‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 409 sur 614 · GRECQUE — GRECQUES · texte numérisé non relu

GRECQUE — GRECQUES

de plus en plus vastes et appronfondies , Arittote,an contraire , conduisit à une espèce de conclusion l'ensemble de» idées émises jusque alors avec plus ou moins de précisai); et en même temps il utilisa la masse des notions rois» pv lui en circulation , pour l'exploitation des matériaux empiriques et d'une richesse extrême qu'il avait a sa diijxr sition.

Après lui , et dans la tension moins grande de la pensée spéculative, commence la troisième période de la philosophie des Grecs période de décadence , où à la place d'us progrès régulier se produisent tantôt une simple rénoration des anciennes doctrines , tantôt une foule de querelles, inutile» pour la plupart, du moins en ce qui touebe l'époqw qui vient immédiatement après, jusqu'à ce qu'enfin u croyance en la possibilité d'une science systématique rYtanouit , d'une part , devant le scepticisme , et de l'autre devant le fanatisme. Cette décadence se manlsfeste déjà ia> les deux écoles qui vinrent s'ajouter aux deux écoles prenii tantes, celle del'Académieet celle du péri patétisror, dans l'école épicurienne (uoyes Er-ranu: ), et dans l'émit s t o i q u e , ainsi que dans les discussions qui surgirait » sujet de la possibilité de la science , entre les stoidett et <r qu'on a appelé la nouvelle Académie ( voyez Ascfsiu* a Cuwiunr.). le probabiltsme sceptique de la nouveUt kodémie et l'éclectisme empirique, qui effacèrent peu » peu fc vive empreinte des diverses écoles, étaient des signes de pli» en plus manifestes de dissolution intérieure ; et la tru«pbctation de la philosophie des Grecs chez les Romains o'amni en aucune façon, dans la participation prise par ceoï-ri m choses de la philosophie, une renaissance énergique «l? « vigoureux esprit de recherche qui avait été le propre dn grands philosophes de l'antiquité. Ainsi se terminî l« cerdr parcouru par la philosophie des Grecs : avec le scepticisme, que Rnésidème et Sextus Empiricot induisirent à une espèce de méthode , déclarant, an proit notions immédiatement utiles à la vie , que toute viras n'est qu'illusion. D'un autre coté , au milieu delà tristefrf mentation des premiers siècles de l'Église chrétienne, «r» gèrent les écoles néo-pythagoricienne et néo-platonieirnw elles essayèrent, en face du christianisme , de releter kf* ganisme mourant et retombant en ruines sur lui-même, V* de même qu'extérieurement le foyer de la vie inteHecto* avait pavsé d'Athènes à Rome et à Alexandrie, l'école * platonicienne (voyez PtOTiit) revenant, malgré son fclecfi*' à Platon et à Aristote, se trouva beeucoup trop sotf fitfluence d'idées étrangères et surtout d'idées orienudri, \x qu'on puisse la considérer comme la continuation délia' turc scientifique particulière à l'antiquité classique

GRECQUES (Monnaies). La numismatiqac anc*» désigne sous ce nom toutes les monnaies qui ne sort * romaines , monnaies des peuples , villes et rois. Q"*1 elles ont été frappées par les pays ou les villes leurs types propres, on les appelle avtonomu I* I contre , on désigne sous le nom d'impériales grttqats ^ monnaies des villes qui reconnaissaient la sntnerstadf ** empereurs romains et dont l'image y a été reprodutr à tous celui de coloniales , les monnaies frappées dafc£ colonies romaines. Ces dernières se subdivisent et <" nome* et en impériales. Le domaine de la nunaiMn»** grecque est par conséquent aussi vaste que riche. 1' f* prend toutes les monnaies frappées depuis l'invention do nayage en Grèce et dans les pays où on ne parlait |»*P ' langue des Romains, comme la Grande-Grèce, la Sicile i* la domination romaine, l'Egypte , l'Asie , etc. On « tout ce trésor numismatique, suivant sa valeur anW en diverses classes ou périodes, d'après le perferli»**^ ' des frappes. , ^

La première période renferme les monnaies fripp*5 , puis l'invention du monnayage jusqu'au roi AlfM»,fl de Macédoine, c'est-à-dire depuis environ le sept*'**' qu'à la moitié du cinquième siècle avant J.-C. I.** * . naies de cette période portent visiblement le* m* 1

l'enfance de l'art; le métal employé est le plus souvent l'argent , raremeot l'or. A cette époque le cuivre ne «errait jamais a pareil usage.

