GROS — GROSEILLIER
le mot gros ( groschen ) pns.-a ausM m usage, tandis qu'en France il finit par tomber en désuétude et être généralement remplacé par le mot blanc. Toutefois, sous le règne de Henn 11 oa Vit reparaître sur les espèces le nom de gros, depuis longtemps oublié. On le donna à une monnaie valant 2 sous e deniers et portant pour empreinte , d'un coté, une H couronnée, accostée de trois fleurs de lis, avec la légende Henricu* Il D. G. Franco, rex. Une croix fleuronnée et la légende ordinaire de l'argent : Stt nome» Dominl benedictum, avec l'indication du millésime, marquaient le revers. Henri II fit aussi frapper des demi-gros, dits de Sesle, parce qo'ils turent monnayé* à l'hôtel de Ntslc. Chark» IX et Henri III en tirent également frapper; mais ce nom de gros avait dès Ion* disparu, pour être remplacé par la dénomination de pièces de trois blancs et de sis blancs.
Les premiers gros (groschen) qu'on ait eus en Allemagne Turent Frappés, au treizième siècle, en Bohême et en Saxe d'après le gros tournois ( de Tours ). Us étaient d'argent lin, et il en entra» soixante au marc. Au sehrième siècte , les gros étaient généralement répandus en Allemagne, ou on les différenciait d'après les attributs qui y figuraient sur l'empreinte, ou bien d'après les seigneurs qui les avaient fait frapper. Kn Prusse, le gros d'argent ( lifoerorosc/ie» ) est divisé en doute sous ( p/ennige); en Saxe, le nouveau gros ( neugroschen ) n'en compte que dix.
GROS (Antowb-Jbah, baron) , naquit à Paris le 10 murs 1771, et entra fort jeune dans l'atelier de David. Dès qu'il put marcher seul , il quitta Paris et partit pour l'Italie , oii il fut réduit, malgré ses brillantes qualités, à se faire peintre de miniatures. Gros ayant eu occasion de faire a Milan le portrait du général Bonaparte, le futur empereur l'adjoignit aux commissaires envoyés en Italie pour recueillir des objets d'art et dépoétiser ce beau pays. Dès ce moment la vocation de Gros se dessine nettement; il comprend sa mission , et se met à l'oeuvre. Son tableau de Bonaparte au pont d'Arcole ( 1801 ) attira sur lui une bienveillante attention de la part du public. La même année , Sapho à l.eucade, œuvre peu remarquable, est aussi soumise à la crilique. L'année suivante, Gros remporta au concours une victoire a laquelle les leçons de David Pavaient prépare. Le sujet est la Bataille de i> aiarrth ; sou esquisse révèle en effet le grand peintre qui doit faire les Pestiférés de Jaffa. Ce dernier tableau parait en 180«. Il excite alors l'admiration universelle : c'est un délire d'enthousiasme ; les artistes couronnent le chef-d'œuvre de branche* de palmier, et connue les vrais chefs-d'œuvre ne vieillissent point, l'admiration dure encore. Ce tableau , non moins remarquable pour la couleur que pour la composition, d'une touche large et sévère, comme David en faisait daus ses bons jours, restera, quoi qu'il arrive , un des monuments de l'école française. Puis vinrent la Bataille d? Aboutir, \e Champ de bataille d'Eylau, toile de la plus grande dimension, ainsi que les deux précédentes. En I8tl Gros donna un chef d'aiuvre dans un autre genre; nous voulons parler de François I" et Charles-Quint visitant les tombeaux de Saint- Denys.
Voici le temps où Gros se met au service de la Restauration, après avoir représenté le* gloireade l'empire, lldonno Louis XVIII quittant le château des Tuileries, Madame d'Angoulime partant de Bordeaux. N'oublions pas de citer, comme œuvre remarquable dans cette phase de sa vie, ses peintures de la coupole du Pantl>éon. II semble ici que Gros ait été absorbé par ridée d'attacher son nom d'une façon durable au beau monument pour lequel il fit ces magnifiques peintures. Gros a laissé aussi plusieurs portraits fort estimés : nous citerons entre autres celui du général Lassalle et celui du chimiste Chaplal.
