‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 41 sur 614 · FULMINANT · texte numérisé non relu

FULMINANT

les canons les plus résistants, comme pourrait le faire le fulminate d'argent lui-même. Cet exemple, susceptible d'application à beaucoup d'autres substances, dénote combien l'état physique d'un corps peut influer sur le temps nécessaire pour en opérer la décomposition, et par suite sur les résultats qu'on en attend. Toutes choses égales d'ailleurs, une matière poreuse et légère fera plus rapidement décomposée que la même matière à laquelle on aurait conservé ou donné de la cohésion |«u* la compression ou par tont autre moyen. Pour que la même substance devienne le plus fulminante possible, il faut donc favoriser au plus haut degré l'instantanéité de sa décomposition chimique.

C'est presque toujours dans leur propre composition que les matières fulminantes trouvent le principe de leur décomposition; formées d'éléments gazéifiahle* qui avaient été tenus dans un état de condensation très- considérable, souvent le moindre choc, l'élévation de la température, quelquefois une simple vibration des colonnes de l'air, le passage sourtout d'une étincelle électrique, tout suffit pour opérer une brusque décomposition : alors, les gaz devenus libres obéissent à leur force d'expansion , se répandent dans l'air ou réagissent avec violence contre les parais des vases : supposant même que les circonstances favorisassent le retour instantané de ces gaz dégagés a la température sons laquelle ils n'auraient plus qu'une faible expansion, déjà la promptitude des effets résultant du dégagement peut avoir eu un effet mécanique d'une énorme puissance : c'est bien plus fort encore si , comme cela a souvent lieu , la température de ces gaz etpansifs tend à s'élever au moment de la décomposition. Quelquefois cette élévation va jusqu'au ronge, c'est-a-dire a plusieurs centaines de degrés du thermomètre ; et dans ce cas il est facile d'imaginer l'accroissement d'intensité que doit prendre la force de répulsion, poilue le coefficient de dilatation des gaz étant -fr, le volume de ceux qui se dégageront sera dooble par chaque augmentation de chaleur représentée pendant l'acte de la décomposition par le nombre 267.

Un certain nombre de substances fulminantes, m a' gré Hm minent danger qn'otfre leur traitement, trouvent de l'emploi dons plusieurs arts : ce sont particulièrement les fulminates d'argent et de mercure. L'aramoniure d'or est aussi quelquefois en usage, mais uniquement comme moyen de fixer l'or métallique sur la couverte de la porcelaine. On le mêle à cet eflef avec une poudre inerte, afin de le rendre moins intactile, et de l'essence de térébenthine, pour en faciliter l'application an pinceau. La poudre employée et l'essence se brûlent au feu de la moufle, et l'or réduit reste appliqué en une couche extrêmement superficielle, mais solide, sur les pièces qu'on a routa décorer.

Peuhtze père.

FULMIXAXTE (Légion). Voyez Lécio* rcmmvrr..

FULMINATE, sel résultant de la combinaison de l'acide fulminique et d'une base. On obtient les fulminates en frisant réagir de l'acide nitrique sur un métal en présence de l'alcool. Le fulminate d'argent, que l'on appelle encore poudre fulminante de Hrrthollet, du nom du savant auquel on en doit la découverte, est la plus intactile peut-être de toutes les substances que nous connaissons. Ce n'est qu'avec beaucoup de précautions qu'on petit la préparer, à cause des dangers qui accompagnent sa détonation , et en opérant sur des quantités extrêmement petites de matière. Après avoir dissous de l'argent fin dans de l'acide nitrique, on verse nnns la liqueur une petite quantité <i e.m de ciuux, qui y forme un précipité brun, qu'on lave à plusieurs reprises avec de l'eau distillée; on verse ensuite sur ce résidu humide une petite quantité d'ammoniaque, qui le dissout, et on abandonne la matière à l'air pour qu'elle se dessèche. Si on opérait seulement sur un décigramme d'argent, il faudrait distribuer le précipité obtenu par la chaux dans nne douzaine devenes de montre avant d'y verser l'ammoniaque, car, une fois formée, la poudre fulminante pourrait détoner et donner lien à de très -graves accidents. On ne pourrait sans