La seconde période va d'Alexandre I** à Philippe II de Macédoine, c'est-à-dire de l'an 4M a l'an 3M> avant J.C La valeur artistique des monnaies devenait toujours plus grande, et approchait de la perfection. On en frappait en or , en argent et en cuivre, pourtant de ce dernier métal fort peu.

La troisième période va de Philippe II jusqu'à Auguste, c'est-à-dire à la création de l'empire romain, de l'an 359 à l'an 30 avant J.-C. Le haut degré de perfection auquel l'art grec était parvenu à cette époque apparaît visiblement dans ces monnaies, qui sont d'une grande valeur artistique. Le plus grand nombre sont en or et en argent, mais il y en a aussi en cuivre.

La quatrième période comprend le temps qui s'écoula du règne d'Auguste à celui d Adrien , c'est-à-dire de l'an 30 avant J.-C. à l'an 117 de notre ère, et oo l'art fleurit à à Rome à mesure qu'il dégénérait en Grèce. L'extension de la domination romaine sur des pays od la langue grecque était en usage eut pour résultat de diminuer les monnaies grecques autonomes ; par contre , cette période est trèsriche en impériales et en coloniales grecques. Déjà les monnaies de cuivre l'emportaient sur celles d'or et d'argent , et l'art du monnayage dégénérait de plus en plus.

Dans la cinquième période , qui s'étend d'Adrien à Gallien(de 117 à 260) , et ou l'art grec était tombé complètement en décadence, on n'employa guère que le cuivre pour les monnaies, très-rarement l'argent.

Dans la sixième période , qui commence à Gallien , il n'y a que des monnaies de cuivre, et les monnaies grecques ne se composent plus guère que de quelques impériale*.

L'unité du système monétaire grec était \e drachme; on frappait des pièces de deux, de trois et de quatre drachmes; l'obole était une division du drachme, lequel en contenait six. On frappait des pièces de quatre, de trois, de deux et d'une obole: il existait aussi des demi -oboles en argent. Il y avait encore des pièces de quatre, de trois, de deux et d'une obole en bronze, enfin des demi-oboles , des quart, et des huitièmes d'obole. Le nom de ces dernières pièces était glaueus. Le lepton, septième partie d'un chateus, et Vassarion, pièces de menue monnaie, imitées du système monétaire romain, étaient moins en usage.

GRECS (Arts chez les). Lagéométrle est la mère des arts, qui ne sont que l'imagination et l'ordre unis ensemble. Cotte science , déjà si avancée sous Platon, avait depuis plusieurs siècles enfanté le plus beau comme le plus utile des arts, \ architecture . Les piliers carrés , les rondes colonnes des Égyptiens, avaient été évidés; les trois ordres grecs avaient leurs proportions, leur place et leur emploi ; le dorique fut consacré à la solidité et à la simplicité ; l'ionique à la volupté, dont ses volutes frisées sont l'image, et le corinthien à la majesté et à la magnificence. En Grèce, le luxe des colonnes fut seul prodigué aux maisons des dieux ou temples, et aux théâtres, qui quelquefois y étaient adossés. Celles des grands citoyens , même dans les beaux temps de cette nation , étaient à peine remarquables entre les autres. Les riches frontons, d'invention tout hellénique, les frises ornées, les périptères ou portiques sur les quatre faces , les diptères , ou double rang de colonnes, étaient l'apanage de la divinité. Ces temples ne recevaient de lumière que par la porte ; un mystérieux demi-jour régnait dans l'intérieur. Quelques-uns étalent entièrement ouverts par en haut. Dans la Grèce d'Europe, les temples et les édifices publics furent réduits à des dimensions proportionnées au peu de superficie qu'occupait chacun des petits Etats; mais elles étaient relevées par l'harmonie de l'ensemble, l'élégance ou la richesse des détails, comme l'attestent à Athènes les mines du Parthénon , sur les murs duquel l'ami de Pérlclès, Phidias, a laissé des vertiges irrécusables de son immortel ciseau. Au contraire, les immenses plaines de la

DICT. DE LA COKVDtS. — T. X.

