GRÉSIL
l lorsqu'ils ne travaillent pas en plein air. Pour se {garantir
de se* pernicieux effets, les ouvriers eipériroentés se pU cent de façon qu'un courant d'air la chasse devant eux.
Tavaseona.
GHÈS. On diwine ce nom à des poteries que Brungniart a appelées gris cérames , et que l'on dislingue en gris communs et grès fins.
La poterie de grès commun doit Ce nom de grès a sa dureté et a la finesse du grain de sa cassure , qui l'ont fait comparer au grés des minéralogistes. Ou en fabrique des pots , des bouteilles, des cruches, des fontaines . de< jarres, et généralement des ustensUes qui ne sont pas destinés s aller au feu. 11 y a des grès bruns, jaunâtres , grie ; qu'oa leur applique ou non une couverte, ils sont toujours terminés d'une seule cuisson , mais tres-forte et durant longtemps. Dans le cas où on les vernit, les procèdes peuvent varier : le plus simple consiste à projeter dans le hwr, vers la fin de la cuisson, du sel marin, qui opère a la surù< • des pièces une vitrification qui les recouvre. Les fuels et autres dessins bleus qui ornent quelques grès, pnncifvi!» ment en Allemagne , s'obtiennent à l'aide du cobalt. Les grès non vernissés et poreux servent a faire les al carat a s.
Les grès fins, qui imitent les poteries antique*, et sur tout les vases étrusques, ne diffèrent guère des pcécé» le nique par leur pâte, plus fine et plus soignée. On en fabriqet au japon , en Chine, en Allemagne, en France et en An gleterre
GRE8HAM (Sir Thomas), qui construisit à se* ft alla bourse de Londres, était le fils cadet de Richard Greaii&n>. négociant distingué, et naquit a Londres, en 151 a. Kleve a Cambridge, il apprit lo commerce sous la direction de son frère, et ne tarda pas à acquérir une tartane considérât* par ses spéculations, aussi hardies que bien combinées. Il rendit aux reines Marie et Elisabeth les mentes services, en fait d'argent et d'opérations de banque, que son père avait pu rendre à Henri VIII. Grâce à ses efforts, le fléau de l'usure disparut de la place Londres, et les emprunts auxquels la couronne se trouva obligée d'avoir recours furent dès lors contractés dans le pays même. La reine Elisabeth, qui l'estimait particulièrement et qui le consultait souvent en matières de politique, lui conféra le titre de marchand rogat, et en 1559 le créa baronnet, Dans sa maison, où régnait m luxe tout princier, il recevait souvent les personnages les plus distingués de la cour. Comme monument de sa richesse et de sa générosité, il fit construire à ses frais, en 1 556, la Bourse de Londres. On ne sait pas au juste quand c*' édifice fut achevé; mais le 23 janvier 1670 la reine dlaa cii ex sir Thomas Gresham, puis, â sa sortie de table , eue alla visiter le nouvel édifice, et le fit proclamer, au brait des trompettes, Bourse royale. Dès l'année 1666 un violent incendie réduisait cette Bourse en cendres. Un nouvel édiiice, construit dans de plus larges proportions, mais sur ie mètreplan, pour la remplacer, a également été détruit par un incendie le 10 janvier 1838. Gresham mourut le 11 novembre 1579, ne laissant d'antre héritier qu'une fille naturelle.
Aux teimes de son testament, sa maison fut transformer en un collège, qui porte encore aujourd'hui son nom. Chacun des sept professeurs attachés à cet établissement devait avoir, outre le logement gratuit, un traitement annm-i de 50 livres sterling prélevé sur les produits du local de la Bourse. Au dix-septième siècle , ce collège, qui possédait des professeurs distingués en tous genres était très- fréquente ; mais au siècle suivant l'institution tomba en deca<tenee En 1768 ie gouvernement acheta la maison de Gresbam . qui ne convenait plus pour l'usage indiqué par le testateur, et transporta le collège de Gresham a la Bourse même. Le> professeurs rirent élever par la même occasion leur traitement de 50 a 106 livres sterling, et en vertu d'un acte spécial du parlement obtinrent la permission de se marier.
