GRÉCOURT
Gillies, HistoryofAncient Greece and Us Colonies (i7fK); Grote, Historg of Greece ( 1851); Pouqueville, lliilw< de la Régénération de la Grèce (a vol., 1824) ; tarai» Risos, Histoire moderne de la Grée* (Genève, tsls), Alex. Sootto, Histoire de la Révolution grecque (Pins, 1829 ) ; Gordon, H U tory of the greek Révolution ( Lm&m, 1832) ; Histoire de F Insurrection grecque par Tricoopi ; m grec moderne, Londres, 1950) ; Edmond About, La Gr«x contemporaine (Paris, 1854).
GRÈCE (Grande). Vogei GsANoe-Gsioc.
GRECE (Vins de). Jadis célèbres au loin dus; lt monde, les vins de Grèce ont de nos jours perdu de plu» en plus de leur vieille réputation , de même que la production en a considérablement diminué. Sous La dominai! ^ des Vénitiens, Candie et Chypre étaient en possession U fournir l'Europe des vins de dessert les plus fins, Lewld* la Grèce presque tout entière est éminemment favorable i la culture de la vigne. Sur la terre ferme la plupart de chaînes de montagnes se composent de calsaires; et la même roche abonde dans quelques Iles célèbres pour Irai fertilité en général et pour l'excellence de leurs vins, pu exemple ■ Chios, Ténédos, Candie, Zante. D'autres, dont le» vins ne sont pas moins célèbres, comme Lesbos, Nav» d Santorin, ont des montagnes d'origine volcanique. LataneV de climats et l'avantage des expositions plus ou moins u»»rables qu'offrent les plateaux de la Grèce donnent ooe diversité extraordinaire à la qualité des vins de ce pays. D'ailleurs, la culture de la vigne est aujourd'hui encore l'objet de plus grands soins sur divers pointa du territoire grec. As- Jourd'hui, comme autrefois, les vins de Grèce apparbesnent aux sortes de vins les plus sucrés. Ceux qu'on préput dans les Iles de Chypre et de Ténédos , le vin rouge d< ttf- Los et le muscat blanc de Smyrne rivalisent avec les vies les plus huileux de la Hongrie. Toutefois, on récolle au* beaucoup de vins rouges secs dans d'autres Iles, telles q« Itaque , Céphalonie , Candie , Chypre ; et avec des seins A des précautions, ils se prêtent parfaitement à l'esportatia A Zante on fait avec des raisins de Corinthe un vinqoiat le cède en rien au Tokay.
Les plus célèbres vins de Grèce sont le Malroitx àt la Canée , à Candie , récolté sur les versants du mont Ida; I le Vin de la Commander ie de Chypre, d'abord roopd qui plus tard passe au brun ; le Muscat blanc de Chjpff , délicieux vin de dessert, dont le seul défaut est de trot facilement prendre le goût des outres dans lesquelles on lt conserve; le Vino santo blanc de l'Ile Santorin, le nieiikuf de tous , et qui s'expédie presque exclusivement en Ku»«; les vins do liqueur de l'Héljcon; le véritable Malcoisu * Misitra et de Malvoisie, célèbre depuis des siècles; les »»< des Iles Scopolo, Niconi, Andros, Corfou, Céphaloo*. Tbeaki, Zante, Cérigo, Scio et Ténédos. Aujourd'hui encore domine partout en Grèce l'antique usage d'enfouir à la ati*sance d'un enfant de grands vases de vin , pour ne tortura de la terre et ne le boire qu'a Poccasiou de ses noces, h* »■* ainsi conservés acquièrent avec le temps un août des pi*" fins ; et comme le tout ne se boit pas dans les noces , il <* passe toujours un peu dans le commerce , qui le recuerebe avec empressement. Les centres principaux du cumaterw des vins en Grèce sont Athènes , Condors , Pairs* , Corinthe, Malvoisie , divers ports de la Morée et les lie*. GRECHETTO(Ii). Yoga Cuticuons.
GRÉCOL'RT (Jean-Baptistb Josemi VILLARETm1 le plus fameux peut-être de tous ces abbés libertins M les mepurs et les poésies eussent fait scandale à toute antre époque que le dix -huitième siècle, naquit à Tours, en is*î> d'une famille originaire d'Ecosse, très-noble et rrè*-p*°,rf A treize ans, le crédit d'un oncle, ecclésiastique estimé sous la direction duquel il avait fait de bonnes étude- Paris, lui avait déjà valu un canonicat a Saint-M»*» de Tours. A la sollicitation de sa mère , directrice de* p*] tes dans cette
ville, il voulut se livrer à la prédieatkm , d sermon fut un scandale : fl l'avait Htm*
GRÉCOUBT
d'allusions satirique*, a l'adresse de plusieurs dames du pays. Quelques petits vers libertins, une sorte de petite comédie en chansons sur certain maudement de l'abbé Dûment, ajoutèrent encore à cette gloire douteuse. Il nous apprend comment alors , entre deux sermons , il dépensait ses loiairs :
Ko conter à la prude, à b fine, a U sotte , Jusqu'aux pieds de» autel» tenter une bigollc, Partitrc fort fidèle en vingt lieux difTérciiU, Doper d'un lent coup d'eit ami*, rivaui , parent» , Égarer la chagrine, arrêter la volage , Ne fat jurais ches an qae airopto badioagr ; La grille a tu met coupa, et dao« plus d uo taiol beu J'ai trouble galamment ce bon peuple de Dieu.
Un canonicat provincial n'était pas longtemps tenante avec de pareilles mrcurs : Grécourt le |>ensa le premier; il Tint à Paris , s'y fit pourvoir d'une chapelle , véritable sinécure ecclésiastique de l'époque , qui lui laissait beaucoup de loisirs; et ayant ainsi un prétexte pour y revenir souvent, pour y résider même, il s'y lia avec le maréchal d*E*trées et quelques autres jeunes fous de bonne maison , qui l'y retinrent tout à fait. Il fut bientôt de tous les friands soupers , de toutes les assemblées grivoises. Ses bons mots, sa verve libertine étaient indispensables dans toutdes<ert bien entendu ; on avait ce gai conteur comme on niait du Champagne, et le contrôleur général Law ne donnait jamais sans lut un de ses somptueux banquets. Grécourt consentait à égayer de ses bouffonneries tout ce monde do j finance ; mais c'était là tout, et quand Law lui offrait une ! fortnne pour salaire de ses bons mot» , il refusait. C'est après i tin de ces refus qui l'honorent, qu'il écrivit sa fable de la for- i tune, dont Bérangcr devait faire une jolie chanson. C'est aussi vers ce temps-lit que Grécourt composa presque toutes ses j poésies, ses contes, se* fables, oh dans le plus innocent I sujet il trouve matière à libertinage, enfin son fameux poème I de Philotanus, qu'on lui a si longtemps contesté.
Plus tard , quand l'intempérance , le plaisir, le soin fatigant de rimer pour payer son écot aux tables financières, eurent escompté a un taux ruineux sa vie, déjà avancée, il revint en Touraine; puis il se retira chez le duc d'Aiguillon, dans la terre de Vcrct, rrni paradis terrestre, «<ii le suivit son goût des poésies licencieuses. Certain gros recueil obscène, ayant pour titre : Recueil de poésies choisir*, rassemblées par un cosmopolite, et qu'on ne tira qu'à douze exemplaires, y fut fortné par ses soins. La princesse de Conti et le pèreVinot l'aidèrent dans le choix des vers à recueillir, et le duc d'Aiguillon imprima le tout de ses nobles mains. Déjii , en 1730, l'abbé avait prêté son aide a la composition d'un recueil burlesque, désiré par la princesse de Boorhon-Condé : nous voulons parler du plus bizarre des ana, du Naranzakiniana. ou pensées naïves et ingénieuses d'on pauvre idiot, nommé Maranzac, officier de citasse du dauphin. Les dernières années de l'abbé se passèrent au milieu de ces occupations si futiles et pourtant si peu innocentes. Il mourut h Tours, le 1 avril 174S. Attendant galment la mort, il s'était composé une spirituelle épilaphe. dont voici les derniers vers :
L'amour perd un historien ; Si je conaulteaoo bri-tuire, U religion n'y perd rien.
Edouard Fonwiiat.
GRECQUE (Église). Par celte dénomination, on désigna d'abord les Églises fondées par les apôtres dans la G r è ce , puis toutes les provinces soumises plus tard à l'empire d'Orient , et dans lesquelles on parlait grec , c'est-à-dire tout l'espace qui s'étend de l'Illyrie à la Mésopotamie et la Perse, y compris l'Ëgypte. Aujourd'hui, ces mots ont un sens plus restreint; ils ne désignent plus que les Églises séparées de l'Église romaine par le grand schisme d'Orient : ce qui comprend la Grèce proprement dite, U-s Iles de l'Archipel, l'Alto Mineure , avec quelques contrées orientales, et de plus
un certain nombre d'Églises de Pologne et presque toutes celles de la Russie.
