgares, sons le règne de Constantin Pogonat, en 678, empêchèrent les Slaves d'entreprendre de plus grandes émigrations vers le sud; et il n'y eut qu'une très- faible partie des Slaves refoulés par les Bulgares, a qui l'empereur Justinien II assigna, en l'an 687, des terres à cultiver en Macédoine.

Sous l'Influence de la paix extérieure, la Grèce avait aussi subi de profondes modifications intérieures. Le partage de l'empire romain que Tbéodose l'ancien effectua en faveur de ses tils , et par suite duquel la Grèce tout entière , comme partie intégrante du diocèse de Macédoine, continua à appartenir à l'empire d'Orient, n'apporta pas d'abord de changement essentiel dans l'administration de cette province. Mais l'ancien proconsulat d'Achaïe, dont l'histoire continue à faire mention jusqu'au milieu du cinquième siècle, déchut de plus en plus à partir de la domination du barbare Alarlc; et vraisemblablement il finit par disparaître complètement dans les stratégies de la Hellade, du Péloponnèse, de Mcopolis et des lies de la mer Egée. Le nom dUchaie lui-même en vint peu a peu à tomber complément en désuétude. 11 ne resta plus çà et là que quelques lambeaux des anciennes constitutions de vides, lesquelles devinrent peut-être dans les siècles postérieurs la ba^c des insli lu- j

lions municipales modernes, tandis que l'Égtise et tout cr qui t'y rattacbc recevaient une organisation et des règle* ^toujours plus précises. Ce qui y contribua surtout, ce fat la prise d'armes des Grecs en 7'JT, à la suite des décisions des conciles qui interdisaient le culte des images. L'andaciunse tentative faite alors par les babitanls de la terre ferme et des Cyclades de s'en aller à Constantinople détrôner Tempe- I reur aboutit, il est vrai, à uuebonteuse défaite; mais cette expédition maritime même est une preuve évidente que h** habitants de la Grèce étaient alors de nouveau en possession d'un certain état de bien-être, de même qu'ils étaient parvenus à une certaine énergie morale, qui disparut ensuite bien plutôt par les suites désastreuses de l'effroyable peste qui ravagea la Grèce de 746 à 747, que par les résultats deeette expédition. Cette peste durait encore quand les invasions slaves recommencèrent. Refoulés au sud par les Bulgares , les Slaves parcoururent alors toute la Grèce, franchirent l'isthme et s'établirent dans diverses parties du Péloponnèse, notamment au pied du mont Taygète. D est avère qu'à partir de ce moment il exista toujours dans le pays plat, à t ôle des anciennes cites grecques ou rotuaîques, des communes slaves qui peu à peu arrivèrent à former des districts particuliers (zupunies) liés entre eux par les nwurs, le* usages et les lois de leur souche commune ; qui, d'abord paisibles, s'assimilèrent beaucoup d'éléments grecs en ce qui est des imeurs, des usages et de la langue; puis, lorsqu'elles furent devenues plus nombreuses et plus puissantes, finirent par se trouver dans les rapports de 1 antagonisme le pins prononcé à l'égard des villes et des communes grecques. Les Byzantins, après des luttes opiniâtres, parvinrent a les j subjuguer; elles adoptèrent le christianisme, et se considérèrent dès lors comme tributaires de l'empereur de Cou-tan tinople. C'est en 783, sous le règne de l'impératrice Irène, qu'une expédition fut formellement entreprise pour la première fois à Constantinople contre les populations slaves de la Grèce. De nouvelles insurrections slaves eurent lien au commencement du neuvième siècle , surtout lorsq n'en 823 les Arabes, qui n'épargnèrent pas non plus la Grèce, forent venus s'établir en Crète, dontle nom fut dès fors chance en celui deCandie. Il parait que vers le milieu du neuvième siècle l'empereur Micliel 111 soumit à son autorité par la force des armes toutes les populations slaves de la Grèce, à l'exception des deux tribus des Mélinges et des Êpérites, habitant les gorges du mont Taygète (Pentedactylos},qui offrirent spontanément de lui payer tribut. Vers l'an 910 ces Mélinges et ces Êpérites donnèrent encore quelques inquiétudes aux maîtres de Constantinople, tandis que les Slaves delà terre forme avaient depuis longtemps reconnu leursotiveraineté, qu'ils avaient adopte le christianisme sous le règne de l'empereur Basile ( 867-886 ), et s'étaient de pins en plus confondus avec l'ancienne population grecque on romaique delà Grèce.

Celte, fusion des races fut de la plus haute utilité pour la Grèce. Il ne larda point àen résulter une grande activité <|jn> les diverses branches de l'industrie humaine, notamment dans les villes maritimes du Péloponnèse, ou se développa un bien-être remarquable; et l'administration politique de la province deGrèce, divisée alors en sept démet, et comprenant aussi l'Epire, la Thessalieet les Iles, semble avoir formé à cette époque le plus avantageux contraste avec celle des autres provinces de l'empire d'Orient L'insuccès même des tentatives faites à diverses reprises par les Arabes pour s'établir sur la terre ferme prouve qu'on avait tout au moins su y prendre les mesures de précaution nécessaires pour repousser leurs invasions. Déjà sous le règne de l'empereur Basile, vers l'an 867, ils s'étaient vainement attaqués aux villes maritimes de rillyrieetal llle d'Eubéo ; et quand plus tard ils essayèrent de débarquer sur divers points du Péloponnèse, comme aPatnc, àCorinthe et à Methone, ils y furent toujours repoussés avec perte. Depuis fors ils n'inquiétèrent plus guère que les Iles. Jusqu'à ce que |>ar la prise deSamos, arrivée sous le règne de l'cmpo-

certaine prépondé-

s'emparèrent suc-

GRÈCE

reur Léon VI, en 866, ils Acquirent une raate dans ces parages; après quoi ita cessiveinent, en 896, deDémétrias, au nord de la Grèce; de Lemnot, an 901 ; et en 904 de TliessuJonique, qui était déjà parvenue alors à un remarquable état de prospérité. Mais leur puissance ne tarda point à décliner, et ea 961 ils perdirent jusqu'à la Crète elle-rnftnie. En revanche, à partir du dixième siècle la Grèce eut à subir le contre-coup de la graude invasion des Bulgares, qui depuis longtemps inquiétaient la Macédoine et laTbrace. Dès l'an 933 les Bulgares s'emparèrent delà ville de Nicopolis, où ils fondèrent une colonie bulgare; mais ils restèrent alors tranquilles pendant longtemps, et même de 971 à 975, cédant à la nécessité, Us reconnurent la souveraineté de l'empereur de B\zance. Ce fut seulement en 978 qu'ils recommencèrent leurs irruptions au sud; ils pénétrèrent en Tbessalie, et y dévastèrent complètement la ville de Larisse. Plusieurs campagiK* malheureuses entreprises contre eux par l'empereur Basile II (987-989), provoquèrent de leur pari de nouvelles entreprises. En 995, ils envahirent pour la seconde fois la Tbessalie, franchirent le Pénéc et parcoururent la Béotie, l'AUique et une partie du Péloponnèse. Mais à leur retour ils essuyèrent une déroute complète, qui eut pour résultat de débarrasser d'eux la Tbessalie , tandis que la colonie bulgare fonder précédejuinent sur la cote occidentale, depuis Nkopolis jusqu'à Dyrrhachium, continuait toujours de subsister, et, comme toute la Bulgarie, était incorporée en 1019 à l'empire byzantin. Une insurrection postéheure «les Bulgares, en 1040, ne nuisit pas d'une manière sensible a l'état de prospérité dont la Grèce jouissait à ce

Les expéditions militaires des Normands eurent incontestablement pour la Grèce des suites plus funestes et plus durables. Sous prétexte d'aider l'empereur Michel ( Parapirtace ) à remonter sur le tronc dont on l'avait expulsé , Robert Guiscard arriva en l'an 1080 sur les côtes de l'Épire à la tète d'une armée , s'empara de quelques lies , des ports importants d'Aulom et de Uyrracbium, puis de toute la partie de la terre ferme s'étendant jusqu'à Thessalonique. Lorsque l'état des affaires de l'Italie le contraignit à s'en retourner dans ce pays, son fils, Bobémond, continua ses conquêtes jusqu'au moment où l'insuccès d'nne attaque tentée contre Larisse, insuccès dû à la trahison, le contraignit à battre en retraite , après avoir reperdu tout le territoire dont il s'était jusque alors emparé. Une seconde expédition, entreprise par les Normands en 1084, leur donna Corcyre , Aulum et Bothrotum; mais par suite de la mort imprévue de Robert Guiscard , force leur fut d'abandonner encore une fois toutes leurs conquêtes dès le commencement de l'année suivante. L'expédition entreprise à l'époque de la première croisade par Bobémond , en sa qualité de prince de Tarente , n'eut aussi «r autre résultat qu'une occupation passagère de Dyrrhachium et de la contrée qui l'avoisine ; et ce fut en 1 J 46 seulement que par son expédition en Orient le roi Roger de Sicile exposa la Grèce à un danger véritable et permanent. La cause de cette expédition fut l'insuccès des négociations ouvertes par Roger à reflet d'obtenir pour son lils la main d'une princesse de la maison impériale des Coumènes. Il dévasta complètement la ville de Thèbes, qui était alors fort riche, et fit éprouver le même sort à Corinthe. Il parait toutefois que la Grèce se releva encore bientôt de ce rude coup; car vingt années plus tard environ Thèbes et Corinthe jouissaient de nouveau de la plus brillante prospérité. A côté des habitants indigènes , des communes juives étaient venues dans les grandes villes donner comme une vie nouvelle à l'industrie et an commerce , singulièrement favorisés par les relations arec l'Occident, devenues plus fréquentes à la suite des premières expéditions des croisés. On peut dire que dans ta seconde moitié du douzième siècle ta Grèce était l'une des plus riches et des plus florissantes provinces de l'empire «l'Orient, et que dès lors elle etït pu ri- • en ce qui touche les progrès de ta civilisation arec

