‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 42 sur 614 · FULVIE · texte numérisé non relu

FULVIE

le 24 février 1815, il mourut à l'âge de quarante-neuf ans. Dès que la nouvelle de ce triste événement fut connoc , la douleur publique se manifesta d'une manière éclatante. Ijes journaux s'entourèrent de marques de deuil. La municipalité de New- York et bu diverses sociétés savantes et littéraires arrêtèrent que tous leurs membres |K>rteraient le deuil pendant un certain temps. Le sénat, de son coté, s'associa au sentiment général, en arrêtant aussi que le deuil serait pris par les deux chambres. V. ne MoUox.

Fulton était mort en laissant pour 100,000 dollars de dettes. En 1820, le congrès accorda à ses enfants une somme de 50,000 dollars avec les intérêts échus depuis 1815, et pius tard encore , en 1 838 , il leur vote une autre somme de 100,000 dollars.

FULVIE. Deux femmes de l'ancienne Home ont rendu ce nom célèbre. L'une joua le rôle de dénonciatrice dans la conjuration de C a 1 1 1 i n a, et dégrada une illustre naissance en faisant le métier de courtisane Elle avait pour amant ea titre un chevalier Q. Curius, qui déhooorait aussi par &s conduite un des noms les plus respectables de Rome : exclu par les censeurs du sénat pour plusieurs infamies , forcé par le dérangement de ses affaires de cesser ses prodigalités envers Fui vie, il se mit tout à coup, voyant que cette femme avide lui tenait rigueur, à changer ses doléances et ses supplications en promesses extravagantes, entremêlées de menâtes si elle ne le remettait pas en possession de ses anciens droits sur elle. Fulvie, surprise d'abord , s'adoucit assez pour découvrir d'où provenait l'arrogance inaccoutumée de ton amant, et elle ne crut pas devoir tenir secret le péril qui menaçait l'État. Elle fit sourdement circuler dans le public ce qu'elle avait appris, sans nommer personne. Cicéron, élu cmsul, en obtint des révélations plus explicites; et, de concert avec 1 elle , détermina Curius, par les plus belles promesses, à lui révéler tout le projet de Catilina. Plus tard, .lorsque deai de* conjurés conçurent le projet d'assassiner Cicéron, Curius se bâta de l'en faire avertir par Fulvie. Quand le procès ! des complices de Catilina fut déféré au sénat , Curius, appelé à déposer comme témoin, chargea beaucoup César; mais ses dénonciations contre ce redoutable citoyen n'eurent d'autre résultat que de lui faire perdre la récompense promise aux dénonciateurs. Quant à Fulvie, il est probable ! qu'elle s'était fait payer d'avance sur les fonds dont pouvait J disposer Cicéron en qualité de consul. L'historien Fions parle de cette Fulvie avec beaucoup de mépris : il la qualiiie I de courtisane des plus viles (vilissimum scorlum). | L'autre Fulvie fut appelée à jouer un rôle moins secondaire j que sa contemporaine. Fille de Marcus Fulvius Bainhalio, I n'ayant, suivant l'expression de VelléJus Paterculus, rien j d'une femme que le corps , elle fut successivement l'épouse ■ de trois hommes considérables dans la république, et qui j tous trois naquirent pour le malheur de Rome : Clodius, j l'ennemi de Cicéron ; Cu r i o n , tribun non moins séditieux ! qne Clodius, dont il avait été l'ami ; et le triumvir Marc-Ao- ; toi ne. Quand Clodius eut été assassiné par les satellites de Milon, et que son cadavre, rapporté à Rome, fut exposé dans le vestibule de sa maison, Fulvie, par ses discours vêtements, anima le peuple à la vengeance. Curion, zélé partisan de César, ayant péri en Afrique après la bataille de Pbarsale, Fulvie ne s'amusa pas à le pleurer, et épousa Marc- Antoine, qui était alors l'Ame damnée du dictateur. Après la mort de César , tant que son mari fut maître des affaires, elle le poussa aux rapines les plus scandaleuses, comme aux actes les plus violente et les plus cruels. Ce lut à l'instigation et sous les yeux de Fulvie qu'il décima une légion romaine. Plus tard, lorsque Antoine fut proscrit, après sa défaite devant Modene, elle se vit en butte a de menaçantes représailles; mais elle trouva un protecteur puissant et zélé dans Atticus, l'ami intime de Cicéron, qui poursuivait Antoine avec acharnement. On sait comment ce grand orateur paya le tort d'avoir été vaincu dans cette guerre a mort : il fut proscrit par les triumvirs Octave , Antoine et Lépidc. et Fulvie, k qui l'on apoorta la tète de Cicéron , se donna kj