Plusieurs causes ont concouru à cette scission déplorable, qui détacha de l'Église universelle tant d'Églises autrefois si florissantes. La vanité des Grecs , leur antipathie et leur mépris pour tes Latins , leur esprit sophistique et disputenr bien pins qn'un lèle véritable pour la doctrine , jetèrent d'abord les premiers gern tes de division que l'ambition de» pa triarebes ne tarda pas à faire éclore. Si Rome était restée seule reine de l'empire, il est probable qu'elle le serait aussi restée de la chrétienté tout entière. Les patriarches deConstantinople, autrefois soumis au métropolitain d'Héraclée, i s'ils n'eussent point approché de la cour et des empereurs, s n'auraient jamais rêvé de patriarcat universel; jamais ils ; n'auraient songé à asservir les métropolitains d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie , et leur orgueil blessé n'aurait pas fait à l'Église des plaies si douloureuses et si sanglantes.
Dès le septième siècle, les disputes sur les images avaient échauffé les esprits. Les Latins reprochaient aux Grecs de tomber dans l'idolâtrie, et ceux-ci récriminaient en reprochant aux Latins le fameux FiUoque ajouté aux conciles de Niceeet de Constant inople pour mieux exprimer la doctrine de l'Église sur la très-sainte Trinité. Cependant, deux siècles s'étaient écoulés, et ces querelles commençaient à s'assoupir, lorsqu'en M7 l'empereur Michel III, dit le /tuteur ou l'Ivrogne, comme s'il (allait qu'il y eût toujours quelque chose de honteux à l'origine de tons les schismes et de toutes les hérésies, ayant exilé le i^trtarche Ignace, qui lui reprochait ses désordres, éleva Photius sur le siège de Constautinople , après lui avoir fait conférer tous les ordres en six jours. Ce Photius était un homme de science et de génie, mais en même temps d'une ambition et d'nne hypocrisie consommées. On ne peut énumérer ici toutes les tracasseries qui survinrent par suite de son intrusion, sa déposition, ses fourberies , sa réintégration et ses prétentions au patriarcat universel. Sa mort ne fit que retarder la scission fatale ; car ses successeurs continuèrent à s'arroger le litre île patriarches œcuméniques ; et en 10*3, pour se rendre plus absolu , Michel Cérulaire consomma le schisme, en rompant ouvertement avec l'Église romaine. Il alléguait contre elle quatre griefs principaux ; le premier, d'user de pain azyme pour l'eucharistie ; le second, de permettre l'usage du lait dans le carême; le troisième, de jeûner te samedi; et le quatrième, de supprimer pendant le carême le chant de Valleluia. En vain le pape Léon IX répondit-il victorieusement à ces reproches ridicules ; en vain envoya-t-il des légats pour s'aboucher avec le lier patriarche; tout finit par des excommunications réciproques, et le schisme resta consommé. On sait comment, en 1177, Honoré III fit d'inutiles efforts pour opérer une réconciliation, œuvre difficile, dans laquelle échoua, soixante-douze ans plus tard, Michel Paléologue au concile général de Lyon. Les moines , le clergé et le peuple refusèrent de souscrire à l'adhésion de leurs évêques ; et ce fut encore ce même entêtement du peuple qui fit échouer, en 1430, la nouvelle tentative de réunion provoquée par l'empereur Jean Paléologue et plusieurs évêqnes grecs au concile général de Florence. Les croisades avaient trop envenimé les vieilles haines, et les Turcs, qui vinrent tout dévaster et tout abrutir, ne laissèrent plus aux papes d'autres moyens d'action sur cette portion de la chrétienté que par les missionnaires qui voulurent se dévouer h un ministère aussi pénible que dangereux.
Mais les Églises qui avaient prétendu s'affranchir en secouant le joug paternel des souverains pontifes ont déjà expié leur orgueil par bien des humiliations. A genoux , tremblantes devant le pouvoir temporel , les unes sont réduites a acheter d'un barbare la permission de se donner des pasteurs , les autres doivent régler leur foi sur les divers oukases des autocrates de toutes les Russies, à qui certes n'a jamais été promise l'infaillibilité. Il suffit de voir dans quel degré d'abaissement sont tom liées ces Églises pour res.
trr convaincu que depuis l«ur schisme elles sont tous le poids l'Orient d'une malédiction. Le peuple, malgré ses RupcretiliouB et son ignorance, ne |>eut s'empêcher île regarder eu pitié ses prêtres, dégrades par le mariage, sans lèle, sans dignité, sans onction , et |>orlaiit au Iront comme un cachet de doute et de nullité. Le» pope» misses et les papa» grecs sont presque les parias de ces deux ualions. Or, lorsque la sève sacerdutale est ainsi tarie , lorsque les lèvres du prêtre , pour me servir d'une expression sacrée, ne gardent plus la science, quelle peut être la religion d'un peuple qui a de tels payeurs? Le christianisme y devient tout matériel ; il n'est plus , comme chez les Grecs, qu'un amas de cérémonies vaines et de pratiques ridicules.
Au rapport de tous les voyageurs, ils sont peut-être plus siqierfiUtieux que le* païeus leurs ancêtres. Us croient aux songes, aux présages, à la divination, aux talismans, aux jouis heureux ou malheureux ; il* ont des fontaines sacrées, el «lisent avoir des moyens de fasciner les enfants, etc., etc. ( Voyage lilt. eu Creva, lett. II ). 1 elle est leur ignorance en maigre de religion, que la plupart ne savent pas même le puter : cependant , ceux de Constantinuple portent ordinairement des chapelets, ce qui suppose qu'ils connaissant au moins cette prière. Le clergé n'eu sait guère plus que le |ietiple ; et les cvt que» mêmes, quoique plus respectes, parce qu'ils sont toujours choisis parmi les moines , et par conséquent toujours «vulMlaite», n'outras une science théologique Ihcii profonde. Cependant, l'ascendant du corps épiscopa! sur le peuple e>t immense ; il peut tout par l'excommunication qui a chc* les Grecs des eflets civils et spirituels : elle prive uon-setilement de la communion de l'Eglise, mais encore de tous les droils de citoyen ; elle rompt tous les tiens du sang el de l'amitié, et, dans leur crédulité les Grecs prétendent qu'elle poursuit les morts jusqu'au sein du tombeau. De la les conle-s ridicules qu'ils débitent sur les Oroucotacat , ou cadavres des excommuniés. Us croient qu'ils ne peuvent se dissoudre, que le démon s'eu empare, les anime, les lait parler, et s'en sert pour effrayer les vivants.
L'es superstitions à part, il y a peu de différence eulrc leur symbole et celui des catholiques. Ils persistent à rejeter le Filioque, el ne veulent pas que le Saint-Esprit procède également du Père et du Fils. Cependant, ils croient à sa divinité; mais en administrant le baptême au nom de la sainte Trinité, ils ajoutent certaines cérémonies pour exprimer leur erreur sur la troisième personne. Us admettent la hiérarchie ecclésiastique et les anciens canons des concilies sur la discipline; mats ils rejettent la primauté du pape, qu'ils attribuent aujourd'hui en Grèce à leur saint-synode et à leur patriarche de Constantinople , et en Russie
; car ils sont bien les plus obséquieux de tous les hommes, si ce n'est envers las papes de Rome, qu'on leur apprend a détester dès leur enfance Ils prient comme nous pour les morts ; mais ils croient que leur sort ne sera définitivement fixé qu'au jugement dernier ; quelques-uns rejettent l'éternité des peines. Quant à l'eucltaristie, bien qu'ils regardent comme valide la consécration faite ave-, le pain azyme, ils se servent de pain levé.
C'est donc à tort que la réforme, effrayée de sa nouveauté, cherchait au seizième siècle , et encore au dix-septième siècle, de» ancêtres parmi les partisans du grand schisme. Les patriarches Cyrille- Lucarfs, Jean Brée, son successeur, l'arthenius, Dosithée, et plusieurs conciles , à l'un desquels assista le métro|K>lilain de Russie, en condamnant les protestants d'une voix unanime, prouvèrent à toute l'Europe que ces novateurs ont foulé aux pieds toutes les traditions.
Il faut remonter jusqu'aux temps apostoliques pour expliquer la conformité de croyance qui se trouve entre le* Grecs et les Latins • car il y a toujours eu Irop d'antipathie entre ces deux Eglises pour que l'on puisse dire que l'une a reçu de l'autre son symbole. Si une légère addition (aile au conçue de Nicée par les Occidentaux a pu soulever tout
tonte addition plus grave n'ent-elle |<a» pmvrxji*
des réclamations plus violentes encore? et l'histoire ne tes eût-elle pas consignées dans ses annales? Donc, puwqiie nous ne lisons rien de semblable dans les historiens, c'«< une preuve que l'identité sur le fond de la doctrine « 1m»jours été telle dans les deux Eglises que nous la voyant aujourd'hui. Voila un argument auquel les protestant» n'ont jamais répondu, et auquel ils ne répondront jamais.
