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Util* (statue isolée), image individuelle mise en contact tout au plus avec un chien, une biche, comme Diane, on avec un oiseau, comme Junon et Minerve. De 14 cette froideur de la statuaire grecque, d'ailleurs si pleine de grâce , aux proportions si belles, aux formes si pures, aux fronts si suave* ou si tranquilles. Du reste , les sculpteurs se dédommageaient amplement sur les frises des temples, sur les quatre faces des tombeaux , de cette solitude de ligures : toutefois, comme leurs sujets étaient ou sacrés ou funèbres, ils étaient à la vérité admirables de distribution , de dessin, d'élégance, d'ordonnance, mai* tièdes, mais entièrement paisibles ou graves comme les monuments qu'ils décoraient : telle fut la frise du Parthénou, due au ciseau de Phidias; tel fut le tombeau de Mausole de Carie. C'était sur les boucliers que les ciseleurs sur métaux et sur l'airain particulièrement donnaient carrière à leur imagination poétique : le bouclier d'Hercule, dans Hésiode, celui d'Achille dans Homère, les boucliers à emblème des sept chefs devant Tlièbes, le témoignent assez. Sur le premier, l'horrible Gorgone, et Persée volant dans les airs, y sont représentés en relief; non loin , on voit des moissonneurs courbés sur les bruns sillons, et des raisins noirs pendunt aux ceps ; ces mêmes sillons, ces mêmes grappes colorées, se retrouvent sur le bouclier du fils de Pélée ; il fallait donc dans ces temps héroïques que l'art d'émailler fut déjà porté à un haut degré, à moins que des couleurs superficielles n eussent été appliquées à ces armures. Les Athéniens enlevèrent aux Perses une grande quantité de boucliers d'or richement ornés , puisque les architectes les imitèrent et les sculptèrent dans les frises de l'ordre dorique. Le bouclier était donc généralement le champ où l'artiste pouvait développer à son aise les variétés de son génie. Les bois, les coteaux, les batailles, les banquets, les jeux, l'univers et ses monstres, appartenaient à son burin : l'admirable bouelier d'Achille en Tait foi.
Quant h h peint u re,i\ paraît que les Grecs ne la faisaient guère entrer que dans la décoration des temples , des portiques , des tombeaux. Pline mentionne cent cinquantetrois peintres grecs ; ce nombre était bien an-dessous de celui des statuaires et sculpteurs. 11 semble que le portrait et la figure en pied n'eurent de vogue que vers le règne d'Alexandre, talent dans lequel excellèrent Zeuxis, Parrhasius et Apelles. On peignait, au temps de la jeune Grèce, sur bois , sur les murs et sur la cire : la dernière de ces peintures se nommait encauitiywe: Anacréon en fait mention; la précédente était ce que depuis on appela fresqu e. Trois couleurs y étaient à peine employées. Le célèbre peintre Pausanias avait décoré de sa main le riche pœcile ou portique de Delphes. Les belles fresques découvertes dans les ruines d'Herculanum sont de l'école de peinture d'Athènes antique. Une peinture d'un autre genre, exécutée avec des ja»|tcs, des verroteries, des sables, de petits cailloux de mille couleurs, et qu'on appela depuis mosaïque, est due encore, quant à sa richesse et à sa perlection, à la Grèce dans sa maturité; car les palais assyriens avant cette époque étaient pavés avec ces riches compartiments. Ce somptueux pavage abondait, ainsi que les fresques , dans les ruines des beaux temples grecs de la Sicile.
La musique est sœur de la poésie et de la peinture (voyez, Grecs [ Musique des J) ; elle était déjà identifiée à l'idiome des Hellènes ; elle passa nécessairement aussitôt de leur langue dans le chant et les instruments qui en sont les organes. On attribue l'invention du premier instrument, de la lyre ou chélys (écaille de tortue), à Mercure; elle fut aussi nommée tétracorde, des quatre cordes qui seules la montaient alors. Le plus grand système de la musique des Grecs fut par la suite compost- de deux octaves ou quatre té t racontes. On se servit des lettres de l'alphabet pour noter la musique. Jusqu'à Guy Arétin on n'employa pas d'autres signes. Tout ignorants qu'étaient les Ci ers dans la science de l'harmonie, leur simple mélodie obtenait des effets prodigieux. Le chant grégorien , dans nos
églises, est une imitation ou plutôt un lambeau de cette ro^
sique puissante, dont il ne nous reste que le chant d'une «le de Pindare et celui d'un hymne à Némésis. Ils w chantaient à une voix solo, que soutenait ensuite le ebsur, riche invention de l'art naissant que les Eschyle et les Sophocle adaptèrent à leurs drames, que la scène moderne i scindée en deux, par la distinction du grand opéra et de ta haute comédie et tragédie. On appelait homophone Ytttm de chanter à l'unisson, par opposition à Vontiphomt, o> s'exécutait a l'octave.
