GREENWICH
gréer consiste à employer le rooins de moyens possible pour rendre la manoeuvre le plus prompte et le plus facile qu'il se peut faire. Cette partie île l'armement concerne surtout le maître d'équipage. Depuis que la science et l'expérience surtout ont perfectionné tous les arts qui ont rapport à la navigation , on a eu lieu de constater tes progrès qui se sont opérés dans le grée ment des navires. Les gros cordages et les énormes poulies que l'on employait ont fait place à des manœuvres mieux cordées, plus minces et plus fortes réellement que celles qui offraient de plus grandes dimensions. Le pouliage s'est aussi perfectionné, et l'esprit d'innovation a été jusqu'à tenter de remplacer les rouets en gayae, qui entraient dans les caisses des anciennes poulies, par des rouets en porcelaine. Cet essai, qui paraissait d'abord plus étrange que raisonnable, a complètement réussi. Apres les Américains, nos bâtiments du commerce ont introduit l'usage des chaînes en fer et des drosses de même espèce dans le gréernent. On a été jusqu'à substituer ces chaînes en fer à un grand nombre de manoeuvres courantes en cordes , qui en s'usant trop vite exposaient quelquefois, par leur rupture subite , le gréernent à des avaries, dont les manœuvres en métal savent le préserver aujourd'hui.
Malgré la multitude de manœuvres qui entrent dans l'ensemble d'un gréernent complet, il ne faut pas croire que l'habitude de reconnaître tous ces cordages , dont l'aspect v parait présenter tant de contusion à un œil inexercé, soit très-difficile à acquérir. Au bout de quelques semaines, il n'est pas de jeune marin qui, avec un peu de bonne volonté et d'intelligence, ne parvienne à nommer une à une toutes les manœuvres qui existent à bord d'un trois-mâts. L'habitude d'employer les manœuvres courantes pour exécuter les ordres qu'on leur donne familiarise tellement les matelots avec chacune d'elles, que dans la nuit la plus obscure il n'est guère de marin, fût-il même embarqué tout nouvellement à bord d'un navire dont il ne connaît pas le gréernent, qui soit obligé de tâtonner pour saisir le cordage qu'il faut haler ou larguer. Quelque différence qui existe entre le gréernent de deux bâtiments , il y a toujours des usages généraux dans la manière de gréer qui ne permettent pas aux hommes de mer de prendre une manœuvre pour une nuire.
GREENOCK , l'une des villes les plus importantes de lÉcosse, dans le comté de Renfrew , à l'embouchure de la Clyde.qui y offre une largeur de sept kilomètres, est irrégulièrement mais an total bien bâtie, et pourvue de docks spacieux. On y remarque, entre autres beaux édifices, le bâtiment de la douane , et une statue eu marbre élevée en 1838 à James Watt, né en cette ville. Creenock est l'une des stations de la marine militaire employée à la repression de la contrebande. On y compte 36,700 habitants, et on y trouve des raffineries de sucre, des manufactures de savon , de chandelle et de cuir, des fonderies de 1er, des corderies , «les fabriques de chaussure* et d'articles de sellerie, et d'importants chantiers de construction. La pèche et le cabolage s'y font sur une large éclielle, et les armateurs de cette place expédient des navires dans toutes les parties du monde. Des services réguliers de paquebots à vapeur et des chemins de fer la relient aux autres grandes villes de l'Écosse. En 1*45 le port de Greenock possédait 422 na- Tiers à voiles et 8 bâtiments à vapeur, jaugeant ensemble 82,54 1 tonneaux; et depuis cette époque le nombre s'en est encore accru. En (ace de la ville, sur la rive droite de la Clydc, est situé le Iwurg de Hellensbormigh, où l'on va prendre des bains de mer chauds et froids, et plus au nord, dans la presqu'île formée par les deux golfes de Loch-Long et de Loch-Gair, on trouve le village de Rosenealh, avec le beau château moderne du duc d'Argyle.
GREENSTONE. Koyes Diohite.