On sait que la liturgie grecque différa toujours un peu Je la liturgie latine; aujourd'hui les différences sont plat marquée*. Les Grecs font toujours le stene de la croix de droite à gauche , parce que , disent-ils , le Sauveur, étends sur la croix, présente d'abord la main droite à ses bourreau*, on ne voit parmi eux ni statues ni aucune image en relief, parce que les mahométans les ont en horreur. Leurs prier» publiques sont beaucoup plus longues que les mitres, H leurs jeûnes plus rigoureux et plus fréquents. Ils ont quatre carêmes : le premier est celui de l'Avent, et il dure quarante jours ; le second est celui de l'aquesiletroisièmecelui des Attires , qui finit à la fêle de saint Pierre; enfin, le qualrietix commence quinze jours avant l'Assomption. Le jeune cala leurs yeux le devoir le plus essentiel du christianisme On m dit qu'une seule messe par jour dans leurs églises, el dtw seulement les jours de fête, bans musique ni docks. 0» n'assiste que del»out au service divin, pendant la cdrixalion duquel il est tout au plus permis de s'appuyer sur us* espèce de béquille. Ost seulement à la fêle de Paque qut les li t les s'agenouillent. En priant , on doit toujours se tourner vers l'orient. La musique instrumentale est comi'Mtment bannie du culle, qui consiste presque cnuèrcuirul <s pratiques extérieures, à l'accomplissement exact de*iutil<» on attache une espèce de vertu magique. La prédication, fin»trui lion religieuse n'y tiennent qu'une place exlrèmrnirtt minime. Au dix-septième siècle, le tsar Alexis interdit Mmellement la prédication eu Russie; elle y est remplacet par la lecture d'anliqucs homélies. Eu Grèce cl dan» lu pays places sous la domination du sultan , il n'y a que H ecclésiastiques les plus haut placés qui prêchent. Luuslc» temples , les hommes sont toujours séparés des femmes pu des treillis. Les préires ont conserve l'aucien coutume >acerdotal : leurs chasubles à l'antique, au lieu d'être èd-a* crées sur les cotés, se relèvent sur les bras; mais il» n'uni ni aubes, ni étoles, ni chappes, ni bonnets carrés, ni mitplis. Les évêque», qui sont tous moines de l'ordre de Saint- Basile ou de Saint-Jean -Chrysostome , sont coiffé» d'w* toque à oreilles, qui ressemble a un chapeau sans relwi«K Au lieu de crosse, ils portent une béquille en ébène, mot* d'ivoire ou de nacre de perles. Au reste, il ne faut (* croire que tout ce que nous venons de dire couvicaa*» tous les Grecs sans aucune exception; car ils sont dm** en un grand nombre de sectes, qui ne s'accordent pa» plu» entre elles qu'avec l'Eglise romaine. Ainsi, tes AlaronUrt, les Arminiens , les Géorgiens , les JucvOiles, les ^e^t»• riens, les Cophtes, etc., forment autant d'Eglises
L'abbé J. b\uriitu.«ï.
L'Église grecque, qui affecte de prendre la d'Église orthodoxe catholique, ou encore à'f.glut '•f0*' totique, ordonne à tous ses prêtres (à l'exception desHwiaes cl de ses haute dignitaires jusqu'aux éveques inc!usn<ment, choisis tous dans le personnel des couvents), I* 'w' riage, qui doit êlrc contracté avec une vierge. Elle interdit le mariage avec une veuve , de même qu'un seo*» mariage. Aussi les prêtres qui deviennent veufs résip»*" ils ordinairement leurs clorges d'âmes et se retittoi-» dans quelque couvent avec le litre de hieromoiux'"- L'adultère dissout le mariage pour les laïcs. On e*l t«*" rigoureux sur les degrés de parenté qui interdisent I* |Di* riage, notamment sur la uarenté spirituelle que le fasif t'1" établit entre parrains et IMeul*. Les laies ne peu""1 r*J contracter un quatrième mariage. L'Église grecque ne cru* ni au purgatoire, ni à la prédestination, ni an mérite de " œuvres, ni auxt
non pas seulement aux agonisants, mai* aux malades. Elle 1 ne reconnaît jioiut la suprématie du pape, ni celle de tout autre représentant visible de Jésus-Christ sur la terre, et ne | tolère aucune image taillée, sculptée on coulée des saints, etc. j Les images de Jésus- Christ, de la sainte Vierge et des saints placées dans les églises ou dans les habitations particulières comme objet de vénération religieuse , ne peuvent dire que peintes, sans relief; l'Église gréco- russe, toutefois, (ait excep- j tion à cet égard et orne aussi ses autels d'oeuvres plastiques. ! Comme l'Église catholique romaine, elle admet l'invocation j des saints, le culte île Marie, la sainteté des reliques, croix ; et tombeaux.
Les couvents grecs suivent pour la plupart la sévère ré- ' gle de Saint-Basile. Le mot grec Utgumenos est celui qui répond à notre mot abbé, et higumenè à celui d'abbesse. « L'abbé d'un couvent suas la juridiction duquel se trouvent placés d'autres couvents preud le lilru tïarchi- 1 mandrin, et a rang «Pevêque. La république des moines du mont A t h os est depuis longtemps célèbre. Dau-> leurs monastères, les religieuses grecques se livrent a des travaux manuels; elles se consacrent aussi au soulagement des maladies et a Hustruction du peuple. Elles ont à leur tète un «ronoiwoj, qui doit toujours être âgé de quatre vingt-aus au moins et a le droit de choisir le coiifesieur du couvent, ainsi que de présidera l'élection de l'abbessc par les membres de la communauté. Le clergé inférieur se compose de liturgistes de ktteurs, de chantres, d'hypoliacres et de diacres, d<: prêtres, de popes et de protopopes , lesquels sont 1rs premiers dignitaires dans les cathédrales et les églises principales. Les liturgistes et les prêtres ne peuvent point parvenir à une dignité plus élevée que celle de protopope ; car les évéques se recrutent exclusi vemant parmi les moines. C'est parmi les évéques qu'on choisit les archevêques, les métropolitains et les patriarches.
Depuis la prise de Constantinople par les Turcs, en (4âJ, les différentes tentatives faites par l'Eglise romaine pour déterminer l'Eglise grecque à se réunir, n'ont eu d'autre ré- I sultat que do ramener sous la suprématie du pape quelques communes d'Italie ou s'étaient enfuis un grand nombre «le Grecs à l'approche des Turcs, de même que d'un certain nombre de communes de la Hongrie , de la Gallicie et de la Lithuanie. Mais II a fallu pour cela que le pape de Rome leur I concédât le mariage des prêtres et la communion sous le» I deux espèces. Ces grecs sont connus sous le nom de grecs unis.
Il existe en Russie vingt-quatre diocèses episcopaux de l'Eglise grecque, aux titulaires desquel» l'empereur peut a volonté conférer la dignité d'archevêque. Saint-Pétersbourg, Kieif, Kasan etTobolsk sont les sièges des quatre métropolitains de l'empire de Russie. Ladignib?dej>«frtMrcAerfe.t/o.icou, dont on prétendit que le patriarche Nikon ( mort en 16* l ) avait abusé, fut supprimée en 1702 par Pierre le Grand, qui en 1720 soumit tout le gouvernement religieux de son empire à un collège d'évéques et de conseillera séculiers ; ce collège prend la qoalilicalion de satiit-syuode dirigeant. Après avoir à l'origine siégé à Moscou , il siège aujourd'hui à Saint-Pétersbourg, où il prend rang |Kirmi les autorités supérieures de l'empire, iminértiatement après le sénat dirigeant. Le doyen de ses membres réside toujours à Saint-Pétersbourg. Le saint-synode a, à Tiflis et a Moscou, ce qu'on appelle des comptoirs; toutefois, la Grusle , llimrétie et la Mingrélie ont cliacune un évèque éparchial.
L'Église grecque placée sous la domination de la Porte ou sons celle de l'Autriche c*t sur presque tous les points restée fidèle à son antique constitution. Les dignité* do patriarche de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antiochc et de Jérusalem subsistent encore de nos jours ; mais le premier seul a conservé l'ancienne considération attachée à la dignité de* anciens archevêque* de Constantinople. Comme patriarche a'atmtnir/ue, il préside à Conslantiuople le saint >vnode, composé d'un cerlain nombre de mélioiwlitaii^ et .l'évêques, et de douze laïcs grecs «le distinction ; il
exerce dans toute l'étendue de l'empire turc une juridiction
spirituelle suprême sur tous les Grecs, et est aussi reconnu comme chef de leur Eglise parles Grecs non unis de la Gallicie, de la llukowine, de l'Esclavonie et des Iles Ioniennes. Les trois autres patriarches, attendu que la très-grande majorité des habitants de leurs diocèses respectifs professent la religion mohométane, n'ont qu'un cercle d'action excessivement restreint. La patriarche d'Alexandrie n'a sous sa juridiction cpie deux églises, au Caire.
