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l'administration puhlique, et notamment dans le département militaire, a tel point qu'on supprima les allocations les plus minimes, les pins indispensables, jusque alors accordées à des objets d'an intérêt général, par exemple à l'instruction publique, et qu'on négligea de faire droit aux justes réclamations élevées par un grand nombre de philhellenes et d'hommes ayant bien mérité de la Grèce. Toutes ces mesures furent impuissantes a prévenir la catastrophe dont on était menacé, car la France et l'Angleterre voyaient d'un tout aussi mauvais mil que la Knssie lu prépondérante influence acquise par la Bavière nr les destinées de la Grèce. Il en résulta la signature a Londres, par les représentants des trois puissances, d'un protocole et ensuite d une note collective remise au roi Othon le 5 septembre tsilt, où on l'engageait à consacrer le montant des impôts les plus productifs a assurer le payement des intérêts et l'amortissement de l'emprunt, a éloigner tous les étrangers de l'administration publique et à convoquer une assemblée nationale.
Maintenant que l'irritation des trois puissances protectrices à l'égard de la Grèce était chose patente, les conspirateurs n'hésitèrent plus à en appeler à la force. Daus la nuit du l.ri septembre ls'»3, il éclata à Athènes une insurrection qui réussit dans ses lins , soutenue qu'elle fut par les troujies aux ordres de Kalergis et de Makryjannis. Le roi se sit fore»1 de renvoyer son ministère, d'en prendre un qu'on qmhli i de nnitonnl et que présida M'taxas, homme à la dévotion de la Russie, de décréter la cnnvoeit on d'une as semblée nationale chargée de rédiger une constitution nouvelle, et de renvoyer tous les étrangers investis de fonctions publiques.
Cette révolution, qui se propagea avec une rapidité extrême, eut pour résultat d'une part de relâcher tous les liens de l'ordre public , et de l'autre de provoquer une réaction qui se manifesta surtout par l'expulsion de tous les étrangers, ries Allemands notamment , mesure exécutée avec autant d'injustice que île rigueur, par le bannissement des ministres et d'antres personnages influents, enfin par l'élimination impitoyable de tous les fonctionnaires publies qui jusqu'alors s'étaient montrés dévoués an gouvernement Au point de vue politique, elle eut d'ailleurs des suites tout autres que celles qu'avait eues on vue le parti napistique. Kn effet, au lieu d'être suivie d'une abdication du roi, elle amena la mise en vigueur d'une constitution qui en réalité n'eut d'autre utilité pour ce parti que de lui servir à masquer ses autres projets. \a Russie ne recueillit donc point de cette résolution les fruits qu'elle s'en était promis, et en ts iv force lui fut de donner formellement son assentiment au nouvel état de choses survenu en Grèce. Dès le mois d'octobre ts44 l'Angleterre et la France lui en avaient donné l'exemple; c'est .à ces deux puissances snrtont qu'il faut attribuer Pi -sue modérée et constitutionnelle de la révolution , la consolidation «lu nouvel ordre de choses et les rectrirtion* momentanément apportées a l'influence exrhi«ive de la Rus«ie t'ne fois ce nouvel ordre de choses passé a l'état de fait accompli, l'Autriche et la Bavière le reconnurent. Mais les discussions relatives à la future constitution et les élections pour rassemblée nationale provoquèrent tout aussitôt les déchirements et les luttes de partis les plus déplorables , aussi bien dans les diverse» classes de la population qu'au sein même du gouvernement. La lutte prit nn caractère plus violent «pie jamais dans l'assemblée nationale qui s'ouvrit le ?0 novembre t»4S poni délibérer sur le nouveau projet de constitution. F,es différents partis semblaient rivaliser surtout d'égoïsme étroit , ainsi qu'en témoignèrent les délibérations sur les droits des citoyens grecs, c'est uniquement grâce à la |vrésnnee de quelques vaisseaux de guerre anglais et français dans les eaux du l'irce et aux sommes d'argent dépensées par la France et par l'Angleterre, que l'assemblée nationale constituante put venir a bout de son o uvre, en votant une constitution où sont loin de dominer les principe* nltrademocratiques et sacerdotaux professé* par le parti napistiqne, et à laquelle la charte française de 1830 servit de poiul en
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point de modèle. Le 30 mars 1844 le roi prêta serment au nouveau pacte social, et l'assemblée nationale se sépara. Mais au lieu de s'appliquer à mettre cette constitution en activité, on vit alors les partis recommencer à lutter entre eux comme auparavant; et la discorde apparut au sein même du ministère, composé d'éléments trop Iréterogènes pour pouvoir utilement fonctionner. L'élément russe, représenté par Metaxas, Huit par y avoir le dessous, «t un nouveau cabinet, piésidé par Mautociirdatos, se constitua le 11 aviil, sous l'influence de la France et de l'Angleterre. Mais dès ses débuts il provoqua la plus violente opposition. Les e\ccs «le la presse provoquèrent en mai suivant diverses insurrections à Hydra et dans la Maina, où elles lurent réprimées sans trop de difficultés ; mais il fallut l'intervention des