FUM1V0RE
appliquer cette médication, soit localement, soit généralement, même dans un lit, sous forme humide ou sous (orme sèche. Les fumigations humides sont fournies par divers liquides, habituellement par l'eau bouillante, seule ou chargée de différentes substances. L'alcool est souvent aussi employé a cet effet Les fumigations sèches sont fournies par l'air échauffé dans des espaces plus ou moins circonscrits, et auquel on mêle diverses substances , notamment le soufre, le camphre, le benjoin , quelquefois le mercure. Sous l'une ou l'autre forme, la médication est appliquée dans une sorte d'étuve où les individus sont entièrement placés, ou seulement jusqu'à la tête. Ces funiiga bons sont fréquemment employées pour le traitement des maladies cutanées et pour un grand nombre d'affections internes; comme elles exercent sur la peau, même par le calorique seul , une excitation puissante, on parvient par ce moyen a dévier des affections internes et chroniques.
Les fumigations qu'on administre localement sont encore simples ou composées , humides ou sèches ; ainsi on dirige sur telle partie une colonne d'eau en vapeur ou d'air échauffé. Un procédé banal pour agir sur la tète est de ht couvrir avec une serviette, tandis qu'on la tient au-dessus d'un vase rempli d'eau bouillante. On y a recours très-fréquemment pour remédier aux rhumes de cerveau ou coryxas : cette fumigation produit une excitation très-vive, et dont l'action nous parait être phitôt nuisible qu'utile. On a plusieurs fois tenté de diriger dans la poitrine des lumigations, afin de combattre les affections pulmonaires; l'expérience n'a jamais confirmé les espérances fondées sur cette médication, qui parait d'abord très-rationnelle , et qu'il est facile d'administrer. D* Cinanonjcita.
FUMISTE, ouvrier qui s'occupe du soin et de la construction desc hem i née s, poeli-s, fourneaux et calorifères. Le fumiste construit les Aires, pose les rideaux , les tuyaux, place les grilles, ramone les cheminées, etc. Ses outils sont le roarteau-hacltette des maçons, avec lequel il taille surtout la brique, la truelle, un petit râteau a main avec lequel il gratte l'intérieur des cheminées, une échelle et des cordes. U commande en général à un tôlier les objets de tôlerie dont il a besoin. Il marche sur les toits, grimpe dans les cheminées avec Padresse d'un chat ; mais en général il est routinier. Du reste, il faut le dire, les savants se sont peu occupés des moyens de découvrir et de faire disparaître les causes qui rendent les cheminées fumeuses ; et quoique les sciences physiques et chimiques aient fait des progrès extraordinaires, l'art du fumiste est encore très-imparfait ; à Paris, U plupart des fumistes sont italiens.
Fl!MIVORE( dc/umus, fumée, et vorare, dévorer). Ainsi qu'il a été dit à l'article Ftruéc, si le combustible était complètement brnlé, Il ne monterait dans le tuyau de la cheminée que des fluides invisibles et point salissants. Comme il est impossible d'atteindre ce bot dans les foyers ordinaires, on s'est livré à la recherche de systèmes de calorifères dans lesquels la fumée , traversant de haut en bas la masse du combustible, puisse sortir débarrassée de toute impureté salissante. Dalesme est le premier qui, en l'année 1680, ait tenté avec quelque succès une expérience de ce genre : son appareil était simplement im tuyau composé de trois parties, une horizontale et deux verticales. Le tnyau horizontal était éebancré en son milieu et portait un bout de tuyau qui servait de fuyer. C'est là que Dalesme plaçait le combustible, lequel produisait de la fumée I Pordinaire quand les orifices supérieurs des tuyaux verticaux étaient fermés; mais si l'on ouvrait un de ces orifices, la fumée plongeait dans le combustible, s'y brûlait, et il ne sortait par l'orifice ouvert que des fluides invisibles, pourvu que le (eu fût alimenté par deux petites bâches; car, chose singulière, sitôt qu'on retirait une de ces boches, la fumée paraissait, elle disparaissait quand on remettait la même bûche. Les combustibtes qui répandent naturellement certaines odeurs les perdaient dans cet appareil, mais seulement au moment on le feu était bien allumé. Il ne se produisait pas de fumèc
FUMIYORE — FUNÉRAILLES
non plus lorsque les deux orifices étaient ouvert*; alors le courant des gaz ascendants se partageait entre les deux j tuyaux verticaux, pourra qu'ils eussent la même hauteur et ta même température.