<>HKSIL. Sur le sommet des hautes montagnes , même
GRESIL — GRETNA-GREEN
de mars et d'avril, il tombe une espèce de grêle dont les grains ont la grosseur de ceux de chenevis : c'est ce phénomène que nous appelons grésil. Le grésil dillère de la grêle par sa grosseur et m con texture. Quand on examine un grêlon attentivement, on obseive que son centre est Occupé par un globule de glace spongieuse, autour duquel s'est lormtie une enveloppe plus ou moins épaisse de glace dure et transparente. Le grésH , au contraire , présente un globule dépourvu «le transparence : on dirait un (locou de neige comprimé; quelquefois, néanmoins, le grain est couvert d'une couche mince de glace transparente. Pourquoi ne tombe-t-il pas du grésil en été? Comment se forme le grésil ? C'est ce qu'on ignore complètement. Nous croyons donc qu'il serait tout à fait inutile de rapporter ici les opinions que divers savants ont émises sur ce phénomène.
GftÉSlVAUDAN. Voyez Gbaimvauoak.
fcRESSET( Jean-Baptiste), l'un de nos poètes les plus ttr.icieux et les plus spirituels, naquit en 1709, à Amiens, où son père exerçait les fonctions d'écbevin , et mourut le 10 juin 1777. Il lit ses premières études dans sa ville natale, cite/, les jésuites, et alla les terminer à Paris, au collège Louis le Grand. C'est à l'âge de vingt-quatre ans qu'il composa Vert-Vert, ce chef d'oeuvre de grâce, de finesses et d'esprit. Comme il portail encore l'habit de jésuite, Gresset ne confia son poème qu'à un petit nombre d'amis; mais il était impossible que le secret fût fidèlement gardé sur une production aussi originale : des copies manuscrites coururent dans imit Paris ^ ce joli poème fut l'objet de l'entretien général à la cour et à la ville, et bientôt on l'imprima à I insu de l'auteur. Le poème de Gresset fut tout un événement dans le monde littéraire : chacun voulut connaître le nom de cette muse piquante et facile , qui brodait sur le canevas le plus léger tant de choses brillantes, les mieux relevées, et du meilleur goût. J.-B. Rousseau, dans sa correspondance, appelle Vert Vert un phénomène littéraire. Ou fut bien surpris d'apprendre que ce phénomène était sorti de la plume d'un jeune jésuite habitant la mansarde d'un collège, où il donnait des répétitions. Cela sentait si peu la poussière et le |>édantisme de collège! Gresset continua ses débuts brillants par différentes productions, qui le maintinrent à ta hauteur où l'avait placé l'opinion publique : Le Carême impromptu , Le Lutrin vivant , La Ombres et La Chartreuse , que Rousseau préfera ensuite à Vert-Vert, révélèrent un poète tout à fait nouveau, original , éloigné de toute imitation, et ne consultant que sa verve. Le succès de Vert- Vert fut si grand, qu'il valut à son auteur nne sorte de dis* grâce. La sœur d'un ministre, qui était supérieure d'une des maisons de la Visitation , ne pardonna pas à Gresset d'avoir tourné en plaisanterie les mœurs des couvents ■ elle porta plainte contre lui, et par suite Gresset, qui professait les humanité} à Tours, fut transféré à la Flèche. La il s'essaya à traduire les Égloçues de Virgile; mais ce travail ne lui réussit pas : « Celte traduction, dit La Harpe, n'est proprement que l'étude d'un commençant, qui annonce de la facilité et de l'oreille : c'est une parapltase négligée et languissante. .