marines française et anglaise pour détruire les bandes insurgr-es a la tête desquelles Krixiotis parcourait l'Ile d'Kubée. L'insurrection qui éclata au commencement de juin en Acarnanie, avec Grivas à sa tête, oflrait un caractère plus dangereux ; on ne parvint à la comprimer qu'en attirant par de belles promesses Grivas à Athènes où d'abord le gouverne ment voulut le retenir prisonnier. Cependant, il lui fut permis de prendre passage à bord d'un bâtiment de guerre français et de se réfugier en Égypte. De toutes ces tentatives insurrectionnelles , la plus grave fut celle qui éclata contre le gouvernement a Athènes même, le 23 juin, et que l'intervention énergique de Kalergis à la tête de la force armée parvint seule à déjouer. Les principaux instigateurs de tous ces troubles furent les chefs de palikares, qui avaient pris une part très-active à la révolution de septembre, dans l'espoir de reconquérir leur ancienne influence. C'est dan* ces circonstances que se firent les élections pour la prochaine session des chambres; elles furent accompagnées «lis désordres et des actes de violence les plus déplorables. Le. ministère, préoccu|ié de cette lutte électorale, de l'issue de laquelle dépendait son existence , ne put rien faire dans l'intérêt du pays. Tous ses efforts tendirent à se rendre les élections favorables; mais ils échouèrent. Le 14 août des désordres de la nature la plus grave éclatèrent à propos des élections à Athènes même ; et comme on se défiait avec quelque raison des véritables dispositions de la troupe, le roi seul, par son intervention personnelle, put les faire cesser. Ceci amena la chute du ministère Maurocordalos et la retraite du gouverneur d'Athènes, de Kalergis lui même, le principal instigateur de la révolution de sep ternhre, qui maintenant qu'il prenait en main la détenue de la constitution et des lois était devenu pour le peuple l'objet d'autant de haines qu'il inspirait jadis de sympathies.
Le nouveau cabinet, installé le 18 août 1 844 et provenant de la coalition des partis français et anglais , avec Koiettis pour président et Metaxas pour ministre des finances, débuta par rte* proscriptions de fonctionnaires, par des distributions de places et d'emplois a ses partisans , et continua ensuite la lutte électorale dans son intérêt. Les chefs de palikares triomphaient ; Grivas lui-même, rappelé de son exil, fut accueilli à Athènes comme le b>eaiaiteur de la nation. Avec cela, les actes de brigandage, les assassinats, les dévastations et les incendies de forêts allaient toujours leur train , en même temps que toutes les sources de la prospérité publique étaient successivement taries par l'anarchie générale à laquelle le pays se trouvait en proie. Le ministère avait pourtant à sa tête un homme d'une valeur et d'une importance incontestées, bien capable assurément de remédier à un tel état de choses. Il proposa des lois ayant pour but d'établir de l'ordre dans les finances , d'introduire une meilleure division administrative du pays, des simplifications dans l'organisation judiciaire, dans le service des dîmes; mais il ne trouva pas plus d'appui parmi ses collègues que dans la nouvelle représentation nationale. Les chambres perdirent plusieurs mois en vérifications de pouvoirs et en discussions de partis ; elles s'occupèrent ensuite de la révision «le la constitution, qui ne put être soumise au roi darrs sa
forme définitive qu'en avril 1R4S. Ce qui rendit surtout difficile la position du cabinet, ce fut la politique suivie à l'extérieur par Koiettis. Appuyé sur la diplomatie française, celui-ci visait a émanciper complètement la Grèce de t'influence anglo-russe ; mais par là il se fit de ces deux puissances d'irréconciliables adversaires La Russie arait dans l'un des collègues de Koiettis, Metaxas, le représentant rte ses intérêts, et sut au moyen rte lelui ti annuller l'activité de celui-la. L'Angleterre profita des réclamations d'argent qu'elle était en droit «l'élever, pour inquiéter et menacer un malheureux pays absolument sans ressources. La Russie voyait avec répugnance à la tête des affaires un homme capable de contrecarrer ses projets, et l'Angleterre redoutait toujours de voir l'influence de la Russie finir psr l'emporter, quand bien même elle rencontrerait «ians Koiettis un obstacle momentané a ses vues ambitieuses. La rnaMteoreose Grèce se trouvait donc sans cesse le jouet de ces différents intérêts étranger, d<>nt le conflit pouvait à chaque instant I rovoquer une crise européenne. La lutte intestine mais sourde à laquelle le ministère était en proie aboutit, dans IV te de 1845, à une scission éclatante. MétaxaséUit visi fond de toutes les intrigues et de toutes les petites rations essayées contre le gouvernement; de sorte qui fallait de toute nécessité qrre l'un des deux ministres finit par se retirer : Koiettis resta à la tête des affaires, et Méta\*> donna sa démission (août). Il y eut dès lors plus «l'ont? dans le cabinet ; mais l'hostilité de la politique anglaiv .t russe s'en accrut encore , surtout quand on vit Koiettis s'abandonner de plus en plus aux suggestions de la France, rl le ministre de France a Athènes , l'iscalory, exercer toujours