Quant aux instruments de musique, ils étaient pea uriés eue* les Hellènes, auxquels l'Asie et l'Orient n'auieot légué que leurs harpes ou kinnors, qu'ils nommera! \*s imitation cythares, et dont ils pinçaient la plupart du teaup> les contes non avec l'extrémité des doigts , mais avec n plectron, espèce d'archet crochu. Cne preuve de l'snpi asiatique de la musique des Grecs est le nom de deux i leurs principaux modes, le phrygien et le lydien, dort » dorien grec est le complément : le premier exprimait IVroîsme, les sentiments tendres et religieux ; le second, h tetesse, le désespoir ; et le troisième, le courage et le reqtfd envers les dieux. La seule flûte, qu'inventa Minerve, reurt avec la lyre beaucoup de modifications. Les Grecs ainat des flûtes de formes différentes pour la plupart des cérémonies religieuses, pour les festins, les mariages, le» lus* railles , les danses, les jeux, les plaintes des liergeri anwreux, et la salpinx ou trompette pour exciter le soldat *" carnage. Enfin , le système de Pylhagore était que Is w sique ne consiste que dans le calcul et les nombres; edm d'un autre philosophe célèbre est qu'elle n'existe que p»r b sons.
La da n s e est l'expression de la joie, elle e*t dose ** dans le cxnor de l'homme et avec l'homme Les Grer* lu donnèrent une si grande extension, qu'ils l'unirent » U tragédie et à la comédie, mais seulemeut comme accès***'' repos. Les Hellènes comptaient un grand nombre de dat*» diverses, dont les principales étaient la danse arasée. I» danse des festins, des funérailles , de l'hymen, des Laeekmoniens, et les danses lascives. La première et la pi» ancienne, la danse militaire, ou la pyrrhique, quleraut fils d'Achille au siège de Troie, fut encore celle que •*» rent de malheureux Grecs avec leurs femmes et leurs ailé» dans cette Scio où le cimeterre musulman en fit une si *»• glante moisson. La danse des festins, quant à son or**' nance et à son invention, était mylboiogiquement attribua à Cornus ou à Terpsiehore. U danse des Lacedenioaie» fut instituée par Lycurgue : elle s'exécutait par des grosè* de jeunes Spartiates nus , le bouclier au bras, IVpee à It main : elle était grave c^omnie le législateur qui l'avait F* crite. Le mode phrygien lui convenait. Les danse* la*à<«* n'oseront jamais entrer à Sparte, mais elles furent accueillies avec fureur à Athènes et à Corinlhe, où elles se réfugièrent sous la protection de Bacchus. Pour se former, eUn attendaient la nuit, de peur de faire honte à la liinve* Sans doute l'art de la danse avait été primitivement apport* dans la Grèce par les curètes de Crète et les cor jasai*»* l'Asie Mineure. Dans son origine, il fut invente pour lissent les dieux. On voit que la danse dut être la mère de la m*/ naslique, ainsi nommée parce que c'était nu qu'on m !'">' à cet exercice. Il formait les corps, développait le* mu*!** et les forces, et donnait des défenseurs vigoureu» a b Grèce. Platon fut un télé partisan de cet art : à «* il recevait de préférence ceux qui s'y étaient distingué»- U jeune Hélène, la plus belle des Lacédémonlennes, de****1 nue dans l'arène , et y lutta avec ses frères. U çp** f igue athlétique était le gout dominant de la Grèce,
Pour protéger ces beaux temples , ces théâtres s^pJcndide*,
ces gymnases magnifiques, ces statues sans prix, et a*"1
leur liberté contre les nations barbares qui le» «•*"* natenl, une stratégie savante, une marine |wrticuiière * Polynésie de l'archipel, étaient indispensables aux GrW* Aussi , paix ou guerre , les Athéniens élisaient dix str.t^
GRECS
ou fjSnftùuir. C*4te élection se. faisait dans le Pnycc, placé d'Athènes, presqu'au pied de la citadelle. Dans l'armée grecque, H y avait des divisions depuis S jusqu'à 16,384 soldats : cette dernière s'appelait phalange. La nécessité où ils étaient d'opposer de très -petites armées an* cohues des barbares (c'est l'expression de Ptapoléon), exerçant lenr tactique, faisait que leurs lignes de bataille liaient si Tarifes , qu'elles offraient l'image d'one carte de figures géométriques.