le reste de l'Europe, si au treizième siècle les invasions «les Francs n'étaient pas venues anéantir encore une fois dans son germe sa prospérité renaissante. Vers cette époque en effet la Grèce commença à devenir de pins en plus indépendante de l'empire de Byzance, et il est vraisemblable qu'à l'instar de l'Italie il s'y serait alors formé des principautés indépendantes et nationales, si les conquêtes des Francs n'e talent pas venues y changer complètement ta face des choses. Thibaut de Champagne , Bouiface de Montferrat, le doge Dandolo de Venise, etc., abandonnèrent leurs projets de croisades, at ne convoitèrent plus que l'empire grec La haine réciproque des Grecs et des Francs eut pour résultats la prise d'assaut de Constantinople en 1204 et un partage de l'empire, dans lequel le marquis Boniface de Montferrat eut pour sa part Thessalonique avec les contrées adjacentes et le titre de roi. C'est de Thessalonique que Boniface commence ses expéditions de conquêtes. Il occupa en peu de temps toute ta Macédoine, pénétra en Tbessalie, battit aux Thermopyles l'armée grecque, commandée par Léon Spuros, et entra presque sans coup férir à Thèbes et à Athènes ; après quoi, l'Ile d'Eubée reconnut spontanément sa souveraineté. Son plan de pénétrer en M orée (c'est le nom qn'à partir du douzième siècle on donna au Péloponnèse ) échoua sous les murs de Corintlie et de Napoli , «jue Léon Spuros défendit avec le plus entier succès. Après un long et inutile siège, il se vit rappelé en Macédoine par ta tournure nouvelle qu'y avaient prise les affaires, et où il ne tarda pas à trouver la mort, en 1207, dans une bataille contre les Bulgares. Toulelois, cet événement n'affranchit point la Morée de la domination des chevaliers francs; car presque au moment môme où Boniface assiégeait Corinthe et Napoli , Guillaume de Cbamplittc, de ta maison des comtes de Champagne, y était débarqué à ta tète d'une bande de chevaliers francs. Peu de temps après ce nouvel arrivant s'emparait de Patras, d'où il allait rapidement occuper Andravida , Corinthe et Argos , à l'exception de leurs citadelles ; et nonseulement il se faisait reconnaître par Boniface , revenu en Macédoine, en qualité de suzerain des principautés fondées en Béotie et en Attique, mais encore comme seigneur et souverain de la Morée par les villes et tes propriétaires fonciers tant en Élide qu'en Messénic. Là où s'élevait une résistance quelconque, on en trioinpbaitaussitot parla violence ; conduite qui amena en 1205, dans la forêt d'oliviers de Condura , une bataille décisive, livrée contre une armée composée d'habitants grecs et slaves de ta terre ferme, cl dont le résultat fut de placer ta partie occidentale de la Morée jusqu'au pied du mont Taygète sous la domination des Francs. Cependant, des affaires de famille forcèrent Cbamplitte à s'en retourner en France; mais avant son départ, dans une assemblée générale, tenue à Andravida, il partagea, suivant les usages en vigueur parmi les Francs, sa conquête en un certain nombre de grands et de petits tiels, qu'il distribua aux chevaliers qui l'avaient accompagné dans son expédition. Il confia à Goilefroid de Ville- Hanlouin , comme à son représentant , l'exercice de ses droits de suzeraineté |M>or en jouir jusqu'à ce qu'il envoyât un nouveau lieutenant choisi parmi les membres de sa lamille, en déclarant expressément que les pouvoirs confiés par lui k Ville- llardouin demeureraient héréditaires dans sa descendance si sous le délai d'une année II n'avait pas envoyé en Morée le membre de sa famille auquel il destinait sa succession. Afin de conserver la conquête et de la détendre contre toute attaque , on y organisa le ban et l'arrière-ban , comme cela se pratiquait dans le système féodal des Francs , « temps que les Assises de Jérusalem étaient adoptées « code devant servir de base et de règle à toutes les sentences judiciaires. En matières ecclésiastiques, au contraire , l'introduction du rit de l'Occident y lit bientôt prévaloir le droit canon avec les appels en cour de Rome.

Quand G ode froid de Ville-Hardouin eut agrandi et consolidé sa puissance par de nouvelles conquêtes ainsi que par sa prudence, il lui fut d'autant plus facile de i

eution le plu qui! trait eonço pour maintenir 1» souveraineté de le Morte dans sa famille, qntl rencontra de l'appui parmi ses rlipvalicrs et même parmi les faniillfs (l'arcliontes indigènes. Il réussit par la ruse à empêcher le chevalier Robert, envoyé par Champlitte en Morée, d'y arriver avant que le délai d'une année fût expiré; puis quand, après mirlc difficultés , «xlai-ci se trouva enfin au terme de «on voyage, il lui montra la convention formelle précédemment intervenue entre lui et ChampHtte, et se fit alors solennellement proclamer souverain delà Morée par ses chevaliers, four consolider encore mieux sa puissance, il se rendit maître de divers points importants, comme l'Acrocorinthe et le Haut-Argos, et mourut peu avant l'année 1216, emportant an tombeau les regrets universels. Son Ois atné , Godefroid II, fut créé prince à la suite de son mariage avec ta fille de l'empereur de Constantinopie , Pierre de Courtenay ; mais comme prince d'Achat» il demeura sous la suzeraineté de l'empereur. Des discussions et des querelles qu'il eirt avec le clergé l'empêchèrent de continuer j vigoureusement la guerre, et il mourut à la fleur de l'âge. Son frère Guillaume, qui hii succéda dans la souveraineté , reprit les armes contre les Moréotes non encore soumis, s'empara de Nauplie et de Moncmbasie , et soumit à son autorité Mélengos et Marna. En revanche, il eut aussi maille à partir avec les feudataires pos.;essionnés en dehors de la Morée, avec le grand-seigneur (meoaseyr) d'Athènes, Othon de Laroche, avec le marquis de Bododitza en Béotie et les petits princes de Négrcpont; querelles à la suite desquelles les uns et les autres furent d'ailleurs forcés de reconnaître sa souveraineté. Le grandseigneur d'Athènes, contraint d'abandonner lui aussi la cause du roi de France, reçut à cette occasion le titre de duc , que ses successeurs conservèrent jusqu'à la fin de la domination des Francs en Grèce. La part que Guillaume prit au» guerres soutenues par le despote d'Épiro contre Michel Paléologuc eut pour lui des suites plus funestes. H fut fait prisonnier par l'empereur, qui ne consentit à lui rendre sa liberté et la souveraineté de la Morée que contre la cession des trois importantes places fortes de Monembasie, de Maïna et de Leuctres. Il perdit encore davantage dans une guerre inconsidérément entreprise à quelque temps de là avec l'espoir de reconquérir les villes que force lui avait été de céder. Le dernier empereur latin, Baudouin II, forcé vers le même temps de se sauver de Constantinopie, ayant cédé la souveraineté de la Morée au roi de Sicile Charles d'Anjou, dans l'espoir de reconquérir avec son assistance le trône qu'il avait perdu, il surgit de ce côté des prétentions auxquelles il ne fut mis un terme qu'après la mort de Guillaume, par suite d'un mariage négocié et conclu entre Isabelle, sa fille, et Philippe, fils de Charles d'Anjou. La principauté d'Acliaïe, de* lors de plus en plus chancelante, demeura encore jusqu'au milieu du siècle suivant, et sous la suzeraineté do la couronne de Sicile, en la possession des descendants d'Isabelle de Ville- Hanlouin, qui à la mort de Philippe se remaria encore deux fois , la première avec Florent de Hainaut et la seconde avec Philippe de Savoie; circonstance qui plus tard fournit un prétexte aux princes de la maison de Savoie pour élever, eux aussi , des prétentions à la souveraineté de la principauté d'Achaie.

Le duché d'Athènes demeura jusque vers la fin du treizième siècle la propriété de la famille Laroche. Isabelle, fille de Guillaume, dernier duc de cette maison, ayant épousé Hugues comte de Brienne, il passa au lilsissu de ce mariage , Gaultier de Brienne, dans la maison duquel H resta jusqu'à ce qu'au quatorzième siècle les Catalans en firent la conquête.

Au nord de la Grèce , la mort prématurée du marquis Bonifacc de Monferrat , roi de Thessaloniquc , mort arrivée en 1207, avait d'abord rendu la domination des Francs rien moins que certaine. L'empereur latin , Henri de Flandre, se vit forcé d'entreprendre une expédition contre

Tliessalonique h l'effet d'assurer à Démétrius ,

désigné de Boniface , la paisible jouissance du droit lui contestait son frère aine. Le (lesj>ole lui aussi, qai dans une guerre malheureuse contre \ em* s'était vu enlever Dyrrliachiam , se lia bientôt après d'amitié avec l'empereur; mais cette amitié fut de courte durée, et, en contradiction avec les termes formels 4e son traité avec l'empereur, dont le frère Evslache devait à la mort de Michel hériter de la souveraineté île fÉ« pire, il désigna pour son successeur son propre Irère Théodore, qui vivait à la cour impériale de îficée. Théodore accrut en peu de temps sa domination par des extensioni de territoire faites surtout au nord. H repoussa les Bulgares , battit les forces combinées du prince d'Achaie et du duc d'Athènes en Tlicssalie, province qui tomba alors cornplétementcn son pouvoir. Pénétrant ensuite en Macédoine, il s'empara de Thcualonique, et se fit couronner empereur dans la cathédrale de cette ville ; après quoi, il céda le despotat d'Épire à Micliel Lange, qui bientôt après (1256) ea obtint la confirmation rte l'empereur de Nicée. Cependant, en 1530, Théodore reperdit déjà la plus grande partie dt ses conquêtes dans la guerre qui! entreprit contre les Bolgares, lesquels s'emparèrent de presque toute PKpire. U ne restait plus que Thcssaloniqne au fils de Théodore. Jea»; mais cette ville ne tarda pas non pins à être prise par fmliereur de Nicée, Vatacés, qui la concéda encore à Jean, à titre de despotat relevant de son empire. Le sueeessenr «le Vatacés, Michel Paléologuc, en reconquérant PÉpirc, se rendit maître du nord de la Grèce , qui depuis lors continua toujours à faire partie des États phi ces sous ia domination des Paléologues, jusqu'à ce qu'au i suivant les Albanais d'abord et les Turc quirent la plus grande partie.

Les Iles de l'Archipel, dont les unes avaient déjà M occupées antérieurement par les Vénitiens , et dont 1» autres ne l'avaient été que lors de la fondation de l'empire latin, se trouvèrent h peu de temps de là tellement menacées par les pirates, que le sénat de Venise iion-seolcineol arma aux (rais du trésor public une flotte destinée à protéger les cotes des possessions de la république dan» ls mer Égée, mais encore rendit en 1Î07 un décret autorisant les nobili et tous autres à entreprendre à leurs propres frais des croisières dans cette mer et des expédition* daa< l'Archipel, avec la garantie donnée à l'avanecque les eua (pietés qu'ils y pourraient faire leur resteraient entoute propriété sous la suzeraineté de la république. La flotte armée ai» frais de l'État s'empara d'abord de Corfou , alors au pouvoir d'un pirate génois appelé Léon Vetesani, et y fonda une colonie, qui comptait au nombre de ses membres du des principales familles de Venise; elle occupa ensuite le* ports de Modon et de Coron , et adieva la colonisation « Candie, cédée à la république de Venise par Booiface de Montferrat en échange de Thcssaloniqne. Pendant ce lemf* là, la mer Egée en était venue à être couverte de p?"'''" escadres appartenant à des nobles vénitiens et qui l*0"" rent avec succès la conquête des Iles les moins importantes. Cest ainsi que Marino Dandolo devint seigneur d'Andro*; Ghigi, de Ténédos, de Mykonc, de Scyros et de Scopelos; Pliilucales Navagero, de Lesbos; Pielro Giostimani et Domenico Michieie, de Zea; et un eertain Francesco, * Céplialonie et deZanle, lequel en enleva la souvrr.iinet à Venise, en les plaçant sous la suzeraineté du pn«« d'Achaie. Mais le pins puissant de tons ces petits dyn*» fut Mario Sanudo, qui s'empara de Plie de Naxos, a on en possession d'une grande prospérité. Il s'y fortifia a nof manière formidable, gagna les comrs des habitants en * portant point atteinte à la foi de l'Eglise grecque, «tajj leur secours étendit en outre sa domination sur fc* de Paros, d'Antiparos, de Santorin , d'Anspbe, de Cinw : *» de Milo , de Siphanto et de Polycandro. Alors il s* «J" indépendant de Venise, et finit par être reconnu P^ri ^ pereur de Constantinopie en qualité de doc

iadé|>codanl de tout l'Archipel. A ut mort (mo) héritier» conservèrent toute « puissance , bien Mot accordé aide et protection « l'empereur latte expulse 'If Gonstantinople , et que plus tant , adversaires dos l'aleologues, ils ne rn Hachassent tantôt eus -Génois , tantôt aux Vénitien*. C'est dans lu murs du seizième siècle set» leueat que l'Ile de Kaxos partagea le* destinées du resta de la Grèce et fut Incorporée a l'empire ottoman. Au coutraire, la domination de* dilférents notuli vénitiens sur les autre* Iles n'eut qu'une durée éphémère , attendu que dès l'année 1347 Y al aces de Nicée avait réuni à se» htats pluaienrc de «es Ile», telle» que Leabos, Mityiène , Schw, Samoa, learie et Cos. Inutile d'ailleurs d'ajouter que l'époque de la domination des hommes de l'Occident en Grèce fut l'une des plus tristes périodes de l'histoire de cette contrer. Se* forces matérielles se trouvèrent presque complètement épuisées a la suite de la conquête, par l'esprit de rapacité insatiable dont firent preuve les chevaliers et par leurs incessantes querelles intestines ; en même temps qu'en imposant aux populations vaincues leurs mœurs, leurs usages et leur langue , les envahisseurs les corrompaient et les démoralisaient toujours de plus en plus.