plus «l'influence sur la direction de» affaires «le ta Grèce. Les élections pour l'assemblée nationale «pri devait se réusy le 71 lévrier 1H45 r.vaient, il est vrai, été généralement tivorablesau gouvernement, et une modification opérée au cua> mencement de 1846 dans la composition même du cabine avait encore ajouté à l'influence exercée par Koiettis ; mais le; désordres, les brigandages, les dévastations continuai™! de plus belle , de même qu'il y avait absence de sécurité y. blique et toujours la même confusion dans radministr.it»* de la justice. Les réclamations réitérées «le l'Angleterre A de la Russie a l'eflet «l'obtenir le remboursement des int rêts échus de l'emprunt ne contribuaient pas pea à em>rtenir cette triste situation des choses et à accélérer l*as<«^ d'un pays ruiné financièrement et politiquement pariait La crise attendue éclata enfin en 1847. Les dispositions deux chambres étaient maintenant devenues hostiles; te i<tablUsemenl de l'ordre «lans les finances, question vruW pour le (tays, fut le terrain choisi parles part» pourenper* la lutte. Dès le mois d'avril , le ministre des finances etxl contraint de résigner son portefeuille à la suite d'une A. I cussion relative a son déparlement; de là une «lislorabui ■ partielle du cabinet. Koiettis et Txavellas continuèrent i » | faire partie; Rhigas, Palamidès, KorfioUki, KoJokotrua). Glaraki et Uulgari y furent appelés. Le plan du gjuwnkment avait été d'introduire un nouveau système p>wt k recouvrement de l'impôt , système consistant à substituts perception directe de l'impôt par des agents de \'(JUl i aflerrnement ; mais ce projet échoua, et n'aboutit qo** a* dissolution des chambres. Pendant que le pays était en p.'' à cette agitation intérieure «st que, suivant l'usage . tes talions nouvelles donnaient lieu à de sanglantes e©Hs»*s sur plusieurs points, notamment dans le Maina, TU. Grr-excitait successivement deux insurrections, aussitôt t» primées, il est vrai; Krixiotis levait de nouveau l'été»!** de la révolte dans l'Ile d'Eubée, et l'étranger, ta dipkasà anglaise surtout, se montrait manifestement sympatt»f« 5 tout ce qui était hostile au gouvernement; enfin l'un Mae*" d'irn conflit avec les puissances étrangères semblait ^ plus en plus compromettre toute l'existence PokUqw * royaume.
L'envoyé turc à Athènes, Mussurus (lui nation , et en liaison intime avec le résident
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Eduiund Lynns), refusa un passeport pour Constantinoplc au colonel Karatassos, aide de camp du roi, et qui au reste avait joué ua rôle des plus suspects comme chef de bandes lors des troubles de 1841. Le roi regarda ce refus comme une injure personnelle, et dans un bal donné à la cour (25 Janvier) exprima combien Mussurus Pavait vivement offensé en respectant si peu la garantie d'un roi. Mussurus, après avoir rendu compte à sa cour de cet incident, exigea que satisfaction complète lui fût donnée, et sur le refus du gouvernement grec, s'éloigna de son poste (février 1847 ). Kn vain le roi Otbon essaya d'arranger l'affaire en écrivant au sultan une lettre conciliante; le sultan répondit d'une manière amicale, mais évasive, et l'affaire ne put point se terminer. La diplomatie étrangère ne négligea rien pour attiser cet incendie naissant ; et on vit alors le peuple grec, ses journaux et ses chambres rivaliser pour exagérer les forces nationales et démontrer que rien n'était plus aisé à la Grèce que de recourir aux ormes pour humilier le Croissant. La Porte ne retira aucune de ses exigences; elle demandait que lo ministre des affaires étrangères de la Grèce exprimat à Mussurus, quand il reviendrait à Atltènes , ses regrets au sujet de cet incident ; et Koleltis ayant demandé que la Porte envoyât tout an moins un nouveau plénipotentiaire en remplacement de Mussurus, le gouvernement turc interrompit ses rapports diplomatiques avec la Grèce ( avril ). La France seule soutenait é ncr^it|uement le gouvernement grec; l'Angleterre, au contraire, prenait non moins cliaudénient en main la cause delà Turquie, tandis que la Russie et l'Autriche semblaient engager lecabinetgrec à (aire preuve «le condescendance. Inutile sans doute d'ajouter que tous les ennemis de Koleltis, les agents russes y compris, saisirent avec empressement cet te occasion de travailler à le renverser du pouvoir. Mais Kolettis les prévint. Le H septembre IH47 il succomba à une violente maladie; et dans la situation des choses, cette catastrophe devait nécessairement modifier toute la position politique. TzaveUas, considéré avec ses collègues Korfiotaki, Glaraki et Bulgari, comme dévoué à la (lolitiquc russe, le remplaça à la direction des affaire*. I.e conflit survenu avec la Turquie prit alors lin. Après d'inutiles efforts tentés par l'Autriche à l'effet d'amener un arrangement amiable , la Porte avait eu recours en août a des mesures coercitives, dont l'effet avait Unit aussitôt réagi de la manière la plus radieuse sur le commerce grec. Kolettis une fois mort, la Russie offrit sa médiation, et l'affaire se termina par une satisfaction donnée aux exigences de la Porte en la personne de Mussurus, qui vint alors reprendre son jioste à Athènes.