bntin, fatigué de sa vie de collège, Gresset jeta le froc aux orties, et revint à Paris : il avait alors vingt-six ans. L'accueil empressé qu'il y reçut l'encouragea à se livrer à des travaux plus sérieux : il aborda la tragédie. On peut dire qu'il éclxtua complètement dans cette tentative : sa tragédie iVÉdouurd lit , qu'il fit représenter en 1740, n'eut aucun succès. Il n'y a ni intérêt ni vraisemblance , ui entente de la scène. Sgdney , autre tragédie, jouée en 174* , quoique écrite d'un style égal , ne put se soutenir au théâtre. Le talent gracieux et fini de Gresset s'accommodait mal des exigences dramatiques de la tragédie, et en général de toute poésie d'un genre élevé qui demande de la noblesse et delà grandeur : aussi ses odes sont très-elles- tables. Mais il prit glorieusement sa revanche dans la comédie. Le Méchant est aani contredit l'une des meilleures pièces comiques du se-
cond ordre que nous ayons; et Voltaire, qui lui reproche de n'être pas
Des maart du temps an portrait véritable,
n'a rien dans son théâtre qui approche du Méchant. Les caractères de cette comédie sont empreints de vérité; le style en est toujours égal, choisi et élégant; un grand nombre de vers sont passés en proverbe : on prétend qu'il en emprunta les traits les plus saillants à la Société du Cabinet vert, que présidait M™* de Forcalquier. Ici s'arrête sa carrière glorieuse ; si» autres productions n'ont ui l'éclat, ni la verve, ni l'intérêt de celles que nous venons de citer.
Gresset fut reçu à l'Académie Française en 1748 ; mais quelques années après il quitta Paris pour aller se fixer à Amiens, sa ville natale, où il fonda, avec la permission du roi, une académie dont il fut élu président. Bientôt ses idées tournèrent à la dévotion : il rétracta lui-même ses ouvrages dans une lettre rendue publique, où il traitait la poésie d'art dangereux. La bile de Voltaire s'en émut violemment : dans son intolérance philosophique, il poursuivit Gresset de ses sarcasmes et de ses injures , lui refusant toute espèce de la- :
< t, doué du double privilège
D'être au collrge un bel eaprit mondain, Et daui le
Il écrivit que LaChartreuse el Vert'Verl étaient des ouvrages tombés ; enfin, il s'oublia jusqu'à écrire : « Et ce polisson de Gresset, qu'en dirons-nous? Quel fat orgueilleux ! Quel plat fanatique! » Cette conduite de Voltaire fut peu généreuse Gresset avait été l'un dfes admirateurs les plus chauds de son talent; il avait même pris souvent sa défense, notamment à propos d\4/3lre.
Dans sa retraite , Gresset ne produisit plus rim digne «le lui : ses poèmes du Gasetin èt du Parrain magnifique ne peuvent faire sonpçonner l'auteur de Vert- Vert, et lediscours qu'il prononça en 1774 à l'Académie, comme directeur, lors de la réception de Stiard , est sans contredit l'un des plus plats que le docte corps ait Jamais entendus. Sur la fin de ses jours, il fut comblé des faveurs de la cour : Louis XVI lui envoya des lettres de noblesse, et Monsieur, depuis Louis XVIII, lui donna la place d'historiographe de l'ordre de Saint- Lazare. Une statue en marbre lui a été élevée à Amiens, eu 1851. Jo-.cii.RES.
6RETNA-«REEî«J, hameau du comté de Dumlries, en Ecosse, qui, par snite de son voisinage de la frontière d'Angleterre, est devenu le refuge de tous ceux qui veulent contracter mariage sans le consentement préalable de leurs parents on tuteurs. L'ancien droit canonique continue toujours à être en vigueur en Ecosse. D'après les dispositions de ce droit, toute déclaration de mariage de deux individus faite en présence d'un prêtre, d'un juge de paix, d'un notaire ou antres témoins honorables , est considérée comme un mariage accompli, punissable, il est vrai, d'une longue détention , aux termes de la loi, lorsqu'il n'est pas suivi de dispenses , mais qui fi'en demeure pas moins indissoluble.
