‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 46 sur 614 · FUNERAILLES · texte numérisé non relu

FUNERAILLES

aussi, bien auparavant, quelques peuplades scythes, qui suspendaient au tronc des arbres les corps de leurs pères; les habitants de la Colchide, qui les plaçaient aux branches les plus élevées ; les Golhs, qui attachaient dans les branches leurs morts, mais aux chênes seulement. Chez plusieurs nations antiques, comme chez les Egyptiens, c'était se rendre coupable d'une impiété monstrueuse que de laisser un cadavre sur un chemin sans le couvrir de terre; et le plus grand des sacrilèges était de renverser des tombeaux ou de répandre (à et là les cendres et les os des morts. La lehgion catholique, en s'emparant de certaines cérémonies grecques et romaines, offre quelque chose de plus grave et de plus profondément douloureux dans ses chants lugubres du De pra/undù, du Dics irx, du Miserere , où la crainte et l'espoir luttent sans cesse, nous montrant les récompenses éternelles ou les châtiments qui n'auront pas de fin. Mais on regrettera toujours qu'une religion d'égalité ait des funérailles qui différent pour les riches et pour les pauvres; on regrettera surtout ces fosses communes ou les os des pauvres, ces amis de Jésus-Christ, dorment pêle-mêle confondus, tandis que tout près se pavanent orgueilleusement les tombeaux des riches. Les lieux des sépultures, placés aux portes des villes, ont de profondes terreurs et de salutaires enseignements. La ville des morts se trouve à la sortie de celle des vivants. Le pèlerinage est court; la vie est un chemin battu ; et les tombeaux qu'on voyait ça et là le long des voies romaines offraient également une sublime image à méditer. Victor Boheau.

FU\FK1RCIIEN (en hongrois Pécs ), siège d'évèch* et chef-lieu du roraiUtde Baranya, est une des villes les plus belles et les plus agréablement situées de la Hongrie, quoique construite sans aucune régularité et avec une extrême confusion, comme c'. lait l'usagejadis. Ses édifices publics les plus remarquables sont : la cathédrale, vaste église ornée d'un grand nombre d'autels en marbre; le palais épisco|>al, bati dans le >>ty le italien et restauré depuis peu; l'hôtel de v ille et du romitot, îe îjeée catholique, le gymnase et le séminaire Funfkirchon |M)»sède en outre de belles églises, une riche bibliothèque publique, une école industrielle, et un théâtre sur lequel on joue alternativement en hongrois et en allemand. La population, où domine l'élément magyare, et forte de 15,500 Ames, s'occupe surtout de commerce et d'industrie, dont les produits en tous genres sont vivement recherchés dans le pays. Les vastes vignobles qui entourent la ville de tous côtés et produisent un vin compte au nombre des meilleurs qu'on récelte en Hongrie , forment au^si une branche* importante d'industrie.

l'unfkirchen, ville forte ancienne, était autrefois bien plus considérable qu'aujourd'hui , et ses écoles jouissaient d'un grand renom. D'après des renseignements dignes de foi , plus de 2,000 étudiants de KunfkiiThen prirent part à la bataille de Mohaeca et 300 environ y périrent.

FUNtîINE, partie essentielle deschampjgnons. La lungine est blanchâtre , molle à l'état humide , fibro-celluleuse, d'une odeur et d'une saveur fades. A la distillation sèche, elle donne do l'ammoniaque. Quand on la traite par l'acide nitrique, on obtient du tannin, de l'acide prussique, de l'acide oxalique et use matière grasse.

FU ROULA! RE (Os). Foyes Cuivicixa.

FURET, espèce du genre marte. C'est le mustda furo de Linné. Très- vois» du putois, le furet est long d'environ o™,38 quand il a acquis tout son développement; sa queue aom,13. La couleur du poil est jaunâtre, et ce poil est a*sez touffu. Les yeux sont roses, la tête très-étroite, le museau fin et légèrement prolongé vers l'oriliee des narines, dont le bout est coupé obliquement. Les oreilles sont courte*, larges et druiles. Quelques naturalistes ont pensé que le furet n'est qu'une espèce de putois ; mais outre que la forme et les proportions du corps sont sensiblement différentes, le furet a quinze côtes de chaque côté, tandis que le putois n'en a que quatorze, et d'ailleurs ces deux ♦-spèee» «c s'accouplent point ensemble. La femelle du furet,

— FURETTÊRE

1 sensiblement plus petite que le mâle, met bas deux fois par an j de cinq à six petits. Il parait qu'elle est d'une grande saladlé. car si elle n'est satisfaite, elle meurt promptement. Les mouvements du (uret sont fort agiles et habifoeUemet saccadés. D'un naturel ordinairement assez docile, la moindre irritation lui inspire des mouvements de la colère la plus explosive et la plus singulière. Il répand alors une odeur excessivement fétide , dont il n'est absolument dépourvu dans aucun temps. Essentiellement carnassier , il suce plutôt le sang des victimes qu'il a saisies qu'il ne dévore leur chair. Le furet .si originaire d'Afrique : il a été introduit en Espagne, an rapport de Strabon , dans le but de réduire le nombre des lapins , dont , selon Buffon, cette contrée est le climat naturel. Ko effet, il est l'ennemi naturel du lapin, et quoique d'un volume trois ou quatre fois moindre, il l'attaque coiiraseusèment et le défait toujours.

