S GRIMM — GRIMOD
l'homme de lettres et le secrétaire de Mm* d'Êpinay ; H ne fut ni l'un ni l'autre : Rousseau était tout simplement l'ami de M"* d'Épinay avant que Grimm en lit sa maîtresse. Et Grimm fut toute sa vie l'homme de lettres ou le secrétaire de quelque personnage puissant. A son arrivée à Paris, il était, comme nous Pavons dit, au service du comte de Scbœnht-rg ; plu» tard il devint lecteur du prince de Gotha. A cette époque , il se lia avec Rousseau, qui le présenta à toute la coterie des philosophe*, aDiderot,àD'Alembcrt,àRay- 11 al , et au baron d'Hol bac h . Grimm protita du crédit de ics nouveaux amis : il entra chez le comte de Friesen, neveu du maréchal de Saxe, en qualité de secrétaire, et cette place, l>caucoup plus lucrative que celles qu'il avait occupées jusqu'alors, augmenta ses relations et le mit è même de paraître dans le monde sur un bon pied. Dès lors il fréquenta la haute société, et chercha à se faire bien venir auprès des letnmes. Il ; réussit assez, grâce au* soins donnés à sa toilette, grâce surtout a sa galanterie. Il était si recherché dans sa parure et tenait tellement à plaire, qu'il remplissait de céruse les inégalités de son visage ; ses amis le surnommèrent le tyran le blanc. Il avait déjà la réputation d'un homme d'esprit, et s'était fait remarquer par quelques brochures littéraires, lorsque mourut le comte de Friesen. Il ne resta pas longtemps sans place; il obtint celle de secrétaire des commandements du doc d'Orléans. En 1770 il fut accrédité par le duc de Saxe-Gotha en qualité d'envoyé à la cour de Prtnce, et reçut le titre de baron et la décoration de plusieurs ordres. Dans ces nouvelles fonctions, dont il s'acquitta habilement, Grimm continua à cultiver les lettres et à pour* suivre sa correspondance littéraire adressée à un souverain d'Allemagne. A la révolution, il quitta la France, et se retira à Gotha, où il fut noblement accueilli. Nommé, en 1795, ministre plénipotentiaire de Russie près des États du cercle de Basse- Saxe, il occupa ce poste jusqu'à ce qu'une maladie, où il perdit un oeil, le força à la retraite. Il revint à Gotha, et c'est dans cette ville qu'il mourut, à l'âge de quatre-vingtcinq ans. La Correspondance littéraire, philosophique et critique, qu'il composa avec Diderot, est son ouvrage le plus important. C'est une analyse spirituelle de tous les ouvrages littéraires qui ont paru depuis 1753 jusqu'en 1790. Les aperçus ont de la nouveauté, le style en est piquant; on sent partout I nfluence de la touche originale de Diderot
Jokcièrss.
GRIMM (Jacques- Logis), l'un dea philologues les plus éminents de notre époque, membre de l'Académie des Sciences de Berlin, est né à Hanau, en 1785. En 1805 il accompagna à Paris S a v i g n y, son mettre, en qualité de secrétaire pour l'aider dans ses recherches littéraires. Lors de la création du royaume de West pli al ie, en 1H08, il lut nommé, à la recommandation de Jean de Mûller, conservateur de la bibliothèque particulière du roi à Wilhelmshœhe ; et à la restauration de l'électeur, en 1814, il accompagna en qualité de secrétaire l'envoyé h essois, d'abord au quartier général des coalisés , puis à Paris et à Vienne, où il resta Jusqu'au mois de juin 1815. 1) revint peu de temps après à Paris, avec mission de réclamer au nom du roi de Prusse et de IVIccteur de Hesse un certain nombre d'objets d'art et de manuscrits précieux enlevés par les Français dans leurs Etats respectifs. En 1816 il obtint la place de sous-bibliothécaire à Cassel , où il te livra alors avec une nouvelle ardeur à l'étude de la littérature du moyen âge. Un passe-droit qui lui fut fait en 1829, à la mort du bibliothécaire en chef, dont les (onctions furent données à un autre, le blessa profondément , et le détermina À accepter en 1830 la place de professeur et de bibliothécaire qu'on lui offrait à l'université de Gcettingue. Mais en 1837, ayant été au nombre des sept professeurs qui protestèrent contre la suppression de la constitution hanorrienne, il perdit son emploi, et fut renvoyé du pays. De Cassel, où il vint se réfugier , on l'appela en 1841 à Berlin, où il lut aussitôt nommé membre de l'Académie des Sciences et pourvu d'une chaire à l'université. Se* travaux littéraires, toujours empreint» du plus pur