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demain. La discussion s'engageait virement sur cette motion , lorsque tout à coupon apprend que la Bastide est prise. Malgré cette terrible défaite, la contre-révolution ne s'avoue point vaincue; etle continue d'intriguer, de circonvenir le roi. Grégoire l'accnse encore le 5 octobre a la tribune.

Enfin , la révolution se développe souveraine. Que ne doit-elle pas au génie héroïque de Grégoire I Dans la déclaration des droits de l'homme, U fart inscrire celle de ses devoirs et le nom de Dieu en té te. Indiquons ici l'émancipation des juifs, celle des nègres et la constitution civile du clergé parmi les travaux de Grégoire à l'Assemblée constituante. Il ne provoque point d'abord la reconnaissance des droits civiques aux nègres qui sont esclaves proprement dits ou la propriété des particuliers : il ne les juge pas encore capables, mais aux nègres qui s'appartiennent et aux mulâtres ou sang mêlé. Il ne t'emporte qu'après une lotte acharnée, qui dure presque deux ans, et dans laquelle il est secondé par les plus énergiques philanthropes ; il dit que rien ne lui a donné une preuve plus douloureuse de la perversité dont l'espèce humaine est susceptible , que la conduite des colons dans cette discussion. Ils ouvrirent une souscription secrète pour le faire assassiner; du moins, le bruit s'en répandit. On le pendit en effigie au Cap et h Jérémie. En adhérant le premier à la constitution civile du clergé, Grégoire déchaîne contre lui des haines, des colères, des vengeances encore plus nombreuses, plus implacables, pins indestructibles. C'est À ce moment qu'il fut élu évéque constitutionnel de Blois.

Les membre* de l'Assemblée c o nstituante ne devant point être réélus pour l'assemblée suivante, pendant celleci , qu'on appelle Législative, Grégoire s'établit dans son diocèse. « Dans un grand nombre de paroisses, dit- il, les fidèles savaient seulement par oui dire qu'ils avaient un évéque. De toutes parts, on vit alors les évéque* constitutionnels parcourir les Itameaux , catéchisant , instruisant , etc. Environ quarante mille personnes, soigneusement disposées par un clergé qui partageait mes principes, reçurent de moi l'imposition des mains. Dans un voyage de dix-huit jours, je prêchai cinquante-deux fois. » En peu de temps il eut dissipé les préventions de ceux qui avaient peine a comprendre que chez lui la ferveur politique n'était qu'un mode d'action de la ferveur chrétienne. Ses Lettres pastorales les eu convainquirent. Grégoire reproduisit à Blois Fénelon a Caïubray.

Nommé A la Convention, il demande et obtient dans la première séance, 21 septembre 1792, l'abolition de la royauté. L'excès de la joie lui ote pendant plusieurs jours l'appétit et le sommeil. On lui a reproché ses violentes sorties contre les rois ; mais, lorsqu'ils étaient coalisés pour étouffer la régénération de la France, était-il possible de faire des théories impartiales de la royauté? Au surplus, il déclare « qu'an certain nombre de ses écrits ont été altéré* par des commis de bureau delà Convention, parce que , trop occupé ponr corriger les épreuves , il leur laissait ce travail ; et, comme plusieurs avaient une tète effervescente et des opinions exagérées, ils y ont intercalé leurs idées. Pendant plus de vingt ans il a ignoré ces falsifications, n'ayant jamais relu les ouvrages où elles se trouvent. » Elles ont un caractère sanguinaire, qu'il désavoue et qu'il condamne. Il s'est tonjours défendu d'avoir voté la mort de Louis XVI. Outre qu'il était contraire a la peine capitale, et qu'il voulait l'effacer de nos lois, il croyait que son caractère de prêtre ne lui permettait pas de la décerner. Lors du jugement de ce prince , il se trouvait avec Jagot , Simon , Hérault de Réel telle, dans la Savoie, pour l'organiser sous le nom de département du Mont-Blanc. Voici la lettre qu'ils adressèrent a la Convention , telle qu'elle fut lue daas ta séance du 20 janvier f7»S et insérée dans le Moniteur du 21. • Nous apprenons par les papiers publics que la Convention doit prononcer demain sur le sort de Louis Capet. Privés do prendre part à vos délibérations, mais instruits par uno letu»re reiicriiie ne* inece> inipurnces, ci par ij t un'wsanm

