‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 434 sur 614 · GRIMOD DE LA REYMÈRE — GRIMPEURS · texte numérisé non relu

GRIMOD DE LA REYMÈRE — GRIMPEURS

famille. Un jour, U invita à dîner, pendant une absence de sou père et de sa mère, nombreuse compagnie, composée de convives choisis dans toutes espèces de corps d'état , tailleurs, bouchers, épiciers, etc., etc. Les billets d'invitation portaient que du côté de r huile et du cochon Von n'aurait rien à désirer ; et de fait, tout un service se trouva uni* queutent composé de charcuterie. * C'est un de mes parents qui me fournit ces viandes, ■ avait-il grand soin de dire à l'assemblée à chaque mets nouveau que les gens de service offraient aux convives. Ces gens de service étaient des Savoyards, pris au coin de la rue et bizarrement travestis en Itérants d'armes du moyen âge. Aux quatre coins de la salle à manger se tenaient dés enfants de chœur, en surplis blanc et l'encensoir à la main, qui à un signal donné dirigeaient vers l'amphytrion l'instrument tliurifère avec lequel ils avaient l'habitude d'honorer M. le curé à l'autel. « C'était, alors Grimod de La Reynière à ses invités, pour les d'encenser le maître de la maison , ainsi qu'avaient habitude de faire les convives de M. son père. » An milieu de cette scène, M. et M™* Grimod de La Reynière rentrèrent à leur hôtel ; et on peut juger de leur profonde humiliation en se voyant ainsi bafoués par leur fils. Une bonne lettre de cachet leur en fit raison, et l'exila en Lorraine. Hais à quelque temps de là la mort de son père ramenait Grimod de La Reynière a Paris pour y jouir de la fortune immense qu'il lui laissait. Il persista alors plus que jamais dans son mépris pour les préjugés de la naissance ( mépris qui n'était peut-être bien chez lui que le résolut d'un amour-propre profondément blessé par les dédains de l'aristocratie d'épée et de robe ) , et fit peindre dans ses appartements tons les ustensiles particuliers à l'industrie du charcutier, ainsi que ses divers produits.

Voici de lui un antre trait original : il feint un jour de tomber gravement malade, lait répandre le brait de sa mort, et invite nombreuse compagnie a assister à son enterrement. Il voulait par là reconnaître quels étaient ceux de ses amis sur lesquels il pouvait compter. Beaucoup d'invités, comme on le pense bien, ne se donnèrent pas la peine de venir et se contentèrent de regretter le défunt à domicile; ceux que le respect humain, sinon l'amitié, conduisit à son hôtel dans l'idée qu'ils allaient lui rendre les derniers devoirs furent bien sorpris lorsqu'on les introduisit dans la salle à manger, ou les attendait un des dîners les plus savamment étudiés que leur eût offerts jusque là Grimod de La Reynière. Il en fit les honneurs, en riant beaucoup de la mystification dont étaient victimes les absents. Se moquer d'eux ne suffisait pas à sa vengeance; il les invitai leur tour à dîner, et celte fois ce fut eux qu'on introduisit dans une chapelle ardente, au milieu de laquelle était dressée la table en manière de catafalque, et pour y prendre place, il leur fallut s'asseoir sur des bière».

Grimod de La Reynière avait traversé sans encombre la révolution française , qui ne lui avait fait d'autre mal que d'ébrécher sensiblement sa fortune. En 1803 il eut l'idée de publier V Almanach des Gourmands, et ce petit livre, dont le succès fut grand, parce que l'esprit en était de bon aloi , fut encore continué par lui pendant plusieurs années. Plus tard, il fit paraître son Manuel des Amph y trions. Grimod de La Reynière avait reçu une bonne éducation el s'était même fait recevoir avocat au parlement ; il était, du reste, assez mal partagé sous le rapport des avantages de la nature. Les bras chez lui étaient d'une petitesse extrême et se terminaient par quelque chose qui n'avait rien de la forme d'une main , espèces de moignons dont il savait pourtant asoti bravement tirer parti, à table surtout.