Au comnieneement du quatorzième siècle toute la Grèce , a l'exception de la principauté d'Acheté , du duché d'Athènes et de quelques F.tats insulaires francs, se trouvait de nouveau réunie sous les lois de l'empereur de Bysance. Les despotatsde Thessalie et d'Épira, comprenant la plus grande partie île la Grèce septentrionale et les districts du Péloponnèse cédés a Michel Paléologne par les princes d'Aohate, furent érigés en nefs relevant de l'empire et attribués en apanages aux princes de la famille impériale. Jusqu'à la mort d'Andronic le jeune ( 1341 } l'Épire et la Thessalie de meurèrent dans la famille du premier despote, Miciiel. Pendant les troubles provoqué* par la mort de cet empereur, et par l'usurpation de Jean Cantacimène , le kral de Servie, Stéphan Duscian, envahit la Macédoine, conquit In plus grande partie de l'Épire et de la Thessalie, prit le titre d'empereur, et octroya la souveraineté de l'Epire et de la Thessalie à Prolnpi» , l'un de ses généraux , tendis qu'il cédait à son frère Simon l'ÉtoHe et l'Acarnanie à litre de despotats indépendants. Après la mort de Stéphan Duscian et relie de l'rolopiis, Simon chercha à s'emparer de tout l'cfonbe; mais cette tentative loi conta son despotat, que

lui

un Grec d

Siréphore. Celui-ci s'en raient

maintint en possession jusqu'à sa mort, arrivée dans un combat livré contre les Albanais , qui à cette époque s'étendirent toujours de plus en plus vers le sud , et commencèrent par s'emparer de l'Étoile et de l'Acaroî

île la partie septentrionale de <la Grèce; mois il ta céda au fds de Prolupus, appelé Thomas. Celui-ci eut à soutenir des luttes continuelles contre les Albanais ; par m conduite lyramiiqne il provoqua une insurrection générale doses sujets, et périt en 138», en cherchant a la comprimer. 8a veuve épousa l'année suivante fctaus, comte de Céphalonie, qui réunit entre ses mains ta souveraineté de l'Epire et de la ilwasalieetqut sut préserver ses États des irruptions des Albanais en épousant, après la mort de sa première femme, ta Mie de Pua de leurs plus puissants clicls, Sxalae, Mais tout aussitôt après sa mort ( 1407 ), les Albanais reœmmencèrent leurs Irruptions, chassèrent du pays Spuros, le successeur dTzaus, et oeeupèrenl toute l'Épire jusqu'àce qu'en 1433, après une résistance acharnée et vaincus par le nombre, ils durent céder la place aux Turcs, cemmaudés par Moured II et par Uaja/et 1". 11 n'y eut alors qu'un trèe-pelit nombre d'Épirotes qui, sous lesordres de l'héroïque Scanderbeg, eeneervèrent encore pendant quelque vingt ans leur indépendance, jusqu'à ce qu'en I4B7, a la suite de l'épuisement complet des populations et- de la mort subito deteur hémiquc chef, celte

devint à son tenr la proie

pas à tomber dans le plus déplorable état d'e

Le duché d'Atiiènes, après avoir éprouvé les les (dus diverses et subi de nombreux changements de : ver a in , eut le même sort que l'Épire. Le troisième et dernier doc de ta maison de JJrieune trouva la mort dans oa combat soutenu contre les Catalans, entrés dans l'empire de Hyzance nu commencement du quatorzième siècle coioaae troupes mercenaires auservicede l'empereur Andronic l'ancien, contre les Turcs. Le suppliée de leur chef, Hoger de Ijdlor, qui eut lieu, par ordre de l'empereur, à Andvinoplç, détermina ces catalans è se révolter; et alors, ewis le nom éeGrand* Coin pn gn te ca taïaut, ils pan o u rurent I em p i re en le dévastant. Après une inutile attaque contre Thessaloniq ne, ils envahirent la Thessalie, traversèrent ensuite la Itéolie et l'Attique, où ils combattirent d'abord en qualité de mercenaires les ennemis dodue, les seigneurs de Pairaset d'Arta ; mais plus tard, mécontents do lot qui leur avait été assigné dans le partage des conquêtes, ils tournèrent leurs armes contre le duc loi-même, s'emparèrent d'Athènes et de Thèbeset proclamèrent duc l'un de leurs chefs, Hoger Deslau.

vrai; mais è sa mort il se présenta un si grand nombre de concurrents pour hériter de aa puissance, qu'Us se décidèrent è céder le duché au roi de Sicile, Frédéric, qui le lit gouverner par ses lieutenants. Dès avant la lin du quatorzième siècle, une guerre qui éclata entre le Florentin Heniero Acciajuoli, vers cette époque souverain de Corintlie et de quelques autres districts de la Murée, et la comtesse Hélène de Sonia, qui avait des possessions en Altique et en Béotie, mit tout à coup An à In domination des Catalan» en Attique. Alliés de la comtesse, ils furent vaincus dans une bataille décisive par Reniero, en faveur de qui s'étaient déclares les Génois de Négrepont, et en 13H6 force leur futd'abandonuer Athènes etThèbes à leurs vainqueurs. A sa mort, Reaiero Acciajtioli céda aux Vénitiens Athènes, que déjà les Turcs serraient de près; mais son fils Antonio, qui dans l'héritage paternel n'avait eu pour lot que les possessions situées en Itèotio, In leur enleva presque aussitôt, et chercha à s'en assurer la

étant venu a mourir sans laisser d'héritier mêle, un de ses parents. Neno, s'empara «le la souveraineté à Athènes, que loi disputa encore | rendant quelque temps son frère Antonio, tandis que vers l'année 1436 les Turcs s'eropa-

l'hèbes et de toutes tes possessions de la Arciajooli situées en UéoUe. Son Ois Francesco lui i tous la protection du sultan; mais en taisant assassiner son beau-père, coupante d'avoir visé A la puissance suprême, H fournit au sultan un prétexte pour se déclarer contre lui. Une armée turque, commandée par Orner-Pacha, arriva sons les mursd Athènes, contraignit leduc, après la plus héroïque résistance, à capituler, et en 14M reunit tout le duché a l'empire ottoman. Ko 1467, les Vénitiens, commandés par Victor Gapeilo, ocoupèreut encore une lois Athènes <* la suite d'une surprise ; mai» les Ostnanb» la leur entovèreht presque aussitôt après, et eu restèrent alors maîtres jusqu'à l'époque des guerres survenues plus tard entre Venise et la Porte ottomane.

C'est aussi vers ta 'même époque que fut accomplie la soumission de la Morée, ou la principauté franque d'Aehaie et les despotats de Corinthe et de Larédémone avaient encore prolongé leur misérable existence. La principauté d'Aclwïe était restée dans la famille Ville-Hardooin, ligne féminine, jusqu'à Robert, prince de Tarante et d'Aehaie; pois elle avait passé comme legs à son épouse , Marie de llourben , à la mort de laquelle elle échut au duc Ixmis do Bourbon , qui la transmit à divers petits princes de Morée. Mais pendant ce temps-là la maison de Savoie avait aussi lait valoir ses prétentions à la possession de l'Achaie; et Marie de Bretagne , veuve de Jacques de Savoie, prince île Piémont, avait, sans antres formalités, disposé de la (irinétpanlé tout entière en laveur du grand-martre de l'ordre de SnJot-Jean de Jérusalem ,

524 GRÉ de Hercdia. Allié avec les Vénitiens, celui-ci essaya d'en disputer la souveraineté aux Turcs, il réussit , a la vérité, à s'emparer de Patras; mais fait prisonnier bientôt après, à la suite d'on combat malheureux, il lui fallut racheter sa vie au prix de sa conquête. Plus tard , les l'iémonUis tentèrent bien a diverse* reprises de s'établir en Morce; ruais il leur fut inqwssible de résister à la puissance toujours croissante des Osutanlis. Les despotats de CoriDthe et de Lacedémone lurent ceux qui tinrent le plus longtemps. La couscience de sa faiblesse avait déterminé le despote Théodore h céder Argos aux Vénitiens et Corinlhe avec I-acédémone au grand-maltre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Mais comme cette contention déplaisait lieaucoup aux habitants, la déroute essuyée en 1402 près d'Ancyre par Bajazet l*r parut à Théodore une circonstance qui lui permettrait encore de conserver ses États; il reprit donc l'exercice de la souveraineté , qui passa d'abord A son neveu Théodore, et de celui-ci à Constantin Paléologue, lequel, comme empereur, la céda à ses deux frères Démétrius et Thomas, dont le premier résidait à Miathra et le second à Corinthe. Tous deux, après la chute de Coaslantmople, achetèrent la possession ultérieure de leurs despotats au moyen d'un honteux tribut payé au sultan , lequel, à peu de temps de là, sous prétexte «le les protéger contre les irruptions des Albanais, envoya un corps de troupes en Moréc. Malheureusement pour eux, les deux despotes se laissèrent induire eu erreur par les rumeurs qui représentaient une coalition des puissances de l'Occident contre les Osmanlis comme un lait sinon déjà accompli, du moins imminent , et crurent alors pouvoir prendre une attitude hostile à l'égard du sultan , en même temps qu'ils s'abstenaient de lui payer le tribut convenu. Aussitôt Mahomet II, envahissant en personne la Morée, dévasta l'intérieur de la presqu'île, et contraignit en 1*57 les despotes, rédoits à fuir devant ses armées, à signer un ignominieux traité, par lequel ils abandonnaient au vainqueur la paisible jouissance de toutes ses conquêtes. Ils conservèrent ainsi pendant trois ans encore la plus misérable des souverainetés ; mais alors un nouveau refus de leur part ou leur impuissance d'acquitter le tribut détermina Mahomet à entreprendre une seconde expédition en Morée. Démétrius se soumit à la première sommation ; tandis que ce ne fut que l'épée à la main, et seulement l'une après l'autre, que Thomas abandonna au vainqueur l'Achaie, l'Élide, l'Arcadie et Lacedémone. Il tint encore puis d'une année dans une petite forteresse située sur la cote occidentale, et qu'il n'abandonna qu'à toute extrémité (tour aller chercher un asile en Italie. C'est ainsi qu'en 1400 toute la Morée, à l'exception de quelques points occupés encore par les Vénitiens et des gorges ou défiles les plus impraticables, tomba au pouvoir des Osmanlis.