<|ue chacun de nous avait acquise depuis longtemps dos trahisons non interrompues de ce roi parjure, nous croyons que c'est un devoir pour tous les députés d'annoncer leurs opinions publiquement et que ce serait une lâcheté de profiter de notre éloignemcnt pour nous soustraire a cette obligation, [tous déclarons donc que notre vœu est pour la condamnation de Louis Capet, sans appel au peuple. > La première rédaction de cette lettre par les collègues de Grégoire portait condamnation à mort ; il refusa de la signer. Alors on fit celle qu'on vient de lire, où les deux mots à mort ne se trouvent pas. Ajoutez que les quatre commissaires dans la Savoie furent dénoncés à la société des Jacobins comme s'étant opposés à ce qu'elle appelait la vengeance du peuple, que Faucbet dans son journal cl la Convention dans la liste qu'elle envoya aux municipalités ne mirent point Grégoire parmi les votants à mort, et il sera démontré sans réplique qu'il demeura fidèle à son caractère sacerdotal et à ses principes.

Dans une autre circonstance solennelle, aussi terrible, le

♦7 novembre suivant, lorsque G o b c I, évéque de Paris et une partie de ses vicaires vinrent à la barre do la Convention abdiquer leurs fonctions , l'évêquc de Blois ne faillit point non plus à lui-même. Il était au comité de l'instruction publique, occupé à rédiger un rapport. Il accourt. On se groupe autour de lui, et avec l'accent des Furies ou lui commande de renoncer « aux hochets de la superstition , aux jongleries sacerdotales ». Il s'élance à la tribune: « J'entre ici, répond-il , n'ayant que des notions très-vagues sur ce qui s'est passé avant mon arrivée. On me parle de sacrifices à la patrie, j'y suis habitué. S'agil-il d'attachement à la cause de la liberté? Mes preuves sont faites depuis longtemps. S'agit-il du revenu attaché aux fonctions d'évéque? Je l'abandonne sans regret. S agit-il de religion? Cet article est hors de votre domaine, et vous n'avez pasledroil de l'attaquer. J'entends parler de fanatisme , de superstition... Je les ai toujours combattus: catholique par conviction et par sentiment, prêtre par choix, j'ai été désigné par le peuple pour être évéque, mais ce n'est ni de lui ni de vous, que je tiens ma mission. J'ai consenti a porter le fardeau de l'épiscopat dans un temps où il était entouré d'épines. On m'a tourmenté pour l'accepter, on me tourmente aujourd'hui pour me forcer à une abdication qu'on ne m'arrachera pas. J'invoque la liberté des cultes. >• Les rugissements pour étouffer sa voix commencent aussitôt que les persécuteurs s'aperçoivent qu'il parle en sens opposé à leurs vues, et se prolongent jusqu'à la fin: « Je doute, dit-il, que le pinceau «le Miltoo, accoutumé à peindre les scènes de l'enfer et des démons, pût retracer celle-ci. » Descendu de la tribune à sa place, on s'éloigne de lui comme d'un pestiféré ; s'il tourne la tète, il voit des ligures qui en grinçant les dents dirigentsur lui des regards menaçants, lia déclaré depuis qu'en prononçant ce discours, il crut pronoucer son arrêt de mort. Bravant et le despotisme formidable de l'opinion dominante et la loi de l'assemblée, qui supprimait le costume ecclésiastique, il portait le sien publiquement, et allait tonsuré et en habit violet présider la Convention Avec le courage delà foi, Grégoire en avait la simplicité. Après une présidence de l'Assemblée constituante, il se rendit à l'église des Feuillants, pour remercier Dieu d'avoir soutenu ses forces pendant cette mission difficile; le piètre chargé d'officier se trouvait seul, Grégoire aussitôt se mit a genoux derrière lui , et servit la messe. Cependant il était entré au comité de l'instruction publique. Ce qui d'abord attira son attention, fut l'agriculture. D'un coté, le C'onservatoire des Art* etMétitrt se rattache à l'agriculture par les instruments aratoires; de l'autre, il tient .- l'industrie par les machines. Grégoire fait créer cet établissement. On lui doit le Bureaudes Longitudes, qu'il transporte de l'Angleterre. Il fait des efforts inouii pour sauver les monuments des arts et les bibliotlièques du vandalisme, expression qu'il invente, pour tuer dit il, )« chose, il ravit do nombreux savants à la détresse, à

la prison, souvent peut-être à la mort! Il imagine une

commission pour rassembler les débris des productions de l'esprit humain, dans toute la France. Il met en réquisition tous les gens de lettres qu'il peut déterrer ; dans leur diplôme de commissaires des arts, ils ont un brevet de sécurité. Bientôt il obtient delà Convention 100,000 ecus destines à les encourager. Quelque aveugles que soient oori-

prendre et le respecter.