Nos grands appareils /umivores ont depuis été bien perfectionnés. On peut les ranger en trois classe* : 1° ceux dans lesquels, sans rien changer d'ailleurs au fourneau, on brûle la fumée au moyen d'un ou de plusieurs jets d'air arrivant par des ouvertures ménagées en diverses parties du fourneau, ou à l'aide de l'appel de la cheminée; 2° ceux dans lesquels on fait usage de courants d'air forces ou de jets de Tapeur ; 3° ceux qui sont pourvus, soit de plusieurs grilles, soit d'une seule grille mobile avec trémie ou distributeur mécanique le chargement du combustible. Les appareils de la lasse sont les plus simples et les moins coûteux.
TKVSSàDKE.
FUNAMBULE. Voyez Dakseu* du Cobde.
FUNAMBULES (Théâtre des). Ce petit théâtre du boulevard du Temple fut ouvert par tolérance en 1816. On y dansait sur la corde et ony jouait des pant omiraes. La révolution de 1830 lui permit de supprimer les danses de corde ; mais il eut le bon esprit de ne pas renoncer k ses |iantomimes , arlequinades où le jeu spirituel et fin de son mime, Deb ureau , suffît longtemps pour attirer un public nombreux. Bien plus, les dispensateurs de la renommée s'étant épris du célèbre Pierrot, amenèrent à son théâtre les gens désœuvrés et les curieux Jaloux de suivre la foule. Cependant, en 1»45, le préfet de police menaça l'existence de ce spectacle populaire. On disait alors qu'il y avait trop de théâtres à Paris : on pensa naturellement â fermer les plus petits; et puis la salle des Funambules n'était pas dans les conditions d'isolement exigées par les règlements. Pierrot eut de bons défenseurs; la mesure fatale fut ajournée. La révolution de Février survint, et l'on n'en parla plus. Mais le théâtre des Funambules perdit son Pierrot bien aimé. Heureusement qn'un de ses (ils a recueilli son héritage, et conserve k la génération actuelle le plaisir de la pantomime enfarinée. L. Louver.
FUNDUK. Voyez Fokdouce.
FUNÈBRE (Oraison). Voyez Oraison Funèbre. FUNEBRES (Jeux ). Homère et Virgile offrent de bêles descriptions de ces jeux. Pline en attribue rétablissement à Acaste et à Thésée, qui fondèrent dans l'isthme de Corinthe des jeux à la mémoire d'Archémore. Les Romains , imitateurs des Grecs, ajoutèrent & la pompe des funérailles des combats de gladiateurs, appelés bustuaires. Les jeux funèbres étaient les seuls qu'on pût faire célébrer sans être magistrat. On y assistait vétu de noir; les femmes en étaient exclues. Dans ceux que P. Scipion, le premier Africain, décerna dans Carthagc à la mémoire de son père, on rit des individus de haute extraction se présenter pour combattre à la place des gladiateurs. Deux princes africains, Corbis et Orsus, profitèrent de l'occasion pour décider par la voie des armes à qui la ville d'ibes, qu'ils se disputaient, serait adjugée , et ils luttèrent à outrance à la vue de l'armée romaine. Les jeux funèbres se nommaient aussi novemdiales, parce qu'on les célébrait ordinairement neuf jours après la mort. Us étaient militaires, ayant été imaginés dans l'origine pour honorer la mémoire des guerriers, ou substitués plus tard aux sacrifices de prisonniers et d'esclaves.