e, sons le règne de Georges II, cette loi cessa détra valable en Angleterre, tous ceux qui voulaient sans te consentement iè leurs parents contracter une union consacrée en quelque sortè par la loi, se rendirent en Écosse et plus particulièrement à Gretha-Crecn, ou plutôt à la paroisse de Sprinqfield, dont dépend ce hameau, attendu qu'en Angleterre on considère comme valable tout mariage contracté à l'étranger suivait! les lois du pays. Le hasard ayant vuulu que I* juge de pal* de èct endroit, par-devant lequel eurent Heu à ce moment la plupart de ces déclarations «le mariage impromptu, cterçât la profession de maréchal ferrant, l'opinion s'est généralement accréditée , mais à tort, que le maréchal-ferfant de Grelna-fîrceh avait lè priulége de rendre légales r» tmlon* clandestines. L'nn de ces Juges de paix , abusivement qualifiés de fbrgerons, mourut en 18 iit, laissant une fortune considérable. 11 se faisait payer de 10 a 20 guinées par mariage, selon les moyens des époux. Les dé-
no
GRETNA-GREEN — GHEUZE
elarations de mariage avaient souvent lieu aussi devant le curé deSpringfield, lequel, pour bâcler le mariage le plat vite possible, lisait les prières ecclésiastiques dans l'auberge même de l'endroit. A l'époque du règne de Charles II, dont nous parlons, ce curé s'appelait David Laing , et ce fut son fils qui lui succéda dans sa cure. Jusqu'en 1833 plusieurs centaines de mariages étaient contractés ainsi chaque année; nuis par suite d'une loi intervenue à cette date, et qui punit les mariages clandestins, le nombre des mariages célébrés à Gretna-Green ne va plus guère qu'à cent, bon an mal. m.
[ Gretna-Green est le premier hameau qui se présente sur la frontière d'Ecosse, quand on suit la route de Londres a Edimbourg. Il ne se compose que de quelques maisons et n'a qu'une seule auberge, devant laquelle s'étend une petite pelouse verte, d'où le hameau a sans doute tiré Pépithète qui termine son nom. Springjield, au contraire, est un joli village, composé d'nne quarantaine de maisons, toutes proprement bâties et couvertes en ardoises. Quoique placé a une très-petite distance de la route , ce village ne saurait être aperçu du voyageur : un rideau d'arbres assez épais en dérobe la vue, comme si l'on eût voulu soustraire aux recherches des parents alarmés le lieu où leur présence pût prévenir la formation de ncruds réprouvés par lears préjugés ou leur tendresse. On arrive èSpringfield par un chemin fort raboteux. A rentrée de la rue principale s'offre une mauvaise auberge : c'est la le temple de l'hymen. On y entre; on est introduit dans une chambre presque nue, oh il n'existe pour tout ameublement que deux chaises en bois blanc, deux tables et un vieux tapis : c'est là le sanctuaire, c'est là l'autel. \a mise toute laïque du prêtre de ce temple est, par sa vétusté , en parfaite harmonie avec la pauvreté du lieu. Les amants qui sont venus pour réclamer son ministère se \ présentent k lui ; il leur demande si leur intention est de se j prendre pour époux, et sur leur réponse affirmative, il les marie par une cérémonie très-courte. Cela fait, H les invite ! à déclarer hautement , chacun k leur tour, en présence des I témoins, qu'ils sont l'époux l'un de l'autre, et le mariage ; est accompli. Mais si le mariage est accompli, il n'est point ' consommé; et comme le censée rateor croit de son devoir de rendre l'union aussi complète, aussi intime, aussi réelle que iiossible, afin de pouvoir certifier et jurer au besoin qu'elle est irrévocable, il conduit les deux époux au fond de la chambre, et fait jouer un ressort qui ouvre une porte secrète, jusque là invisible, par laquelle ils entrent avec lui
dans une autre pièce : cette pièceestla chambre nuptiale
Au bout d'un certain temps, ils sortent tous trois de ce secret réduit.
