‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 442 sur 614 · GROENLAND · texte numérisé non relu

GROENLAND

sionnaires, qu'une espèce de civilisation a pu s'introduire parmi eux avec les lumières du christianisme. On estime leur nombre total entre 20 et M, 000, dont le tiers environ habitent dans les missions luthériennes danoises et dans celles des Ilerrnutes. Malgré leur extrême malpropreté et le degré tout à fait infime qu'ils occupent sur l'échelle de la moralité, ils ne laissent pas que d'être d'un assez bon naturel. Leurs demeures consistent en hiver en huttes étroites et en pierres, recouvertes de terre et pourvues d'une entrée fort basse, véritables cloaques toujours remplis d'immondices ; mais en été ils vivent sous des lentes. L'huile de baleine et les animaux marins de toutes espèces constituent leur principale alimentation. La pêche, qu'ils pratiquent avec beaucoup d'adresse au moyen de harpons, dans do» canots très-artistement fabriqués de débris de baleine et de narwal, est leur grande occupation; la chasse a pour eux bien moins d'attraits.

Leur religion est remarquable. Comme être suprême, ils adorent SUla ( l'air on le ciel ), qui gouverne tout et témoigne aux hommes sa satisfaction ou sa colère, suivant le mérite de leurs actions. Les autres êtres divins sont Malina et sou frère AUnurga (le soleil et la lune), qui président à la chasse aux chiens de mer. Ils adorent en outre une foule d'esprits résidant dans l'air, la mer, le feu, et présidant aux montagnes, à la guerre, aux vents, au temps. Le plus puissant de ces esprits est Torngarsouh, bon génie, dont la femme a sous sa puissance les animaux de la mer. Ils se représentent la terre comme reposant dans la mer sur des étais qui out constamment besoin de réparations , et le ciel comme appuyé sur les montagnes autour desquelles il tourne. Le premier homme provint de la terre, et la femme de son pouce. Ils croient aussi à un déluge, duquelil ne resta plus au moude qu'un seul homme; et celui-ci, en frappant d'un bâton la terre, en fit sortir une femme. Ils admettent également, après la mort, une résurrection des hommes et des animaux. Ils n'ont point de culte pour leurs dieux, et ne célèbrent qu'une fête, celle du soleil, qui a Heu le 22 février et est l'occasion d'un grand festin accompagné de musique et de danse. Du reste, leur religion se distingue parles plus grossières superstitions, soigneusement entretenues par leurs magiciens et leurs devins, qu'ils appellent angekoks. Les Gnrnlandais convertis au christianisme, qui habitent près des établissements danois, ont conservé même aujourd'hui la plus grande partie de leurs anciennes superstitions.

Le Groenland est une terre encore inexplorée; ses rivages même ne nous sont connus qu'en partie. Son existence n'était pourtant point igoréc au tem|i« de Christophe Colomb ; longtemps avant, les hardis navigateurs de la Scandinavie y avaient fondé sur la eotc orientale des établissement* , dont on se retrouve plus la trace de nos jours : si l'on en croit les sagas de l'Islande, les Scandinaves y abordèrent dès la fin du dixième siècle. Il fut découvert en »82 par un Islandais, ap|»elé Erik le Bouge, fils de Thowald, qui avait été mis hors la loi pour meurtre; et à partir de 986 il hit peu à peu colonisé par des émigrés islandais et autres Scandinaves. Ces établissements formaient deux bygdra, ou arrondissements, Austurbtjgd et WeUurbygd. En 1406 la colonie orientale se composait de 190 fermes ou villages avec 12 paroisses et 2 couvents placés sous l'autorité, d'un évêque; la colonie occidentale ne comptait que 90 termes ou villages , répartis entre quatre ou cinq paroisses ; mais à partir de ce moment l'histoire garde le silence le plus complet sur ces colonies.

La côte orientale, oh l'on croyait située cette colonie orientale et où régnait jadis une température plus douce, comme dans le reste du Gnrnland d'ailleurs (son nom même en est la preuve est devenue de plus en plus Apre, de plus en

[tins reniée par les glace*, de sorte que toutes les teutatives ailes Jusqu'à nos jours pour y parvenir étaient deineurws infructueuses. Ce fut seulement de 1839 à 1831 que le capitaine danois Graagh parvint à y pénétrer assez avant. N'ayant rencontré nulle part la moindre trace d'une colonie,

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fl en conclut que la colonie «rienlale avait dû f tre située sur te côte sud-ouest.