Pendant, ce temps là les rapports de la Grèce avec l'Angleterre étaient devenus de plus en plus tendus. Les sommes que la Grèce devait à l'Angleterre, et qu'elle était hors d'état de lui payer, étaient réclamée» par la diplomatie anglaise avec toujours plus d'insistance et «l'aigreur. Ces réclamations , d'un intérêt relativement minime, n'étaient évidemment qu'un prétexte pour attaquer un ministère liai; et m démarche* faites par le nl.il hellène Ey na rd pour aplanir ces difficultés demeurèrent sans résultat. Le conflit prit d'autant plus de gravité qu'ici encore lord Palmerston put reconnaître l'action du gouvernement français, auquel depuis l'affaire des mariages espagnols il avait voué une haine à mort. La conduite, tout au moins équivoque, tenue parle consul anglais à Prevcsa lors de l'insurrection de Grivas, donna lieu à une plainte de la part du gouvernement grec. Lord Palmerston y répondit (4 octobre) par une note remplie d'assertions les plus violentes; le système suivi par feu Kolettis y était qualifié de système impie, de système d'illégalité , de corruption , do violences, d'injustices et de tyrannie. Puisque le système de Kolettis était encore celui de ses successeurs, il était clair qu'il provenait d'autres influences, qui le maintenaient toujours en vigueur. A ce véritable acte d'accusation le gouvernement grec répondit avec non moins do vivacité, d'ofi un contraste d'autant plus saillant avec la condesceu-
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dance dont à ce moment même il faisait preuve à regard de la Turquie, mais qui s'explique par cette circonstance que lors des événements de Patras, les rebelles vaincus avaient pu trouver aaile à bord des navires anglais. D'ailleurs, les plaintes contre le système d'illégalité et de violence à l'ordre du jour continuaient toujours. On accusait hautement le ministère de malversation et d'avoir employé des deniers publics à acheter des voix. Les événements politiques survenus à ce moment dans l'ouest de l'Europe , la chute de Louis-Philippe et du ministère Guuot rendirent la position du cabinet Ttavellas intenable. A la fui de mars 1848 , les ministres donnèrent leur démission, et furent remplacés par un cabinet présidé par Conduriotis et où entrèrent Mansolas, Christinitis , Khodios et Christakopoulos , et dévoué mi-partie a l'intérêt français et mi-partie à l'intérêt russe. Seule l'influence anglaise ne s'y trouvait point représentée. La nouvelle administration débuta par des mesures de conciliation , notamment par une amnistie en faveur des nombreux individus placés sous le coup de poursuites judi ciaires. Mais l'anarchie allait croissant, et la situation fiuan-
< cière était désespérée. Ce fut toutefois une circonstance heureuse |>our la Grèce que la révolution qui s'effectua alors sur tous les points de l'Europe n'ait point laissé aux
• grandes puissantes le temps de s'occuper d'elle. Cest ainsi qu'il fut donné au gouvernement grec de réussir à comprimer seul les insurrections qui éclatèrent alors sur différents pointa du pays, tout en restant sous la pression d'une pénurie financière telle, qu'il lui était impossible de satisfaire aux plus pressantes exigences. Une modification survenue dans le ministère, assez peu homogène, que nous venons de mentionner remplaça Christinitis par Rufos, Christakopoulos par Manginas, et Mansolas par Kolokotroni ; Rhallis (ministre avant la révolution de septembre) et Mauromiclialis furent appelés aussi à en faire partie. Il y avait ainsi fusion complète des divers partis. Kolokotroni , ministre des affaires étrangères , était compté au nombre des partisans de la Russie.
Tous ces changements ministériels n'exercèrent pas d'ailleurs une grande influence sur la situation intérieure du
i pays; car si les personnes changeaient, le système suivi était toujours le même et les choses en demeuraient au même poiwL En octobre nouveau changement de cabinet; et il se forma alors une espèce de ministère de coalition , un cabinet composé de Kolokotroni, de Mauromiclialis et de Rhallis, anciens ministres, et de Canaris, Londos, Bulgari et Calliphrona. Les troubles à l'intérieur continuaient toujours; la situation financière ne s'améliorait aucunement. Un parti ministériel, produit de la vénalité des suffrages, faisait dans les chambres un digne pendant à une opposition intrigante et factieuse. Le ministère se traîna non sans |ieine pendant la session de 1848 à 1849 , Jusqu'à ce que sa dissolution eof été provoquée par un vole des chambres (avril) qui amena la démission du ministre de la guerre. Un nouveau ministère de coalition se forma alors, sous la présidence de Canaris : Cbristidis y eut l'intérieur, Glaraki les affaires étrangères, Christinitis les finances, TzaveUas la guerre, Calliphrona le culte, Anlonopoolos la justice. Les différends avec les puissances étrangères avaient sommeillé pendant les convulsions intérieures auxquelles l'Europe se trouvait en proie; mais les rapports avec l'Angleterre, même après le départ de sir Edmund Lyons (1849) gavaient pas pris un caractère plus amical. Les mouvements insurrectionnels qui éclatèrent dans les lies Ioniennes réveil-
I lèrent le feu qui couvait sous la cendre ; et alors la politique anglaise adressa à la Grèce précisément ce même reproche d'être d'intelligence avec les rebelles, qui jusque alors avait été l'un des grands griefs do la Grèce contre l'Angleterre.