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s'exposer chercher à enlever cette combinaison , même humide, pour la diviser en plusieurs partie», et ce serait courir aussi des risques que de la placer dans un vase de verre ou de porcelaine, qui pourraient être brisés dans sa délooatioa, et les fragments lancés avec une grande violence. Quand l'oxyde d'argent encore humide a été versé en très-petite quantité dans les verres de montre, ou les place à une assez grande distance les uns des autres, sur une planche; on ajoute de l'ammoniaque pour dissoudre l'oxyde et en laisser la dessiccation s'opérer. Vient-on alors à toucher la matière avec un tube de verre ou un bâton, souvent même avec une barbe de plume, une détonation violente a lieu ; le verre de montre est ordinairement brisé en mille pièces, et souvent le mouvement occasionne par l'air suffit pour faire fulminer la matière renfermée dans quelques-uns de ceux qui sont placés à peu de distance. Il arrive souvent aussi que quoique préparée do la même manière, une certaine quantité de l'argent fulminant ne détone pas, mémo par uu frottement a«sez fort ; mais sa décomposition s'opère dans la plupart des cas avec tant de facilite qu'il est prudent de se servir d'un bâton d'un mètre au moins de longueur pour le touclier. Cette poudre fulminante partage avec plusieurs autres la singulière propriété de produire un eflet très-considérable sur les corj» qui la supportent, et qu'elle enfonce avec beaucoup de violence, tandis que la poudre à canon ne produit d'action que sur le projectile qui lui est opposé. On n'a jusque ici donné aucune explication entièrement satisfaisante de ce phénomène.

On n'emploie guère le fulminate d'argent que pour la préparation de» pois fulminants. H. Giultieh de Cuubki

Pour préparer \c fulminate de mercure, ou poudre fulminante de Ilovard , on opère sur un gramme de mercure et 12 grammes d'acide nitrique concentré; on verse ensuite dans cette solution 12 grammes d'alcool , et on a la précaution de chauffer lentement. D'autres procédés sont employés par l'industrie pour préparer en grande quantité, ce fulminate, qui sert à la fabrication des capsules et amorces fulminantes. Le fulminate de mercure se compose de 0,24 d'acide fulminique et de 0,76 d'oxyde de mercure. Il se décompose avec flamme et explosion , soit par le choc, soit lorsqu'on le chauffe à la température de 18»°. Pour que le choc donne lieu à une explosion , il faut que les corps choqués possèdent une certaine dureté.

En moyenne, 1,000 grammes de mercure donnent 1,240 grammes de fulminate, qui suffisent pour préparer 40,000 calcules. A cet effet on broie le fulminate avec 30 p. 100 de son poids d'eau , et on y incorpore 0,0 de son poids de poudre ordinaire. On introduit ensuite cette pale dans les capsules. Pour prévenir l'action de l'humidité , on recouvre la pâte avec de la teinture de benjoin ou avec une dissolution de mastic dans de l'huile essentielle de térébenthine.

Lorsqu'on fait détoner une capsule au milieu d'une caisse qui en est remplie, l'inflammation ne se propage pas, s'il n'y a pas de poudre interposée. Cependant ces capsules ne sont pas sans danger : aussi remplace -t-on quelquefois dans leur fabrication le fulminate de mercure par le fui lui • coton.

FULMI\ATIO\, FULGURATION. Ce n'est que daprès la rapidité do l'inflammation et d'après la force du bruit, qu'on a établi une différence entre la détonation et la fulminai ion. Quand le phénomène n'est accompagne que d'un bruit comparativement faible, il prend le nom de détonât ion ; si le bruit est considérable , et que l'explosion soit violente, on dit qu'il y a eu fulmination. Tandis que le mot fulmination rappelle l'idée de la foudre l/ulmrn \ fulguration exprime la rapidité de l'éclair (fulgur). Il y a donc gradation de la fulmination à la fulguration { ragez Dé»x*r.B\Tio>).

I liL.MI.MATIOX (Droit canon), acte par iequel uu évéïpje ou tout autre délégué du pape annonce un resc.it, une bulle et eu ordonne l'exécutiou. Jadis le i officia ux étaient d'ordinaire chargés de ces missions, qui, leur ayant etc

dusse» dans le» formes voulues , ne pouvaient même leur étr» retirées pur la mort du saint-père. Us ne pouvaient dé- *v'urt persoune pour rendre la sentence d'exécution, mai» il leur était |>eriiiis de transmettre à des tiers le poufuir d "interroger les parties , d'assigner et ouïr les témoins nir les faits exposés dans Pacte de la cour de Rome. Les i>l*rU Je la fiiliuinatioii, aussi variés que ceux des bulles, rojbrasMjeni le* ex communications, les mandements k> croques , abbés et abbesses, les dispenses de mariage, te ugnauim portant réparations d irrégularités , les res. tnti réclamant contre des vœux, etc., etc.

