‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 437 sur 614 · GRIPPE — GRISETTE · texte numérisé non relu

GRIPPE — GRISETTE

subits ou extrême* dan* l'atmosphère qu'on le* volt se ma- < ■Mes ter : tantôt c'est après an refroidissement rapide, tantôt aprè* des brumes é|>aisses , etc.

Il nous reste à indiquer les moyens hygiéniques et curatifs convenables pour combattre ces maladies. Les premiers sont peu nombreux et peu puissants : ils se réduisent a se i soustraire autant que possible a l'action de l'air et à corriger | son étal ; mais ces moyens sont seulement accessibles aut j personnes ricl»es, qui peuvent garder la chambre et le coin i du feu. Ces précautions ne sont pas même une sauvegarde : \ la grippe peut nous atteindre partout , puisqu'elle est char- j riee par l'air. Quand on n'a pu se soustraire à cette influence invisible, quand on est grippé enfin, II convient de se conduire comme dans le cory ta et les rhumes de poitrine : | le repos, la diète, que l'instinct nous suggère, sont les premières conditions curetives. Quand la bronchite est intense, ] on obtient du soulagement par l'application d'un cataplasme chaud et étnolllent sur le sommet de la poitrine ; une infusion de fleurs pectorales , dans laquelle on ajoute 15 grammes Je sirop dlacode, procure aussi un allégement notable, et ces moyens simples , dont chacun peut faire emploi sans un avis doctoral , favorisent et hâtent des sueurs, qui ordinairement terminent ces légères affections. Mais si la lièvre est intense, ai la respiration devient très-pénible et difficile, si les sujets sont affectés ou prédisposés à l'apoplexie, il peut être utile de recourir à la saignée ou à l'application des san^ues.

Grippe est compris au flgnré et en style familier pour prétention et fantaisie : on dit prendre quelqu'un ou quelque cliose en grippe, pour se prévenir défavorablement.

Dr Cbamohmr».

GRIPPÉ (Pariés). Fojr« Cbispathm et Vkats.

GRIS ( Frères ), GRISES (Sœurs ), désignation commune sous laquelle oh comprend les religieux et les religieuses de l'ordre rie la Miséricorde et autres associations charitables, à cause de la couleur de leurs vêtements. On appelle plus particulièrement saurs grises les filles ou sœurs de la Charité, réunies en 1634 par saint Vincent de Paul et la veuve Legras pour le soulagement des malades. On donne aussi le nom de frères grts aux frères servants de l'ordre de Cltcaux.

GRISAILLE, espèce de peinture de couleur grise , et imitant un bas-relief. On comprend quelquefois sous la même dénomination d'autres peintures d'une tout autre couleur, mais également monochromes ( voyez Cmutc ).

Dccbeskf. aîné.

GRISÉLIDIS. Griselda, ou, comme nous disons en France , Griséltdis , devenue de pauvre paysanne marquise rie Saluées , soumise par un mari bizarre aux épreuves du cœur les plus cruelles pour une mère et pour une épouse, est probablement un personnage de Plnvention de Boccacc , qui termine par cette touchante nouvelle la dernière journée de son célèbre Décaméron. Écrit en italien, cet épisode, In par Boccacc à Pétrarque, attendrit jusqu'aux larmes Pâmant platonique de Laure, qui le traduisit immédiatement en latin, et le fil ainsi connaître à tous les peuples de l'Europe. En Angleterre, en France surtout, où Pétrarque avait tant «le relations , Grisélidb eut un immense succès et fournit le sujet d'une multitude de romans et de pièces de théâtre. Des la fin du quatorzième siècle, en 1395, vingt ans après la mort de Boccacc, un poète anonyme composait et faisait jouer le Mystère de Grisélldis , marquise de Saluées, et de sa merveilleuse constance, appelée le Miroir des dames mariées , par personnages et ryme. Ce drame fut imprimé dans le siècle suivant. Plusieurs fabliaux le redirent sous divers titres , et toujours avec succès. Depuis le quatorzième siècle, le sujet de Grisélidis a été reproduit sur tous tes théâtres, sous toutes les forme*, en prose et en vers. Louis De llois.