Cependant, en présence de la violente opposition qu'A s'attendait à rencontrer, le ministère avait donné sa démission avant la réunion de la nouvelle chambre (il décembre), et à la suite de vains efforts tentes pour constituer, sous la présidence de Meta*a*,un cabinet complètement uapistiqne,
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une administration nouvelle se forma, sons la présidence de l'amiral Kriezis, et Staîlios, Notara*, Londos , Chnrsogelos et ltalbis y furent ses coliques. Par cette combinaison on avait espéré donner satisfaction à tous les partis; mais cet espoir fut déçu. Le 11 janvier 1*50 la llotle anglaise de la Méditerranée, aux ordres du vire-amiral Parker, vint Jeter l'ancre en lace du Pirée. Quelques jours après, l'amiral prit terre avec l'envoyé anglais Wyse, et transmit an gouvernement grec, comme réclamation* du gouvernement anglais, diverses demandes d'indemnités pour de prétendus dommages éprouvés par des sujets anglais, entre autres par un Juif appelé Pacifier», et au nom duquel on réclamait une indemnité de SOO.oOO drachmes pour perles es-uvA s dans une émeute populaire. L'amiral exigeait en outre la cession des Iles F.laphnnisi et Sapii nza. La politique anglaise ellemême paraissait convaincue de la nullité absolue de la plupart de ces réclamations , qu'elle n'appuyait que parce qu'elles lui fournissaient un prétexte pour commencer la lutte contre l'inlliicnce toujours croissante de la Russie en Orient. S'il n'y était pas fait droit dan* les vingt-quatre heures, l'amiral menaçait de recourir immédiatement à des mi sures coercitives. Le ministère, après avoir pris l'avis de jurisconsultes compétents , déclara les réclamations mal fondées. Dés le P.) commença le hlocus des p<irt> grecs par la Hotte anglaise, qui captura un certain nombre de bâtiments de commerce et de bâtiments de guerre. Il ne restait an gouvernement grec d'autre ressource que de protester contre ces mesures (le violence. Il envoya Tricoupis a Paris, Zographos à Vienne et a Saint l'étersbourg, à l'effet d'invoquer l'assistance de> puissances protectrices. Tandis que les populations grecques demeuraient calmes et approuvaient l'attitude prise en ces ivrconslanccs par leur gouvernement, les mesures de blocus continuaient et devenaient même plus rigoureuses, en même temps qu'elles provoquaient des protestations de la part des envoyés de France et de Russie. Le commerce grec, qui commençait à reprendre à ce moment un % ît essor, éprouva, par suite de ce temps d'arrêt survenu ainsi dans toutes les transactions, un coup dont les suites se tirent longtemps sentir. Vers le milieu de février, plus de "200 navires avaient déjà été capturés dans le port de Salamis, l'.n vain l'envoyé île France fit savoir au commandant des forces narales anglaises que la nié Nation de la France était acceptée par le cabinet de Saint James. Le ministre d'Angleterre à Athènes prélendit n'avoir pas reçu d'instructions de son gouvernement, et le. blocus continua. Ce fut seulement le 1 mars qu'il fut levé pour un délai indéterminé. Mais les navires capturés ne furent point restitués; et la politique anglaise fit mine de vouloir présenkT ( n< oie d'au!; es réclamations. Ln présence des incertitudes d'une telle situation, tout commerce se trouva naturellement suspendu; de sorte que le contre-coup du blocus eut de-, suites tout aussi fuuc: tes que si le blocus avait continué dans toute sa rigueur. U Russie, il est vrai, publia d'énei g'qoes déclarations contre les procèdes de Palmerston, qui provoquèrent également une vive opposition en Angleterre; mais la Grèce demeura sous la pression de la force, surtout la médiation de la France ayant conservé un caractère a>scz vague. Le baron Gros, envoyé a Athènes par le gouvernement français, y eut des conférences avec l'envoyé anglais Wyse, tandis que le gouvernement grec se réfutait à entrer dans aucune espèce de négociations tant que les navires capturés n'auraient pas été restitués et que la Grèce ne se retrouverait pas en mesure d'agir dans toute .sa liberté d'action. Après des pourparlers qui se prolongèrent jusqu'à la fin d'avril, le Iwron Gros présenta les profitions de la puissance médiatrice, et l'Angleterre les reiioussa. La i éprise du blocus fut annoncée pour le 25 avril si le gouvernement grec persistait à repousser le* réclamations de l'Angleterre, réduites au chiffre de 33,000 drachmes. La Giecc était bon* d'état île supporter plus longtemps le* conm^i;. mes .le i'einploi «le la force; elle se soumit à «equ'oil • \ e.. | .iVllc. Mois fo blocus fut levé : lin d'avril), el il ne
resta plus qu'une seule difficulté , crtle d'établir par Hais détaillés les réclamations britanniques groupées en ra*s*e dans les notes et mémorandums; et bientôt on reconnut avec quelle légèreté quelques-unes d'entre elles, ue reposant absolument sur rien, avaient été accueillies. Ku opposition i la conduite de l'Angleterre dans toute cette affaire, la Rassit déclara à ce moment que tant que la Grèce ne se serait pis rétablie des suites des mesures coercitives dont elle veaat d'être objet, et aussi de celles d'un hiver d'une rigueur peu commune, elle s'abstiendrait de réclamer sa part dans le payement des intérêts échus de l'emprunt.