FULMINIQUE (Acide). Découvert par Gay-Lussac, est jrnie n'existe qu'en combinaison avec les bases dans tes fulminates. Quand on cherche a l'isoler, il se décompose ta ao-Je eyanhydrique et en d'autres produits.

FULTON i Robe ht i naquit l'an 1765, en Pensylvanie, dta» I* comté de Lancastre, de parents pauvre* ; son père et «mère étaient de maUienreox émigrés irlandais, chargés <V> anq entants. Fulton n'avait encore que trois ans lorsos 11 perdit son père, et il dix-huit il savait à peine Kre, écrire et compter : c'était la tonte l'éducation qu'il avait iw puiser dans l'école de son village. Plein de cèle et d'ilrdndne, Il se rendH d'abord a Philadelphie, ou , malgré le

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rement; mais la révolution du 18 fruct id or ayant forcé Carnot à s'expatrier, Fulton présenta vainement ses projeta aux nouveaux membres du Directoire. Il entreprit alors de faire adopter à la France un nouveau genre de guerre maritime, et dès le mois de décembre 1797 il fil à Paris quelques essais sur la manière de diriger entre deux eaux , et de faire éclater à un point donné, des boites remplies de poudre; c'est là que s'étaient arrêtées en 1777 les expéde l'Américain Boshnell. Fulton échoua comme lui cette entreprise , aussi bien que dans celle d'employer des bateaux sous-marins pour conduire des pétards sous la carène des vaisseaux. L'argent lui manquant , Fulton s'adressa au gouvernement. Mais sa pétition, renvoyée au ministre de la guerre, n'obtint |>as de réponse. Sans se décourager, il exécuta en acajou un modèle de son bateau , et avec cet argument , qui parlait aux yeux , il se présenta de nouveau au Directoire. Aussitôt une commission fut nommée pour examiner ses plana. Les rapports furent favorables, mais, après de longs délais, le ministre de la guerre les rejeta entièrement. Trois années s'étaient écoulées dans ces travaux ; Fnlton , ne conservant plus d'espoir auprès du gouvernement français, s adressa au Directoire de la répnbliqne batave , qui , de même que la France , méconnut l'iro-

ik«um<-rit le plus complet, il parvint à étudier le dessin , j portancede la guerre sous-marine, à l'exception, cependant, h peinture et la mécanique. Allant d'auberge en auberge , et d'un de ses membres , nommé Vanstaphast , lequel fournit

nuque dans les roes , vendre des paysages et (aire des por- » , le jeune, artiste parvint , an bout de quelques années,

pour payer une petite t eue sa mère faisait valoir. Lui en ayant ainsi assuré U prophète, et ne redoutant plus pour elle les besoins de la Fulton pavv» en Angleterre en novembre 1788, espénnt irnuver dans le célèbre peintre d'histoire West, son Mtupatriote . un itialtre habile et un protecteur génércoT. 8h espoir ne fut pas déçu : le respectable artiste Paccuelflrt mwm disciple et commensal. Fulton Ht sous lui de rapides fftxres ; mais son génie le poussait surtout vers la mérn- ■*}<*■ En 1793 II présenta au gouvernement des projets <i imploration pour les canaux, où les écluses sont rempheees par îles plans Inclinés sur lesquels montent et desoodent des bateaux à roulettes. A cette Idée, pratiquée déjà

• Chine depuis on temps immémorial, et reproduite en tan 'pe a des époques reculées par l'Ingénieur anglais Rey-

ruoon ajouta oeaurotip u mures ifcrieriKinnerDeii!", dmrtont la construction de roules, d'aqueducs et de ponts «• fa fondu ; mais ce (ht en vain qui! s'adressa au goo> "■"wwnt et a des sociétés particulières pour l'exécution

* m projeta. Afin de les faire apprécier, il rot obligé de •* 'ierrtre onns un Nvre. A la fin de cet ouvrage se trouve "«e Mtr* à François de Nenfchâtean , alors ministre de laterieor e« France, relative à un projet de canalisation *«e pays, à l'aide des soldats. Fulton imagina aussi des «f*-*s de charmes pour creuser les canaux ; il perfectionna a la même époque des moulins pour scier le marbre, et des machine» pour filer le chanvre et commettre les cordages.