Les armes des Ortvs étaient de bronze , mélange de cuivre et d'étain, et non de fer ; Ils les tenaient des Phéniciens; mais leur vanité en attribuait l'origine A leur dieu Mars, a Bacrhus même, dont leur Vulcain était le forgeron. Chez eux la perte do boucHer emportait l'infamie : « avec on dessus, * dit nne Lacédémonienne à son fils, en lui présentant cette arme, sur laquelle on rapportait les morts. Leurs armes défensives consistaient en un casque, une cuirasse, nn ceinturon, nn bouclier, des bottines, des brassarts et gantelets; les armes offensives étaient la massue , qui appartint particulièrement aux temps héroïques, la lance, l'épée, la hàrpt ( énée-fanlx ) , la hache, l'arc, les (lèches , les javelots, les pierres et la fronde. En temps de paix, crainte d'émeutes populaires, si fréquentes a Athènes surtout, on émoQssait la pointe des flèches et le tranchant desépées, et Ton détachait 1rs anneaux des boucliers.
Le premier des navires qui fut construit dans la Grèce fut la nef Ai-ço (La Rapide), faite d'nn seul pin fatidique du Pélion , en Thessabe. Ehe porta les Argonautes , dans leur expédition aux bouches du Phase. Nul navire ne fut depuis encombré à lui seul de tant de héros. Cette construction remonte aut temp* d«s mythes historiques. Quarante années :ip"-es a in descente de la Grèce conjurée sor les rites de Tr*ie, son armement monta à vingt-huit flottes, on plutôt flottille-;; car Thucydide assure que les navire* d'alors n'avaient point de pont, et qu'ils étaient construits comme de simples bateaux. Les Phocéens d'Asie, qui fondèrent Marseille plus tard , avaient déjà traversé la Méditerranée avec un navire à cinquante rames. Sons Thémistocle, la flotte athénienne avait trois rangs île rames : ces agiles navires, qnoique sans pont , décidèrent du gain de la bataille de Salatnine. Le progrès des Grecs dans l'art de la navigation fut très-lent , car ils n'avaient de boussole que l'étoile polaire, et leurs principmx pilotes étaient quelques oiseaux qu'ils embarqnaiefit avec eux, et qui, étant lâchés, leur servaient rte guide vers des Ile* ou nn continent. I-es Argo • n.ndes nvnient emmené dans lenr expédition une colombe. Oft enlevait les rivages , les rochers ; chaque baie, c haque nique était nn port contre la tempête. |,es voyages des l'Iieniciens mêmes dans l'Océan n'étaient qu'une circomnavigation de plusieurs années. A cette époque, nul navire, «l'un pôle a l'autre, n'avait encore sillonné ses immenses solitudes.