GREEN WICI1. Quand on remonte la Tamise jusqu'à cinq milles de Londres, dans un brusque détour île la rivière on découvre un magnifique tableau : sur une rive Terdoyante, à la lisière d'un parc, dont les chênes séculaire*
épandent au loin leur* branches et leurs ombrages, s'élèvent des portiques, des colonnes, des constructions monumentales ; à travers les colonnades, l'œil se repose sur une fraîche pelouse, qui conduit en pente douce à une riante colline , dont le sommet e*t couronné par un élégant édifice, tel qu'un temple de l'antiquité. Là tout respire une splendeur royale : c'est qu'en effet là furent jadis les châteaux des hauts et fiers barons de Glocester, puis des palais cbers aux Stuarts quand ils régnaient sur l'Angleterre, chers aussi à la race qui les remplaça, mais que l'intérêt politique fit consacrer à la patrie. Guillaume et Marie transformèrent leur résidence royale de Greenvrich en asile pour les glorieux débris de leurs flottes ; ils en firent un hôpital ou , indépendamment des 14,000 invalides de la marine secourus par l'État dans les diverses localités où ils se sont retirés (out pensioners ) , l'on comptait en 1849 2,710 marins invalides recevant aux frais de l'État le logement, la nourriture et le vêtement, en récompense du sang qu'ils avaient versé pouf le pays.
L'instinct national applaudit à cette fondation populaire; car la marine est la base de la puissance et de la grandeur de l'Angleterre. Au commencement de notre siècle, au milieu delà lutte que soutenait la Grande-Bretague contre le premier empire, Pitt , dont le pouvoir reposait sur la marine, et qui voulait s'étayer de toutes les sympathies nationales, ajouta encore à la munificence publique en consacrant, sous le nom de ïfaval Asllum (Asile naval ), le palais de Marie-Henriette, au bout du parc de Greenviich , pour l'éducation des enfants orphelins des matelots et des soldats de marine. Ainsi se trouve réunis dans le même lieu, sur la grande route da commerce maritime de l'Angleterre, et les souvenirs de sa gloire passée et l'espoir de sa gloire future; ainsi la patrie témoigne de sa sollicitude pour ses défenseurs. Un obélisque y a récemment été élévéà la mémoire du lieutenant français Bellot, mort dans une expédition anglaise à la recherche de Franklin.
Le temple qui domine le coteau est l'Observatoire royal , où Flarnstecd, Halley, Bradley et Maskelyne firent toutes les observations astronomiques qui ont immortalisé leurs noms, et d'où l'astronome et le marin anglais comptent leur premier méridien. Greenvrich est devenu le point central où viennent aboutir les plus chers intérêts des marins anglais. A son administration est remise la caisse des invalides de la marine. Ses revenus ne se composent pas seulement des fonds votés par le budget, ou de la rente de ses terres et des sommes que la générosité des particuliers lui a léguées , il prélève encore chaque mois une retenue de 62 centimes et demi sur la solde de tous les gens de mer, soit du commerce, soit de l'État. Son administration est d'ailleurs très-dispendieuse: un gouverneur, vingt-quatre conseillers choisis parmi les hauts fonctionnaires de la marine, quatre capitaines de vaisseau , huit lieutenants de vaisseau et un trésorier , y sont attachés, avec de fortes rétributions. Mille orphelins liabitent l'Asile naval : deux cents filles y apprennent à lire, à écrire, à tenir les comptes d'un ménage, à tricoter; on enseigne aux garçons à liie, écrire, compter, raccommoder leurs souliers, ramer, manœuvrer un navire ; ils sont au nombre de huit cents. Le but primitifétait d'en faire une école de mousses, uoo pépinière de marins d'élite; les seuls titres à leur admission sont les services bien constatés de leurs |>ères.
Du haut de l'observatoire, la vue embrasse un panorama admirable : Londres et ses édifices, la jolie ville de Greenwich, dont la population est aujourd'hui de 40,000 âmes; la Tamise avec ses mille vaisseaux sans cesse remontant et descendant le fleuve, et toute la vallée qu'elle arrose. Son méridien est à 5" 20' à l'ouest de celui de Paris. Mais ce n'est point à Greenvrich qo'llerschell établit son immense télescope et fit ses brillantes découvertes ; c'est à Siough, petit village dans le comté de Buckingliam.
Thcogènc Pack , •apiuiae de vakwia.
Le célèbre chemin de fer de Londres à Greenvrich relie ces deux villes au moyen d'un gigantesque viaduc com-