Quelques lettres de remerclments de la part des sociétés ^Tjntes et trois ou quatre breveta d'invention furent lont « aull obtint dans ta Grande- Bretagne . Pensant trouver en France plus d'encouragement , il arriva à Paris vers la fin 1796. Invité par Joël Barlow , alors ministre plénipotentiaire des États-Unis en France, a venir résider au roià* sa tamille, Fulton accepta cette offre généreuse , et 'ta lors rot cimentée entre le plus ilhrstre des poètes amé- "win* et le premier Ingénieirr du Nouveau Monde cette ^troile amitié qui devait dorer autant que leur vie. Pendant « «ept année* que Fulton passa auprès de son ami , il se ,ITra à r étude du français, de l'italien et de l'allemand, rtodia les mathématiques , h physique, la chimie et la perspective, et composa plusieurs écrits qui n'ont pas été publiés. « trot en 1797 , époque ou la France et l'Angleterre son- S*»*nt à ta paix , devoir donner ses idées sur la liberté des !t*r< * du commerce : a cet effet , il entra en correspon-

j à l'ingénieur dp l'argent |»otir exécuter plusieurs maeiunes.

Bonaparte ayant été revêtu de la dignité de consul a vie, [ Fulton Ini écrivit pour obtenir des fonds pour la conslmc- | tion d'un bateau sous-marin , et pour qu'une commission examinât ses expériences. Celte double requête eut tout son effet; l'argent fut accordé, et Volncy, Monge et I.aplare furent nommés et approuvèrent le projet; Je bateau fut construit en 1800 et essayé pendant l'automne à Rouen et au Hâvre. Le succès ne répondit pas à l'attente de l'inventeur Ayant entrepris d'aller a Brest , il ne put achever la traversée, et son bateau sous-marin échoua aux environs de Cherbourg. Un second fut construit dans les ateliers de MM. Perrier, à Paris, et essayé, en 1801 , sur la Seine, vis-à-vis des Invalides. L'ingénieur, enfermé dans son bateau avec nn matelot et une bougie allumée, s'enfonça dans l'eau, y resta dix-huit a vingt minutes, et surgit après avoir parcouru une assez grande distance, puis disparaissant de nouveau , il regagna le point de départ. Témoin de celte expérience, G nyton-Morveau remit à Fulton un mémoire sur les moyens de prolonger la respiration des hommes et la combustion des lumières à boni des navires sous-marins en restituant de Pair vital et absorbant le gaz carbonique. Le même bateau fut plus tard essayé à Brest, et un rap|M.rt de» plus favorables fut dressé par des officiers de marine. Fulton s'occupa ensuite de manoeuvrer un pétard contenant vingt livres de poudre avec son bateau sous-marin , et il réussit à faire sauter une chaloupe mouillée dans la rade. Mais chez Bonaparte le gout pour les innovations diminuait à mesure qu'il voyait croître sa puissance. Les mémoires et les pétitions de Fulton restèrent sans réponse; toutefois, le profit qu'il retira du premier panorama offert par lut aux Parisiens lui permit de poursuivre ses expériences.

Pendant ce temps, lord Staniiope parlait avec nnxiité, dans la chambre des pairs , du séjour de Fulton en France, et, sur sa demande, un rapport était adressé au premier ministre , lord Sydmoulh , pour l'engager à rappeler l'habile ingénieur. Fulton ne se décida pas d'abord à accepter les offres du gouvernement britannique; il s'occupait de construire un bateau à vapeur sur la Seine, avec l'assistance de M. Livinj/ston, ministre plénipotentiaire des États-Unis à Paris; le bateau , terminé, fut essayé, mais il se rompit par le milieu. Le ministre fournit des sommes pour la construction d'un second bateau , qui lut éprouvé à la fin de 1803 , et l'expérience ayant été satisfaisante, Fulton et son protecteur conçurent dès lors le projet, qu'ils réalisèrent quatre ans après, d'établir des bateaux à vapeur sur tes fleuves d'Amérique.