En 1796 il fallait restaurer l'Église gallicane, dévastée par la persécution. Il semble que Grégoire se soit surpassé. On couçoit à peine qu'un tomme ait pu autant agir, porter, écrire. Nous avons déjà parlé des travaux des évAfttes réunis de l'Église constitutionnelle, et des conciles nationaci dont il fut l'Ame. En IftOO, sur l'invitation du premier consul, il se rendit plusieurs fois à la Malmaison, où ils discutèrent amplement les moyens de pacifier l'Église de France. Bonaparte lui demanda, et Grégoire lui rédige», arec Desbois et Mauriel, plusieurs mémoires sur l'état du clergé constitutionnel et «le l'esprit religieux en France. l'eu de temps après, il lui en remit un autre sur la nécessité «rétablir un conseil pour les matières ecclésiastiques, idée qui fut en partie suivie par la création d'un ministère de» cultes. Grégoire était entré au Conseil des Cinq -Cents. Après le f s brumaire, il devint membre ducorps législati f,quli présida et au nom duquel il porta plusieurs fois la parole devant les consuls, manifestant sans détour ses i républicains et son attachement à la souveraineté du pie. Trois fois ce corps le plaça sur le rang des candidats au sénat conservateur. Sachant qno son caractère episcop.it et sa conduite religieuse étaient mis ea avant pour récarter, il écrivit à Sieyès, président, une lettre pleine de dignité et de noblesse, dans laquelle il se félicite d'avoir donné une démission qui le décharge du fardeau d'un diocèse; mais il déclare que, si cette opération n'était pas consommée, la crainte qu'on l'attribuât à des vues ambitieuses suffirait pour la lui faire ajourner: « J'ai, disait-il, sacrifié à ma religion, à la république, repos, santé, fortune; mais je ne ferai pas le sacrifice de ma conscience. J'ai dit dans un écrit que l'univers n'est pas assex riche pour acheter ni assez puissant pour forcer ma volonté. Je sais souffrir, je ne sais pas m'avilir; je conserverai jusqu'au dernier soupir ma fierté et mon indépendance. > Cette lettre fut remise a Sieyès le 3 nivôse an x (23 décembre 1801), et néanmoins l'élection de Grégoire eut lieu deux jours après.

L'année suivante il fait un voyage en Angleterre, et il se pique d'avoir été le premier évéque qui ait osé paraître ea habit violet dans le parc Saint-James, à Londres, depuis l'expulsion des Stuarts. Un an après il parcourt la Hol lande: reçu avec enthousiasme par les juifs, «mi l'entourent d'hommages, le prient de visiter leurs synagogues, d'assister à leurs cérémonies, il répond que le christianisme lui apprend que tous les hommes sont ses frères; que, quelle que soit la disparité do religion, il doit les aimer, les aider. D'ailleurs, ajoutc-t-il, l'Eglise catholique envisage avec une tendre impatience dans l'avenir le moment qui doit amener sous l'étendard de la croix les restes épars d'Israël. Il entend son nom intercalé dans les strophes hébraïques d'un cantique d'actions «le grâces. A son retour, il vote , avec deux autres, contre l'érection du gouvernement impérial, et combat seul ensuite l'adresse du sénat a Napoléon, an sujet du rétablissement des titres nobiliaires. I, ors du divorce, il réclama vainement la parole pour protester . En 181 4 il se prononce pour la déchéance de Napoléon. Lorsque le sénat a décrète le rappel des Bourbons , sous la condition qu'ils accepteront une constitution , il publie une brochure vigoureuse intitulée : De la Constitution française de 1314, dont en peu de temps il se fait quatre éditions. Non compris «Uns la paille des Bourbons, ni dans celle de Bonaparte , (tendant les cent jours , il se voit exclu par le ministre Vanblanc do l'insulut même, dont il avait été un

les plus utile*. En 181» 1 1.