La conquête dos possessions vénitiennes et des Iles de l'archipel, dont les unes étaient gouvernées par quelques chefs de familles aristocratiques de Venise et tes autres par le duc de Naxos , offrit autrement de difficultés aux Turcs. Diverses attaques qu'ils dirigèrent contre les Iles de la mer Egée n'eurent que des succès partiels. Motion, Coron, Argos, Kapoli di Roinania, et quelques autres points importants demeuré; au pouvoir des Yunitiena devinrent tout de suite le sujet des hostilités qui éclatèrent alors entre la république de Venise et le sultan. Dès 1461 Omer-Paclia dévasta la contrée qui avoisine Lépante, et s'en vint attaquer Coron et Modon, pendant que Josué, autre général des années de Mahomet II, sVm|>arait d' Argos par trahison. En 1463 les Vénitiens armèrent en conséquence une flotte placée sous les ordres d'Alvisio Loredano et portant 25,000 hommes de troupes de débarquement .commandées par Iicrtoldo d'fcstc, lequel avait ordre d'entreprendre le siège d'Argos, et s'empara effectivement de cette ville après une courte résistance Agissant de concert avec la flotte de Loredano, Este rétablit les fortifications détruites ! dHexaimlioD, et se disposa eosoilu à envoyer une partio de '

ses forces dans l'intérieur de la Morce, à l'effet de les mettre à l'épreuve en leur faisant entreprendre les sièges de Misthra et de Léoodari, tandis que lui-même, à la tète du gros de son armée, irait assiéger Corinthe. Sa mort, sous les murs de cette ville, eut pour résultat la levée du siège ; et dès lors la guerre dégénéra de part et d 'autre en brigand a*;»** et en dévastations. L'année suivante s'écoula ainsi tout entière sans être autrement signalée que par quelques mutiles attaques tentées par les Vénitiens contre Mitylène, dont les Turcs s'étaient emparés en 1461, et contre Sparte. Ce fut au printemps de l'année 1AG0 seulement que le successeur <1e Loredano, Victor Capello, donna un caractère plus énergique aux opérations dont la mer Egée était le théâtre. En peu de temps il s'empara successivement de l'Ile d'Eubée, de Larsus dans le golfe de Salonique, dlmbros et même d'Athènes; mais il perdit la meilleure partie de ses forces dans une attaque malheureuse tentée contre Patras. Cette circonstance, jointe aux guerres que les Turcs avaient à soutenir en Épire, fut cause que dans les trois années suivantes il ne fut rien tenté de sérieux de part ni d'autre. Ce fut seulement lorsqu'il eut conclu la paix avec les montagnards de l'Épire, que le sultan se trouva libre de tourner toutes ses forces contre les Vénitiens. Après s'être emparé de Ifle d'Eubée, Il ouvrit aussitôt des négociations pour la paix : elles se poursuivirent au milieu même des hostilités et n'aboutirent, en 1478, qu'à la conclusion d'une trêve. Onze années plus tard Bajazet recommença ta guerre, et dans l'espace de deux années s'empara de Lépante, de Modon, de Coron et de Navarin, tandis qu'il employa encore inutilement deux autres années à essayer de réunir à ses États Kapoli di Romania, la dernière possession qui restât à la république de Venise sur le sol de la Grèce. En conséquence, nn traité de paix fut conclu en 1503, aux termes duquel les deux parties contractantes conservèrent leurs conquêtes respectives , lesquelles, pour Venise, se bornaient n Cephaionie et à quelques petites Des de ta mer Egée. Mais ce qui prouve combien peu c'était là une paix solide et durable, ce sont les démêlés continuels qui eurent lieu entre les deux puissances dans ta période de temps suivante, signalée par ta conquête des Iles de l'Archipel, dont les unes avaient jusque alors échappé à la rapacité turque, grâce aux formidables ouvrages de défense qui les protégaient et à la bonne contenance des garnisons, comme Rhodes et Naxos, et dont les autres demeurèrent épargnées beaucoup plus tard, encore à cause de leur minime importance.

Depuis le commencement de la domination turque jusqu'à la fin de la guerre de l 'indépendance. La paix conclue en 1503 avec Venise avait consacré le droit île souveraineté des Turcs sur ta Grèce; elle eut aussi pour résultat de substituer peu à peu dans ce pays les mœurs et les usages turcs tant dans ta vie publique que dans ta vie privée, ainsi que d'en bannir les derniers vestiges de ta civilisation européenne. C'est à cette époque que se constitua la Grèce moderne , en ce qui est de ta langue, du caractère national et des mœurs, et où elle dépouilla complètement les derniers lambeaux du génie grec, qui s'étaient encore conservés à travers tout le moyen âge. La situation des Grecs à l'égard de leurs nouveaux maîtres , les Turcs, ne fut point d'abord aussi opprimée qu'elle le de vint plus tard ; et jusqu'à ta mort de Soliman 1" notamment, la Grèce souffrit bien moins de la domination torque que d'être devenue une pomme de discorde entre la Porte ottomane, et les puissances maritimes de l'Occident. Les parties de ta Grèce demeurées encore indépendantes ou bien au pouvoir des Vénitiens furent, à partir de 1 522, conquises par les Turcs à la suite de diverses guerres heurenses. Le traité de paix intervenu en 1573 entre eux et les Vénitiens, et qui ne laissa à ceux-ci que quelques forts sur la cote d'Albanie, Candie et les Iles Ioniennes, compléta ta soumission de la Grèce aux Turcs. Elle devint alors tout à fait une province turque, gouvernée par un beglerbeq. Suivant l'usage turc, elle fut subdivisée en un certain nombre (ta *and*

GRECS

jaks dont le plus Important était celui de la Morée, nistré par un bty. Dans les Cyclades, la Porte se coutooU d'abord de prélever uu tribut annuel et fixe. Mais les attaques fréquentes dirigées contre ces tics par les cl>evalier« de Malte changèrent ce paisible état de choses; et il en résulta que les Cyclades demeurèrent de fait indépendantes, n'acquittant un faible tribut que lorsque lecapitan-pacba apparaissait avec toute sa flotte dans les eaux de la mer Egée pour les contraindre à déférer aux ordres du sultan. Une guerre nouvelle qui éclata entre les Turcs et les Vénitiens, et qui dura depuis 1645 jusqu'à 1CC9, enleva à ces derniers la possession de Candie. Les Vénitiens prirent une éclatante revanche dans la guerre suivante (1687-1099), qui leur valut la possession delà Morée. Lit peu du temps ils réussirent à prolongement modifier U situation de cotte contrée par les routes, les édifice et les ouvrais du defenscqu'ils y construisirent, cl aussi par l'administration r.-^uliere, mais despotique, qu'ils y introduisirent. Cependant ils re|>erdircnt la Morée dès la guerre nouvelle qu'ils déc larèrent à la Porte, en 1 7 1 5, et aux termes de la paix de PossarowiU ils durent la céder aux Turcs ainsi que quelques autres points. La Grèce se trouva de la sorte encore une fois complètement turque; elle fut alors divisée en pachaliks et soumise à l'autorité du Rumeli- Valltssi (grand-juge de la Roumélic), tandis que les trente- Iles de la mer Egée étaient nominalement placées les attributions administratives du capitan-pacha et d'autres fonctionnaires turcs ; mais en réalité la Porte les leur abandonnait, pour les exploiter de leur mieux et à leur profit personnel. Un tel système administratif ne tarda pas à devenir des plus oppressifs, surtout en raison de l'état de faiblesse intérieure de la Turquie. La Porte était réduite à se contenter du tribut annuel que lui envoyaient les gouverneurs, sans exercer aucune influence sur les procédés employés pour le prélever, non plus que sur la manière dont le pays était administré. Qu'on ajoute à cela la vénalité des fonctionnaires et leurs fréquents changements, l'arbitraire qui présidait à la répartition de l'impôt et les moyens tyranniques et vexatoires employés ponr le faire rentrer, et on ne sera pas surpris d'apprendre que l'administration de la Grèce sous la domination turque offrait le plus effrayant exemple de la mise en pratique d'un système d'épuisement à jet continu. Par suite de ce système, et aussi en raison de ce que la plus grande partie de la propriété foncière en était venue à «e trouver concentrée entre les mains des Turcs , il se produisit une paralysie complète de la force de production dn pays; la seule compensation que les Grecs trouvassent pour un pareil étal de choses, c'est que leurs maîtres leor abandonnaient complètement le commerce; or, dans cette voie laissée à leur activité il y avait un moyen de salut pour leur nationalité. De toutes les parties du pays, celles qui soutiraient le moins étaient encore les lies , lesquelles, loin de leurs gouverneurs et placées immédiatement sons des autorités choisies par elles-mêmes , n'étaient pas exposées à tant d'actes arbitraires et oppressifs que la terre ferme et en étaient quittes pour l'acquit d'un tribut annuel, a'élevant en tout à 300,000 piastres environ. Cependant, dans de telles circonstances, la nationalité grecque eût nécessairement fini par succomber, si le pays n'avait point conservé deux institutions essentielles : son Eglise et sa religion grecques, avec une organisation communale tout à lait indépendante. Cest leur religion qui seule pouvait encore donner aux Grecs l'espoir d'un mcillenr avenir, qui leur inspirait le courage névessaire pour supporter les misères et les calamités du temps présent; c'est l'Eglise qui seule avait encore conservé une espèce de juridiction sur ses coreligionnaires ; c'est elle seule qui, par l'intermédiaire du patriarche et du saint synode k Consianlinople , défendait encore leurs droits devant la Porte ; seule elle offrait un point central de réunion aux divers éléments de la nationalité grecque; et l'influence qu'elle exerçait sur les affaires inté rioures de la nation était d'autan influence était tout k la fois

po q .

qui est de l'organisation < obéissant k des primats de leur choix, elle éveilla parmi eux l'esprit de l'indépendance; le besoin de se gouverner par eux -mômes devint un obstacle a leur fusion politique avec les Turcs, en même temps qu'elle devait plus tard servir de base k leur régénération politique. N'omettons pas de mentionner encore les armatoles, les klepbtes et les Fanariotes au nombre des causes qui contribuèrent essentiellement au maintien et k la conservation de l'élément grec. Une circonstance qui exerça aussi une immense influence sur la régénération de la Grèce, ce fut ce besoin d'instruction qui s'y manifesta partout k partir du dixhuitième siècle, ainsi que l'extension de plus en plus grande que prirent les relations commerciales de ce pays. Ce furent des négociants grecs qui fondèrent en Turquie même les premiers établissements grecs d'instruction publique qu'on eût encore vus; créations auxquelles les Turcs imposèrent d'abord d'assez gênantes restrictions, mais qui vers la lin du dix-huitième siècle, et grâce à l'appui de la Russie, prirent toujours plus de développement.