La situation intérieure de la Grèce n'était pendant ce terni*là rien moins que consolante. Si en face de l'ennemi ounmun, les menées des partis avaient diminué, en revanche le déplorable état des finances et la complète anarchie v.fminislrative du pays étaient les questions qui maintenant préoccupaient de plus en plus tous les esprit*. Au moment même où le différend avec l'Angleterre prit fin, une somme importante fut volée a la banque nationale. Le Péloponm •« continuait toujours à être infesté |iar des bandes de briguais. Mais du moins vers ce temps-la on réussit à terminer pacifiquement une affaire important*;, la reunion de PÉfEBse grecque et de I Église d'Analolie. effectuée en vertu A m traité intervenu entre le saint synode d'Athènes et le patnu chc de Constantinople. Que si cette réunion des rouuiiunions orthodoxes fut un triomphe pour la Kus>ie, l'Angleterre, en revanche, ne la vit point s'effectuer sans un déplaisir extrême ; et on ne saurait nier qu'elle compléta li défaite morale essuyée en Grèce par la politique auglai.se i l'égard de la politique russe.
Pendant ce temps- là une scission était survenue -m sein du ministère a propos d'une loi sur la question de régence; Londos et Chrysogelos donnèrent leur demi»*» (2 août), et Uelijaniii lut provisoirement chargé de leur* portefeuilles. Les chambres volèrent alors la loi d'après laquelle c'est à lu reiue que revient l'exercice du droit de régence. Peu de temps après, le roi s'éloigna «le la Grèce ( |« août ), pour aller, disait-on, revoir les lieux ou il était ne, mais eu réalité pour hâter la solution d'une question de plus eu plus importante : celle de la succession au tritoe. Avant que les chambres ut: se séparassent, la reiue Autel** prêta serment à la constitution , afin de pouvoir prendre U régence. Le dernier acte du roi avant son dépari fut la reconstitution définitive de sou ministère. Kriezis en demeura le président, Motaras conserva l'intérieur el Delijanni l'extérieur; les ministres nouveaux furent Spiro .Mydos » 14 guerre, Christidès aux finances, l'aïko» a la justice. Korliojakis au culte. Le nouveau ministère ne se trou»» |«>> plus 101 constitué qu'un uvéuemenl tragique v inl interrompre sou activité. Le 1" septembre, le ministre Koitiotaki* tut traîtreusement assassiné d'un coup de pistolet a l'entrée île sa demeure, victime, à ce que l'on supposa, de* haines de* partis provinciaux ; et l'opinion générale accusa IcsMaanimichaiis de n'avoir point été étrangers à ce meurtre, te crime donna lieu aux recherches les plus actives, el on <ir" rèla un individu soupçonné d'en être l'auteur. Mais le pro«* se prolongea jusque dans l'été de 18*2, sans que U juatK* put atteindre les individus que la voix publique desigP»» hautement comme les coupables. Pendant ce temps-i» le* élections avaient eu lieu et avaient donné au ministère une suiiériorité incontestée. Le a novembre l'ouverture * la session fut faite par la reiue régente en persoune. Les a libérations de cette assemblée prouvèrent que les ancien calamités intérieures de la Grèce n'avaient point di*p»r»> qu'il y avait toujours insécurité complète des citoyens, absence de toute protection légale pour eux, et les mêmes snrdres dans l'administration fiuaucière. Comme toiuoii . c'est contre la question de linances que vint se briser le iw^ veau ministère; et dès le mois de mai tsil le ministre « ^ finances, Delijanni , était lorcé, lui aussi, de donner sa déuuv sion. Cependant l'absence prolongée du roi ajoutait <nr à I inquiétude publique; el iniur mettre un terme ai*
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meurs alarmantes de Imites espèces que les ennemis de l'ordre puMic Taisaient conrii , le ministère jugea nécessaire «l'annoncer que le retour du roi dans ses États aurait lieu avant la fin de ce même mois de mai. Ce retour coïncida effectivement avec la nouvelle crise ministérielle et avec la prorogation des chambres, qui en fut la conséquence obligoe. On ue savait pas précisément jusqu'à quel point le roi avait pu réussir a trouver une solution pour la question de succession ; mais on s'attendait généralement a voir proclamer héritier présomptif de la couronne le frère puîné d'Othon, le priuce Adalbert de Bavière. Le premier soin du mi tut de compléter son ministère (juin). Kriczis en demeura le président ; Paikos conserva les affaires étrangères ; le porte feuille de l'intérieur fut confié à Meletopoulos , celui de la justice à Damianos et celui du culte à Barbogloii. Christidèi resta aux. finances et Spiro Mylios à la guerre. Les ministres démissionnaires, Delijanni surtout, emportèrent «laits leur retraite la triste réputation d'avoir commis de nombreux acte» de corruption; taudis qu'incombait aux nouveaux conseillers de la couronne la rude tâche de cicatriser les blessures douloureuses produites par la catastrophe de tttào, de ranimer la navigation, tombée en partie , par la propre faute de* Grecs, dans un complet dépérissement, et de rouvrir au commerce national les débouchés qu'il avait perdu* La continuation des scènes de pillage, de brigandage et de dévastation dans l'intérieur du pays , des bruits incessants de complots et conspirations, et l'accusation formellement élevée dans le courant de l'été 