Dans le royaume de Grèce, lors de la séparation intervenue entre ce pays et la Turquie, l'Église grecque s'est séparée du patriarche de Constantinople par une déclaration rédigée dans une asf emblée «le métropolitains et «l'évêques tenue a N'auplic et a Syra ( 1833 ) ; et à l'effet de pouvoir être plus indépendante, elle a confié son administration supérieure à un synode permanent, à la nomination du roi. I^'s conflits d'intrigues polititpies et reactionnaires ayant pour but le retour «le celte Église sous l'autorité du patriarche de Constantinople ont eu pour résultat «le provoquer en Grèce «le* embarras et des troubles jusqu'à ce «pj'après la révolution «le 1843 les voies aient été ouvertes à un état de choses plus satisfaisant. Après que la constitution do |ft«4 eut expressément déclaré que l'Église de Grèce est in«lissoluluVment unie en esprit et en domine à l'Eglise de Constantinople, et n'en était séparée que |x>liti<piement, parut enlin, en Iftjo, une déclaration solennelle , et longtemps relusée , «lu |«ti iareho et des archevêques de Constantinople reconnaissant son indépendance. On a beaucoup fait dans «es derniers temps pour consolider et perfectionner intérieurement celte Égli«c, notamment en ex igeaut plus d'instruction de lapartdueWgé, en fondant des écoles élémentaires à l'usage du peuple, des séminaires pour le* maîtres et des inspections d'écmV*. Mai» ces améliorations, il faut l'avouer, rencontreront longtemps encore bien de* obstacles dans le déplorable état d'anarchie où se trouve le pays. Il faut y ajouter la haine protonde qui continue ton jonrsde subsister entre l'Église romaine et l'Eglise grecque , haine qui s'est encore manifestée «le la manière lapins vive en 18»», lorsque le pape Pie IX, dans une encyclique adressé»' à tous les membres île l'Église d'Orient, essaya, lui aussi, de ramener l'Église grecque a la communion romaine. A cet égard, on peut «lire que les protestants sont dans une meilleure situation à l'égard «le l'Église grecque, parce qu'ils évitent avec grand soin tout conflit religieux avec elle.
\# maintien rigoureux des anciens usages, notamment dans l'Église gréco-russe, a donné naissance à ou grand nombre de secte*. Dès le quatorzième siècle , le parti «le* strigolniks s'en séparait, par suite de la haine dont il faisait profession po«ir les prêtres «'H général ; mais comme il n'avait pas d'antre caractère particulier, il ne tarda point a disparaître. Les raskolniks en firent autant vers l'année, lfiGG; mais depuis lors une partie d'entre eux est rentrée dans le giron de l'Église orthodoxe. Les raskolniks, expulsé* de Itussie, «pu se réfugièrent, sous la conduite de Philippe Piisloswi.Tt.en Lilhuauieetdansla Prn«>e orientale, sont l'origine île la secte de* philippon s. Les doue h oborst es, se sont encore bien plus éloignés de la foi grecque, «*t semblcnlavoir quelque ressemblance avec les Russes antipapistesou ce qu'on appelle les juifs russes des gouvernements «l'Arkhangel et «le Katharinnslaff, lesquels rejettent le diurne «le la Trinité et le baptême, et n'ont ni prêtres ni églises. Il faut encore mentionner les pomoranes, très-répandus dans toute la Russie; les kapitontens, qui se rapprochent beaucoup de leurs «loclrines, les sotibotntkes, et tes schtscbelnikis, fort nombreux parmi les Kosaks du Don. On « value pour l'empire russe seulement à cinq millions le nombre «le sectaires de toutes o*|ièces, que contribuent à maintenir rindiflereiilc négligence et l'inhabileté dit cler^ ou encore le zèle mal entendu des missionnaire*. La plus grande partie .le la Sibérie et «les Kosaks «lu Don appartiennent, diton, a rime ou a l'autre de ces sectes. GNUCQÏJK (Langue). On ne parla pas tout d'abord en
Grèce ce que nous appelons aujourd'hui la langue grecque , car les premier* habitants de la G rèce furent des Pélaarcs ; mais on ne connaissait <lé)A plu* l'ancienne langue des l'élaages au temps d'Hérodote, qui nous parle de cette langue étrangère comme très-différente de la langue grecque; cet écrivain ajoute que vraisemblablement les Grecs ont conservé leur langue primitive. L'interprétation la plus sensée à donner à cette indication , c'est que la langue pélasgique fut le premier et grossier élément de la langue, qui plus tard ne se conserva encore que dan* un petit nombre de localités isolées, une fois que la langue grecque, devenue celle des races dominantes, en fut provenue et se fut divisée en ses divers dialectes.
La langue grecque forme avec la langue latine une tribu de la grande famille des langues indo-germaniques. Hors de Grèce, la langue grecque était parlée dans une grande partie de l'Asie Mineure, dans l'Italie méridionale et dans la Sicile, de même que dans les centrées où s'étaient fondées des colonies grecques. En raison de la foule de peuplades grecques diverses qui toutes se rattachaient à une souche commune, il est naturel qu'il se soit formé aussi un grand nombre de dialectes grecs, dont la connaissance est d'antant plus nécessaire que les idiotisme* des uns et des autres, consistant dans l'emploi de divers lettres, root*, formes de mots, tournures et expressions, finirent par passer dans la langue écrite. Généralement on admet trois dialecte* principaux, répondant aux trois grandes familles
tiques eux-mêmes admirent aussi le dorique dan» km chœurs, qui faisaient partie de la plus antiqoe IHurpie ta Grecs, et aussi pour leur donner quelque chose de plu* yv. lennel. Quant aux autres poètes, ils demeurèrent fidèle» i la langue d'Homère. Il faut admettre en conséqur net qw les Grecs possédaient tous la connaissance la plus pirttfc de leurs divers dialectes ; résultat auquel ne durent p» fit contribuer la lecture d'Homère, commune a ton» les Gret», l'usage d'un morne rituel religieux, et les fréquent* pomb* contact que les diverses races grecques avaient entre elle* lors de la célébration de leurs grandes fêtes populaires. Hat il est vraisemblable que dans les temps les pins reraife W dialectes ne s'étaient pas aussi complètement difléreorié» b uns des antre* que ce fut le cas plus tard ; et c'est aiiw >?rt faut s 'expliquer les idiotisme* de la langue employée parfl* mère et par Hésiode. Il serait bien dillicile de préciser poque où s'opérèrent les modifications des principal» dialectes. Depuis l'ouvrage, an total assez peu satisfciwH, * Maittaire, Gracx Lingux hktlecti (dernière édilio» «Nia* par Sturx [Letpxig, IB07] ), le meilleur livre qui «tpn aur ce sujet est celui d'Ahrens, De Dialecfis Gr.Tfis ( î m ; Gœltingue, 1*43).
L'époque oti l'on commença en Grèce a fixer la laurne (* l'écriture est chose tout aussi incertaine. Suivant lof*»w générale, ce lut le Phénicien Ca d ma s qui ap|»rit ani a faire usage des caractères d'écriture. Son alphabet ne « composait encore que de seiie lettres; pendant la (•uentl'
du peuple grec : I colique, le dorique et l'ionique, auxquels Troje> i>aUméde y en ajouta quatre (**, S, «l>, X ) ; ri H
vint s'ajouter plus tard le dialecte attiqne, mélange des trois autres. On peut cependant réduire ces quatre dialectes à deux : l'hcllénique-dorique, et l'ionique-attique. Le premier était le plus ancien, de même qu'en général une idée d'ancienneté se rattache an mot dorique. Le dialecte dorique, le plus ancien, apparaît déjà dans le dialecte colique. Le dialecte dorhme était dur et grossier ; le plus doux de tous était l'ionique. Le dialecte colique se pariait en deçà de l'isthme, a l'exception de Mégare, de l'AItlque et de la Doride, dans les colonies éoliennes de l'Asie Mineure et dans quelques Iles situées au nord de la mer Egée ; le dialecte dorique, dans le Péloponnèse, dans les quatre villes dorienne*, dans les colonies doriennesde l'Asie Mineure, dans la basse Italie (Tarenie ) , en Sicile (Syracuse et Agrigente), et tes Messéniens étaient ceux qui le parlaient le plus purement. Le dialecte ionique était en usage dans les colonies ioniennes de l'Asie Mineure et dans les Iles de l'Archipel ; le dialecte attique, en Attiqne. C'est au dialecte ionique qu'appartiennent en partie le* ouvrages des plus anciens poêles, Homère, Hésiode, Théognis, elc. ; on le trouve dans toute sa pureté cbea les prosateurs, notamment chez Hérodote et chez Hippocrate. Pindarc, Théocrite, Bi on et Moschus employèrent le dialecte dorique, et il existe aussi en prose dorique quelques ouvrages de philosophie et de mathématiques. Nous avons des fragments d'Alcée et de Saphoendia-
ques.
