‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 44 sur 614 · FUMIER · texte numérisé non relu

FUMIER

Itères animales, en même temps qu'elle agit encore mécaniquement par la portion non convertie. Le temps nécessaire à la conlection de ce fumier varie de six semaine» à trois mois, suivant les espèces qui entrent dans la composition de la masse, et aussi selon la position et les circonstance» atmosphériques.

La fermentation a cessé, la température s'est abaissée, la masse entière est homogène ou à peu près, la couleur uniformément brune ou noire : nous avons du lumier consommé ou du terreau. Le premier forme une pâte onctueuse ; le second , moins pourvu d'humidité et de parties grasses , etl divisé : c'est l'essence de l'humus. L'un et l'autre sontdaas leur ensemble un aliment tout préparé pour les plantes. Le fumier frais pour arriver à cet état perd environ les trois quarts de son volume.

De là nous concluons que : l"è volume égal, le fumier consommé est préférable au fumier frais pour la production immédiate; 2° dans les exploitations où le fumier est en grande abondance, le frais est préférable au consomme, parce que la décomposition s'opérant avec leuteur, son action est plu» durable ; 3° il convient toujours mieux dans les terre* fortes et argileuses, à cause de l'action mécanique que m composition exerce sur elles ; 4° il convient moins que k demi-consommé dans les terres de consistance et de qualité moyennes; 5° dans les fermes qui produisent peu de fumier, le consommé est préférable, parce que les végétaux ont immédiatement besoin pour leur accroissement de tous le» sucs que l'engrais peut fournir; 6° on peut poser comme principe général, toutes choses égales d'ailleurs, que l'action fécondante des fumiers et des autres engrais est d'autant plus rapide qu'ils sont plus divises, plus réduits, et qui la durée de cette action est en raison inverse de leur division ; 7" enfin, les fumiers longs ou demi -coasommcft, épandus immédiatement, doivent être recouverts, alin que leur décomposition s'accomplisse et qu'ils imprègnent la terre des sucs qu'ils renferment; les fumiers consommés, les terreaux , les poudrettes , la colombine , la pouline , en no mot tous les engrais divisés, sont plus productifs lorsqu'ils sont jetés également sur les terres ensemencées, vers la lin de l'hiver, ou sur les plantes en végétation, au commencement du printemps.

La production et la fabrication du fumier, cette brandie sans contredit la plus importante de l'industrie agricole, puisqu'elle est le point de départ et la source de toute production du sol, est encore à naître dans une grande |«rtie delà France. Et cependant, ue serait-il pas possible aux lernuers, par la mise de leur industrie, de leur activité, seul» capitaux disponibles le plus souvent, d'augmenter, de doubler méine les fumiers f Examinons : quel aspect présente la ferme el ses abords? Autour des écuries, les fossés, les mares qui serrent d'abreuvoir, remplis de fange et d'une eau dont la couleur et l'odeur infecte annoncent la présence de matières animales en décomposition ; derrière les murs, les baies de clôture, des matières fécales , qui augmentent l'iaueclion ; dans l'intérieur de la cour, le fumier jeté au hasard, abandonné aux volailles, aux cochons, broyé et dispersé par le bétail, par les voitures et par les gens de la ferme, alternativement brûlé par le soleil et lavé par la pluie; des cloaque où séjourne et se dissipe la partie liquide de l'engrais ; osas les étables, un sol inégal, humide, des tas de fiente anusw depuis des mois, des gaz suffoquants ; ailleurs , les débri» et les racines du chanvre, du Un, les fanes des pommes de terre, les feuilles des arbres, les herbes, qui poussent dans les fossé», dans les parties marécageuses de l'exploitation, se dessèchent et périssent sans utilité, etc. On n'en finirait pas si on voulait énumérer tontes les matière» végétales ou animales qui se perdent ainsi (voyes B*sstcoin ).