Les donneurs n'ont point manqué a notre artiste : nommé chevalier de la Légion d'Honneur, par lemi>ereur, devant le tableau de la Bataille d' Kg tau, il fui fait depuis, successivement, oflfcicr de cet ordre, baron chevalier de Saint- Michel, membre de l'Institut.
s carrière par d'assez mauvais tableaux ; mais heureusement pour lui, pour sa mémoire du moins, il s'est placé dans une position si haute sous l'empire que rien au monde ne peut l'en faire descendre ; aussi ses oernicr» ouvrages ne modifieront-ils en rien son litre de grand artiste. L'immortalité lui est certes bien acquise par son tableau des Pestiférés et par tant d'autres chefsd'amvre. Gros, du reste, a cela de commun avec le grand maître dont il émane, c'est que l'un et l'autre ont commencé tableaux de premier ordre et fini par des toiles roé- , probablement par les mêmes causes. Le dieu de David, c'est la république ; le dieu de Gros, c'est l'empereur. Tant qu'ils ont reçu immédiatement le feu sacré, ils ont fait tous deux des cheb-d'mivre ; leurs idoles viennent-elles à succomber, leur œuvre se décolore et languit, et ils ne vivent plus alors que dans les souvenirs. La médiocrité de son dernier tableau ( Hercule et IHmnède, 1835 ) souleva tous les critiques contre son auteur, déchu dès ce moment de son beau talent. Cet accueil lui fut des plus pénibles. Aussi quand, le 26 juin U35, son cadavre fut retiré de la Seine, près de Meudon, le public dut-il croire à un suicide.
Paul Tiiauakd.
GROS-BEC , genre de passereaux conirostres, de la famille des fringillidées , ainsi caractérisé : Bec court , robuste, droit, conique, pointu, a mandibule supérieure renflée; narines rondes, ouvertes un peu en dessus, très-près de la base du bec et en partie cachées par les plumes frontales; quatre doigts, dont trois devant, entièrement divisés; ailes «t queue courtes ; corps trapu. Querelleurs et méchants , ces oiseaux ont dans le bec une force extraordinaire. Ils se nourrissent de graines, de baies, et, au besoin, d'insectes. Ils pondent de trois à six œufs, dans un nid né-
Ce
Le gros-bec commun (coccaiithrmtsfes milgarïs, Vieillot), vulgairement connu en France sous le» noms de pinçon royal, pinçon à gros-bec, ou casse-noyaux , est un des plus jolis oiseaux d'Europe. Il vit retiré dans les bois pendant l'été; mais l'hiver il se rapproche des vergers et des habitations rurales. Il bit sans cesse entendre un cri dur et monotone.
Le gros-bec rose-gorge ( coccauthraustes rubricollis. Vieillot), décrit par B.Hfon sous le nom de rose-gorge, habite la Louisiane et les bords du lac Ontario. C'est un bel oiseau, avant la téte, le dessus du cou, le menton, le dos, le bord extérieur des grandes et petites reetrlces d'un noir foncé ; les cotés du cou, la poitrine, le ventre et le croupion d'un bleu pur; la gorge, le devant du cou et un trait longitudinal de chaque coté de la poitrine d'un rouge éclatant.
Le genre gros-bec renferme encore un grand nombre d'espèces , quoique les méthodistes modernes en aient retiré plusieurs, qui n'offrent pas complètement les caractères énoncés plus haut. C'est ainsi que Vieillot a formé le nouveau genre chlorospiza avec le fringilla ch loris ou grosbec vrrdier de G. Cuvier.
GROS CANON, GROS ŒIL, GROS PARANGON , GROS ROMAIN, GROS TEXTE. Voues CAMscrtfts: ( Typographie).
GROS D'AUTRUCHE. Voyez Duvet.
GROSEILLE. Voues. Guoseoukr.
Ci KOSE I LLIER, genre d'arbrisseaux de la famille des ribésaciéea, offrant pour caractères : calice adhérent, a cinq divisions ; cinq pétales étales, attachés au calice; cinq étamines; ovaire inférieur; un style ; deux stigmates ; une baie globuleuse, poly sperme, ombiliquée et couronnée au sommet par le limbe du calice.
Le groseillier rouge (ribes rubrum, Linné) est ainsi nommé de la couleur de ses fruits , qui ce|>eii<Jant eont blancs dans une variété , et quelquefois rose». Quelle que soit leur couleur, ces fruit» sont Ions doués d'une acidité agréable, et c'est pour eux que l'on cultive l'arwisscau oui