C'est là ce qui (ait que dès l'époque de Pierre le Grand les Grecs s 'étaient pris à considérer la Russie comme leur protectrice naturelle, comme la puissance de laquelle ils devaient attendre leur affranebissement. Le règne de l'impératrice Catherine II exerça une influence décisive sur les destinées de la Grèce, parce que cette princesse fut la première qui chercha à réaliser les projets de conquête au sud conçus depuis longtemps en Russie. Elle songeait sérieusement à les mettre à exécution, lorsqu'en 1768 la Porte, prévenant ses intentions, lui déclara la guerre ; à ce moment déjà la Russie fit d'immenses efforts pour déterminer les Grecs k se soulever. L'émissaire russe Pappas-Oglou échoua pourtant dans les menées secrètes dont il fut chargé à cet effet; et ce fut seulement lorsqu'une partie de la flotte russe, partie de Cronstadt pour la Méditerranée, vint débarquer le 2» février 1770 à Vitylo, en Morée, sous les ordres de Féodor Orloff , et prit possession de divers points stratégiques , que les Grecs s'insurgèrent en Morée et même au nord de la Grèce, notamment à Missolonghi, et «Uns les Iles. Mais l'affaire prit bientôt une tournure fâcheuse, car les Albanais recrutés par la Porte reprireut Missolonghi, où ils égorgèrent toute la population mâle, et battirent les Russes en Morée A la suite de ces désastres, la soldatesque turco-albanaise se livra k l'égard des Grecs, maintenant abandonnés, aux actes de la plus hideuse férocité: 8,000 Albanais promenèrent le fer et le feu dans toutes les parties de la Morée, taillèrent en pièces le corps russe chargé de l'occupation de Modon, et marchèrent ensuite sur Navarin. A ce moment, Féodor Orloff, démoralisé, se rembarqua en toute lutte avec les débris de son corps de débarquement, et abandonna les malheureux Grecs k leur sort. La destruction de la flotte turque k Tschesmé par Alexis Orloff n'eut point d'ailleurs de conséquences durables pour la Grèce. L'expédition entreprise pour seconder son affranchissement aboutit donc k un avortement complet; et quelques stipulations insérées en laveur des Grecs dans le traité de Koutschouk-Kainardji (amnistie générale, libre exercice de leur culte, liberté de voyager à l'étranger) en Turent les uniques fruits. Mais la Porte était elle-même dans l'impuissance d'observer ces stipulations; et les bandes albanaises qui avaient replacé la Morée sous la domination turque, les considérant comme nulles, traitèrent alors en pays conquis la Grèce, qui pendant neuf années fut abandonnée à leurs brigandages et k leurs exactions. Pour y mettre un terme, il fallut que la Porte prit les mesures les plus énergiques, et le 10 juin 1779, à Tripolitza, Hassan-Pacha anéantit presque complètement ces hordes sauvages. La Grèce, pendant si longtemps victime de leurs dévastations et de leurs cruautés, put enfin respirer; et la tranquillité intérieure dont il lui fut donné de jouir alors , en ranimant son commerce, lui permit de se remettre peu k peu des terribles épreuves par lesquelles elle venait de

036 GRÈCE

la guerre qui ne tarda point à éclater de nouveau entre les Turcs et u-s Rusées, les Soutiotes et les Chimariotes , d^jà engages dans une lutte a mort contre Ali , pacha de Janina, prirent les armes contre la Porte, à l'excitation des agents rusies. Néanmoins , abandonné* et sacrifiés encore une fois |var la Russie, Ion du traité de paix conclu à Jassy le 9 janvier 1792, il leur fallut continuer seuls la guerre, qui se termina la même année, parce qu'ils obtinrent de la Porte qu'elle les déclarât indépendants du pacha de Janina. Le seul avantage que la paix de Jassy valut aux Grecs fut la confirmation des clauses déjà insérées à leur profit dans le traité de Koutschouk-Kaïdardjf et l'autorisation de naviguer librement sous pavillon russe.

Pendant la période de paix qui suivit alors , le commerce de la Grèce, notamment dans les Iles, où le joug ottoman se faisait moins sentir, prit un essor prodigieux. Beaucoup d'écoles grecques furent alors fondées, tant dans les villes grecques de la Turquie elle-même qu'à l'étranger. Les terribles agitations politiques auxquelles l'Europe se trouva ensuite en proie ne manquèrent point d'avoir Icui contre-coup en Grèce, où elles reveillèrent avec une énergie nouvelle l'idée de l'indépendance nationale. Des hommes tels qu'Alexandre Maurocordatos Palné , Alex. Ypsilanti l'aîné, Anl. Gazis et surtout Rhigas, de qui provint l'idée première de Yhétaitie, embrassèrent cette idée avec une chaleur qui promettait dès lors les pins brillants résultais pour peu qu'on apportât plus de prudence dans l'exécution de IVuvre. Mais le supplice de Rhigas (1793) déjoua mo ment au Guérit les projets conçus pour l'affranchissement de la Grèce. Bientôt après, la guerre éclata de nouveau entre Ali, pacha de Janina, et les Souliotes ; elle donna le signal an renouvellement des scènes de férocité et de barbarie , aux actes de brigandage et d'impitoyable dévastation qui avaient signalé la lutte précédente, et aussi de la part des Grecs aux mêmes actes do courage héroïque et d'admirable dévouement à la patrie. Après avoir duré pendant plusieurs années, elle se termina en 1804 par l'anéantissement presque complet de la population souliote et par la soumission entière de l'Albanie, placée désormais sous l'autorité d'Ali. Celui-ci réussit en outre à se débarrasser de ses autres ennemis les uns après les autres, de sorte qu'eu 1810 il se trouvait en fait maître de la plus grande partie de la Grèce septentrionale et avait même pu prendre pied en Morée. Gardiki, qui osa lui résister en (si?, paya sa résolution et son courage du massacre de la majeure partie de sa population, et Parga seule continua bravement à lutte i jusqu'en 1819. Plus les affaires avaient pris une tournure factieuse pour les Grecs, et plus il y avait pour eux Je motifs de consolation et d'espoir dans les progrès incessants de leur développement intérieur. A coté des établissements d'instruction publique, on vit surgir alors une nouvelle littérature nationale, qui , préparant l'œuvre de l'affranchissement de la Grèce, acquit bientôt une haute importance politique. En outre , la prospérité du commerce grec était toujours en voie de progression; et dès 1813 la marine marchande grecque comptait environ G00 bâtiments en partie bieu armés et montés par 2,000 matelots. Ainsi se formait une pépinière pour la future guerre maritime ; de même que, de retour dans leurs foyers, les Grecs qui avaient pris du service dans les armées française, anglaise ou russe, y rapportèrent l'esprit militaire ainsi que des idées mieux mûries sur le- moyens à employer pour améliorer la situatiou (lolitique de la Grèce. La nouvelle hètairie, dont on |>cut reporter la créatiua à l'année 1814, contribua surtout à préparer le soulèvement «1« la nation contre ses oppresseurs. Ce fut d'ailleurs le congrès de Vienne qui en provoqua indirectement la naissance, en trompant l'espoir que la Grèce avait dû concevoir de voir enfin les grandes puissances s'occuper d'améliorer son sort, et en ne lui laissant plus d'autre alternai»* que l'emploi de la force pour arriver à son alfraQdiisseiuent. L'hélairic, dont à l'origine le centre diction était au sein même des États russes, se pro|«-

gea rapidement en Grèce de même que dans toutes les viOes commerçantes de l'Europe et de l'Asie où les Grecs avaient pu fonder des établissements. Dès 1817 elle comptait dans ses rangs tous les primats les plus importants, ainsi que les principaux d'entre les armatoles et les klephtes; et elle avait des affiliés dan» la plupart des communes. La fermentation croissait donc de jour en jour parmi les Grecs. Les klephtes du nord de la Grèce, notamment les Souliotes , à qui Ali-Pacha s'était adressé dans la position critique où il se trouvait maintenant, crurent qu'une alliance avec lui était le meillenr moyen à employer pour la réalisation de leurs projets. Cne réunion d'affairistes, tenue en novembre 1820 à YosMzza, s'était déjà préparée à une prise d'armes; puis elle en était venue à penser que l'heure favorable n'avait pas encore sonné, quand la mort de Phospodar de Valadiie Sonfto, arrivée le II février 1821 , fit éclater l'insurrection au moment où on s'y attendait le inuùu. Georgakis, colonel valaque, l'un des plus ardenU Itétairistes, à qui Alexandre Ypsilanti le jeune, alors chef de l'hétairie , avait confié le soin de préparer les voies à l'insurrection en Valachie, crut l'occasion favorable venne, et aussitôt après la morl de l'hos|M)lar envoya le Valaque Wladimiresko dau» la petite Valachie à la tête de 180 hommes, en le chargeant de soulever cette contrée. Hais ce perfide agent avait un but tout autre. H promit au peuple des campagnes de l'ai franchir du joug que faisaient peser sur lui les princes et les l>oyards grecs , réunit de la sorte une grande masse de pan dours, et marcha a leur tète sur Bukaresl, uns autre întention que de s'y faire proclamer lui -mémo hoepodar Ypsilanti , qui ne se doutait nullement de la directiou qu avait prise l'insurrection, franchit le Prutli dès qu'il en recul la première nouvelle, et entra le 7 mars à Jassy, où il appela toute la population grecque aux anues contre les Tares, et où il parvint à réunir en peu de temps des forces asset considérables ayant pour noyau un escadron dit sacré , et composé de jeunes Grecs enthousiastes, accourus aussitôt de tontes les parties de l'Europe. Mais la résistance que cette entreprise rencontra de la part du boyard valaque, k desavuxi officiel de la Russie, l'indécision, l'absence de plan, le manque d'habileté et d'énergie avec lequel elle fut conduite par Ypsilanti la firent complètement avorter. Les Turc» ne lurent pas plus lot entrés en Valadiie, qu'ils battirent les insurgés cts'cmparèreat de Galacz ut de BukaresL Enfin, la bataille livrée a DragascliAn anéantit l'année des insurges. Us tinrent uu peu plus longtemps en Moldavie ; mais à U suite de la défaite qu'us essuyèrent le 20 juin (à Skuleat) et de la mort de l'héroïque Georgakis dans le couvent de Sekka (26 août 1821), il ne leur resta plus d'autre alternative que de se soumettre.

