GRISOU
l'admission du Paya des Grisons dans la confédération en qualité de 15* canton, qui eut lien en 1603.
Après la Restauration, ce canton se donna, le 1 1 novembre 1814, une constitution, devenue la base de celle qu'on adopta le 19 juin 1820, et dont voici les dispositions principales : Partage des trois lignes , au point de vue politique, en trois droitures, ou juridictions supérieures , réparties en juridictions ordinaires. La puissance executive appartient aux conseils communaux et aux communes, qui décident en dernier ressort sur les lois civiles, les traités politiques, les alliances et les augmentations d'impôt qui leur sont proposés par le grand conseil. Ce grand conseil se compose de soixantecinq membres élus, parmi les citoyens de la ligue dont ils font partie, parles citoyens des droitures supérieures et ordinaires. Une commission de neuf membres, trois pour chaque ligue, prépare les affaires qui doivent être soumises au grand conseil. Les droitures ordinaires et supérieures élisent les différents fonctionnaires chargés de l'administration, de la police, de la justice et de tout ce qui se rapporte aux intérêts des communes. Un tribunal cantonal supérieur complète l'organisation judiciaire. Le canton des Grisons, avec la constitution qui lui est propre, forme donc au milieu de la Confédération Suisse un État confédéré à part , une confédération particulière dans des proportions moindres. Pour obvier peu à peu aux inconvénients d'une décentralisation excessive, dont le résultat immédiat est le nombre beaucoup trop grand des fonctionnaires publics, il s'était formé dans ces derniers temps un comité de réforme, composé des hommes les plus honorables; et c'est grâce à ses etforts qu'on est parvenu à introduire enfin quelques innovations utiles. Mais lors de la révision de la constitution, qui a eu lieu en 1850, il n'a pas été possible d'en supprimer l'article qui, pour toute modification à introduire dans la constitution, exige la sanction des deux tiers des voix dans chaque commune. En revanche , on a réussi a réorganiser le système judiciaire, en substituant des tribunaux de cercles aux ancienne juridictions ordinaires et supérieures ; de même, le petit conseil a été remplacé par une régence armée de pouvoirs plus précis et plus étendus. Le canton a été divisé en quatorte arrondissements , et ceux-ci subdivisés en cercles ; division politique devenue également la base du système électoral. Malgré la résistance opiniâtre opposée par un clergé ennemi des lumières, on a aussi beaucoup fait dans ces dernières années pour les progrès de l'instruction publique, en créant on comité d'éducation composé mi-partie de catholiques et de réformés , en fondant des écoles cantonales à l'usage des deux confessions, enfin en améliorant sensiblement la position des instituteurs primaires. En 1851, par suite de charges extraordinaires, le budget des dépenses du canton s'éleva à 360,290 florins, et se solda par un déficit de 11,775 florins (un peu moins de 20,000 fr. ).
GRISOU. Dans les mines de houille, il se forme souvent des exhalaisons meurtrières connues sous le nom de feu brisou ou orijou. Ce sont des vapeurs gazeuses (gas hydrogène carboné), que l'on rencontre dans les endroits des mines où l'air est stagnant, et comme encaissé dans le fond d'une galerie. Elles paraissent sous la forme de nuages grisâtres ou de flocons blanchâtres assez semblables à des toiles d'araignée. Leur contact avec la lumière des lampes dont se servent les ouvriers suffit pour qu'elles s'enflamment aussitôt avec un fracas et une explosion épouvantables.
Il existe plusieurs procédés pour se garantir du feu grisou. Il suffit souvent d'établir un courant d'air ou d'agiter ces sortes de toiles d'araignée, pour les mêler à l'air avant que le gaz ail pu s'enflammer; en d'autres occasions, il ne reste plus aux ouvriers, pour l'éviter, que de se jeter ventre à terre ; cette vapeur, étant plus légère que l'air atmosphérique, passe sur leur dos sans leur faire de mal. Dans certaines mines plus pernicieuses, il est nécessaire de prendre de plus sûres précautions. On y fait descendre avant les autres un homme couvert d'un linge mouillé ou de toile
cirée, ayant un manque avec de* jeux de verre. Cet homme «eut uoe perche, au bout de laquelle est une lumière ; il s'approche en rampant de l'endroit où se réunissent les exhalaisons pernicieuses ; bientôt l'inflammation et la détonnation s'annoncent avec un bruit de tonnerre, et la galerie est purifiée. Néanmoins le feu grisou fait chaque année de nombreuse* victimes, et c'est pour éviter les accidents produits par son explosion que Davy Intenta la lampe de sûreté. RiCHFJt CilllVE. Voyez Mfjiie.