FULVIA —

phi*r de percer d'une aiguille d'or cette langue qui avait tince contre elle et son époux des traits si acérés. Tandis qu'An toioe proscrirait de son côté, Fulvie proscrivait du .<*-n; et Antoine la laissait faire.

lorsque, vainqueurs de Brutus et de Cassius, Antoine et Oc t a t e n'eurent plus qu'à se disputer l'empire du monde, Fulvie, qui était resté* à Rome, tandis que son époux se trouvait en Orient, troubla tout par ses intrigues et par ses fureurs Elle avait deux motif» pour détester Octave : d'abord, le jem triumvir, qui n'avait épousé la fille qu'elle avait eue tk Clodius que pour obéir aux légions, ne témoignait à Clodia que froideur et mépris, jusqu'à se refuser a consommer ce mariage ; en second lieu , la vieille Fui vie aurait souhaité se dire aimer de son Rendre, qui voulut encore moins de la mére que de la fille. Elle n'était pas femme à pardonner Uni d'offense* : elle anima de ses passions, en leur donnant une routeur politique, Lucius Antonius, son beau- frère ; et c* dernier, prenant le masque républicain, se déclara contre letriemvirat, s'annonça comme le protecteur des propriétaires dqwuillés , et prit les armes contre Octave pour la cause de la liberté. Ce mot rallia sous ses enseignes plusieurs légion* et une aveugle jeunesse, qui voyaient le restaurateur du parti de Pompée dans le docile instrument d'une vieille l-mme. Octave lit marcher contre Lucius trois armées, dont une sous ses ordres immédiats. Lucius s'enferma dans Péroné avec Fulvie, qui animait elle-même les combattants ; nais tout cédait alors à la fortune et à l'habileté d'Octave. Luchuse rend à son adversaire, qui cette fois se montre clenwrt Fulvie, sans espérance, se retire d'abord à Pouzioj*s, ensuite à Brindes, enfin dans la Grèce. Elle était mairie a Skyone en Achaîe, lorsque Antoine vint dans cette outrée, il ne daigna pas lui faire une visite; et elle mourut raa .le Rome 713 (42 avant J.-C.), dans les angoisses dé toute, les mauvaises passions trompées.

Charles Do Rozoir.

rULVIUS, nom d'une illustre famille plébéienne de Rome, ordinaire de Tusculum, qni fournit à la république des consuls et des préteurs, et ae subdivisa par la suite des wps en cinq branches, distinguées entre elle* par les suri de Ftoeau, Kobtlior, Pœlinus, Curvus et Centulu*.

Qumtus Folvujs Fuccus, après avoir obtenu, à deux rfpnies, le consulat, et avoir exercé la censure l'an ast avant J •€., fut pendant deux années de suite, après le désa-tr. de Cannes , chargé de la prétnre. Nommé pour la <"*>esM fois consul, l'an 212 avant J.-C., il battit Hawion en Canipame ; l'année suivante il soumit Capoue, et la punit «.verement de «a défection. Il mourut après a voir ét, p<!ur la qiruneme fou nommé consul, l'an 209 avant J.-C.

Son petit-fils, Aforcta Fclvius Fuccus, nommé consul ian m avant J.-C, ayant proposé d'accorder aux alliés « droits de citoyen, fut envoyé par le sénat dans les Gaules

* I effet de porter secours aux Massiliens, vivement pressés par l^irs voisins, plus tard, il se lia étroitement avec Caïus (iracciuis, et périt avec ses deux fils, en 121.

FUMÉ. On donne ce nom à l'épreuve d'une gravure en bon obtenue an moyen du brunissoir. C'est une sorte de . prtuve d artiste, faite pour s'assurer des résuluts du trarad.

FUMEE. Tous les corps étant chauffés à un degré convenable passent de l'état solide à l'état liquide, ou A l'état

* gai. Les matières qu'on brûle dans les loyers pour obtenir >m «rtam degré de température sont le bois, le charbon végétal ou fossile, la tourbe, etc. Ces matières soumises à ZHZ «P^w^nt presque pas de liquides; elles forment, au contraire, une quantité evtraordinaire de gaz

tZ J *, , ****** de du «omwiatible. Si la combus- *1? , Par'a,te' 00 Bc Terraî* po'ot ce que nous appelons A** s élever et monter au-dessus du foyer, puisque ce çoorant ascendant «e composerait de fluides invisibles corn me qoe nous respirons. La fumée est sensible à nos yeux ) raison qu'il se mêle an courant ascendant des gaz

M LA OONVEM. — T. X.