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De retour en Angleterre , Fulton n'y rencontra , comme en France, qu'obstacle* et dégoûts. En le rappelant, l'intention du gouvernemeut anglais avait été simplement de juger ses projets et de lui acheter le secret au moyen d'une forte pension : mais c'était grondement se tromper sur son caractère. On peut s'en convaincre par cette réponse à des agents du pouvoir : ■ Soyez assurés , leur dit-il , quels que puissent être vos desseios^ que je ne consentirai jamais à cacher mes inventions lorsque l'Amérique en aura besoin. Vous m'offririez en vain une rente de 20,000 liv. storl., je sacrifiet ai toujours tout à la sûreté et à l'indépendance de ma patrie. • Après bien des délais, le ministère consentit euhu a Taire essayer les torpilles ou pétards sous-marins perfectionnés par Fulton. La première expérience, qui eut lieu la nuit du 2 octobre 1805, fut sans succès; mais Fulton insista , et le 15 du même mois, en présence des ministres, il fit sauter un brick danois du port de 200 tonneaux , qui était à l'ancre daus la rade de W aimer. Cependant , ce qui devait être favorable à l'ingénieur produisit l'effet contraire, et vers la fin de l'année suivante , ayant plus que jamais à se |ilaindre du gouvernement britannique , il quitta l'Angleterre pour New-York. Il entré dans sa patrie, jaloux de prévenir ses compatriotes en faveur de son projet relatif aux torpilles, il réunit dans 111e du Gouverneur les autorité* de New-York et un grand nombre d'habitants , et entra dans les moiudres détails sur ses inventions. Puis il s'occupa de la construction d'un bateau à vapeur, Le Clermont. Cette entreprise avait été condamnée par l'opinion publique ; le chancelier Livingston fournit seul les fonds nécessaires. Au mois d'août de l'année 1807 , Le Clermont fut essayé. Le succès fut complet , et le triomphe du génie arracha à la multitude, jusque alors incrédule , des acclamations et des applaudissements immodérés.

Fulton s'occupait à observer toutes les parties de son bateau , 'afin d'en connaître les défauts et de pouvoir les corriger. Après quelques changements, Le Clermont alla de New-York à Albany en trente-deux heures, et en revint entrente heures. Dans ces deux traversées, qui s'exécutèrent de nuit et de jour, cette énorme machine jeta la terreur parmi les habitants des rives de l'Hudson et parmi les équipages des navires qui se trouvaient sur son passage. Les marins, étonnés de cette longue fumée qui s'élevait dans les airs et entendant le bruit des roues qui frappaient Peau à coups redoublés, se précipitèrent (disent les journaux de l'époque) à fond de cale pour se dérober à celle effrayante apparition. Les plus liardis se prosternèrent sur le pont, implorant la Providence contre l'horrible monstre qui dévorait l'onde houleuse. Peu après Le Clermon fit régulièrement le service de la poste entre New- York et Albany.

La construction du Clermont et ses succès engagèrent le célèbre mécanicien et son associé, le respectable chancel er Livingston, à construire de nouveaux bateaux à vapeur, qui tous réussirent également. Alors s'accrurent promplement la fortune et la réputation de Fulton, qui , le 12 août 1807, répéta aux li ais du gouvernement, dans les envirous de New- York, l'expérience des armes sous-marines, qu'il avait déjà exécutée a Walmer, et fit sauter un vieux uavire d'environ 200 tonneaux, fin 1810 il publia un ouvrage sur ses torpilles. En mars , même année , le congrès vota des fonds pour en fabriquer. Fulton s'occupa ensuite successivement de la création des blockships , des colombiades sous-marines, et des mutes ou bateaux muets, etc., lesquels furent successivement éprouvés. Mais il était destiné à trouver partout des obstacles : on alla jusqu'à lui disputer devant la législature de New-York la gloire d'avoir le premier t lahli utilement la navigation par la vapeur, et on chercha à faire révoquer son brevet. Sa santé était déjà altérée : cette affaire acheva de la déranger; il fut obligé «le garder le lit. Un jour, étant sorti par un froid très-rigoureux pour donner des ordres aux ouvriers , et élant longtemps resté exposé à l'air, la maladie se déclara avoc une nouvelle force, et,

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