G II I VOIS. Ce mot était nouveau dans notre langue à la lin du dix-septième siècle : M. de Caillères, qui lit un livre si curieux sur /« mots à la mode de son temj»s, se moque de celui-ci. comme d'un terme Insolite, auquel il ne faut pas donner droit de bourgeoisie ; et Uoursault, qui lit, lui aussi, une amnilic sur les mots à la mode, u'v introduit le mot grirots qu'en raison de sa nouveauté et en le souti-
GRISOU - GRŒNINGEN
sud-ouest an bassin de la Vislule, au nord à celui du Niémen, et au sud-est à celui du Dniepr. Le premier de ces
Quand il* out à leur téle un joli gruéral, Il n'est pour In grii vis aucun plaisir égal.
Dana ces vers, d'ailleurs, grivois est employé dans le sent de sa signification primitive. Ce mot en effet avait d'abord servi à désigner dans les années ces soldats pillards qui vont partout maraudai»! et picorant, comme les grives dans les vignes, et qui se gorgent de butin, comme l'oiseau gourmand se soute de raisin. Sous Louis XIV, tout soldat voleur et rusé était un grivois ■ Il trouva, dit Ménage, un grivois, qui s'approcha fort modestement do lui, et s'insinua tellement sous sa brandebourg, qu'il s'en trouva revêtu , et le pauvre M. du Péricr resta eo jnste-au-corps. » Par suite le sens du mot s'étendit, et on l'employa pour désigner tout d'humeur libre, éveillée, hardie; Gresset l'entendit si quand il dit, à propos de Vert' Vert :
Mais force fat au griwii dépité D'être conduit au gilc détesté.
Une fille de mauvaise vie, toujours en débauche avec le» grivois, les soldats et les gueux , fut uue grivoise, comme nous l'apprend une vieille chanson, dout Béraager a rajeuni le refrain :
Et la grivois» avec eux , Virent les giieuv I
Ce nom joyeux de grivoise (ut même donné alors à une aorte de tabatière, munie d'une râpe pour réduire le tabac en poudre, et dont le premier modelé était venu de Strasbourg en 1670. Plus tard, lorsqu'il passa dans la littérature, le mot grivois servit à désigner ce genre de chansons joyeuses et avinées ilans lesquelles le poète, accommodant ses vers au rhythme le plus facile, retranche ou élide les voyelles muettes qui gênent ou allongent l'hémistic
Ils le
a dit Scarron, fort expert en ce genre de littérature, si voisin du burlesque. Quelques chansons dcDésaugiers, d'Armand Gou ffé, cl même de Déranger, sont des modèles Ae style grivois. Edouard Foirmëd.
GROC110YV, bourg de Pologne, dans le gouvernement de Mazovie, est demeuré célèbre par le combat acharné qui s'y livra le 25 février 1831 , entre l'année polonaise, commandée par le général Skrzyne cki, et l'armée russe, de beaucoup supérieure en nombre. Si les Polonais ne remportèrent point la victoire dans cette meurtrière affaire, du moins ils ne furent pas non plus vaincus. En effet, des torrents de sang y furent versés sans que l'un ou l'autre parti put s'attribuer exclusivement l'honneur de la journée.