FtJMETERRg 49

de la vapeur d'eau, des particules du combustible oui cun flimée. en partie, ont acquis assez de légèreté pour* étrê relativement moin, pesantes que l'air qu elles déplacent. Il ne faut pas confondre la vapeur avec \a fumée: celles est toujours composée de plusieurs matières solides et liquides de différentes natures; la vapeur, au contraire, ne contient pasde matière, . l'état solide : la vapeur d eau pure , par temple, «t un gaz imparfait, qui ne contient aucune mauere palpable.

La fumée a de graves inconvénients, surtout dans les graudes eues où Pon brûledu charbon de terre, toit pour l.'s „ï£ uomesuqut s, soit pour le service des

manufacture» dont la loi y autorise I e vistence. Ces inconvénient* ont attiré l attention du parlement anglais, qui a décidé qu'à l'avenir toute, les cheminées de Londres seront pourvues d'appareils f „ m i

> gagner,^ tes particuliers, trouveront même une économie car la fumée est un combustible imparfaitement brûlé.

Au figuré, il n'y a point de fumée sans /eu signifie • il ne court point de bruit qui n'ait quelque fondement. // « pom de /eu sans fumée veut dire : On a bean cacher une passion v ive, elle se manifeste toujours. S'en aller en ftrnce fi applique aux choses qui reproduisent point l'effet attendu • Tous ses projeta s'en vont en fumée, i ; vendeur oW«« £ c'est un homme qui n'a qu'un crédit apparent On diUu«S

E L> , te* fumées de Vorçuni. de

l ambition, pour les mouvements qu'excitent ces liassions /«m* est en outre «,nonvmedeSl!aj«; ta gU eM« Iwnneurs ne sont le plus souvent que de la fumée.

/umée est un terme que les chasseurs emploient pour désigner la dente des bêtes fauves. Tnssi.wu

FUMÉE (Noir de). Voyez Nom

F.UMET» terme de vénerie et de cuisine. On désigne ams, certaine émanation, certaine vapeur particule™ qui s exhale du corps des animaux cru. ou cuits, et uni en fait reconnaître la présence ou la qualité. Tonte substan. e extraite du règne végétal ou animal exhale probablement un fumet plus ou moms caractérisé, mais dont Imperfection dê notre odorat ne noua permet pas de nous apercevoir dans le plus grand nombre des cas. La plupart des animaux tels quelcchicn, par exemple, doué* d'un organe olfactif l'eu coup plus sensible que le notre, perçoivent d'une manière étonnante le fumet les uns des autres ou celui des corps organisés qu'ils peuvent avoir intérêt de rechercher ou de fuir. Cette espèce d'émanation, qui s'exhale du corps de tout être animé, est même un guide beaucoup plus sûr que la vue pour diriger les animaux carnassiers dans la recherche de leurs proies, et pour donner à ces dernières le moyen d échapper a leur ennemi. Billot.

FUMETER1Œ, genre de plantes de la famille des napavéracéea, ayant pour caractères : Un calice de deux nièces et caduc, une corolle composée de quatre pétâtes, irréguhère et comme labiée; aix étamines diadelpliea; un ovaire supérieur surmonté d'un seul style. En général, les tiKes des fumeterres ne s'élèvent pas très-haut, et deux espèce* seulement ont des fleure un peu grandes : l'une est indigène, c'est la fumeterre bulbeuse (Jumoria bulbosa , Linné); l'autre est originaire du cap de Bonne-Espérance. Parmi les indignes, I espèce officinale (Jumoria officinal*, Linné) est 1 a plus commune : on la trouve dans les cultures, les haies etc Ses tiges, grêle* et rameuses , ne s'élèvent toot au plus que de trois décimètres, et les feuilles surcomposées, les fleurs, très-petites et sans éclat, n'attirent point l'attention d'un spectateur qui n'est ni botaniste ni médecin. Le cultivateur voudrait débarrasser ses champs de toutes ces plantes parasites qui usurpent le sol et étouffent dans leur croissance le blé et d'autres céréales utiles ; mais les semences de la fumeterre , comme celles des coquelicots , des Muets , etc., échappent, par leur extrême petitesse, aux opérations de nettoyage des grains. La seule espèce dont on pourrait s'occuper plus qu'on ne l'a fait jusqu'à présent est la fumeterre bulbeuse:

Page 1