Que le fermier, avant de pensera produire de nouveaux engrais, s'applique à conserver ceux qu'il possède; qu'il recueille et entasse tout ce qui est fumier ou peut le devenir, I qu'il y veille comme un avare à son trésor : là seulement

FTMIER —

se trouve pour lui la source de l'aisance, du bien-être et roàoe de U richesse. Alors il pourra profiler des savantes des maîtres : la masse des fumiers utilisés sera dou- Qti'aura-t-ii à (aire pour ai river à ce but? 1° Creuser » une profondeur de 0m,M à I mètre , sur le point de la cour le moins exposé au soleil et aux courants d'air, ou nueui au dehors, si la disposition des lieux le permet, une fosse proportionnée à la quantité probable des fumiers, sur u* pian légèrement indiné ; 1° revêtir le fond d'une couche a 7 lieuse; 3* pratiquer à l'une des extrémités basses un trou pour servir de réservoir aux engrais liquides; 4' placer sur uo |» tint reculé, derrière les bâtiments, des latrines pour le service de toutes les personnes de la ferme : un tonneau •irm d'anses remplit très-bien cet objet; 5° sortir le ramier des écuries un fois par semaine, on an moins tous 1» quinze jours , le répandre dans la fosse uniformément, -uis trop le louler ( le fumier <las bergeries se. conserve n part ) ; 6* disposer le sol des écuries et des étables de telle Mrte quil donne écoulement aux urines vers la fosse destinée ans engrais liquides; 7" recueillir avec soin toute nutière animale ou végétale, et la déposer selon sa nature sans l'un des trois réservoirs principaux ; ft* rassembler à part la fiente des volailles et des pigeons , la sécher, la rédure en poussière et la conserver pour l'usage.

Fumer une terre, c'est y répandre du fumier ou tout jotre engrais. Quelle que soit la nature ou la consistance des matières fertilisantes, elles doivent toujours être répandues uniformément à la surface du sol. Les procédés de la iijain-d'a-uvre varient selon l'espèce des engrais : la poudrrtttr <-t toutes les substances de nature pulvérulente se «rotent à la volée; le fumier est dispersé a l'aide de fourches; l'engrais liquide dont on n'a point formé de compost m répand avec un tonneau à arroser ; les matières tirées des latrines, n'étant jamais utilisées sans être mêlées a la iiurne i>u a la terre franche et desséchées ensuite, se dts-

*a>eal p Gaubebt.

FUMIGATION. On désigne par ce substantif, tiré un verbe latin fumioare, réduire en fumée, une médicaboa appliquée sous la forme de vapeur ou de gaz, et qui est très-usitée, soit pour prévenir des maladies , soit pour les guérir Les fu migaiions qu'on emploie dans un but préventif k composent de diverses substances dont les modes d'agir sont très-variés; la plus simple est la fumée engendrée ror te combinaison du bois, de la paille, etc. Elle était employée et recommandée anciennement dans les villes ou >1f~ épidémies pestilentielles se manifestaient : d'abord , ces fumigations favorisent le renouvellement le l'air ; elles peuvent ensuite avoir de l'efficacité , en atténuant l'activité dm miasmes par la division ; elles peuvent encore agir rhirukpiement, car la fumée, surtout celle du bois, recèle des principes actifs, l'acide pyrougneux et la créosote. L'eau réduite en vapeur peut également atténuer les miasmes en a» divisant, mais die peut aussi plus probablement leur servir de moyen d'expansion, et ce fluide est vraisemblablement le véhicule qui entraîne dans l'air, par le concours de la chaleur, des émanations putrides provenant de substances animales et végétales; les lièvres intermittentes, la fièvre jaune, n'ont peut-être point d'autre source. Une fumigation pratiquée communément dans la chambre des malades est celle qu'on forme en brûlant des baies de genièvre sur des charbons ou sur une pelle rougie au feu : eue n'a cependant pas la propriété d'assainir l'air, elle fournit seulement un arôme agréable, mais tout à (ait inefficace : «fie est aussi inactive que les fumigations qu'on produit avec du sucre, des clous fumants, de l'encens et différents parfums qui affectent même péniblement plusieurs individus. Le vinaigre n'est pas beaucoup plus convenable.

Les fumigations usitées comme moyen de traiter un tTand nombre de maladies sont aussi nombreuses que variées : on les emploie surtout sous le nom de bains de va- I**r, et divers appareils ingénieux ont été inventés pour

Page 1