leclc éolique. Quand Athènes, parvenue à exercer la suprématie sur la Grèce, se trouva le foyer des lettres et des sciences, ce fut en dialecte attique que les Eschyle, les Sophocle, les Euripide, les Aristophane, les Thucydide, les Xénoplion , les Platon, les 1 soc rate, les Démo st hèn e, etc., composèrent leurs chefs-d'œuvre; et le dialecte attiqne devint la langue écrite générale. Plus tard, les grammairiens grecs distinguèrent le véritable attique, (cl qn'on le trouve dans les ouvrages de ces maître* , de l'atlique de la vie commune , qu'ils nommèrent grec commun ou dialecte hellénique; de même que, d'aprèa cette plus belle époque de la littérature, ils qualifièrent â'hel- Unes les écrivains attiques postérieurs. De ce nombre sont Aristotc.Théophraste, Apollodore, Polybe, Plutarque, et les écrivains venus encore plus tard, dont un
tard Simonide de Céos l'enrichit encore de qnatre itrtrr* : lettres ( Z, H, V, U ). Les plus anciennes inscription» el ' ; tradition témoignent effectivement que ces huit dernier" I lettres sont de beaucoup postérieures aux autres. Ocniw <r furent les Ioniens qui les premiers les adoptèrent, l«r i I phaliet fut appelé Valphabet ionien. La configitratwi <t* J plus ancienne* lettres phéniciennes et grecques «ftfïère *r«ti leurs beaucoup de celle qui est aujourd'hui en nsapep*' les caractères grecs. Mais pendant que les uns prrten*il que l'écritnrc était connue des Pélasges longtemps jtmI l> I poque de C'admus, les autres en reportent llntroilortHW « ; Grèce il une époque de beaucoup postérieure, et la pb"*' ; vers le milieu du sixième siècle avant J.-C.
t>e bonne heure les Grecs essayèrent d'arrêter 1rs h** ; d'une syntaxe d'après les lois de laquelle ils pus*ent rh<pt* I des séries entières de mots, juger des diverses cnnfipnw- ! lions de formes, et en général mettre en ordre toos le* tr* i sors de leur langue. Déjà les sophistes commencèrent faire* en créant une terminologie ; on trouve quelques mot» ?» » i sujet dans Platon et dans Aristote. Mais ce fut plu» p»^ ! lièrement à une époque très-postérieure, et a Alexandrie, <p [ plusieurs grammairiens grecs, tel* que Aristarque, Crat** ' Apollonius Dyscolos élucidèrent diverse* questions difliri-
i delà philosophie de la grammaire; tandis que d'autres, tna<v Hérodien, Moschopulus et Chœrohoscus s'occupaient pW de la théorie des formes et écrivaient sur rortlwçrJi *"rorlluppie, l'intonation, la quantité des syllabes, rte. Ce recherches servirent de texte aux compilateurs sohsé<raert< et c'est sons celte forme que l'ancienne grammaire per^ après avoir pénétré dans l'empire de Bynnoe, passa * " en Italie avec les Grec* réfugiés, notamment avec tfT* loras, Lascaris et Théodore Gâta.
En Allemagne, ce hit en 1518 qn'on traita pour h r mière fois grammaticalement la langue grecque, et d'une manière fort imparfaite ; en lait de noms, non* f;lfi ons h ce t égard Erasme, Reuchlin et Méïanchtlwa. V* Ncander, Sylburg, H. Etienne, etc. Mais depuis qw I» losophie de la grammaire a pris une grande importance, et a aussi été traitée d'une manière plus critique et plœ liliqoe , grâce aux judicieuses recherches des HoU»0*^ llcmsterhuis et Valckenaêr. On sait combien pairnes «
p -lit nombre cependant , teU que Lucien, El ien ctAr- ,
rien écrivirent purement l'attlque. Ma», sauf les auteurs | été jusqu'à ce jour les travaux de la France kW* \*
dramatiques, le* autres furent loin de s'en tenir exclusive- ! grammaire grecque. Gnïl n'avait guère cm de peine i*^
ment à. l'emploi do dialecte attique. Les |>octes draina- ! ncr Furgault dans nos classes; et il a été
aotres"»1
facile à Humour de supplanter Gail , mais pas plut l'un q ie l'autre ils n'ont pu faire oublier l'excellente grammaire de Port-Royal. Pour être juste, il faut d'ailleurs ajouter que si l'érudition n'est généralement abstenue de nos jours d'exploiter cette si riche mine , la faute en est avant tout à l'esprit de monopole, qui est le propre de l'instruction publique chez nous , à sa constante tendance sous tous les régimes à favoriser certains fabricants privilégiés de livres, aux dépens des masses, à qui ou fait payer fort cher d'assez mauvais ouvrages, aux dépens surtout de l'esprit d'amélioration et de progrès. Reconnaissons cependant qu'en fondant à Athènes une école spéciale pour l'étude savante de la langue grecque, le gouvernement français a beaucoup fail pour le lierfectionnement de cette partie des études ; mai* l'institution est encore trop jeune pour avoir pu produire les fruits qu'on est en droit d'en espérer un jour. A la différence de ce qui existe parmi nous, chez nos voisins d'ootre-Rhin au contraire les grammaires grecques abondent. Parmi les travaux les plus remarquables qui aient paru en ce genre depuis ces dernier» temps, nous citerons la grammaire de Matthias (dern. Mit., 3 vol., Leipzig, 1A35); celles de Buttmann ( r édit., 1843 ), de Thierscli (dern. édit., 1826 ), de Kùhner ( 1835), de Curtius (1851), etc. On doit encore une mention honorable à l'ouvrage de llermann intitulé : De emendanda Eatione Gracx Grammaticx (Leipzig, 1801 ); à celui de Wiger, De prxcipuis Graxx Lingux Jdiotismis (4* édit., 1834 ). La Syntaxe a été l'objet de recherche» particulières de la part de llcrnhardy (182»), dc.Madvig ( 1847), et de Lobeck, do liartung, de Devarius, etc. Dans les travaux que nous venons de mentionner, on reconnaît aisément l'influence de la nouvelle grammaire comparée. Benlcy, dans son Dictionnaire des Racines grecques ( Berlin, 1830 ), a essayé une exposition étymologique des trésors de la langue grecque sur la base de la grammaire comparée. Gcettling a écrit sur l'accent grec ( 1835) , Spitzner sur la prosodie, et Leusch sur la métrique des Grecs.
La lexicographie fut également fondée |«r les grammairiens grecs eux-mêmes, qui avaient reconnu la nécessité de classer aussitôt que possible toute la masse des mots grecs et d'élucider leur généalogie en même temps que leur signification ; ce qui conduisait à l'étude des élymologics et des synonymes. Nous possédons encore aujourd'hui bon nombre «le ces dictionnaires grecs désignés , suivant le but en vue duquel ils ont été plus spécialement rédigés, sous les dénominations duLexicon, do Glosmrium, d'Etymologlcum, d \ Oiiomusticum et de Synonymicum. De ce nombre sont encore les dictionnaires d'Hesychius, de Suidas, de Poilus, d'Oriou, de Znnaras, et surtout l'ouvrage intitulé : Etymoloyicum maynum (publié par Gaisford; Oxford, 1849); enfin, les dictionnaires spéciaux d'Apollonius le Sophiste sur Homère, de Tirnée le Sophiste sur Platon, d'Itarpocration sur les Dix Orateurs, d'Erolien sur llippocrate; les collections de mois et de façons de parler attiques de l'Iirynicus, de Mœris et Philémon, etc. Plus tard, mettant à profit les recherches antérieures de Lludams et de Caiiierarius, H. Etienne, dans son Thésaurus Lingttx Grxca: posa le premier les bases d'un immense dictionnaire universel de la langue grecque. La nouvelle édition qu'en publient MM. Firruin Didot, commencée en 1825 et que l'année (856 verra complètement s'achever, est un des plus magnifiques monuments qui honorent l'imprimerie française.