Pendant ce temps-là, l'insurrection avait cgi en Morée au commencement d'avril 1321, et elle y avait i pour principal chef et instigateur l'ardievéque de Gcnnanos. Les débuis en furent des plus heureux. Les insurgés, dont les chefs étaient Tbeod. Kolocotroni et Pietro Mauromkhalis, eurent l'avantage dans diverses rencontre» .avec les troupes turque»; ju se m parèrent de plusionrsvgles, et, sous la dénomination 'de sénat de A/ffssdnfn» eomtitui renta Kalamata une espèce d'assemblée nationale, qui eoeamença ses travaux le 0 avril, s'occupa tout de suite d'organiser l'insurrection, et fonctionna comme gniieef —il Mais îles la lui d'avril et le commencement de mai le» 1 reprirent partout l'offensive, il> repoussèrent le* i dixeis points, reprirent les villes d« Patres, de 1 d'Argos, et livrèrent les deux premières au fer et an Divers avantages remportes par les insurgé» en Moree i i eut le. courage des populations grecques, et le neux venieiuenl provisoire établi par la aanai meilleure organisation administrative à la partie d» territoire national au pouvoir de llitsurroetiou. Le mmrve salait produit en même temps dans lie Iles Dès le ran t d'avril, Speizia, Psara «t Il y dru proclamaient leur «•dépendance ; et une escadre d'insurgés commandée par Ton»-

GRECE

basis, décidait la autres ll«a, a l'eseoption de Cbies, a se déclarer un favtiur de l insurrection. Au nord -ouest delà Grèce, les Souliote-s consolidèrent leur» nouvelles conquête.»; et au nord-est, I* Phocide, la Béotte et l'Atttqoe « mirent complètement an tosaireoUon, tandis qu'Athènes tombait au pouvoir dus insurges, qui bloquaient étroitemcfit la garnison turque de l'Acropole. Le mouvement no propagea su delà même de» Tlwruiopyles; à Magnésia et an Macédoine, oo courut su» au» Tue*». La Porte était encore fort imparfaitement renseignée sur lecaractereei la portée de l'insurrection, •{uaïul ses yeux se dessillèrent par suite de ia découverte, a Uouslantmople même, d'une conspiration avant pour but d'iacendier la flotte et l'anomal, d'assassiner le sultan et de distribuer des armas à la population grecque. Des massacres effroyables, exécutés par la populace turque dans les parties de l'empire habitées par des Grecs, et surtout a Con>taolmople , massacres dont on évalue les victimes a .10,000, qui dtu-èreot trois mois, et dans lesquels périrent égorges les hommes les plus considérés et le* plus importants de la uauoo grecque, furent la suite de cette découverte, l-a Porte, redoutant qu'il n'e* résolut pour elle un conflit avec la Russie, renforça en toute bâte son edectif mtiitaire au nord, et par là dégarnit ses provinces méridionales; cir constance qui servit admirablement 1 insurrection grecque. La Hotte de l'amiral grec Torobasis Itattit le s jum, dans les eaux de Mitylene, la Hotte turque, tandis qu'une antre escadre grecque déterminait Missolonghi, Anatolicoet par suite IKtolie ainsi que l'Acarnauie à faire cause commune avec l 'insurrection. Vers la même époque, c'est-à-dire à la tin de juin 1821, Demetrius Ypsilanti arriva en Morée; et sou arrivée fit tout aussitôt éclater la discorde parmi le» ebeJs de Viasurratioa, jusque alors si unis. A ce moment les Turcs ne possédaient plus en Morée que neuf places loties, et bientôt même, sur ce nombre, ils en perdaient trois, Navarin et Monembasia par capitulation , et Tripoltzxa à la suite d'un sanglant assaut. Toutefois, la cause grecque prit des la lin de 1»JI une tournure tacbeuse eu Matée. Le» attaques tentées sur fatras et Nauplie ecliouérent complètement ; te desordre, la misère, la lamine et te découragement allaient toujours croissant dans les rangs des insurgés.

de la Grèce, l'insurrection lit des progrès

du corps d'armée turque réuni pour agir contre le pacha de Jamna, conserva une sopcriorité marquée, malgré, leur bravoure bien connue , sur le» SouMoteSy commandés par Marco Botzaris, et »'la lin de cette même année il avait réduit tes Souuotes à se tenir sur In défensive à la suite de diverse* attaques tonjoors repoussées avec succès.

Au nord, tes «Kaires des insurgés allaient encore pins mal. Dès le mois de mai, Us y perdaient successivement fa Livadte et Thèbes , et ils éctraoateat dan» leurs efforts pour empêcher la prise tle Magnésia, livrée pur le» vainqueurs su pillage et a l'incendie. De même, l'insurrection «les moines du ment Athée et des. kteptitee de Maccdmne échona complètement et se termina parla soumission absolue de la presqu'île de Chaleidiee.

I^es dermers mois de la première année de l'insurrection m; furent signalés par aucun événement important, et l'avenir ne se présentait pas pour elle, à beaucoup près, sons un aspect plus favorable. Elit! manquait tout k la fois et «l'armée, et de trésor public t et d'un cher capable de donner te mouvement en même temps «nie «le lui mrnrimer une direction unique) or, rassemblée nationale convoquée par Dé* mélrius Ypsilanli fut impulsante a les lui trouver. Kn ootre,

contre ce mouvement ; la France observait une stricte neutralité, tandis que l'Angleterre , à censé de ses Ile» Ioniennes, faisait preuve d'une Itostilité manifeste. Mais ce qui était encore plus fatal que fout fera, c'étail In disconte qui chaque jour faisait pins de progrès parmi les Grecs, et qui provenait surtout de rtasiihordination que les dWérenls chefs en campagne, chacun d'eu» prétendant alors

agir a sa gurse. Il y avait donc

une direction commune et unique a l'insurrection et a ses effort»; d'eu on esprit d'intrigue et d'egoisme qui se manifestait partout , provoquait des tentatives isolée» presque tonjours malheureuses, de» accusations et des récriminations sans in, voire même la guerre civile et jusqu'à des acte» de trahison, et qui les années suivantes précipita ce malheureux pays dans toutes les horreurs de l'anarchie. C'est ainsi que

tionale, puis promulguée au commencement de f 822, constitution comme sous le nom île loi organique (f Êphiaure, composée de 10? articles , et rédigée dans un esprit très-libéral , mais contenant un grand nombre de dispositions tout à fait inapplicables en raison de l'état encore si peu avancé du pays, ne fut jamais exécutée; et que le gouvernement qu'elle institua avec Mauroeordatos à sa tête, n'exerça jamais la moindre Influence. C'est ainsi , entra, qu'a l'assemblée nationale qui sVwvrltà Astres, an moi» de mars 1813, on ne vit régner parmi le* chefs que la plus complète désunion. Le parti militaire, ayant a sa tête Kolocotroni , Ypsrlanti et Odysseus, voulait établir un gouvernement militaire et absolu. Ce projet échoua , parce que le parti opposé, h la tète ditque» étaient Pietro Mauroorichatis et Mauroeordatos, et qui était aussi le plus fort , réussit à faire nommer te premier, président, et le second, secrétaire de la commission de gouvernement Quant aux opérations de la guerre, les Grecs, par suite de ces cause» différentes, durent plutôt dans tes années 18OT et 18M éprouver des perte» que faire des progrès. C'est encore en Morée, ou Kolocotroni commandait en chef, que les affaires allaient le moins mal. Il nuisit singulièrement alors , H est vrai , à la cause de l'Indépendance par son esprit de domination et par l'avidité avec laquelle H recherchait toutes les occasions de s'enrichir; mais c'est du moins à son énergie que Pon dut les victoires remportées sur Dram-Ali , la prise de Nauplie ( 1922) et cette de Corinthe ( IBM ). An nord-ouest de la Grèce, Miaaolonghi dut, dans le cours de ces deux années, supporter deux sièges rigonreu \ . Les Souhofes, qui après la mort d'Ali, pacha de Janma, avaient bravement continué pour leur compte la guerre contre KourschW-Pacha, essuyèrent h Pat», te 1 6 juiHet 1 «22, une déroute complète, clans laquelle te bataillon des philhellèues fut anéanti , et par suite de laquefle il leur fallut, pour la seconde mis, abandonner leurs foyers. Ce fut l'année suivante seulement , en exterminant à leur tour l'armée du *éraskier Mustapha, qu'il leur fut donné de prendre leur revanche de ces désastres ; mais Ils payèrent chèrement leur triomphe : il leur coûta leur intrépide chef, Marco tkitzaris.

En Macédoine et en Thessahe, la situation des choses était encore pire, car les Grecs en furent complètement expulsés. En revanche, h Pest tes affaires étaient conduites avec assez de succès par Odyssens, dont l'attitude était d'aflteurs des plus équivoques. L'Acropole d'Athènes, entre antres, tomba par capitulation en 1822 au pouvoir des Grecs, qui à cette occasion se rendirent coupables de la plus infâme violation dé la fol jurée. En revanche, les lor<;es navales grecques , placées sous tes ordres de Mianlis , furent presque partout victorieuses dans lecoors de ces deux premières années de la guerre d'indépendance. Battue en diverses rencontrés par Mlaulis, la flotte turque ne put pas tenir la mer; et si en avril 1822 le capilan-pacha, Kara AIi, réussit encore à s'emparer de l'Ile de Cliios cl à y exercer les phis épouvantables dévastations, cette victoire fut brillamment vengée dans la nuit du 1R au lt) juin 1822, par la éVstnietion complète de la flotte turque, que Canaris opéra près rte l'Ile de Ténédos.

A la fin de l'année 1823, les deux partis, l'un ayant à sa tète KoTocotronl et la plupart des chefs de l'armée, l'autre Mauroeordatos arec la majorité des primats et des membres de l'assemblée nationale, en étaient venus à une scission ouverte et déclarée, dé laquelle résultèrent d'abord des tiraillement s de toutes espèces, puis des artes d'insubordination et de vfoleuéc, et enfin là guerre civile. A cette

$28 GB désorganisation intérieure, signe avant-coureur d'une raine totale, venait encore se joindre l'attitude de plu* en plus hostile des grandes puissances de l'Europe. Il fut répondu, en leur nom, aux agents que la Grèce envoya au congrès de Vérone , qu'elle n'avait à attendre ni à espérer d'elles le moindre appui, attendu quelle n'était point un État indépendant. En revanche, l'opinion publique se prononça partout alors avec une extrême énergie en faveur des Grecs. En Angleterre, en France, en Allemagne, etc., il se forma des comités pour venir en aide à la Grèce, et plusieurs particuliers, tels que Byronet£ynard, contribuèrent beaucoup par leurs sacrifices personnels au succès des efforts de ces associations. La fondation à Londres, le 21 lévrier 1824, d'un emprunt grec de 800,000 liv. st (20 millions de Iran es ) fut an des résultats de cette favorable disposition des esprits. Mais que pouvaient de tels secours en présence du danger qui vint alors d'un autre coté menacer la Grèce? Ibrahim- Pacha, nommé par la Porte pacha de Moréc, était parti d'Alexandrie au commencement de juin a la destination de la Grèce avec une flotte composée de 30 frégates, de plusieurs bâtiments de guerre de dimensions moindres et 150 transports, portant à bord 22,000 I tommes de troupes de débarquement Sans doute le brave Miaulîs réussit encore à contraindre, d'une part, le capitan-pacha, qui avait dévasté Ipsara, à regagner précipitamment les Dardanelles, et Ibrahim-Pacha à s'en aller demander un refuge pour sa flotte à Candie, qui, après avoir pris part depuis plusieurs années à la lutte pour l'indépendance , venait à ce moment d'être livrée aux Turcs par là trahison des Spbaciotes. Mais l'année d'après (1826) les Grecs se trouvaient dans l'évidente impossibilité de résister à l'immense supériorité numérique des Égyptiens, quoiqu'il régnât maintenant beaucoup plus dun ion dans leurs rangs, et malgré les ressources plus grandes mises à leur disposition par l'emprunt conclu à Londres en leur faveur. Le 24 février 1825 , Ibralùm-Pacba débarquait à Modon ; peu de jours après, il s'emparait de Navarin ; et à la fin de l'année , en dépit de tous les efforts tentés par l'armée grecque, il était maître de la plus grande partie de la Moréc, où ses troupes commettaient les plus horribles dévastations. Il marcha ensuite sur Missolonghi, dont il se rendit maître à la fin d'avril 1820, malgré la plus héroïque résistance, puissamment secondé dans cette circonstance par Reschid-Pacba, qui opérait au nord. La guerre prit alors le caractère le plus hideux. Ibrahim-Pacha envoya en Egypte comme esclaves des cargaisons entières de Grecs ; il porta le fer et le feu en tous lieux, et à la fin de l'automne il avait réussi à faire de la M orée un désert. Reschid-Pacha se dirigea ensnite vers l'est de la Grèce, qu'il soumit presqu'en entier, et où, en dépit de la défense désespérée que lui opposèrent les Grecs, il prit Athènes d'assaut le 17 août, en même temps qu'il mettait le siège devant l'Acropole. La désorganisation intérieure des Grecs était alors arrivée a son comble ; on manquait absolument d'argent; les lies se séparèrent de la terre ferme pour se livrer à la piraterie; la flotte demeurait inactive, faute d'entretien ; chacun ne pensait plus qu'à soi; les chefs de corps étaient devenus la plaie du pays, et avaient renvoyé les commissions de gouvernement de Nauplie à Égine.

