GRISETTE
ce jour, ce sera à la morgue, ou dans un lien plus affreux encore, que sa mère viendra la reconnaître. Cm« de Baani.
GR1S1 (Giulia) , canUtrioe célèbre a bon droit par son talent et sa beauté, est née en 1810, à Milan, et dès l'âge de douze ans se fit remarquer par la pureté de sa voix et par les plus heureuses dispositions musicales. A l'âge de seize ans elle débuta sur le Uiéélre de Bologne, dans la Zelmira, de Rossini, et réunit tous les suffrages, par la Justesse de ses sons et par la grâce ainsi que la sensibilité qu'elle déploya dans son jeu. Deux années plus tard, elle parut sur un théâtre plus vaste, celui de Florence, et n'y obtint pas moins de succès. Il y avait longtemps qu'une aussi belle et aussi gracieuse personne n'avait paru sur les planches , et on peut admettre , sans rien enlever à son talent , que ses avantages physiques furent pour beaucoup dans l'admiration frénétique dont la jeune artiste ne tarda pas à être l'objet. Tous les théâtres de l'Italie se la disputèrent, et les représentations qu'elle donna à La Scala fureut pour elle autant d'éclatants triomphes. Il ne manquait plus désormais pour classer définitivement Giulia Grisi parmi les grandes cantatrices qui cessent d'appartenir exclusivement à un pays pour être la gloire commune de l'Europe musicale , que de voir son talent reconnu et consacré par les suffrages des dilellanti de Londres et de Paris. Ses débuts sur notre Théâtre-Italien eurent lieu le 13 octobre 1832, dans la Semiramide, rôle dans lequel le souvenir de l'inimitable M"* Pasta était encore récent , et par suite bien dangereux pour la débutante. Giulta Grisi se lira de celte redoutable épreuve avec son bonheur accoutumé ; un triomphe d'enthousiasme fut le prix de la noble conliance qu'elle avait eue dans son talent , et il n'y eut qu'une voix parmi les critiques pour reconnaître les intonations toujours justes et fermes de son éclatant meizo soprano, la noblesse de son maintien , la grâce et la vérité de ses gestes. A Paris aussi , la rare beauté de la cantatrice n'aida pas peu à son succès; et depuis lors Giulia Grisi fit alternativement les délices des opéras de Londres et de Paris. Longue serait la nomenclature des rôles dans lesquels elle a charme et ravi ses auditeurs. Il nous suffira de dire que Rossini, Donizetti, Bellini, Motart , etc. , n'ont jamais eu de plus heureux interprète.
En 1 83&, Giulia Grisi, cédant aux obsessions d'un de ses plus fervents admirateurs, l'un de nos compatriotes, M. Gétard de Mclcy , contracta un mariage qui ne fut pas plus heureux que tant d'autres mariages de ce genre, et dont une séparation judiciairement prononcée ne larda pas à dissoudre les liens, trop précipitamment formés.
GRISONS (Paya des), en allemand Graubûndlen ou Graubûnden, en langue romane Republika Grisona, le plus grand canton de la Su isse, d'une superficie évaluée par les uns à 79 et par d'autres à 103 myriamètres carrés , confine au sud au royaume Lombard o-Yéni tien, à l'est au Tyrol , au nord au Vorarlberg ainsi qu'aux cantons de Saint-Gall et de Claris, à l'ouest à ceux d'Uri et du Tessin. Sur les 89,890 habitants qu'on y compte, 38,039 professent la religion catholique et le reste la religion réformée ; 35,500 parlent allemand, 11,958 parlent italien, et le reste ta langue romane. La plus grande partie de cette population descend des anciens Rhétieus. Le sol de ce canton est hérissé de montagnes formant tantôt des groupes puissants •l isolés, tantôt des chaînes se prolongeant au loin, et entre lesquelles se trouvent des vallées généralement fort étroites. Beaucoup de pics, notamment dans la chaîne de Bernina, atteignent une altitude de 3,500 mètres et peuvent se comparer a ceux de l'Oherland Bernois. Le climat est extrêmement varié; et si dans certaines localités règne un hiver de huit mois, en revanche, au sud, quelques vallées ont tous les rarac tères îles contrées italiques. Les cours d'eau qui y prennent leur source coulent les uns au nord, comme le Rhin, les autres à Test, comme llnn, ou encore au sud, comme le Rham, le Posuavlno, ta Maira et la Mœsa, qui vont se jeter, le premier dans l'Adige, les deux autre» dans l'Adda, et le dernier dans le Tessin. Ce canton ne pos-