GRECQUE ( Littérature ). Les premières traces de la littérature grecque se perdent , comme l'histoire de la nation elle-même, dans une lointaine obscurité. H y a absence complète d'une littérature proprement dite dans la première période de la civilisation grecque, qui s'étend depuis le commencement de l'existence politique de la nation jusqu'à Homère; car, pas plus que nous, les Grecs instruits ue connaissaient de monument littéraire remontant par-delà l'époque homérique. Tous les sages, tous les poêles dont il est fait mention connue ayant existé avant cette époque appartiennent à la légende ou du moins n'ont rien laUse d'écrit:
ainsi, Orphée, Musée, Darés, Dictys et autres. En rass< "roulant tout ce qui a dû exister comme point de départ et de préparation de ce qui a suivi, on voit par diverses traditions remontant à la période qui précéda les temps homériques, que les Grecs possédaient déjà des institutions qui ne durent pas peu contribuer a adoucir les mœurs sauvages de la nation et à favoriser la civilisation par l'action de la religion, de la poésie, des oracles et des mystères; et que cet institutions, sacerdotales pour la plupart, avaient surtout leur siège dans les parties septentrionales de ta Grèce, de la Thraceetde la Macédoine. Environ quatre-vingts ans avant la guerre de Troie, il se manifesta en Grèce un remarquable mouvement île pérégrination et d'émigration. Une partie de la population quitta ses foyers pour aller s'établir dans les Iles et dam l'Asie Mineure; transplantation qui eut une influence des plus heureuses sur le génie grec , car dans ces contrées si riches en ports, dans ces lies qui semblent avoir été créées par la nature pour le commerce et l'industrie , les éraigrants ne rencontrèrent pas seulement une vie plus facile et plus paisible, mais aussi de plus riches moyens d'instruction et de civilisation, qui sous ce climat nouveau donnèrent naissance à de nouvelles moeurs. Cest là que la poésie et la philosophie, la peinture et la sculpture |*rvinreut à leur apogée; et ce fut surtout près des lieux qui avaient été le théâtre des principaux événements de la première expédition véritablement nationale des Grecs, de la guerre de Troie, que la poésie trouva un sujet quelle no pouvait traiter sans prendre aussitôt un caractère qui lui fèt propre, et tout à (ait diflérent de celui qu'elle avait pu avoir jusque là.
La poésie héroïque en effet est contemporaine des temps héroïques. Aussi la seconde période de ta littérature «les Grecs ne comprend-elle point, à bien dire, leur époque vraiment épique. Le poète apparaît distinct du prêtre, mais jouit toujours d'une haute considération. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner qu'il se soit formé alors de véritables écoles de poètes. Il existait déjà des poètes, dans toute la véritable acception du mot ; car on chantait la tradition, et le poète narrateur accompagnait lui-même son chant des accords d'un instrument à cordes. Il n'y avait point de grandes solennités sans poètes; on les regardait comme placés sous l'influence toulo particulière des dieux , et surtout sous celle des M uses, divinités amies du chant. Parmi les nombreux poètes que compta indubitablement cette époque, domine seul, et à une hauteur immense, Homère. C'est d'après lui qu'on a donne le nom tiHomérides à toute une école de poêles de l'iouic, qui vraisemblablement formèrent d'abord à Chios une famille ou association particulière de rhapsodes, au sein de laquelle se conservèrent l'ancien mode épique d'Homère , le génie et l'éclat de la poésie homérique. I*s poètes cycliques, dont les poèmes commencent cependant à différer sensiblement de l'épopée ionienne, parce que l'élément historique y reiiqilaça toujours de plus en plus l'élément poétique, se rattachent à cette école. Les plus auciens de ces poètes cycliques florissaient déjà , dit-on, vers l'an 770 avant J.-C. Ne possédant sur eux que des renseignements généraux et fort incomplets, nous ne pourrions tracer même une simple esquisse du développement de leur poésie. Mais ce que nous en savons nous autorise à conclure qu'entre eux et l'école des poètes de l'Ionic il a dû nécessairement exister quelque chose qui servit de transitiou et la prépara. La preuve de ce que nous avançons là nous est fournie par l'école de poètes béoticnne-ascrxenne, qui se constitua dans la Grècecuropéenne, vraisemblablement vers l'an 8i»0 avant J.-C. Elle prit ce nom de la ville d'Ascrae, en Béotic, où habitait Hésiode, qui en fut le chef. A l'origine, ses ouvrages furent également propagés , continués par «les rhapsodes ; et ce ne fut que plus tard qu'on les réunit en leur donnant une forme d'art définitive, mais en même temps en y intercalant beaucoup de pièces étrangères. Grâce au contenu et a l'esprit de ces diverses productions poétiques, des poésies d'Homère et d'Hésiode sur-
tout, qui acquirent tout aussitôt une autorité régulatrice et devinrent en quelque sorte la base île l'éducation de la jeunesse, le caractère national des Grecs prit cette direction positive i|ni plus tard Ic6 distingua si éminemment et qui se manifeste de la manière la plus évidente dans leur religion.
Jusque alors la poésie avait été le seul moyen d'instruction et d'éducation «In monde grec; elle conserva longtemps encore ce caractère , mais elle prit une autre direction. C'est ce qui s'accomplit dans la troisième période, époque des lyriques, de la poésie d'apologue* et de la philosophie, et avec laquelle s'ouvre une ère de plus grande certilU'Ie historique. Vers le commencement de l'ère des Olympiades ("7<i av. J -C), il s'établit comme un véritable flux et reflux d'institutions et de constitutions nouvelles dans les petits États de la Grèce. A la domination alternative de partis en lutter perpétuelles succédèrent entin des républiques démocratiques ; et des assembles nationales, tenues a l'occasion des jeux, eu tirent jusqu'à un certain point un tout homogène. L'esprit qui domina dans la période suivante favorisa surtout la poésie lyrique, qui alors sVIeva en Grèce à la dignité d'art et qui atteignit l'apogée oV «a perlertion jusqu'à l'invasion des Perses. Indépendamment des dieux, qu'on honorait par des hymnes dans les fêtes et les solennités religieuses dont ils étaient l'objet , la patrie et ses héros devinrent aussi les principaux sujets de cette poésie, dont le caractère semble n'avoir pas peu influé sur les événements extérieurs. Ces idées de patrie donnèrent plus d'élan aux forces intellectuelles de la nation ; des luttes et des guerres, si fréquentes alors, de même que «le l'amour de la patrie et de la liberté, de la haine ries tyrans et des ennemis, naquit l'ode héroïque. Mais, d'un antre coté, la rie fut considérée sous son aspect le plus triste et sentie avec tontes ses douleurs ; de là, d'une part, l'intervention de la sensibilité dans l'élégie, et de l'autre l'énergique réaction contre les idées qui avaient produit l'ode; réaction dont la raillerie fut l'expression dans nimbe ou la satire. Partout, d'ailleurs, se manifeste une tendance prononcée vers la liberté de pensée, vers l'esprit d'examen et la recherche d'un état meilleur; d'oii le besoin de la philosophie. Celle-ci s'exprima d'abord en sentences et en gnomes, en apologues, et plus tard en peines didactiques. Lorsqu'on put enfin jouir d'un ralme acheté au prix de lutles nombreuses, la poésie lyrique embrassa aussi les joies de la vie et les 'eiitimenls qui en proviennent; et à partir de ce moment se développèrent toujours davantage cette finesse «le pensées et « cite délicatesse de sentiments qui donnèrent plus de charmes a l'existence, «|ui en ennoblirent la jouissance , de même qu'une simplicité tonte particulière en «levint le caractère rlisfinctif. Parmi ceux qui se distinguèrent par ces qualités, comme aussi par les perfectionnements qu'ils introduisirent dans la musique cl par l'invention «ie nouvelles formes pour cette estxVe «le poésie, il faut surtout mentionner Archiloque, de Paras, l'inventeur de l'ïambe; Tyrtée, de Milet, le poète des chants gueuiers; C'a 1 1 i n u * , d'£phè<e, l'inventeur «lu rhylhme propre a l'élégie; Terpandre, d'Antrssa, l'inventeur du barbïton; Alcman, le Lyd'er. ; A ri on, de Métiiymne, qui perfectionna le dithyrambe; la tendre Sapho,de Milyléne; son compatriote A Icée, et Érinne, leur contemporaine à tous deux; Mimnerme, de Colophon, le joueur de finie; Stesichore, d'Himéra; I biens, «le Rhégrum ; Anncn'on, Simonideel Dacchylide, deOos; nippon a x , d'L'plM>se, et Co r in n e , «leTanagre, l'amie et l'institutrice «le Pindare. Comme poct»** gnomiques, on citeSolon, Théognis, Phocylidc, Simonide, Pythagoreet Xénophane, de C«>i(iphon ; comme fabuliste, Ksope. Quand on étudie la philosophie «le cette époque, on la voit tendre surtout a l'application, à la pratique. C'est à ce point de vue qu'il faut considérer les philosophes désignés ordinairement sous le nom de .s>/>/ Sn>trs de (n Gréer : P é r » a n d r e, P 1 1 1 a c u s, Tha lès, So (on , H i a s, C ht Ion et Cleo bu I e. Leurs sentences sont des règles de vie, résultat de l'expérience et souvent simple expression d'un sentiment momentané. Mais