L'arrivée de lord C oc lira ne en Grèce parut avoir opéré une réconciliation des partis dans l'assemblée nationale, qui, au printemps de 1827, s'était de nouveau réunie à Tréxène. On l'y nomma à l'unanimité commandant en chef des forces navales grecques , et un autre philhellène, sir Richard Church, fut appelé à prendre le commandement supérieur des forces de terre ; enfin, le comte J.-A. Ca p o d'I stria, alors à Paris, fut élu le 14 avril, pour sept ans, président de la république grecque, et on institua une commission chargée de diriger les affaires jusqu'à son arrivée. Mais ce bon accord ne dura pas longtemps ; les vieilles haines, les vieilles discordes ne tardèrent point a se produire de nouveau , et Il vint encore s'y ajouter la jalousie des chef* militaires pour les étrangers qu'on avait places à leur tète. C'est aux

effets de cette jaloasie quti faut sortout attribuer l'inutilité de* eflorts tenté* à diverses reprise» pour dégager l'Acropole, et en dernier lieu l'insuccès complet de la grande opération entreprise dans ce but par le général Church. Il semblait donc a ce moment que la Grèce, retombée tout entière au pouvoir des Turcs, à l'exception des tles et de quelques points en Morée, fut à tout jamais perdue, quand ses destinées prirent tout a coup une direction plus favorable.

La prolongation même de cette lutte si acharnée avait fini par décider les grandes puissances à y intervenir, de peur qu'elle n'entraInAt un jour de regrettables complications dans le système général de la politique européenne. A la longue, il serait devenu impossible d'empêcher une intervention quelconque de la part de la Russie ; intervention qui n'eût pas manqué d'assurer à cette puissance une décisive

Pour empêcher que cette intervention fût l'œuvre d'une seule puissance, l'Angleterre ouvrit à Saint-Pétersbourg des négociations qui, dès le 4 avril tS2<>, amenèrent la conclusion d'un protocole par lequel ces deux puissances, auxquelles la France vint se joindre plus tord, convinrent que la Grèce serait gouvernée par un prince indigène, jouirait d'une complète liberté de conscience et de commerce , mais constituerait toujours un État vassal et tributaire de la Porte. Ce protocole n'eut pas d'ailleurs d'autres suites pour le moment. Mais le refus absolu de la Porte d'y accéder, et notamment son ultimatum en date do 10 juin 1827, qui ne laissait aux trois puissances d'autre alternative que d'abandonner leurs projets de médiation ou de les réaliser par la force des armes , amenèrent la signature du traité du 6 juillet 1827, qui garantissait l'indépendance de la Grèce. Par suite de ce traité tes trois puissances donnèrent, le t7 Juillet, anx amiraux commandant leurs flottes respectives dans la Méditerranée l'ordre de s'opposer a tout nouvel envoi de troupes égyptiennes en Grèce, mais de n'en venir à des hostilités directes que dans le cas où les Turcs voudraient forcer le passage. Cependant, par suite d'un enchaînement tout particulier de circonstances, une bataille s'engagea, le 20 octobre 1827, dans les eaux de Navarin, et la flotte tnreoégyplienne y fut anéantie. La manière équivoque dont tes puissances médiatrices considérèrent cet événement eut d'ailleurs ce résultat, que la Porte n'en reprit pas moins tout aussitôt le langage le plus hautain et exigea notamment la soumission absolue des Moréotes. Les ambassadeurs des trois puissances ne pouvant, sur une telle base, entrer dans aucune espèce de négociation, quittèrent Constantinople le H décembre 1827.

Cette victoire de Navarin remonta un peu l'esprit public en Grèce, où l'on remporta de nouveau quelques avantages sur les troupes turco-égyptiennes. Mais en janvier 1828 lord Cochrane abandonna la Grèce, où la jalousie des divers chefs placés sous ses ordres l'empêchait de rien entreprendre d'utile. En revanche, le comte Capo d l stria , attendu depuis si longtemps, arriva enfin à Nauplie te 18 janvier ; et tout aussitôt la commission de gouvernement établie à Égine abdiqua ses pouvoirs entre ses mains. Il s'agissait maintenant d'organiser le jeune État et de donner a m politique extérieure un caractère plus ferme et plus fixe- La seconde partie de la tache qui incombait an président n'en était pas la moins difficile; car tout aussitôt après la bataille de Navarin on avait vu la Russie prendre une position d'isolement; un an après elle déclarait même la guerre à te Porte, guerre qui retarda encore de deux an» te fixation des destinées de la Grèce.

Erection de la Grèce en royaume. Capo d lstria mit momentanément un terme anx incessantes luttes intestines des Grecs; il fonda unnanAe/Wnwn, conseil composé de vingt-sept membres, et dont il se réserva la présidence, chargé de constituer le pouvoir politique suprême; et, à l'aide d'une foule de mesures nouvelles, il s'efforça de complètement réorganiser l'administration civile et militaire du pays. Toutefois, il

ses difficultés, provenant surtout de lu continuation de l'absence absolue de ressources financières, et provoqua une opposition dont les forces s'accrurent encore quand le gouvernement eut pris le parti de s'abstenir a l'avenir de convoquer l'assemblée nationale. En fait d'opérations militaires datant de cette époque , il n'y eut d'important que la campagne entreprise par Cburcli dans l'ouest, et qui se termina, en mai 1829, par la reprise d'Anatoliko et de Missolonghi. On ne tenu rien contre IbrabliuPaclia. Comme, en dépit de toutes les sommations qui lui étaient adressées, il se refusait absolument à évacuer la Morée, le général Maison y débarqua le 39 août 1828, à la tête de 14,000 Français, et le conlraitmit à en partir. Il ne resta plus alors en Morée que 5,000 Français, comme corps d'observation, tandis que les puissances, par leur traité en date du 16 novembre 1848, plaçaient formellement la Morée et les Iles sous leur garantie. Dans ces circonstances, et par suite de l'infatigable activité déployée par Capo d'istria, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, la Grèce vit ses plaies commencer à se cicatriser, encore bien que de toutes parts surgissent des mécontents. On réclamait surtout la réouverture de l'assemblée nationale, qui se réunit enfin de nouveau à Argos, le 23 juillet 1829. Le gouvernement s'y trouva en majorité, et le pouvoir exécutif confié au président y lut confirmé. Un sénat , dont les membres étaient presque exclusivement à la nomination du président, remplaça désormais le panMlenion. Après la clôture de l'assemblée, l'opposition devint d'autant plus vive qu'on accusait généralement le président de vouloir réunir tous les pouvoirs entre ses mains, et dès la fin de l'année elle prit le caractère le plus menaçant. Des révoltes éclatèrent parmi les palikares, et on accusa ouvertement le président de n'être qu'un agent de ta Russie, ou encore de viser à constituer une monarchie héréditaire en faveur de sa famille. C'est précisément à cette époque qu'un protocole, portant la date du 3 février 1830, et émanant de la conférence des trois puissances tenue à Londres pour le règlement de l'affaire grecque, déclara la Grèce État indépendant, et détermina les limites ex actes de son territoire. Un autre protocole attribua la couronne souveraine de la Grèce au prince Léopotd de Saxc- Cobourg, qui d'abord l'accepta, mais qui plus tard ( 21 mai ) y renonça par suite du refus des puissances d'accorder à la Grèce les frontières que ce prince jugeait nécessaires à son indépendance et à sa sécurité. La Porte accéda le 24 avril aux stipulations du protocole du 3 lévrier.

Les événements mémorables qui agitèrent l'Europe à la suite de la révolution de juillet 1830 vinrent interrompre les travaux de la conférence de Londres au sujet de l'affaire grecque. La Grèce , se trouva de la sorte encore une fois abandonnée à elle-même, et par suite la position du président détint des plu* critiques. L'arrangement à la veille d'être conclu avec la Porte fut remis en questiou , et les idées mises en mouvement par la révolution trouvèrent de l'écho jusqu'en Grèce, où l'on vit aussi se former un |Mrti républicain. Des troubles éclatèrent dans le Maina ; il fallait recourir à l'emploi de la force armée pour faire rentrer les impôts, et on manquait toujours de* ressources financières les plus indispensables. Quoique le président eût considérablement augmenté plusieurs impôts, les besoins étaient devenus si urgents au commencement de l'année 1831 , qu'il ' avait impossibilité de payer aux fonctionnaires publics plus du cinquième de leur traitement en espèces. Un tel état de choses et diverses fautes commises par le président accrurent tellement le nombre des opposants ainsi que l'animad version publique dont le comte Capo d'istria était devenu l'objet, qu'il suffisait maintenant du moindre inciden pour amener Hne explosion. La conduite tenue par le président a l'égard du sieur Polyamides , rédacteur d'un journal d'opposition, ayant pour titre Apollon, la provoqua; les Hydrioles s'élant refusés à livrer Polyzoidès, qui était venu se réfugier parmi eux , se séparèrent, à l'instar des Psariotes, du gouvernement du président, exemple que suivirent bientôt le* Mainotes et la plupart des Iles. Une guerre civile ne

l»ICT. DE I.S CONVEHS. — T. X.