GRÉGOIRE - &ère l'envoie à la chambre des députes. Cette étecUoo excite coatre lui un effroyable orage de passions contrerévolutionnaires, fcllc est annulée, par une application forcée de la toi, qui oblige de choisir la moitié des députes au moins parmi les éligihles du département. Comme on prescrit le renouvellement des brevets de la Légion d'Honneur, Grégoire se démet du titre de commandeur en 1822. Depuis lors il vécut dans la retraite. Les germes d'une maladie, quHI paralysait depuis longtemps par l'énergie de son âme, se développent en 1831, et il succombe le 28 mai, À Paris.

Une correspondance s'était engagée entre lui et l'archevêque de Paria, Quélcn, qui menaçait de lui refuser les honneurs de la sépulture s'il ne condamnait point la constitution civile du clergé. L'évêque de Dlois avait résisté avec l'inébranlable fermeté qui lui était naturelle. L'abbé Baradère, mort à Haïti, lui administra le viatique ; l'abbé Guillon, depuis évéque de Maroc , professeur à la Sorbonne , l'extrémc-onction. Celui-ci eut la faiblesse de rétracter plus tard cet acte de charité. Le gouvernement fit ouvrir les portes de l'Abbaye-aux-Bois , paroisse de Grégoire : le clergé qui la desservait s'était retiré. L'abbé Gricu, proscrit dans son diocèse sous la Restauration pour avoir baptisé un enfant dont Manuel était le parrain, célébra l'oflice. Au sortir de l'église, des jeunes gens dételèrent le char funèbre, elle traînèrent à bras jusqu'au cimetière de Mont-Parnasse ; plus de vingt mille personnes l'accompagnaient.

Cinq à six colonnes suffiraient à peine pour donner la liste des ouvrages de Grégoire. Hormis l'Essai sur les Juifs, il n'avait produit que de simples brochures, ou des discours, jusqu'au concordat. A cette époque, étant sorti des fonctions publiques presque entièrement, il se livra pendant les trente dernières années de sa vie à la composition d'ouvrages considérables , tels, par exemple, que VEssai historique sur les libertés de l'Église gallicane, et 17/iitoire des Sectes religieuses. M. Hippolyte Canot a publié les Mémoire» de Grégoire, avec un travail étendu et plein d'intérêt sur l'ancien évéque do Btois ( 2 vol. in-a» ; Paris,

1*40). BORnAS-DEMOULI*.

Nous ne demandons pas mieux que de nous associer a l'hommage rendu aux vertus privées de l'ancien évoque de Ulois par un écrivain sincère et convaincu, qui toujours défendit les membres du clergé constitutionnel contre les attaques haineuses de leurs adversaires. Mais notre impartialité ne nous permet pas de taire que le caractère de l'homme public dans Grégoire a été l'objet des pins graves inculpations. Tout en sachant faire la part des entraînements généreux de l'époque où eut lieu la régénération de la France, nous ne pouvons nous dissimuler que le zèle révolutionnaire de Grégoire dépassa souvent toutes limites, et fournit un argument puissant a l'opinion qui veut que partout et toujours le prêtre reste étranger aux lutlcs de la publique. Nons n'admirons pas plus Grégoire présidant la Convention en coutume violet d'évéque, que nous n'avons admiré en 1848 le père Lacordaire siégeant dans l'Assemblée nationale en costume de génovéfain. Nous lui savons médiocrement gré aussi d'avoir osé exhiber en 1801 son habit violet dans Saint-Jama's Paris, où depuis les Stnarta on n'avait pas vu se promener d'évéque calholiquj* C'était là bien moins un acte de courage qu'une démonstration puérile et au fond assez peu chrétienne, puisqu'elle semblait narguer les nombreux prélals «le l'ancienne Église de France, qui vivaient alors dans la misère à Londres, après avoir élé proscrits par suite de leur refus de serment à la constitution civile du clergé. 11 nous est très-difficile de concilier l'austère républicanisme de Grégoire avec l'acceptation du titre de comte de l'empire, de la dignité de sénateur et de la décoration de cornmandeur de la légion d'Honneur. Sans dotrtc, en avril 1 8 1 \ , il se hata d'adliérer avec tous ses collègues du sénat à te dcchéance du tyran ; mats, comme eux aussi, il cul soin de Taire attacher a cet acte de cinsme une pension de 30,000 francs,