La co/onie occidentale, au contraire, s'est toujours maintenue ; mais elle fut longtemps négligée par le Danemark , à qui elle appartient, jusqu'à ce qu'enfin Hans Egède s'en occupa de nouveau et y fonda en 1721 l'établissement de Godhaab ( Bonne- Espérance ); et on vil bientôt, notamment k partir de 1 7 33, époqueoù ha frères Moraves y envoyèrent des missionnaires, divers établissements s'y créer, de sorte qu'on en compte aujourd'hui près d'une vingtaine sur te côte occidentale jusque par 73° de latitude nord. Us api>artivnnent tous au Danemark, qui cependant n'y entretient que quelques missionnaires et quelques fonctionnaires publics, et •ont divisés en deux inspections , celle du sud et celle du nord, comptent ensemble une population de 8,600 Ames, dont 234 Danois.

Dans la première, ou Groenland méridional , on trouve Jultanshaab, avec 7,000 habitants, et où l'on remarque encore des traces d'anciens établissements islandais; Frederickshaab , Godhaab fondé par Égède sur les rives du Baals, siège du gouverneur, Sukkerloppen et Holstenborg, ainsi que les établissements herrnutes de Lichlenau ( la plus méridionale de toutes les colonies ), de Lichten/eU, de Nyeherrnhut, etc. Dans te division du nord, ou Groenland septentrional, dont la population totale est de 2,9G9habitenU,on trouve Egedesminde,Christianshaab, Godhavn, située par le 68" de lat. nord, dans 111e de Disco, et siège du gouverneur, avec 800 habitants ; flmJakobshavn, Rittenbenk, Omanak et Upernavik, par 78° 48' de lat. nord, te plus septentrionale de toutes les colonies européennes.

Le Groenland relève de la juridiction spirituelle de l'évéque de Séelande ; les sept missions danoises dépendent du collège des missions à Copenhague, et les quatre autres de la communauté des herrnutes.

Le commerce avec le Groenland est surtout un commerce d'échange; il est fait au prolit du gouvernement danois par te direction du commerce royal du Groenland et des Iles Féroé, dont le siège est à Copenhague. En 1 849 la valeur des marchandises qu'on y importa du Danemark s'éleva k 62,107 rigsbankdalere, et celle des exportations, à 327 ,798 rigsbaukdalers.

GROG. C'est le nom d'une boisson très en usage en Angleterre et composée de rhum, d'eau cliaude et de sucre. En France, on remplace le rhum par de l'eau-de vie et aussi par du kirsch; et on ajoute au mélange une tranche de citron. C'est une boisson aussi saine que digeslive, quand on en use avec modération, mais dont l'abus a k peu près les mêmes inconvénients que toutes les liqueurs sprritucuse*. Avec quelques verres de grog on se grise tout aussi complètement que si on absorbait sans aucun mélange le rhum ou le cognac qui en est la base. Lord Byron faisait une grande consommation de grog. Quant à l'origine de ce mot, te voici pour les curieux. On dit que l'amiral Vernon ayant cru devoir supprimer aux matelots de ses équipages une partie de leur ration de rhum pur pour la remplacer par de l'eau, ils donnèrent k ce mélange très-hygiénique sans doute, tuais qui ne flattait que médiocrement leur sensualité, le nom de grog, abréviation de celui grogteain , qui il y a un siècle servait k désigner une espèce de paletot en camelot que l'amiral portait toujours k son bord, et dont ses équipage* avaient fait aussi un sobriquet à son usage.

GROGNARD. L'idée attachée de nos jours k ce mot résume toutes les gloires de l'empire. Grognard signifie, dans son acception ordinaire, une personne qui a pris l'habitude de murmurer, de grogner a propos de tout, d'avoir toujours entre les dents quelque critique k déverser sur ce qui se passe autour d'elle, que cela la concerne ou non. C'était sans doute quelque habitude de ce genre qui avait porté Napoléon k appeler de ce nom ses anciens soldats, et particul k renient ceux de la vieille garde. Il était en effet difficile que ces braves, convaincus de ce qu'ils valaient, ne se per- |

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