; comme la science est encore la base de la véritable sapa*, il fallut dans les recherches ultérieures arriver au<sii|> science ; et c'est de la sorte que la philosophie tltéonqco v | demeura pas quelque chose de vide. T h a I è s fut le fanit™ i de la philosophie ionienne ; et à partir de ce montent la pf>s* ; « essa d'être le résumé de tout ce qu'il faut savoir, la vtà institutrice des peuples. Jusque alors elle avait sopplet IVtoire, la philosophie, la religion ; et on se servait de son lu gage mesuré et cadencé pour transmettre à la latérite tau
■ ce qu'on avait à lui apprendre sur la sagesse et les cwinr*sances humaines. Dès lors il en dut être autrement; la ut «lu citoyen exerça a son toirr une influence cousidéralifc la langue, et les affaires publiques, auxquelles il participait le contraignirent a se servir d'une manière plus habilr >l< la langue ordinaire, à l'effet de bien rendre sa |#n<* CettecirconsUnce, de même que Hntroduction en Crw d* caractères d'écriture et l'usage du papyrus d'Égypt", préparèrent la formation de la prose. Tout cela exerça usgrande influence sur l'état des sciences. De la poésie tfWfu naquit peu à peu l'histoire; et de la sagesse donnant a "préceptes la forme poétique, la philosophie spmilalhf
La quatrième ffériode, qui vint ensuite, pourrait èlr? appelée relie de la science. Klle s'étend jusqu'à la fin <ft iwi' la littérature grecque, mais se divise en plusieurs sect^isuiv int l'esprit différent qui s'y manifeste ou encore ft'a^ | la prédominance qu'y exerce telle ou telle science. I,\ | / I losoplue se sépara de la cosmologie religieuse et Je la V.\gonie. Ku effet, toute religion repose sur les idées ijus 1 a «le Dieu , qu'on ne distinguait point alors de la natis-*- Comme les i«tees religieuses ne contenaient que des p. sur l'origine des grands phénomènes de la nature, c'eJ-i I dire des divinités , la philosophie la plus ancienne lut r I cément une philosophie «le la nature, dans laquelle fr^i ! humain essaya de diviser les phénomènes des sens jiiyj» | alors observés, de les ramener à des carnes et d'en f ni*un tout systématique. Faute d'observations sufri«ante- «I <* lerherchcs sur la nature, l'imagination poétique ## mriî souvent aux affaires de l'intelligence et de la raùon; cV-t ce qui explique comment ces recherches physico-pluk*--" phiques se trouvent revêtues d'images poétiques GnecocF. [ Philosophie ] ). Platon et Xénophon (mm: ceux qui élevèrent le dialogue au rang dVeuvre d'art. Tu dis que la philosophie faisait maintenant d'important- ™ grès, l'histoire marchait aussi d'un pas rapide vers If pli* haut point de sa perfection. Dans la période romi^-f entre les années 650 et 500 av. J.-C. naquit la nst--'t-~ i première de la tradition, on lagngraphic, «rame ai; A)- : encore licencieux. Parmi les plus anciens écrivains t* j s'occupèrent de recueillir la tradition, on cite l'a. 1 mu-.
■ Donys et Hécatéede Milet, Acn«ilatis d'Argus, H.JIanio;de Mitylène et Phérécydede Léros. Après eux vinlll"*'
I dote, surnommé a juste titre le père «le l'histoire. S* . exemple excita Thucydide, dont l'histoire d . la pxru <!r I Péloponnèse est restée un mo«tèle pour les historiens pl>- ) sophes. Vint ensuite Xénophnn, dans les écrits <lii'i^
règne une si admirable clarté. On peut encore uxnti < j dans cette période Ctésias, Phllistc, Théop«>«>|* ^ I Éphore, qui pourtant s'éloignèrent «féjà de la venlak j exposition historique par une manière tenant trop J*
rhétorique.
L'n g«înre tout nouveau de poésie se développa «u»i jr* dant cette période. Les réjouissances qui avaient lieu i\* ; casion des fïyfes célébrées après la vendange en Hum*1" du Dieu Hacehus par le peuple des campagnes donni'ir"' ; naissance, en Attitpie surtout, à la poésie dramaliqu'- V " * quelques autres poètes de ce genre, un contemporain^ ; 8«don, Thespis, qui bai bouillait ses acteurs de lie * ,i3 donna sur «les tréteaux, dans les carrefours et dan* le* '' larges, des représentations d'ie'sfoires tantôt senej f- f' ' c«Hnpa»nées île cIituis solennels , tantôt plus £V>'-, i satyres et autres farceurs provoquaient le rire. Leurs ir\'- I sentations portaient les noms de tragédies, mot dont fa."
mologie est • chant* pour les sacrifices de bouc» » ; de trygé- j l'c«prit de doute devint-il alors de* plut salutaires , et il se
dies, c'est-à-dire « chants du moût ou du pressoir » ; de comédies et d'actions sat y tiques ( Drama satyricum ). Ce* jeux, célébrés avec plus de pompe dans le» villes, s'ennoblirent et liuirent par devenir des représentation» théâtrales, qui se distinguèrent de plus en plus par le ton et par la moralité. Au lieu d'un interlocuteur qui improvisait le récit, Eschyle le premier introduisit deux personnes en action, s'eutretenant d'après des rôles appris par emir, et fut ainsi le véritable créateur de l'art dramatique. Ce genre ne tarda poiut à être porté à son point de perfection, la tragédie par Eschyle, Sophocle et Euripide, la comédie parCralinus, Eupol e, Cratès et surtout Aristoph a ne . Quand, sous le gouvernement des trente tyrans, des limites turent mises à la liberté que la comédie avait eue Jusque alors de livrer des personnes vivantes aux railleries publiques, on vit peu à peu naître la comédie mixte, d'où les clirrurs disparurent, qui finit par arriver a la peinture générale des caractère*, et avec laquelle cessèrent aussi d'être en usage les masques de caractères. Aristophane et Alexis sont les écrivains qui s'y distinguèrent. A roté de ce genre le* mimes de Sopliron en formèrent un autre, le dialogue dramatique en prose rhytliuii |ue, auquel se rattache la comédie sicilienne d'Épi c harme. Plusieurs des lyriques et des poètes gnomiques mentionnés ci-dessus appartiennent d'ailleurs chrouologiquemcntà cette période. Des philosophes, tels que Xénophane, Pa rmén i de et Km pédoc le, figurèrent aus-i comme j»« les didactique*; Pisandre et Panyasis par leurs Her<u-i--< <, de même qu'Antimaque, se firent un nom comme poêles épiques. Mais l'épopée devint de plu» en plus historique, et perdit ainsi les belles formes poétiques qu'elle avait conservées jusque alors.
A coté de la poésie se produisit sa grave sœur, l'éloquence, qui était l'un des besoins créés par la forme républicaine du gouvernement, et qui, par suite de la tendance naturelle du génie grec vers le beau, devint aussi un art. Anti piton, Antocide, Lysias, Isocrate, lsce , Démos thène et Esc bine sont célèbres comme ayant excellé dans cet art , qui eut légalement ses écoles particulières. On voit dans Euripide combien le moment était proche où la rhétorique l'emporterait même sur la poésie ; et on ne saurait nier qu'elle exerça même grande i ilo nce sur Platon et sur Thucydide. Les matin-mal i |ms i f édèrent comme science accessoire et iuixili.uic de li philosophie, et la géographie joua le même rol<' a <•«[- de I ti>i >!:•'. L'astronomie doit un grand nombre de découvertes à l'cn>le ionienne, l'arithmétique à l'école itali pie. U gru.ii.-lri.. h IViiole académique. Parmi les mathématicien* célèbres on cite 1 liéodorc de Cy rené, M éton, Euclémon, A r c h y t a s de Tarente et E u d o x e de Cnide. Les voyages du commerce contribuèrent surtout a enrichir la géographie par les découvertes auxquelles ils donnèrent lieu. LVtudede la nature devint aussi le lot des philosophes; mais la médecine, exercée jusque alors dans des temples par les Asclépiades, arriva à en former une branche séparée, et Hippocra t e fut le créateur de la médecine scienûuqne.