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qui fut toujours très-régulièrement servie par le gouvernement de la Restauration et par celui de Juillet. Or, il n'y .eut point, que nous sachions, d'exception faite en faveur de Grégoire. Quant à l'évêque, au confesseur énergique do la foi en JésuvCbrist, nous n'ajouterons qu'un mot : c'est qu'il est triste de penser qu'il ait choisi pour exécuteur testamentaire un sectateur de Saint-Simon. On appellera encore cela une preuve de tolérance évangélique : nous n'y pouvons voir qu'un manque de convenance. GRÉGOIRE DE SAINT-VINCENT. Voyez Sawt-

VWCKNT.

GRÉGORIEN (Calendrier). V oyet Cmkndukr.

GRÉGORIEN (Chant, Rit). On a donné le nom do grégorien m chant et an ri t du culte catholique réglés parle pape saint Grégoire le Grand. Saint Gélasc avait avant lui réuni les prières eon serrées par la tradition des fidèles dans un Sacramentaire qui porte son nom. Grégoire réunit ces prières dans un meilleur ordre, précisa les cérémonies du culte, et composa ainsi un sacramentaire, qui a également gardé son nom. Il fit d'ailleurs peu de changements dans la liturgie, abrégeant surtout celle de 3aint Gélase. Toutes les églises n'adoptèrent pas cependant ce cérémonial. L'église de Milan conserva le ritambrosien, l'Église d'Espagne resta altacltée à la h'turgie retouchée par saint Isidore de Séville, à laquelle on a depuis donné le nom de moiarabique , et l'Église gallicane, qui garda son ancien office jusqu'à Charlemagne, présente encore quelques différences avec Rome dans les rituels de quelques diocèses, malgré tous les efforts tentés pour les faire disparaître.

Ce que saint Grégoire avait fait pour le rit, il le fit aussi pour le chant : il le simplifia, et le rattacha au système musical des Grecs. Le chant grégorien a été préféré ou substitué dans la plupart des églises au chant ambrosien, dans lequel la constitution des tons est bien la même, mais qui a un rhythme que n'a pas le chant grégorien. Pour per|ietuer l'usage de ce chant , saint Grégoire établit à Rome une école de chantres ; et quelques-uns de ces chantres, venus en Angleterre avec le moine Augustin, propagèrent le chant grégorien dans les Gaules {voyez, Plam-Craxt).

GRÉGORIEN (Code). royesCoi*.

GREGORY (Jases), célèbre mathématicien, naquit en 1638, à New-Aberdecn, en Écossc.iot en 1670 fut nommé professeur an collège de Saint-Andrews à Édimbourg, où il mourut, en 167&, à trente-sept ans. Peu de jours auparavant, au moment où, a l'aide d'un télescotie , il était occupé à montrer à quelques élèves les satellites de Jupiter, il fut tout à coup frappé de cécité ; et cet accident fut le précurseur de la maladie a laquelle il ne devait pas tarder à succomber. Pendant un voyage en Italie, il s'était assez longtemps arrêté à Padoue, dont l'université était alors en grande réputation pour l'enseignement des sciences matliématiques. Il y publia, en 1607, Vera circuli et hyperbolx Quadratura, ouvrage réimprimé l'année suivante à Venise , et où il entreprit do prouver Pim|>ossibilité de la quadrature du ce rc le. A cette édition se trouve jointe Geometrix Pars universalis, inser* viens quant itntum cttrvarwn transmutation» et men sur.r, traitédans lequel était poor la première fois exposée une méthode pour la transformation des courbes. Ces ouvrages le mirent en correspondance avec les plus grands mathématiciens de son siècle, Newton, Huyghena, Wallis, etc., et lui valurent son adndssion au sein de la Société royale. En 1668 notre auteur publia à Londres un ouvrage qui contribua à étendre encore davaidage sa réputation : Exercitationes géométrie* , traité où le premier il exposa les séries infinies qui expriment le sinus, la Ungenle et la sécante, en fonctions de l'arc, cl vice versa. La théorie de l'optique doit beaucoup à son Optica promota (Londres, 1663). Gregory devança Newton dans l'invention du télescope à réflexion.

Son neveu, David Gmxom , né à Abcrdcen, eu 1661, mort à Oxrord, en 1708, est connu par ses Caioptricx et dioptricx sphericx Elementa (Oxford 169* ).