Les Grecs, ce peuple a part sur le globe, devaient avoir .ni «si rm costume accort et élégant comme lenr esprit. Ils laissèrent à l'Asie les longs flots de ses opulentes étoffes , prirent la chlamyde ou manteau court, sons lequel le reste «le leurs belles termes, dont la gymnastique avait développé les muscles, se montrait nn. Agamemnon, sur un vase antique , porte la tonique détartrée de l'épaule gauche. Uans les combats , les Grecs endossaient ordinairement une cuirasse sur une tunique courte, pour être plus agiles. Leur love était une tunique d'une étoffe légère pour les riches, dont les manches allaient h peine an coude, et qui ne dépassait pas lé genou , même pour les femmes, les La- «.edémonieime* surtout, qui affectaient de faire admirer leurs hanches vigoureuses, t^s tuniques sans manches étaient abandonnées aux gens de basse condition : cependant , un joti Amphfon et rm Zéthus en portent chacun une de ce genre. La longue tunique, dite ionienne, était réservée aux rois, bren que les senls Thcssaliens la portassent lon- Btic aussi , h cause «les intempéries de lenr froid climat. Si ce n'est à la guerre, les Grecs avalent la tête nue, bien que de jeunes Spartiates la prjrtasscJft ainsi aux combats. En
voyage seulement, ils la couvraient aupétase , ou bonnet thessalien. ils portaient les cheveux tant aoitpeu courts, les Lacédémoniens exceptés, qui les portaient longs et flottants; ainsi l'avait voulu le sévère Ljcurgue : il pensait que la chevelure était l'ornement de la figure humaine. Fidèles a ses tels, les Spartiates en prenaient un soin particulier; ils la bouclaient et la parfumaient avant de marcher au combat. Lorsque Léonidas dit à ses trois cents Spartiate» ■ « Ce soir , nous Irons souper chez Pluton, • plusieurs d'entre eux la couronnèrent de roses , pour s'asseoir glorieux et riauts au banquet infernal. Les voluptueux d'Athènes incitaient dans leurs cheveux une cigale d'or. Les uns se rasaient la barbe , d'autres la laissaient demi -longue. Les lemmes grecques étaient à peu près vêtues comme nous voyons dans nos jardins la Diane chasseresse ; tout leur luxe était dans leurs brodequins, plus ou moins orn«*s d'ivoire, d'or ou de pierreries. Du reste, la beauté et la noblesse de leurs formes, une allure gracieuse et fière en même temps, que nul pli superflu n'embarrassait , achevaient leur parure. Souvent encore, particulièrement dans les cérémonies religieuses, comme Iphigénie, elles s'habillaient avec la tunique ionienne , longue et traînante, les courtisanes même.
Dans notre Paris, dont le génie des arts et des sciences, les monuments superbes, le luxe des théâtres et surtout l'inconstance incessamment flottante du peuple, et son délire funeste pour tout ce qui est nouveau , ont fait une seconde Athènes, mais une Athènes de boue, de fumée et de brume, le coslimegrec, quant aux femmes seulement, domina longtemps durant la première révolution. Quelques mnscadius (c'était le nom qu'on donnait alors aux fasliio nables), succédant aux sans-cutnffes, se firent couper les cheveux à l'athénienne, à la Spartiate, et depuis eux celte mode devint universelle dans les quatre parties du monde.
Clore par des détails relatifs au costume un tableau des arts chez un peuple célèbre semble en apparence chose légère; mais il n'en est point ainsi : la manière de se vêtir d'une nation tient à ses meetus, et ses moeurs tiennent à son histoire : ce complément était nécessaire.
Nous avons vu laCtèce, couverte de lVgide de Minerve, imposer ses tels et son joug aimable et léger aux nations antiques, puis bientôt celte enchanteras* remplir «le ses merveilles l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Presque a u**it«M après la mort d'Alexandre, qui lui avait enlevé sa liberté, sa gloire militaire et sa gloire d'artiste déclinèrent , jusqu'à ce que, sous Sylla, elles se perdirent dans la domination romaine. Cependant, docte qu'elle était, là Grèce asservie (car, 6 honte ! les Romains tiraient leurs esclaves de cette illustre contrée) tint toujours école, et ses écoles étaient toujours célèbres. Comme un mélPore qui, un instant avant de s'éteindre, répand au loin son éclat d'horizon en horizon, elles vinrent, jusqu'au Commencement du moyen âge, jeter leurs dernières, mais vives splendeurs sur les Pères de l'Église Ils recueillirent , agenouillés devant le Dieu des chrétiens, ces célestes paroles de Platon : « L'âme est une vie immortelle enfermée dans une prison périssable; la mort est une résurrection l • Feu sacré qu'ils emportèrent sous leur robe, d'entre les décombres de la Grèce , et qu'ils sauvèrent du sou ffle de l'athée. Depuis lors , il ne resta de la Grèce que l'éclat de son nom. Docks Baron.
GRECS (Musique des). L'état de la musique chez les Grecs anciens a été pendant des siècles l'objet de savantes recltetthes. A la renaissance de* arts et des lettres, vers la lin du moyen âge, il se manifesta un tel respect pour tout ce qnl étatt grec ancien, qu'on voulut alors tout devoir aux Grecs, pent-être bien parce qu'on leur devait beaucoup. On avait trouvé divers fragments d'anciens écrivains sur la musique, fragments insuffisants k La vérité pour en donner nn apercn complet, mais qui n'en excitaient que davantage ta curiosité et ouvraient un large champ à l'imagination. Tout en avouant que les documents parvenus jusqu'à nous, même en tenant compte des graves lacunes qu'ils présentent,
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