GKOU\0» l'un des gouvernements de la Russie occidentale, jadis (Kirtie intégrante de la Lilbuanie, compte une population de !i 10,000 âmes, répartie sur environ 472 inyriamèlres carrés. Son sol, généralement plat, appartient au
tleuves reçoit les eaux du Boug et de ses affluents, la I et la Mnchawiza, et celles do Narew et de ses. affluents , la Koluna et la Narewka. Le second reçoit les eaux de la Schtschara et de la Zelva. I>a Iasiolda se jette dans le Prscfcipietz, affluent du Dniepr. Parmi les nombreux lacs que renferme ce gouvernement, les plus considérables sont cem de Sporowko, de Bielo, et de Bobrovriczko. Au sud on rencontre une quantité énorme de marais, quoique des essais de dessèchement en aient déjà transformé bon nombre en riches pâturages. Loin des cours d'eau, le sol est lé#er H sablonneux, ailleurs argileux et en général assez fertile. Le* principales productions sont l'orge, les légumes, les fruits, I* lin, le chanvre, le houblon, le bols. Le gibier abonde dans les vastes forêts, où l'on rencontre des sangliers, des loup* des ours ; et il existe encore des aurochs dans la celèbrr forêt deBialowici. On engraisse beaucoup de gros bétail ; on élève des moutons d excellente qualité et beaucoup d'abeilles La fabrication des draps, des chapeaux, du papier, * la préparation des cuirs sont les principales branches d'industrie. Les grains, la laine, le cuir, le houblon, le miel et la cire constituent les articles d'exportation les plus importants. Les habitants, d'origine rtisniaque, lithuanienne et polonaise, professent pour la plupart la religion catholique ; cependant on y rencontre aussi quelques grecs et quelques joiK GRODNO, chef-lieu du gouvernement, ville bâtie sur h rive droite dn Niémen, a environ 20,000 habitants, dont no grand nombre sont Israélites, onze églises, dont une luthérienne, plusieurs synagogues, denx châteaux-forts, use école noble de cadets, plusieurs fabriques de draps, *? soieries et de fusils, et est le centre d'un commerce fort actif, tout entier aux mains des juifs, et qu'alimentent des foires considérables tenues à Grodno k diverses époque» de l'aimée. On voit dans la ville plusieurs hôtels en rame* et appartenant & d'anciennes familles lithuaniennes.
Cest k Grodno que mourut, en 1586, Etienne Bathori, dans le château même qu'il avait fait construire. C'est encore dans cette ville qu'en 1793, après une longue résistance, la diète souscrivit au deuxième partage de la Pologne, et qu'en 1795 StanislavAuguste déposa sa couronne GROEMtVGEN on GRONINGUE , la province b ptos septentrionale du royaume des Pays-Bas, bornée par la mer dn Nord, k l'est par le Hanovre, à la Frise et au sud par la Drenthe, d'environ 29 myriamètres carrés, dont une partie se i pose de marécages presque imprtHtrables, mais dont k reste est d'une fertilité extrême. On y compte 190.00© habitants, généralement d'origine frisonne, dont l'élève dn bétail et la pèche forment les principales industries, et qui, A l'exception d'un petit nombre d'anabaptistes et de deux communes catholiques, appartiennent k la confession réformée. Cette province forme trots arrondissements : Grrrningen, Appingadam et Wlnschcten.
GRŒX1NGE7I, sur la Hnnse, chef-lieu de la province, est bâtie à cheval sur l'Aa et sur le Long Canal, qui y ferme un bon port. C'est une ville bien construite, et dont la po pulatlon est aujourd'hui de 36,000 habitants. On y trouve des raffineries de sel, des fabriques de céruse, do savon, de euh* et de papier, des filatures de lin et des chantier* de construction. Elle est le centre d'un commerce fort actif en produits du pays, et surtout en céréales. Jadis défendue par dix-sept bastions , Grreningen n'a pas moins de dix-huit ponts ; elle possède une université fondée en 1 AÏS, mais dont les cours ne sont guère suivis que par 300 étudiants, use bibliothèque publique, un jardin botanique, un institut de sourds-muets, une école d'architecture, enfin une écoie de dessin et de marine, et diverses sociétés savantes. Ses plus remarquables édiflees sont la cathédrale, placée sous l%i vocation de saint Martin, dont on admire le clocher, ttaut de 1 1 1 mètres, et l'orgue magnifique, l'hotrf de ville, bâti sor une place qui a 140 mètres de largeur sur 735 de longueur ;
GRÛENINGEN
Incontestablement la plus belle qu'il y ait en Hollande; enfin, la Bourse.