Th. Delbare
FUNÉRAILLES (do latin /mus, au pluriel /unera, ou /unes, funiculi, torches , cierges; ou du grecçovo;, mort ). Ce sont les cérémonies dont on entoure le cercueil de l'homme; c'est le dernier devoir rendu à celui qui a cessé de vivre. L'histoire atteste que partout, dans tous les temps, le cul le des morts a été consacré par la religion, la morale et les lois. Chez les Égyptiens, à la perte d'un roi le deuil était général pendant soixante-dix jours, on interrompait le cours de la justice, les temples se fermaient; aucun jeu n'était célébré. Tout le monde s'abstenait de bains, de longs repas, de vin, même de nourriture cuite. Une fois cha-
que jour, les cheveux souillés dépoussière et le visage teint de sang, 300 personnes , hommes et femmes, parcouraient la ville, remplissant l'air de "émissenienls et chantant les belles actions du roi. Les mêmes cérémonies s'observaient, sur une échelle plus restreinte, dans les funérailles privées. 11 y avait dans toutes cela de particulier que les femmes, séparées des hommes, se couvraient le visage d'ordures, et, suivies de leurs voisins et de leurs proches, erraient, les seins nus, par les rues et les carrefours, se irappant la poitrine et se déchirant les joues. Les Égyptiens embaumaient leurs momies pour leur faire traverser le lac Achérusie. Auparavant, quarante juges, assis au bord du lac, examinaient les bonnes et les mauvaises actions du défunt. Chacun avait le droit de l'accuser devant les juges et de révéler les secrets qu'il connaissait de lui. Les rois eux accuses par le dernier de leurs sujets
Les funérailles des Hébreux étaient moins longues, niai* presque aussi solennelles. Elles duraient sept jours pour les deuils privés, et se prolongeaient quelquefois jusqu'au trentième jour pour les princes et les rois. Pendant ce temps, les Juifs jeûnaient, s'arrachaient les cheveux ou se les rasaient en tonne de couronne. Us marchaient pieds et tète nus, et couchaient sur la cendre , se revêtaient d'un dlice tissu de poil de chèvre et de chameau. Leur douleur s'exprimait par des lamentations et des hymnes funèbres en l'honneur du mort dans le genre des plaintes de David sur Saul et Abner, ou de Jéremie sur le roi Josiat; des femmes, appelées lamentatriees, chantaient ces hymnes. L'Évangile nous apprend en outre qu'il y avait des joneuri de flûte , loués pour mêler le son de leurs instruments a» bruits de la foule dans la maison du mort. Le corps, embaumé d'aromates et de parfums précieux, était enveloppé de linceuls ; un suaire couvrait la tète, et on le portait ainsi au milieu des cris de douleur, dans le monument. Quelques passages du Livre des Rois, des Paralipomènes et de Jérémie nous apprennent qu'on brûlait aussi quelquefois les corps.
Les anciens peuples pratiquaient, en général, des funérailles longues et solennelles; il en faut peut-être excepter les Perses, qui, au dire de Diodorede Sicile, de QuinleCurce, de Sextus Empiricus, de Strabon, avaient d'étranges cérémonies : à la mort de leur roi, par exemple, ils éteignaient partout le feu sacré , et pendant cinq jours se livraient î toutes les sortes de débauches. Les Thraces riaient et jotiai. ut anx funérailles : ils n'avaient de pleurs qne pour 1rs enfanh & leur naissance, regardant sans doute la mort comme le terme des maux qui commencent avec la vie. Les Troglodytes attachaient la tète du mort à ses pieds et lui jetaient de> pierres, avec de grands éclats de rire , jusqu'à ce qu'il en fût tout couvert ; alors, sur le monceau, ils plaçaient une corne de bouc, et se retiraient joyeux dans leurs antres. Bien des fables ont été inventées sur les funérailles des peuples anciens les moins civilisés. Les Massagètes, quelque» tribus de l'Asie, les Sidoniens, les Indiens, les habitants du Pont et du Caucase, les Hircaniens, auraient, à en croire ces récits, dévoré leurs parents, ne sachant mieux les honorer qu'en leur servant de tombeau. Quelques nations alors presque sauvages, entre autres les Ethiopiens, les jetoienl aux poissons, qui en faisaient leur nourriture habituel!'', voulant leur rendre ce qu'ils en avaient reçu , comme nous rendons a la terre les corps qu'elle a formés.
Us Grecs et les Romains ne le cédaient en rien dans le deuil extérieur aux Égytiens et aux enfants des patriarches. Dès que les Grecs avaient fermé les yeux du mort, mis dans sa bouche la pièce d'airain pour Caron, Yobole , le S**1' xtj, ils le lavaient avec de l'eau Uède mêlée de vin , versaient
, et le déposaient sous le
de l'huile
vestibule de la maison, revêtu de ses plus beaux habit* , couronné de (leurs, couché sur un lit, à côté duquel on déposait un vase plein d'eau et un pinceau formé de chevetn. La religion catholique a conservé de ces usages. Des horurm-s que les Grecs »nn*u»«*t teOtuot. Après eux,
f TNERAILLES.