' Dans ces espèces de mariages, les trois témoins sont or* dinairement le prêtre, la maîtresse de l'auberge et le postillon de la chaise de poste qui a amené les deux amants : ce dernier, par la place qu'il a occupée près du couple dorant tout le voyage , étant plus apte que tout autre à attester qu'aucune violence ni menace n'a été employée pour contraindre la demoiselle au mariage. La seule présence des trois témoins rend valables les unions ainsi contractées , parce que les lois écossaises n'exigent pour la validité d'un contrat qu'on nombre suffisant de témoins. De retour en Angleterre, les couples anglais unis à Springfield consacrent ordinairement de nouveau leur union par un mariage en forme. En France, cette formalité n'est même pas nécessaire lorsque le mariage y a été précédé des publications exigées par la loi civile , notre loi reconnaissant comme valables les mariages contractés en pays étranger lorsqu'ils ont été célébrés suivant les formes usitées dans ce pays.
Des noms célèbres figurent sur le registre de Gretna- Green. Nous citerons entre autres ceux de lord Erskine et de lord Kldon, anciens présidents de la chambre des lords; de Shéridan, du comte Westmoreland , de l'honorable Charles Law, fllsde lord Ellenborough ; désir Thomas Letfabridge et de John Lethbridge, son fils, jaloux dans cette circonstance de marcher sur les traces de son père; de Charles- Ferdinand de Bourbon, prince de Capooe, fils de |
François V, roi des Deux-SIciles, marié, le 7 mai 1836, à Pénélope-Caroline Smith, tille de feu Smith , de Ballynatray. dans le comté de Waterford en Irlande; enfin , à la date do & novembre 1845, les- noms du capitaine de hussards
I bbetson et de lady Adela Villiers , fille du comte de Jervrj et sepurde la princesse Esterhazy. Paul Tbt.]
GRÉTRY ( AniwtVEaHEST- Modeste), né à Liège, le 11 février 1741, de parents pauvres et obscurs , chez lesquels la profession de musicien était héréditaire, fut placé en qntlité d'enfant de chœur à Saint-Denys. « Je demandai à Dieu, dit-il, qu'il me fit mourir le jour de ma première communion si je ne devais être honnête homme et bon musicien. > Le ciel entendit la naïve prière de cet enfant. Grétry st rendit aussi estimable par «os qualités privées et sa conduit* morale que digne d'admiration par ses talents et son génie. Aussi sa carrière fut belle I Picdnni l'applaudit à Rome, Voltaire accueillit sa jeunesse, prédit sa gloire, et voulut faire pour lui des opéras-comiques; J.-J. Rousseau COp!» sa musique, Arnaud et Suard protégèrent son début , Marmontel le. produisit sur la scène, Grimm et La Harpe t'ap pelaient le premier des compositeurs dramatiques. En effet, sll n'a pas travaillé dans le genre le plus difficile et le pU» noble, si sa musique n'est pas aussi énergique, aussi savant*1 que celle de bien d'antres compositeurs , s'il n'a pas appafc à son secours l'artillerie de l'orchestre, quelle tnusi^ix est plus vraie, dit plus juste les paroles suivant four déclamation naturelle, est plus fraîche, plus spirituelle , ptai variée et plus chantante ? Onlui reprochait des fautes cfharmonie : ■ Je sais que j'en fais quelquefois, répoodaàt-1; mais je veux les faire. » Revenu d'Italie , il apporta ro France ce goût de mélodie simple et pore dont Philidor. Du ni et Monsigni semblaient seuls y avoir eu la secret U Uuron commença sa réputation, et une foule de charmants ouvrages , qui se succédèrent avec rapidité, l'établirent chaque jour sur des fondements plus solides. Luolr. Le Tableau parlant, Silvain, Les Deux Avares, Zinurt et Asor, La Fausse Magie, Le Jugement de Miàas, rimant jaloux, Richard Cœur de Lion , L'Épreuve villageoise, La Caravane, Panurge, charmeront toujours le» oreilles musicales, en offrant en même temps des sujets d'etnde aux compositeurs assez cléments pour convenir ose dans un opéra le poème est quelque chose et a même le droit de commander la musique. Au rente, la théorie dr Grétry a été exposée par lui dans un ouvrage où il raconte sa vie avec candeur, avec bonhomie, et on il apprécie ses ouvrages avec autant de tinesse que de franchise. Mai* quand il vise à la philosophie, la lecture de ses Essais devient ennuyeuse et pénible, ce qui doit nous faire moins regretter les Réflexions d'un Solitaire, dont il avait achev* le sixième volume peu de temps avant de fermer les yeux.