GIUJEXL.WD. Do sommet du pôle arctique descend vers notre Europe une terre Apre et désolée ; une croûte de gJaces el de neiges éternelles la recouvre, ne laissant à découvert que la frange maritime, où percent d'affreux rochers; elle se projette comme une grande péninsule en face de P J s I a n d e et des côtes de la N o r v ége. Quelles sont ses limites? Au nord, elle se cache sous la calotte glacée du pôle; à l'est, elle se perd dans les bancs de glace, vis-àvis du l'ium ark et de la Laponie; au sud, la pointe des Adieux la termine , par 60" de latitude ; à l'ouest, elle longe le détruit de Davis, la merde Baf fin, et va, en rampant wjus des inoutagnes de glace, rejoindre sans doute des régions froides et inexplorées de l'Amérique septentrionale. On la nomme Groenland [terre verdoyante) : les matins de la Scandinavie, habitués à leurs mers dures et brumeuses, à leurs noires et stériles roches , purent seuls trouver un nom si gracieux pour cette contrée de malheurs. Quelques arbustes rabougris , des mousses et des herbes tapissent les lieux abrités , et sont toute sa végétation : là le soleil se montre toujours pale et à travers un épais rideau do vapeurs ; là cesse notre période diurne de vingt-quatre heures; car si pendant l'été le soleil ne Ta pas chaque jour chercher sa couche sous l'horizon, pendant l'hiver aussi il oublie souvent de venir saluer le réveil des habitants
Le Grœnlandais occupe presque le dernier degré dans l'échelle de la race humaine; il est de la famille de l'Esquimau, dont il a la taille , le port , les habitudes et le langage : comme celui-ci , il se tient sur la côte, oii la mer lui fournit une pèche abondante; car les glaces du Groenland sont les parages d'affection des baleines, du narwal, dont la corne est révérée par la superstition, des veaux marins, du saumon, et d'autres tribus innomblahles de la mer. Si parfois il s'avenlute dans l'intérieur des terres , c'est à la suite des rennes ou des chevreuils blancs; une mortelle solitude s'étend sur toute la région centrale de son pays. La nonchalance et la gloutonnerie sont ses principaux vices ; l'huile de la baleine éclaire les lougues ténèbres de ses hivers, échauffe son gite et assaisonne son pain de lichen ; il vit dans la crasse et la torpeur, et ne secoue son indolence native que quand l'aiguillon de la faim l'entraîne hors de son repaire à la chasse des phoques ou des baleines.
Toutes les nations du Nord ont eu leurs chants héroïques : la Scandinavie se vante de ses skaldcs , l'Ecosse de ses bardes; l'Islande a conservé ses sagas célèbres ; le Grœnlandais n'a ni chants pour ses dieux, ni regrets, ni chants pour les ossements de ses pères; point de ces hymnes de gloire ou de douleur, tradition orale des hauts faits des temps passés, dont les mères bercent leurs enfants, el dans lesquels se résument ordinairement la science , l'histoire et la la littérature des peuples sauvages. Mais, quoiqu'il manque de ces élans de l'Ame que l'ode exprime , quoiqu'il ne sache pas se ressouvenir et chanter le malheur et l'espérance, il manie la satire et mord malicieusement. Elle consiste en petites sentences cadencées, presque toujours accompagnées de ce refrain en chœur : Amua ajah , a jah hey '.
Son langage, appelé le karalit, qui est un dialecte de la langue des Esquimaux , et dont il existe des grammaires par Égèile et par Kleinsclunidt (Berlin, 1851), n'est pas dépouillé de toute richesse , et parfois sa construction grammaticale possède une grande puissance d'inflexion. En général , tous ces peuples paraissent doués d'une merveilleuse organisation pour la musique vocale : les missionaires qui ont entrepris la civilisation de ces rudes contrées l'attestent ; ils ont composé eux-mêmes de pieux chants en langue populaire, et les (ont redire en chœurs harmonieux.
Théogènc Page, ca^itaiiic de vjîuean.
Cependant ks Grœnlandais n'ont pas même su s'élever jusqu'à la domestication du renne, et ils sont pour la plupart restés idolâtres. Ce n'est qu'aux environs des établissements danois, et là où a pu s'étendre l'influence des mis-