Jes femmes , tour A tour, à commencer par le* plus proches parentes, s'avançaient, et, tenant d'une main la tête du mort , donnaient avec l'autre tous les signes d'une vive douleur , déchirant leurs vêtements et leurs seins , répandant sur le cadavre leurs cheveux coupés, souvent même arrache*. Les hommes se coupaient la barbe et les cheveux , ne conservant qu'une petite couronne comme les Hébreux. Alexandre, qui pour les funérailles d*Éphestion dépensa environ sept millions de notre monnaie, lit raser non-seulement la hommes, non-seulement les chevaux et les mulets, mais encore plusieurs villes. Dans les principale» contrées de la Grèce, ces cérémonies duraient neuf jours; le dixième, on brûlait le cadavre et l'on en recueillait les cendres. Cepcn- <U«t, l'inhumation y fut plus usitée que partout ailleurs. Quand on brûlait le corps, des hommes, vêtus de deuil, la tête voilée, précédaient le défunt, que suivaient des femmes sous les mêmes vêtements lugubres, mais le visage découvert et les cheveux épars. On marchait au bruit des tintes et des cymbales. De* chants tristes s'élevaient ça et là; tous les assistants jetaient des fleurs sur le cercueil , et l'on portait ks armes , les vêtements et les bijoux du mort, avec les préteotsdeses proches et de ses amis. Le cadavre était déposé sur tr bêcher, qu'on avait couvert de fleurs. Les prêtres immolaient des victimes, dont Us versaient la graisse sur le corps, afin qu'il brûlât plus vite ; ils plaçaient encore autour, des vases pleins de miel et d'huile. Si le défunt était un grand eênéral, douze captifs étaient égorgés, comme des animaux, pour lui servir d'esclaves chez les morts , et le feu consumait les rie limes , les présents et les rameaux verts qu'on jetait au bûcher, en signe de la victoire remportée sur les peines de la vie. On se retirait en prononçant a haute voix le nom du trépassé , auquel on disait un éternel adieu ; puis le lendemain on enfermait dans des urnes mortuaires les rendre» et les os. Les cérémonies funèbres étaient encore suivies de sacrifices commémoratifs, de libations, de festins, de jeux, d'apothéose*.
Les funérailles des Romains ressemblaient beaucoup à celles de* Grecs : elles variaient suivant l'âge, la condition, le lieu et le genre de mort. Le» enfants qui n'avaient pas encore de Atats ne pouvaient aspirer à l'honneur ni d'une oraison troébre ni d'un bâcher : les parents les suivaient avec des torthe*. Nous voyons dans Ovide que les mères elles-mêmes porUjrmt leurs petits enfants. Pour les jeunes filles qu'une mort prématurée enlevait à leur famille, les funérailles étaient tumultuaria, c'est-à-dire faites à la hâte, en quelque sorte improvisées. Les joueurs de flûte assistaient aux funérailles de ceux qui mouraient dans un Age moyen ; la trompette précédait les morts dans un Agé plus avancé. On portait les femmes à bras, les hommes sur les épaules. Les pauvres et les plébéiens étaient livrés A quatre vespillcs pour être brûlés ou inhumés sans pompe, tandis que rien n'égalut la munificence et la somptuosité des funérailles des riches. Ceux qui mouraient A l'armée ou en exil, étaient privés des cérémonies dont ils auraient été l'objet dans leur patrie; car U loi des Douze Tables défendait de recueillir les os d'un mort pour lui faire ensuite des funérailles. Mais on permettait de couper un membre d'un guerrier mort, et de lui rendre les honneurs funèbres, en l'absence du reste du corps. Les cendres pouvaient aussi être rapportées dans la patrie. Les cérémonies différaient enfin selon le genre de mort : ceux qu'avait frappés la foudre étaient confies aux aruspices , qui les axiv raient seulement de terre. Mais on viola quelquefois la loi de Huma à ce sujet : ainsi , nous lisons que Pompée Strabon, père du grand Pompée, obtint des funérailles publiques, quoiqu'il eut été tué par la foudre. Comme c'était une bonté de se suicider, les Romains avaient coutume , en convoquant leurs amis pour les obsèques, de les avertir que le défunt ne devait la mort ni à la violence, ni à un ■ncurtre, ni au poison.