1851 contre Antoine et Anastasc Mauromichalis d'avoir trempé dans l'assassinat dont Conduriotis avait été victime, furent autant de circonstances peu propres à permettre d'espérer un meilleur avenir. Il ne tarda point à être évident pour chacun que les nouveaux ministres, pas plus que les ancieus, n'étaient hommes à retirer le char de l'État de l'ornière ou il gisait. En conséquence, dès le mois de février 1852 Meletopoulos , Barboglou et Damianos résignèrent leurs portefeuilles, et furent remplacés par Machos et Privilegios. Des bruits mystérieux relatifs a l'existence d'une conspiration ayant pour but le renversement île la constitution furent propagés à Paide de lettres anonymes , et commencèrent a inquiéter vivement l'opinion publique, en même temps que les suites d'une mauvaise récolte et la baisse énorme survenue dans le cours des raisins secs, l'un des produits les plus iat|K>rtanU d'une grande partie du Péloponnèse, ajou • taient a l'anxiété générale. Le seul événement favorable qui survint alors pour consoler la Grèce, ce fut le changement de ministère qui eut lieu en Angleterre, et qui éloigna des affaires Palmerston et les whigs. Les tories, qui leur succédèrent au pouvoir, semblèrent vouloir adopter à l'égard de la Grèce une politique plus loyale et pins généreuse. Mais les bruits de conspiration se reproduisirent à ce moment avec une nouvelle intensité; cette fois c'était à la vie du roi lui-même que tes conspirateurs eu voulaient, et l'arrestation du général Makrijanni donna lieu a une longue instruction. Les brigandages etaieut d'ailleurs toujours à l'ordre du jour. La crise financière, accrue par les calamités des années précédentes, semblait être arrivée à son apogée, quand des troubles religieux vinrent encore compliquer la situation et gravement compromettre l'existence politique du nouvel Etat. Une opposition des pins violentes s'éleva dans le pays contre le traité (tomos) intervenu pour unir l'Eglise grecque orthodoxe et rétablir sis anciens rapports avec le patriarche de Conslantinople. Dans le Péloponnèse notamment , un moine fanatique , Chris tophoros l'aiMHilaki, essaya d'organiser une véritable croisade contre l'union; et on reprocha au ministre de la guerre, Spiro Mylios, de n'avoir été ni étranger ni hostile à l'agitation qu'il avait mission de comprimer. Le saint- synode excommunia, il est vrai, ce moine; mais l'agitation n'en subsista toujours pas moins (juin IS52). Dans la Marna, l'a- . puulaki, doué de toutes les qualités nécessaires à l'agitateur populaire, réussit a mettre les («publions en
et d'autres indices encore donnèrent à penser qu'une vaste confédération s'était formée dans tous les couvents à l'effet d'arriver au même l»ut. La question religieuse prima dès lors toutes les questions politiques, et la nation se divisa en lomistes et en antitomisles. Au mois île juillet 1852, cependant, le roi Othon entreprit encore une fois un voyage en Allemague, laissant de nouveau pendant son absence la régence à la reine. Le 2 novembre ce prince était de retour dans ses Etats, et reprenait l'exercice île son pouvoir.
On le reconnaît aisément : depuis sa régénération polil:<me, depuis le moment où il lui a été donné de voir son nom in erit de nouveau au nombre des nations indépendantes, la Grèce n'a jamaiseessé d'être le théâtre des intrigues de la diplomatie étrangère. Pourquoi cette constante intervention de l'élran ger dans les affaires intérieures de ce petit pays? C'est que la diplomatie anglaise et française avait tout d'abord pressenti dans les menées des partis qui divisent la Grèce la main et l'action de la Russie, préparant la comme une avantgarde pour l'excécution des projets qui depuis plu» d'un siècle forment le fond de toute la politique du cabinet de Saint- Pétersbourg en Orient, et organisant longtemps d'avance à l'ouest une diversion piassantc pour le moment ou elle croirait pouvoir enlin lancer ses armées sur Conslantinoplc et réaliser les rêves ambitieux de Catherine. On ne sera donc pas surpris de voir en 1 853 l'arrivée du prince Menschi koff a Constantinople, porteur des sommations hautaines et de l'insolent ultimatum de l'empereur son maître à propos de la question deslieuxsaints, point de départ du conflit européen dont l'Orient est aujourd'hui le théâtre, coïncider avec l'ordre donné, le 17 mars, par le gouvernement français a sa flotte de Toulon, commandée parle vice-amiral la Susse, d'aller croiser dans les eaux de la Grèce comme poste d'observation. Dès le 8 juin te* flottes combinées de la France et de la Grande-Bretagne s'en éloignaient pour se rapprocher des Dardanelles; et le 2 juilUt suivant, à la suite d'un manlleste en date du 26 juin publié par l'empereur Nicolas, tes troupes russes pénétraient dans la Valaehfe par Léova et dans la Moldavie, par Skaliaay, en mène temp* que le prince Go rtschakoff était nommé par l'empereur commandant en chef du corps d'occupation des iteux principautés. Le 11 septembre les flottes combinées, aux ordres des amiraux Dundas et Hamelin, restées jusque alors mouillées dans la baie de Bésika, recevaient l'ordre de faire voile pour Constantinople ; et le il octobre tes hostilités éclataient enlin sur les bords du Danube entre les Busses et les Turcs.