II mourut le 24 septembre 1813, à Montmorency, oh U avait acheté la petite maison qu'avait longtemps avant loi habitée J.-J. Rousseau, et à laquelle e*t resté dans le pays le nom d'Ermitage. Il avait lègue son cœur à sa ville natale. Le mari d'une de ses nièces refusa de céder ce legs : il y eut a cette occasion un procès qui ne se termina qu'en 1838, et ou les magistrats de Liège ne furent pas toujours traites avec impartialité par leur adversaire. Enfin , ils se justifièrent d'une manière éclatante, et un monument confié au ciseau du sculpteur GeeTs a payé au grand musicien qui n'est plus la dette de ses compatriotes. I)i Reiffkahkrc.
GREUZE ( J &AN-BArnsTB ), peintre français , né à Tournus, vers 1725. Ce délicieux peintre de genre laissa deviner de bonne heure le penchant irrésistible qui l'entraînait vers son art. Aussi n'était-ce que discussions perpétuelles avec son père, qui avait juré de taire de lui un bon commerçant Tout fut mis en usage pour le faire renoncer à se* projet» d'avenir; rien ne put dompter ce caractère opiniâtre et déterminé. Son père, lassé de combattre un parti pris, le confia, fort jeune encore, à un nommé Grandoo , peintre de portraits , qui allait à Lyon , et qui plus tard , partant pow Paris , oe manqua pas d'emmener son élève , qui annonçait
déjà les plus heureuses dispositions. Ce fui après quelques années d'études dans cette capitale qu'il su fit connaître par sa première œuvre : Le Père de famille expliquant la Bible à ses enfants , tableau qui pouvait à lui seul faire une réputation. 11 fut suivi d'un grand nombre d'autres, parmi lesquels nous nous contenterons de citer : La Mère bien aimée, Le Retour du Fils ingrat, Le Mauvais l'ère, La JMimc de charité, Le Père paralytique, Le Gâteau des Rois, La petite Fille au chien, La jeune Fille qui pleure son oiseau mort, L'Enfant au capucin, Sainte Marie Egyptienne, et au-dessus de tous, L'Accordée de village, suave composition que la gravure a reproduite à l'infini.
G renie alla en Italie étudier les sublimes peintures de l'ancienne reine du monde. 11 voulait composer à son tour de grands tableaux d'Iùstoire. Il ne lui suffisait pas d'exciter les douces émotions de la foule , il voulait encore commander à son admiration. H échoua, et donna prise a la médisance de ses nombreux ennemis. L'Académie de Peinture, reconnaissant néanmoins a Greuze le rare talent qu'elle ne pouvait lui refuser sans injustice, l'invita à présenter un tableau pour sa réception. Greuxe, jaloux de se présenter aux doctes académiciens avec le titre et les prérogatives de peintre d'histoire, n'eut pas de repos qu'il n'eût achevé son grand tableau de Septime-Sévère reprochant à son fils Caracalla d'avoir voulu attenter à sa vie. Le malheureux fut mal récompensé de son ambition, et la haine que lui portaient ses futurs collègues n'eut qu'à s'applaudir du nouvel échec qu'il éprouva. Us persistèrent à le refuser comme peintre d'histoire ( titre qu'à la vérité il ne méritait pas) , et ne voulurent l'admettre que comme peintre de genre.
Greuze finit ses jours le 21 mai 1805. Père de deux jeunes filles, il ne subsistait avec elles que du mince produit de son travail. Son nom est le seul bien qu'il leur ait laissé.