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tarda point a éclater tant sur terre que sur mer ; et le commandant de la flotte russe dans la Méditerranée, ayant insisté pour qu'on lui livrât toute la flotte grecque réunie à Paros, Miaulis prit la terrible résolution de l'anéantir plutôt que de la voir passer aux mains des Russes et devenir pour le président un moyen de plus d'opprimer la Grèce. Le 13 août il livra aux flammes vingt huit bâtiments, représentant une valeur de plus de 50 millions de francs, et lit sauter les fortifications du port de Paras. Comme déjà les deux partis s'armaient, l'un pour résister, l'autre pour punir l'attentat qui venait d'être commis, il semblait que la Grèce allait périr dans les convulsions de la guerre civile, quand l'assassinat du comte Capo d'istria vint établir une trêve tacite entre les partis en présence. Le sénat réuni à Nauplie nomma tout aussitôt un gouvernement provisoire, composé de trois membres et présidé par Augustin Capo d'Istiia. Les Hydrioles firent des ouvertures pour un arrangement amiable; mais elles furent rejetées. Le nouveau gouvernement s'obstina tout au contraire à lutter contre l'opposition dans le même esprit que le président, c'est à-dire en employant les moyens violents, et à ne reculer devant aucune mesure, si illégale qu'elle pût être, pour s'assurer dans rassemblée nationale une majorité dévouée. Il en résulta un nouveau soulèvement des tlydriotes et des Mainotes, qui réclamaient avant tout une assemblée nationale librement élue. Puis, quand, au mépris de ces vœux si justes , le gouvernement persista à convoquer son assemblée nationale |M>ur le mois de novembre I8S1, et eut recours à tous les moyens pour y faire nommer, le 20 février, Augustin Capo d'istria en qualité du président provisoire, sans avoir égard aux réclamations et aux protestations de l'opposition, généralement composée de Rouméliotes, celle-ci se constitua en assemblée nationale, tandis que le gouvernement se réfugiait avec la sienne à Nauptie. De la tout aussitôt de sanglants conflits. L'assemblée rounuUiotc continua à se réunir à Péracbore, au milieu même des luttes de ta guerre civile; elle eut sa propre commission de gouvernement, avec Kolettis pour p résident, et parvint à porter a 8,000 hommes l'effectif des troupes dont elle disposait. Au contraire, à Nauplie, la démoralisation prenait chaque jour de plus grandes proportions; et ce fut a grand'peine qu'on parvint à y réunir 2,000 hommes pour les faire marcher contre les Rouméliotes. Ceux-ci avaient déjà franchi l'isthme et le 2 avril 1832 ils étaient entrés à Argos, quand on reçut en Grèce le protocole du 7 mars, qid appelait le prince Otiion de Bavière à monter sur le trône de la Grèce. La joie des populations à cette nouvelle fut sans bornes, et par suite presque tous les ofliciers des troupes du gouvernement étant venus se mettre à la disposition de Kolettis. Augustin Capo d'istria comprit qu'il n'avait plus qu'à donner sa démission , et s'embarqua tout aussitôt après pour Cor fou. Malgré cela, son parti continua à intriguer plus activement que jamais; et ce ne lut qu'après de longues négociations poursuivies à l'effet d'arriver à la conclusion d'un compromis, qu'on parvint à faire agréer par l'un et l'autre parti une commission de gouvernement composée de sept membres. Cela eût même abouti, suivant toute apparence, à une nouvelle révolution , si les Mainotes ne s'étaient pas prononcés de la manière la plus décidée en faveur du gouvernement et n'avaient pas de la sorte dé|oué les plans des pai tisans de Capo d'istria , à la tête desquels figurait toujours Kolokotroni.

Cependant le traité en date du 7 mai 1832 avait été signé entre les trois puissances et la Bavière; il désignait formellement le prince Othon de Bavière eu qualité de roi de a Grèce, instituait une régence chargée de gouverner en son nom jusqu'à l'époque de sa majorité, promettait la garantie des trois puissances à un emprunt de 00 millions de francs en faveur de la Grèce, et de la part de la Bavière le prochain envoi de la régence et d'un corps auxiliaire de 3,500 hommes. Alors eut lieu , le 8 août, l'élection à l'unanimité, en qualité de roi de la Grèce, du prince I Othon par la nouvelle assemblée nationale réunie à Nau-

plie. Toutefois.de graves mésintelligence* éclatèrent bientôt entre cette assemblée et le sénat ; et les choses en vinrent à ce point qu'un jour rassemblée nationale se vit assaillie par les chefs de palikares, qui enlevèrent et maltraitèrent un certain nombre de ses membres. La guerre civile sévissait encore une luis, et l'anarchie était aussi complète que jamais, en même temps qu'il y avait absence absolue des ressources financières, et que les chefs de palikares, Kotokotroni a leur tète, continuaient à se livrer sans obstacle a tous les actes du plus brutal arbitraire. Ce fut en elfet le C octobre seulement qu'eut lieu à Munich la nomination delà régence, composée du comte Armansperg, du général Heidegger et du conseiller d'htat de Maurer. Le 30 janvier 1833 elle arriva devant Nauplie avec le jeune roi Olhon 1"; mais elle ne dtweeudit a terre que le 6 février, après le débarquement des troupes bavaroises qu'elle avait amenas avec elle. Les mesures énergiques auxquelles eut recours la régence rétablirent bientôt le calme et la tranquillité dans le pays. Toutes les plaw* fortes furent occupées sans conteste par les troupes bavaroises , et en concentrant le* palikares sur certains points donnés, on les empêcha de pouvoir devenir dangereux. La régence fit constamment preuve en cela d'autant de prudence que de résolution , et bientôt il n-sulfa de ses efforts une notable amélioration dan* la situation du pays. On forma alors un véritable ministère; des gouverneurs généraux furent institués pour la Moréc, la Livadie et l'Archipel; on créa trois cours centrales de justice , et la Grèce reçut une organisation administrative tout a fait analogue à celle des autres États européens. 11 n'y eut que les klephtes, au nord de la Grèce, et les Malnotes qui refusèrent de se conformer au nouvel état de choses et qui continuèrent à se livrer comme par le passé h leurs actes de brigandage et d'insubordination. Pour forcer ces derniers à se soumettre et à se tenir tranquilles sons la protection d'un gouvernement régulier, il fallut recourir formellement k mie expédition des troupes bavaroises; quant aux premiers, on en vint à bout en établissant des blockhaus sur la frontière dn nord et en faisant marcher contre eux en 1835 un petit corps de troupes.

Malgré les efforts faits par le gouvernement pour ramener le calme et la paix dans le pays au moyen de mesures utiles et de dispositions bienfaisantes de tous genres, le parti Capo d'Istria persistait dans ses menées et ses intrigues secrètes. Au mois de mars 1834 on découvrit une conspiration ourdie par lui pour renverser la régence, et par suite Kolnkotroni et Kolliopoulos furent condamnés à vingt années d'emprisonnement. Vers la même époque, la Grèce renoua de* relations diplomatiques avec la Turquie, tandis que la création d'un synode grec particulier avait pour but de mettre un terme aux rapports ecclésiastiques existant entre la Grèce et le patriarche grec de Constantinople. Dans le courant de cette même année IS34, toutes les troupes bavaroises s'en retournèrent en Bavière, et furent remplacées par des recrues nouvelles levées en Bavière, en même temps qu'on organisait des troupes grecques régulières. La désunion qui s'était tout d'abord produite au sein de la régence amena, vers la fin de 1834, de véritables collisions auxquelles le roi de Bavière mit un terme en maintenant au comte Armansperg, homme entièrement dévoué aux intérêts anglais, tous ses pouvoirs comme président de la régence, et en rappelant ses deux principaux adversaires, MM. de Maurer et d'Abel, qui par leurs efforts pour organiser un système judiciaire et un système administratif dans le pays avaient bien mérité de la Grèce. Ils furent remplaces par MM. Kobell et Greiner.

Le t" juin 1835, après que la résidence royale eut été transférée de Nauplie à Athènes dès le 10 janvier précédent, le roiOfhon, devenu majeur, prit en main les rênes de l'État. Le comte Armansperg reçut de lui le titre de rhancetirr, et les autres membres de la régence s'en retournèrent en liavière. Kolokotroni et Kolliopoulos furent a cette occasion gradés et mis en liberté. Sauf une expédition contre les

GRÈCE

kiepiiiei récalcitrants, tes

183b et 1836 se | tranquillement , de sorte qu'on put s'occuper avec le plus grand soin de l'organisation administrative du pays. Quoique le ministère Armansperg tout au début de la régence eut commis la faute de prendre beaucoup trop pour modèles les institutions bureaucratiques de la vieille Europe, il aurait été peu k peu porté remède k cette faute première, si aux éléments de fermentation intérieurs n'étaient pas venus se Joindre encore d'autres influences hostiles, c'est-à-dire la rivalité toujours croissante des trois puissances protectrices, chacune d'elles s'efforçant «le profiter de sa part d'influence sur le gouvernement grec pour mettre à exécution ses plans égoïstes. |)e la part de la Russie il semblait que ces plans consistassent à empêcher autant que possible la consolidation en Grèce d'un état de choses régulier. C'est en se créant chacune dans le pays un parti à elle, que les trois puissances entendaieut arrivera leur but. Il y avait donc un parti anglais, un parti français, et un parti russe ; et, des trois, il faut bien reconnaître que c'était après tout le parti français qui faisait preuve des vues les moins intéressées et les inoins [ égoïstes. En outre, les positions faites à des étrangers, à : des Allemands notamment, dans l'administration tant o- ' vile que militaire, avaient développé un nouveau feraient - de discorde; et la haine de l'étranger, des Allemands sur- < tout, établissait encore dans la nation deux grands partis, j le [rarti national et le parti de l'étranger. Celui-ci était toujours pour le gouvernement, parce qu'il n'y avait pas de guo- : vernen>ent qui pût se maintenir sans l'appui de l'étranger ;

celui-là. au contraire.se confondail avec le parti de l'oppositioa, S dans les plans duquel il entrait de représenter toute espèce ' d'administratk>u comme anti-nationale. Naguère, sous l'administration d'Armansperg, c'est l'influence anglaise qui avait prédominé. Les ennemis de ce ministre, aussi bien dans les cours des grandes puissances qu'en Grèce et en Bavière, profitèrent en 1836 de l'absence faite par le roi Olboo et de son voyage k l'occasion de son mariage pour remplacer le comte Armansperg par un autre fonctionnaire public bavarois, le président de régence Rudhart. A Munich on avait mal interprété les tendances du comte à s'émanciper de plus eu plus de la tutelle du gouvernement bavarois. Le roi Othon arriva au Pirée le 1 4 février 1 837 avec sa jeune femme ; il amenait aussi avec lui M. de Rudhart, qui fut nommé président du nouveau ministère qu'on constitua alors. Mais en dépit des meilleures volontés, celui-ci ne put point se maintenir au pouvoir; et son obséquiosité par trop grande pour les désirs et les voloutés de la Cour de Bavière finit par lui mettre en Grèce tous les partis k dos. Remarquons encore qu'on manquait toujours du grand moyen de gouvernement , l'argent , attendu que la Russie comme la France se refusaient au payement de la troisième série de l'emprunt. Dès le mois de décembre Rudhart était donc contraint de donner sa démission , et un soi-disant ministère national, ayant Zographos à sa tête, prit alors la direction des affaires.

Malgré la nationalité de ce ministère, laquelle consista surtout à renvoyer les troupes auxiliaires allemandes et les Allemands employés comme fonctionnaires publics, il échoua dans ses efforts pour consolider le gouvernement et pour apporter de l'ordre et de la régularité dans les finances. J Tout au contraire, l'audace et les intrigues des partis s'aci crurent alors tellement que le pouvoir se trouva tout à fait déconsidéré. C'est ce que prouva bien la découverte d'une conspiration tramée par la société des Philorthodoxt*, conspiration qui, sous prétexte de défendre l'Église grecque menacée, n'avait d'autre but que de placer complètement ta Grèce sous la tutelle de la Russie, peut-être bien aussi de renverser le gouvernement existant et d'insurger les populations chrétiennes de ta Turquie. Les circonstances qui accompagnèrent la découverte de ce complot, k la tête duquel se trouvaient Augustin Capo d'Istria et Stammatopoulos, provoquèrent la nomination d'un nouveau ministère. Quoique sous cette administration nouvelle les intérêts de la Grèce aient été en voie de progrès, elle se montra impuissante

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