— GRECS 646

Grèce asiatique étaient couvertes de temples vastes et éle- Tés , convenables à leurs horizons. Les maisons des particuliers étalent, comme encore aujourd'hui en Orient , peu ornées sur le devant , ayant quelques rares fenêtres sur la rue : elles étaient toutes ouvertes dans les combles oo sur le derrière. Là était construit le gynécée, ou appartement des lemmes. A ces noble* conceptions architecturales la Grèce ajouta en outre les plus charmants et les plus réguliers ornements, dont elle est la seule inventrice : les métopes, les triglyphes, les denticules, les oves, et tant d'autres.

Chez on peuple causeur, avide de nouvelles, curieux de ses propres affaires, il fallait des rendez-vous publics ou les citoyens pussent s'assembler à l'abri d'un soleil ardent ou des injures de l'air : alors on ouvrit ces portiques célèbres, dont quelques-uns méritèrent le nom de paxile, à cause des admirables peintures dont ils étaient décorés. Sparte, Athènes , Olympie , Delphes , furent enrichies de plusieurs de ces abris. Des marbres poli* et durs formaient dans ces villes l'enceinte des jeux et des stades, et les compartiments des bains publics, qui étaient superbes. Les architectes de Corinthe opposèrent la magnilicence de l'art à l'élégance d'Atljènes. Enfin, l'architecture grecque laissa l'égyptienne dans ses déserts de sable, et couvrit bientôt l'Europe, l'Asie et l'Afrique de ses monuments, modifiés par les lieux, les moeurs et la religion de chaque peuple.

Là sculpture, \a statuaire, \» peinture, devaient marcher de front avec ce bel art dans la Grèce; elles y furent redevables de leur perfection à cette science du grand architecte de l'univers, la géométrie, qui harmonise les parties au tout et le tout aux parties. Et dans ces trois arts, environ 498 avant J.-C., la jeune Grèce avait déjà enfanté les Scopas, les Phidias, les Praxitèle, les Myron, les Polyclète, les Polygnote : ce dernier et Pausanias, qui exécuta les peintures du pœcile de Delphes, plus tard ne furent point surpassés par Zeuxis ni Apelles, le peintre d'Alexandre. Longtemps avant l'époque de Phidias, les statuaires grecs avaient détaché les bras et les jambes des statues-momies de l'Égypte, leur avaient rendu leurs muscles , et avaient imprimé à leurs figures de morts la vie et ses passions , ou Jeté sur leurs corps de graves ou voluptueuses draperies, dont les moindres plis sont restés modèles. Le marbre, l'ébène, l'ivoire, l'or, des pierreries même, concouraient à la magnilicence de la statuaire sous le grand Périclès : telle était la statue de la Minerve du Parthénon , œuvre admirable de Phidias. Telle était encore la statue dn Jupiter Olympien, du même sculpteur, dans le temple d'Élide. Tandis que ce colosse effrayait les regards de sa majesté , de sa richesse , de sa hauteur, à Cnide, avec une simple Vénus de marbre, dans les proportions humaines, Praxitèle saisissait tous les cœurs d'admiration et d'amour. L'opulente Corinthe n'avait point encore fondu ce riche métal appelé pyrope, ou airain de Corinthe, mélange d'or, d'argent et d'airain, avec lequel elle forma plus tard ces jolies statuettes, ces images des dieux , ces vases sans prix, la convoitise des Verres romains. L'art de la métallurgie , que les Curètes idéens avaient apporté en Grèce , y avança peu. La commerçante Corinthe seule, l'antique Épbyre, située entre deux ports , s'y adonna plus exclusivement que les autres villes helléniques. Dans la statuaire grecque, la grâce, l'expression douce, la majesté, la douleur, la quiétude même , la force, dominent seules : la fureur, la haine, l'amour violent, les grandes passions enfin , semblent en être exclues. Si ce n'est le groupe effrayant de Laocoon , de ses fils noués par les serpents de Ténédos , il serait difficile à Winckelmann lui-même de signaler quelques autres ligures douées d'émotions un peu convulsives. Le divin Apollon du Belvédère, œuvre merveilleuse d'un auteur inconnu, porte sur son front et dans son attitude, bien que le mattre de Parc terrible qui tue au loin, une impassibilité céleste : l'horrible aspect du monstre Python ne l'a point ému. La statuaire grecque n'aimait à sortir que rarement du mono-

Page 1