On peut en général appeler la période suivante la période d" Alexandrie et la caractériser comme la période des systèmes et de la critique. Sans doute Athènes conserva encore son vieux renom; mais l'école d'Alexandrie linit par donner le ton. Dès lors la littérature grecque dut nécessairement prendre une autre direction, Grâce aux cessources fournie* par une immense bibliothèque, l'érudition proprement dite l'emporta sur ce que les tendances de l'esprit avaient jusque alors conservé de libre, encore bien que ce caractère ne se soit pas immédiatement perdu. En philosophie, le judicieux et savant disciple de Platon, A ri stote, fonda l'école péripatéticienne, qui se signala par son esprit sy stématique et en élargissant le domaine de la philosophie. Son disciple Théophiastc suivit les mêmes voies en philosophie et en histoire naturelle. Mais plus Aristc-te rendit la philosophie savante, plus les investigateurs philosophiques eurent désormais itesoin de circonspection ; aussi
manifesta surtout dans le scepticisme, dont P y r r h o n d'Elis fut le créateur. Un esprit analogue anima aussi l'Académie intermédiaire, et la nouvelle Académie fondée par Arcésilas et par Carnéade, qui continua l'école de Platon. L'école socratique produisit encore quelques branches nouvelles dans l'école stoique, qui eut pour fondateur Zénon, de Citium, dans nie de Cypre , de même que dans l'Ecole d'Épicurc. Les mathématiques et l'astronomie firent d'immenses progrès dans h* écoles d'Alexandrie , de Rhodes et de Pergamc, par Euclidc, Arch imède, Kratosthène et Hipparque. Les campagnes et les hauts faits d'Alexandre fournirent d'amples matériaux à l'histoire; mais au total elle ne gagna qu'en ampleur extérieure, et non point en valeur intérieure, car elle se prit alors à affectionner d'une manière toute particulière l'exlraordiuaire et le merveilleux. I*a venue, vers la tin de cette période, de Polybe de Mégare, qu'on peut regarder comme le créaient de l'exposition pragmatique de l'histoire , fut donc un événement des plus heureux pour la littérature.
La géographie, fondée scientifiquement par Èratovthènr et plus étroitement unie aux mathématiques par Hipparque, s'enrichit de nombreuses découvertes. Méarquc et Agatharchide ajoutèrent aux notions et aux renseignements qu'on possédait déjà sur les différents peuples et pays; et la chronique «les marbres de Paros accrut le* richesse* de la chronologie.
En ro qui est de la jKjésie, divers changements importants s'effecluèrent. A Athènes , et non «ans l'influence de causes politiques, naquit de la comédie mixte la nouvelle comédie, qui se rapprocha du théâtre moderne en prenant la nature morale de l'homme pour sujet de ses représentations. Parmi les poètes de ce genre brillèrent M enandre, Philémou et Diphilc. Des mime* provinrent les i d y I les, genre dans lequel se distinguèrent surtout, a l'exemple de Stésichorc etd' Asclépiade, Tbéocrite, Dion et Moschus. Les autres genres de poésie furent également cultivés. Vers la tin de cette période, la Grèce cessa d'être indépendante, et l'influence de la dominatrice du monde, de Home, s'y lit aussi sentir. Cependant, les Romains conservèrent encore pendant longtemps uu goût tout particulier pour la littérature grecque ; et on continua d'écrire dans un grec assez corrompu , il est vrai , pendant toute l'ère byzantine jusqu'à la chute de Constantinople, en 1403. Consultez Scliudl, Histoire de la Littérature grecque ( Paris, 1813) ; Munit , Critical Hislory oj the Languageand JAternture oj ancien! r.reecc (Londres, tsiO).
GRECQUE (Mythologie). Voyez Mvtbolocie.
GRECQUE (Philosophie). On désigne ainsi l'ensemble des tentatives faite* par les anciens Grecs pour résoudre les problèmes delà philosophie et donnera celle ci un caractère systématique. L'histoire de ce* tentatives n'offre |>as inoins d'intérêt pour la philosophie en particulier que pour le développement de la civilisation en général, nonseulement parce que les premiers germes de la spéculation philosophique se produisirent spontanément chez ce peuple si heureusement doué, mais encore parce qu'il se manifesta dans ce développement une remarquable continuité, et aussi parce que les productions tle la pensée philosophique réagirent presque toujours en Grèce sur les autre* sciences.
Trois périodes bien dislinctes se font remarquer dans la marclte et les progrès de l'idée philosophique chez les Grecs. La première de ces périodes , qui commence à Thalès et va jusqu'aux sophistes, c'est-à-dire de l'an 600 à l'an 400 avant J.-C, comprend le tem|>s où la philosophie commença a s'élever, d'une part, des opinions mytho-poétiques, cosmogoniques et théogoniques , à la question de savoir quelles sont les causes générales du monde visible; et de l'autre, de> sentiments religieux aux réllexious morales. Sous le premier de ces rapports, c'est surtout le spectacle de la perpétuelle mobilité du monde des sens joint au désir de connaître les causes decette mobilité qui dans l'ancienne école
ionienne , chez les physiologuesThalès, Anaximandrc et Anaximène, provoqua les premiers essais d'une |x>nsée spéculative. Tandis que ces philosophes et quelquesuns de ceux qui vinrent après eux. cherchaient dans une certaine matière (l'eau , l'air, le feu) la cause du monde visible, Héracliteet l'école <T RI ée dirigeaient leur attention vers les idées qui se rapportent au inonde ; et alors se produisirent d'une part l'idée du futur, et de l'autre celle du présent. L'antagonisme de ces deux idées se manifeste de la manière la plus visible dans les opinions d'Heraclite, qui sacrifie le présent au tutur, et dans celle de l'école d'Elée , qui sacrifie le futur au pnisent ; or c'est cet antagonisme qui devint au lond le principe d'action des systèmes postérieurs. CheiEmpédocle, Anaxagoras, Diogèned'Apollonie, Lcucippe, l'inventeur de l'atomisme, et Démocrite, quoiqu'ils désignassent diversement la matière et les forces qui sont la base du inonde , on ne saurait méconnaître l'influence de l'école d'Éiée ; et ces premières recherches antérieures à la philosophie de Socrate représentent ensemble assez complètement les principales suppositions qu'il est possible de faire sur la nature des choses. Existe-t-il ou non quelque chose d'immuable dans le changement? Le principe réel des choses est-Il un ou plusieurs 1 Le cliangemcnt pénètrc-t-il dans l'ereenee même des choses , ou se borne-t-il seulement h des unions alternantes? Indépendamment de la matière primitive, faut-il aussi tenir compte de forces primitives? Existent-elles unies ou séparces? Ces forces primitives nesont-etles que des forces aveugles de la nature, on bien sont-elles des forces intelligentes , ayant la conscience de ce qu'elles fout? Telles sont les opinions qui trouvèrent toutes des défenseurs parmi les penseurs que nous avons nommés plus haut. Il est à présumer que ce fut de ces directions contraires que naquit et m développa avec indépendance l'école pythagoricienne ou italique ( voyez I'rruxcotiK ), laquelle , mue par le besoin d'un point d'appui sûr pour la science, et le trouvant dans les idées mathématiques , adopta cette idée fondamentale que les principes des nombres, c'est-àdire les rapports mathématiques, sont en général les principes des choses. Enfin , en op|x»ition à ces tentatives dogmatiques, Us sophistes terminent la première période de la philosophie, grecque. En cherchant à transformer tout aussi bien les convictions de la science que les convictions religieuses et morales en opinions purement subjectives , ils provoquèrent le nouvel essor que Socrate et ses disciples imprimèrent à la philosophie.
Socrate , en enseignant qu'une direction régulière des idées est la méthode essentielle de la philosophie, en la mettant lui-même en pratique, quoique peut-être partiellement, dans l'appréciation des convictions morales , agrandit le domaine de la philosophie an delà des limites des précédentes recherches , qui pour la plupart avaient seulement trait à la nature; et c'est avec lui que commence la seconde période (de l'an 400 à l'an 300 avant J.-C), incontestablement l'époque la plus brillante de la philosophie des Grecs. Les germe* répandus par Socrate ne se développent que partiellement , d'un rOté, en «éloignant beaucoup de l'esprit de sa doctrine, dans ce qu'on appelle les petites écoles socratiques, à savoir celles de Cyrènc ( voyez Aristippe), des cyniques (voyez Ant!STB<3(e) et de Mégare (voyez Eiicum: de M.-gare); puis, avec plus d'ampleur, d'originalité, et en puisant dans les divers systèmes antérieurs a Socrate , chez Platon, qui le premier étendit à tout le domaine de la philosophie la méthode du développement scientifique des idées, pratiquée par Socrate, et qui devint ainsi l'auteur de la distinction faite depuis lors entre la dialectique, la physique et la morale. On trouve cette même universalité systématique chez son disciple Aristote, sans contredit l'esprit le plus généralisateur qu'il y ait eu dans l'antiquité, et dont les doctrines philosophiques eurent sur les siècles suivants bien autrement d'influence que celles de tout autre penseur. Si jusqu'à Platon l'histoire de la philosophie olfre uuc série d'cs&ais spéculatifs