‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 433 sur 614 · DE LA REYNIÈRE · texte numérisé non relu

DE LA REYNIÈRE

patriotisme, ont eu surtout pour but de mieux faire connaître la vie intellectuelle du peuple allemand, telle qu'elle apparaît dans sa langue, et au moyen âge dans sa jurisprudence et sa foi religieuse, dans ses mœurs et sa poésie. Les ouvrages qu'on a de lui dans cette direction donnée à ses efforts témoignent d'une activité sans égale , d'une érudition immense, d'un esprit aussi sagaee qu'organisateur, et d'un sentiment poétique aussi vigoureux que délicat Par sa Grammaire Allemande (4 vol., 3* édition, Gcettingue, 1840), on peut dire qu'il a réellement fondé la philologie historique. On a en outre de Lui : Antiquités Allemandes de Jurisprudence (1828) ; des Axiomes allemands (1840- 1842) et une Mythologie Allemande (2' édit., 1 84«). Il a aussi publié une collection de romances espagnoles , Silra de Romances viejos (Vienne, 1815); une traduction interlinéaire en ancien haut-allemand des hymnes de l'Église romaine : Hymnorum veteris Ecclesiss XXV i Interpretatio theotisca (Gcettingue, 1 830), et, en société avec A. Schmeller, Poèmes latins des dixième et onzième siècles (1S38), parmi lesquels le Waltharius Manu Fortis. En société avec soa frère cadet, Guillaume-Charles Grimm, il a entrepris en 1852 La publication d'nn Dictionnaire universel de la Langue Allemande, qui demeurera l'œuvre capitale de leur vie et comprendra toutes les richesses de la langue telles qu'on les trouve éparses dans les divers ouvrages qui ont p,iru depuis Luther jusqu'à nos jours.

Aux débuts des deux frères Grimm dans la carrière littéraire se rattachent plusieurs publications de moindre importance, faites par eux dans différents recueils littéraires. Ils ont aussi publié en société une remarquable collection de Contes pour les Bnjants (5* édition, 1843) et de Contes de Fées irlandais, imités des Fuir g Legends deCroftoo, avec une introduction sur la croyance aux esprits.

GRIMOD DE LA REYNIÈRE ( Alexawhie-Baitbasab-Laurent ) , l'une de nos illustrations gastronomiques, né en 1758, et mort en 1838, était le fils d'un riche fermier général, dont la noblesse était incontestable, puisqu'il en avait en poche la quittance parfaitement en règle, ] délivrée contre écus par le garde des sceaux de France en personne, Le père de Grimod de La Reynière était d'antant plus fier de cette noblesse, qui faisait de lui l'égal des plus grands seigneurs de la cour, qu'il ne pouvait oublier que son père avait été tout bonnement un honnête charcutier. Quant au fils, il dut sa réputation autant à SOO épicuréisme raffiné qu'à plusieurs publications dans lesquelles il donna de surabondantes preuves de cette espèce d'esprit qui aura toujours de la vogue en France tant qu'on y cultrvera le vaudeville, le couplet de facture et le vin de Cham pagne. Sa vie, qui ne fut guère qu'une immense goguette, n'offre pas de péripéties dramatiques émouvantes. Lui aussi, il ne fut rien, pas même académicien. Nous nous trompons, il •'était décerné à lui-même La présidence d'une société savante, rivale du Caveau, qui se réunissait également une fois par mois au Rocher de Cancale, cabaret longtemps célèbre de la rue Montorgueit, et dans laquelle on dissertait et discutait la fourchette à la main sur les perfectionnements possibles d'une science restée stationnaire, quoi qu'on en dise. De bien timides innovations, quelques emprunts plus ou moins heureux faits à l'étranger, voilà tout ce qui est résulté de plus clair des travaux de cette académie de gourmets, qui ne fut utile à l'art qu'au point de vue de la conservation des saines doctrines, lesquelles eussent bien pu sans elle périr au milieu du cataclysme social survenu a la fin du dix-huitième siècle. Grimod de La Reynière avait d'ailleurs ce cœur sec qui est le propre du gourmand ; et les anecdotes qu'on raconte de lui témoignent d'un raffinement d'égoisme qui fait sourire, encore bien qu'il inspire nne trèsmédioce estime pour le caractère inoral de celui qui en est le héros.

Fils ingrat et peu respectueux, il s'eiïorçait en tonte occasion d'humilier la vanité de ses parents en leur rappelant l'humble orizine de leur fortune et l'antique roture de leur

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