GRIMOIRE ou GRYM01RR. C'était l'art d'évoquer les âmes des trépassés, art qui jouait un grand rôle au temps où les superstitions populaires permettaient à d'impudents jongleurs d'exploiter la crédulité publique en se faisant passer pour sorciers. Par extension, on donnait le nom de grimoire au recueil contenant les conjurations magiques propres à appeler et à faire paraître les démons. Ce n'était, comme il

est facile de le penser, qu'un absurde ramassis de mots vides de sens, de phrases incomplètes, entremêlées de préteo>lat caractères diaboliques , que les fripons livrés à l'exploitation de la cabale prononçaient de leur voix la pins rauqae, la plus mystérieuse, pour faire croire à leurs dupes qu'ils se mettaient de la sorte en rapport direct avec le diable. Tout profane qui se serait mêlé de lire dans le gri~ moire aurait couru risque que l'esprit des ténèbres remportât en enfer, ou bien lui tordit le cou. Malgré de si effroyables menaces, ta curiosité remportait encore chet bien des esprits faibles, ainsi qu'on en doit conclure des diverses éditions françaises du Grimoire, faites au seizième et au dix-septième siècle. La plus complète a pour titre : Le grand Grimoire, avec ta grande clavicule de Salomon, et la magie noire, ou les forces infernales du grand Agrippa pour découvrir les trésors cachés et se faire obéir par lotis les esprits, source de tous les arts magiques ( in- m, sans date, ni indication de lieu ).

Dans le langage ordinaire, on appelle grimoire une écriture difficile à lire, un discours hérissé de mots ininteJli. gibles.

GRIMPANTES (Plantes;. On appelle ainsi en botanique les plantes dont la tige, incapable de se soutenir par elle-même, grimpe sur les corps voisins, en s'y attachant soit par des cirrhes, soit par des racines caulinnires. Elles sont ou herbacées ou ligneuses. Les principales sont les cobées, les volubilis, les pois de senteur, les haricots d'Espagne, les capucines, les clématites, les a risloloches, les chèvrefeuilles, le lierre, la pervenche, la vigne vierge, etc., et tant d'autres que l'on recherche pour garnir les croisées, les terrasses, les berceaux, les tonnelles, et pour couvrir et masquer les vieux murs, les masures, les hangards, les kiosques, etc. A la suite de celles que nous venons de citer, nommons encore une nouvelle plante grimpante originaire de Chine, la wislaria consequana, qu'on a naturalisée eu Angleterre. A Uffingtonboose, dans la terre du comte de Lindsay , les feuilles de cette plante couvrent entièrement une maison de deux étages jusqu'à la cheminée, qu'elles enveloppent de leurs sommités ; les branches embrassent dans leur écartement une dislance de 33 mètres au moins ; des milliers de fleurs d'un bleu clair, de Om,tt à ©-,30 chacune de longueur, pendent en grappes entre les feuilles, d'un vert tendre, et offrent le plus charmant coup d'œil.

GRIMPEREAU « genre d'oiseaux de l'ordre des pas* sereaux , et de la famille des ténuirostres. Ils sont ainsi nommés de l'habitude qu'ils ont de grimper aux arbres, en se servant de leur queue comme d'arc-boutant. Les ornithologistes leur ont assigné les caractères suivants : Bec de la longueur de la tête, recourbé, pointu , non éch ancré, à mandibules égales ; narines basâtes à demi fermées par une membrane; ailes courtes, à quatrième rémige plus longue ; douze pennes caudales, à tiges roides, terminées en pointe; tarses nus et annelés ; doigts extérieurs unis à leur base ; l'interne libre, lo postérieur plus long que le doigt interne.

Le grimpereau d'Europe (certhiafamiliaris) est un petit oiseau long de 1) à 13 centimètres, à plumage blanchâtre, tacheté de brun en dessus, de roux au croupion et sur la queue. Il vit dans les bois et dans les vergers, où il se fait remarquer par la vivacité avec laquelle il grimpe ou voltige d'arbre en arbre.

Véchelette, ou grimpereau de murailles (certhia muraria, L. ), est un joli petit oiseau, d'un cendré clair, avec du rouge vif sur quelques pennes de l'aile et la gorge noire chez le mêle. H vit dans le midi de l'Europe, où on le voit se cramponner le long des murs, à l'aide de ses ongles, trèslongs. Vieillot a donné le nom de grimpereaux à une famille d'ttisraux, qui renferme, outre le genre précédent, les genres nasican, picueule, sglviette, etc. LY Saocmiottr.

GRIMPEURS. Cuvier adonné ce nom au troisième ordre de la classe des oiseaux. Ce terme rappelle qu'ils ont leur doigt interne dirigé en arrière, de manière à pci

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