OR EGOR Y (John), petit-fil» de James, physicien et médecin distingué, né en 1724, à Aberdeen, étudia la médecin? à Edimbourg, à Leyde et à Paris, fit ensuite à Aberdeen de* cours de mathématiques, de physique expérimentale et de morale , puis y renonça pour se vouer exclusivement a la pratique de la médecine. Il se rendit à Londres, où on le nomma bientôt professeur de médecine- En 1766 il accepta des fonctions analogues à Edimbourg, où il mourut en 1773. Se1* principaux ouvrages sont : A comparative View oj (he State and t'aculties of Man teith those oj tfie animal irortil i 17«4) ; On the Du fies and Offices a/ a Physician ( 1760). Après sa mort, parut son célèbre ouvrage •. A Fatlier's Legacy to his Daughters, qui a eu depois de si nombreuse* éditions.

Voyez Bjuies.

GREH'SWALD, petite ville de l'arrondissement de Stralsund (Prusse), bâtie sur le Rick, qui y est navigable et qui va se jeter un myriamètre plus loin dans la Baltique, est le siège d'une cour d'appel et d'une université fréquentée, année commune, parenvirou 200 étudiants, et possédant une bibliothèque de plus de 30,000 volumes. Sa population eut de 12,ooo âmes. Le port, situé à l'embouchure du Kick et appelé Wick, compte une cinquantaine de bâtiments employés surtout à transporter en Angleterre, en Hollande et en France les grains de la Poméranie.

GHEITZ (Principauté de). Elle appartient aujourd'hui â une branche de la maison de Reusx, qui en prend le nom , et occupe une superficie d'environ 4 myriamètres carrés, avec 3fi,O00 habitants, dont l'élève du bétail, la sil • viculture et l'industrie manufacturière constituent les principales ressources. Son chef-lieu est la jolie pctile ville du même nom , bâtie dans une situation ravissante sur l'Elster Blanc, et dont la population est de 7,000 habitants. On y remarque le c hâteau des princes de Reuss-Grettz , entouré d'un beau parc; un hôtel de ville construit en I8il, dans le stvlc politique, un collège , un séminaire, etc.

GHELK. Les causes qui président h la formation delà grêle ont fait depuis longtemps lu sujet de nombreuses discussions entre les physiciens de chaque époque, et cependant rien n'est encore venu éclairer d'une manière certaine l'obscurité qui règne dans cette partie de la météorologie. Ce n'est pas que plusieurs théories plus ou moins satisfaisantes n'aient été proposées comme solution du problème; mais il n'y en a aucune qui ne laisse encore quelque inconnue a éliminer. On avait pensé qu'un refroidissement subit, accompagnant l'evaporation dans une goutte de pluie , produisait un abaissement de température assez considérable pour amener sa congélation : ainsi solidifiée, cette goutte prenait de l'accroissement en traversant les couches atmosphérique?. Celte explication, quelque vraisemblable qu'elle parais- e, n'a été adoptée qu'en partie par les physiciens. On ne pouvait admettre que le froid que possèdent des gonfles d'eau congelée soit suffisant pour augmenter leur volume d'une manière considérable, dans leur seul trajet du sein »'e l'atmosphère sur le sol. Vnlta à son tour tenta de donner une explication de cet accroissement des gréions en faisant jouer â l'électricité le premier rôle dans la production des phénomènes. Après avoir adopté l'opinion de Guyton-Morveau sur la formation de la grêle, c'est-à-dire la congélation des gouttes par suite île l'évaporation plus ou mains rapide d'une portion de l'eau qui enveloppe les vésicules qui constituent les nuages, ce célèbre physicien supposa que si deux nuages électrUés diversement venaient a se placer l'un sur l'autre , ils tendaient à s'attirer mutuellement, et qu'alors les petits grêlons qui s'y trouvaient constitués par suite d'un refroidissement subit y éprouvaient deux effets : d'abord, qu'ils se couvraient d'une nouvelle couche déglace, par suite de leur action frigorifique sur le nuage inférieur, et que l'action du fluide électrique leur faisait exécuter un mouvement de va-et-vient du nuage supérieur au nuage Inférieur, qui contribuait à augmenter leur volume. Ce mouvement de va-et-vient continue jusqu'à ce que le vent,

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