Leur deuil public et particulier était, a peu de chose près, eHtii des Égy ptiens et des Grecs. Comme ces derniers, ils lavaient «t embaumaient les corps. Comme eux aussi, cou-
vrant le mort de vêtements convenables à sa condition et A sa dignité, ils le plaçaient dans un vestibule de manière à ce qu'il semblât regarder dehors, les pieds tournés vers la porte. Près du lit étaient une cassolette où brûlaient des odeurs, des torches en cire allumées, et un vase d'eau lustrale. Le gardien du mort était un des membres de la famille des Ubitmaires, ou ministre de Libitine, déesse qui présidait aux funérailles. Des serviteurs en deuil entouraient le cadavre et renouvelaient leurs cris de douleur avec ceux qui arrivaient. On lisait an peuple , ou l'on affichait A la porte de la maison , des éloges composes par des poètes et des orateurs en l'honneur du délunt. Dès qu'une semaine s'était ainsi écoulée, on invitait le peuple aux funéralles par ces paroles : A. Quirts letho datusest; ad exequias quibus est commodum ire, jam tempus est ; Ollus ex xdibus e/Jertur. Le corps était porté sur un lit entouré de somptueuses draperies ; des sonneurs de trompettes le précédaient, mêlant des chanta lugubres aux sons tristes de leurs instruments. Ces trompettes étaient regardées comme souillées, et devaient être purifiées deux fois l'an, le 10 des calendes d'avril et de juin, par l'immolation d'une jeune brebis. Puis , venaient les amis, les insignes glorieux, les présents, etc., comme chez les Grecs. Plus il y avait d'affranchis, plus les cérémonies étaient pompeuses.
A tant de choses graves se mêlaient malheureusement d'autres choses grotesques : Devant le lit funèbre dansaient les mimes ; l'arcbunime, représentant le délunt, imitait ses gestes, sa voix, ses manières. Cette danse, souvent indécente, s'appelait sicinna. Des hommes, ordinairement les plus honorables de la cité, portaient le lit du mort sur leurs épaules. Quelques sénateurs et des vestales portèrent Sylla; des envoyés de la Macédoine , Paul -Emile ; Mélellus fut porté par ses sept fils, dont trois étaient consulaires, deux avaient triomphé, un avait été censeur, et le dernier exerçait encore ia préture. L'héritier du mort, avec ses longs vêtements noirs A franges de pourpre, menait le deuil; derrière suivaient les femmes, marquant leur douleur par les signes que nous avons décrits chez les Hébreux et les Égyptiens; enlin , le peuple , avec des torches, des cierges , des habits noirs, fermait la marche. Quand on arrivait A la tri b .no aux harangues, le cortège s'arrêtait pour entendre l'oraison funèbre, faite par un parent ou un ami. Lorsque le corps était arrivé sur le bâcher, ordinairement conqiosé de l>ois odorants et en général consacrés aux morts, on l'arrosait de divers parfums. Celui qui avait fermé les yeux du mort les lui rouvrait, afin qu'il regardât le ciel, lui versait dans la bouche un breuvage, et lui disait le dernier adieu, qu'on répétait ordinairement ainsi : Vale, vale, vale! nos te m dine qvo natura permiserit sequemur. Le reste ressemblait beaucoup aux cérémonies des Grecs, si ce n'est que les Romains avaient de plus que les Grecs des combats de gladiateurs ( voyez Bustïahxks ), et que le sang humain, qui avait déjà quelquefois coulé sur leurs bûchers, coulait encore après dans des jeux funèbres. Les sacrifices s'appelaient ferix ; ils comprenaient tes novemdiales, les denïcale» , les tertim, les trigesinuc , les ferulta , et le* i«ferix.
Les Gaulois avaient des funérailles presque aussi magni. tiques que les Romains; mais elles étaient de longue durée.
Dans les temps modernes , comme sous la domination romaine, comme chez tous les peuples du monde, A de rares exceptions près, les derniers devoirs rendus aux morts ont constitué un culte solennel et poétique. Ceux qui ne l'observaient pas étaient regardés comme des sacrilèges, comme des infâme*. Les peuples les plus féroces oubliaient leur cruauté A ces) moments suprêmes. Les Cannibales se réunissaient pour pleurer un jour et une nuit ; et , comme ta plupart des nations sauvages, ils emportaient avec eux les os de leurs pères. Les voyageurs dans la Nouveau Monde nous ont révélé l'histoire de bocages de ta mort, les femmes suspendant leurs enfants morts aux branches couvertes de fleurs et de verdure, coutume que pratiquaient, du reste.