GRISETTE* Une mode, aussi ruineuse qu'immorale, s'était établie en Fi ance , et surtout à Paris , depuis la minorité de Louis XV jusqu'à l'année 1789, qui vit naître ta

révolution. Citait celle pour les seigneurs, c'est-à-dire les hommes nobles , riches , et qui allaient à la cour, d'avoir pour maltresse une femme attachée à quelque théâtre, à la dépense de laquelle ils fournissaient publiquement, ce qui ne les empêchait point d'éprouver ou de feindre un attachement pour quelque dame leur égale, et d'entretenir des relations fort intimes avec quelques jeunes et pauvres filles de la classe du peuple. L'actrice ou la danseuse s'enorgueillissait si dans son antichambre on reconnaissait la livrée d'un homme que l'on rencontrait à Versailles; mais la grande dame et la petite ouvrière s'en efirayaient également. Afin que les billets fussent portés et reçus sans que l'on en causât à Y œil de bœuf, ou dans les maisons d'apprentissage, on habilla de gris les laquais destinés à ces (onctions, toutes de confiance, et le nom de grlion leur fut donné , comme on le voit dans les comédies et romans de l'époque. Les grandes dames avaient des titres ; on n'imagina point de les désigner particulièrement, mais les ouvrières en mode , en couture, en lingerie , qui recevaient le laquais ainsi travesti furent, par analogie, nommées <j risettes, ce qui signifiait filles jolies pauvres et séduites. Trèsinjustement on a étendu cette dénomination à toutes les filles qui vivent du travail de leurs mains. Dans ce temps-là même quelques magasins de mode, presque tous les magasins de couture et de lingerie , ainsi que les maisons où l'on apprenait à raccommoder la dentelle, occupaient des filles parfaitement sages et vertueuses. La lingerie était surtout l'état que Pon taisait apprendre aux filles nobles minées, et l'on distinguait facilement l'apprentie llngère par la décence et la simplicité de son costume. C'était donc aux seigneurs et aux riches financiers que la ghselte d'autrefois devait son nom et sa triste célébrité.

Aujourd'hui la grisette, plus sensible qu'avide, reçoit les vœux de l'étudiant; moins circonspecte, elle se montre avec lui au spectacle , dans les bals champêtres et chez les restauraient* de la banlieue; mais, sans être aussi avilie, elle est aussi misérable qu'au temps passé; car l'étudiant, ses cours finis, se met en quête d'une dot, et n'épouse que la fille qui lui en apporte une. Si l'on considère l'Age de ces filles, qui sortent a peine de l'enfance, la sincérité de leur attachement, leur séduction si facile, par des jeunes gens qui leur sont Intellectuellement supérieurs eu tous points, on ne pourra s'empêcher de plaindre ces créatures laborieuses, destinées à augmenter le nombre des courtisanes ou a terminer leurs jours par le suicide. Il est peu de grisettes qui ne finissent ainsi, car, nous le répétons, le nom de grisette ne convient pas aux jeunes personnes qui ne quittent les magasins et les ateliers où elles sont occupées que pour retourner auprès de leurs mères : le nom honorable d'ouvrières peut seul leur être donné. Celles-là épousent des artisans, et offrent ordinairement le modèle de toutes les vertus que l'on exige des femmes. Le nombre de grisettes qui s'asphyxient, se noient ou s'empoisonnent est effrayant ; il ne faut Pattribuer qu'au premier choix que font ces pauvres enfants. On a blâmé*, avec autant de justice que d'indignation, les hommes d\m nom élevé qui corrompaient cette classe de la société en l'enrichissant : pourquoi blâmerait-on moins ceux qui leur ont succédé? La pauvreté jiistifie-t elle le vice, la perfidie, l'abandon? Il est encore plus facile à un étudiant de séduire une ouvrière que cela ne pouvait l'être à un maréchal de France , à un premier président , à un fermier général ; car de ceux-là une fille indigente savait tout d'abord ce qu'elle pouvait attendre , tandis que les habitudes économiques de l'étudiant n'établissent aucune différence apparente entre la grisette et lui. Enfin, si la grisette devient mère, quel héroïsme ne lui faut-il point pour garder l'enfant aux besoins duquel il faudra qu'elle pourvoie seule ? Les romans, les vaudevilles, nous peignent la grisette de Paris gentille, gaie, revêtue d'une grâce particulière. Qu'ils nous la représentent donc à trente ans , flétrie dans son quartier, méprisée de ses vol* slncs , huée des hommes de sa classe.... Le lendemain de

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