L'heuie tant attendue avait sonné; aussi dès la fin de janvier 1854 un soulèvement, organise de longue main sur les (routières de la Grèce, éclatait-il contre te sultan dans plusieurs districts de l'Êpire et de l'Albanie, soulèvement a la suite duquel quelques chefs des insurgés, ayant a leur tète Spiridion Kuraiskaki, proclamèrent an quartier généra/ deRadobitzi, dans la province d'Arta, la liberté et l'indépendance de toutes les provinces de l'ancienne Grèce. Dnue uue proclamation datée du camp d'Arta, 11 lévrier, et adressée par Karaiskaki à tous les Hellènes, ce chof disait : « Le cri de ralliement des Grecs doit être : l'empire heUtru'pt: M la mort! « La connivence manifeste des autorités grecque-- . avec les instigateurs de cette levée de boucliers amena tout aussitôt de nombreux échanges de notes diplomatiques entre les gouvernements lu»c et grec; mais celui-ci persista à re|M>usser toute solidarité dans les faits que lui dénonçait l'envoyé turc, et pour lequel on lui demandait une juste réparation. Le ministre Paikos protestait que les autoivfH civiles et militaires du royaume s'étaient constamment eflorcées d'empêcher tout ce qui pouvait troubler les relationsde bon voisinage entre les deux rations , mais qu'elles n'avaient « ni le |Mjuvoir ni les moyens d'empêcher les troubles qui venaient d'éclater sur le territoire ottoman , et qu'il attribuait uniquement anx sentiments patriotiques et religieux îles populations grecques demeurées sous l'autorité itu sultan, qu'il était du devoir de tout gouvernement de raèet de respecter. » Ce i
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tenta point à se propager sur tous les points de lTÊpire , et bientôt même en Thessalie (mars). Alors le gouvernement grec ceiue de dissimuler, et le 14 mars an corps de volontaires quittait Athènes pour aller rejoindre les insurges albanais, épi rotes et thessaliens. Déni jours plus tard un second corps de volontaires partait également de la capitale pour la même destination , sous les ordres de Churmusi , viceprésident de la chambre des députés. Tout aussitôt la pins vh i' agitation éclata sur tous les points du royaume à l'effet de favoriser l'insurrection , et le général Ttavellaa , naguère ministre rie la guerre du roi Othon , se rendit au camp d'Arta, ou il fut proclamé généralissime des Hellènes; en même temps que le général Christodoulos et Hadschi-Petro prenaient le commandement en chef des insurgés de la Thessalie. Le gouvernement turc demanda alors au ministre grec le rappel et la mise en jugement des généraux Grivas, Serves , Tzaveilas et Hadschi-Petro, ainsi que de tous les officiers de l'armée grecque qui étaient allés en Turquie se joindre aux révoltés ; le désaveu public des souscriptions et armements faits par les comités helléniques ; enfin;, qu'il fat pris des mesures efficaces pour empêcher tout armement projeté contre les provinces frontières et le passage d'individus armés sur le territoire ottoman. Sur le refus du gouvernement K<ec de (aire droit à ces réclamations de la Sublime-Port*, appuyées par les représentants de la France et de l'Angleterre, le chargé d'affaires de Turquie a Athènes quitta cette capitale, le 21 mars, avec tout le personnel do sa légation. Quelques jours plus tard la France et l' Angleterre déclaraient officiellement la guerre à la Russie. Cependant l'insurrection, d'abord triompliante, essuyait maintenant échec sur échec ; mais comme on pouvait redouter de lui voir reprendre l'offensive maintenant que les agents russes avaient toute liberté d'agir et de répandre ouvertement l'or à pleines mains pour provoquer cette diversion •ur laquelle la Russie avait toujours cru pouvoir compter, l'Angleterre et la France jugèrent indispensable d'en finir tout de suite avec ce commencement d'incendie. En conséquence, à la suite d'un dernier et inutile ultimatum adressé par ces puissances, en date du 13 mai lft&4, au gouvernement grec pour qu'il eût à faire immédiatement droit aux justes réclamations de la Porte et à s'abstenir désormais de toute intervention directe ou indirecte dans les mouvements insurrectionnels qui pourraient éclater sur le territoire ottoman, un corps de troupes françaises et anglaises débarquait le 21 au Pirée, et prenait' possession de tous les forts et ouvrages qui le détendent. Cette occupation anglo-française dure encore au moment où nous écrivons (mars 1S5S).
Sous la pression de cette intervention armée, le roi Othon dut enfin souscrire à ce que les puissances exigeaient de son gouvernement ; et le M ce prince s'engageait de la manière la plus formelle à observer désormais une stricte neutralité dans la lutte dont l'Orient était le théâtre. Les hommes restés jusque alors à la tète des affaires ne pouvaient plus garder le pouvoir. Il y eut donc un changement complet de cabinet. Maurocordatos, ministre de Grèce à Paris, fut nommé président du conseil ; et en attendant son arrivée à Athènes, l'amiral Canaris, ministre de la marine, était chargé de la présidence. Enfin, un décret prononça la dissolution de la chambre des députés. C'est ce ministère qui occupe encore aujourd'hui le pouvoir. Il signala son avènement par une proclamation où il déclarait qu'il respectait les sympathies des Grecs pour leurs compatriotes et leurs coreligionnaires opprimés; mais qu'il espérait du patriotisme des bons citoyens qu'ils sauraient faire la différence entre le possible et l'impossible, et qu'ils lui donneraient leur appui pour l'aider A rétablir la sécurité du paya et de ses habitants. Ainsi se sont trouvées déjouées de ce côté les intrigues de la Russie ,-et l'avenir seul nous apprendra maintenant le sort définitivement réservé a la Grèce au milieu de ta redoutable crise à laquelle l'Europe est en proie. Consulter Mitford, Historg of Greece (R vol., bout, édit., 1*30) ;