Les chasseurs se servent du furet pour faire déguerpir le lapin des profondeurs de son terrier; mais si Ton ne nrosèle le traqueur , on si on ne le tient en laisse, en le liclw.il dans le terrier, on court risque de le perdre : après le repu copieux dont on lui a fourni l'occasion , il fait la ùette, et la fumée même Iqu'on dirige dans le terrier ne sefBt pu toujours pout l'obliger à sortir; elle s'échappe d'ailleurs par les ouvertures diverses du terrier. Le furet n'est jamai» qu'a demi domestique : il accepte la nourriture qu'en lui donne et prend de l'esclavage les commodités qn'U lui fournit, mais à la moindre occasion il récupère sa liberté ; lilnert»' funeste pour lui dans nos climats, car la rigueur de l'hiver le fait périr. 11 ne se propage chez nous qu'à l'aide des abris que l'homme lui fournit. On l'élève dans des tonneaux, chaudement garnis d'étoupe. Les furets dorment presque continuellement : ils ne s'éveillent que pour manger. On les nourrit de pain, de son, de lait, etc. Bxunnv ne Balmc.

FURETIERE (Autour), auteur de fables, desafire» rt de plusieurs ouvrages littéraires, n'est plus connu aujourd'hui que par son procès avec l'Académie Française , qui l« bannit de son sein, et qu'il poursuivit à son tour par des facturas remplis de fiel et quelquefois d'esprit II naquit à Paris, en 1610, suivit d'abord la carrière du barreau.et devint procureur fiscal de l'abbaye de Saint-Gerrnain-des-Pré». 11 occupa cette charge durant plusieurs années. Ayant obtenu l'abbaye de Chalivo, il y prit le* ordres, ce qui oc l'empêcha pas de cultiver les lettres avec succès. L'Académie le reçut dans son sein en 1662. Fondée en 163» par le cardinal de Richelieu, elle commençait à exciter l'ambition de* gens de lettres et à fixer l'attention publique. Chargée pars» statuts de réglementer la langue, elle ernt remplir un devoir en s'occupent de la rédaction d'un dictionnaire. C'était une net ivre longue et difficile, à laquelle concouraient ton» se* membres. Furetière , en trouvant l'exécution défectueuse, et surtout incomplète , conçoit le projet de publier un lexiqiw de sa façon. Il sollicite un privilège du graud sceau pour autoriser son entreprise. Renvoyé par le chancelier à Char* pentier, l'un de ses conlrères , il trompe sa bonne foi en lui persuadant que cet ouvrage sera exclusivement consacré à la définition des termes des sciences et des arts. Leprivilégeest accordé, et l'auteur publie un premier essai, qui, en dévoilant sa ruse, soulève contre lui l'Académie, à laquelle il fait concurrence. Cité devant une assemblée extraordinaire, il y subit un interrogatoire minutieux, et Racine , Boil*"" . alors au nombre de ses amis les plus intimes, sont chargés de le disposer à abandonner son projet. En effet, ayant pn* part à toutes les discussions, et soupçonné, non sans cause, d'avoir eu à sa disposition les cahiers du dictionnaire, il n* pouvait, sans manquer aux lois de l'honneur, entrer en ri vaille avec sa compagnie. Il persista cependant, malgré le blâme «le ses prolecteurs et de ses amis. L'un d'eux, M. de Nicolai, premier président du parlement, lui dit nettement que, comme juge et comme académicien, il ne pourrait s'empècber de le condamner : ce fut ce qui advint. L'Académie, imp obtenir son désistement, prononça aonexciiukm. Furetiète en appela aux tribunaux , qu

FURETIÈRE - FURFURACÉ privilège en 1685, et au public, qui s'amusa de ses fao |

dans cette cir-

tusm, tans approuver sa conduite. Il est fâcheux que les injures ; tiennent trop souvent la place des raisons. L a Fo ota in e surtout , qui avait cru devoir voter contre Furetière, j est abreuvé d'outrages calomnieux. Non content de le traiter dUretin mitigé, il l'accuse d'être lui-même nnstnaoent de son déshonneur, fondant cette accusation sur un de ses contes, où La Fontaine fait en badinant l'éloge de l'infidélité conjugale. Des attaques si violentes prodwnrcnt des réfutations du même genre. Il partit entre autres an dialogue en prose entre un académicien et u i avocat, «Uns lequel l'insulte répond à l'insulte et la c<lomnie à la calomnie. On y raconte comment Furetière avait escroqué a sa mère 6,000 livres pour acheter la charge de procureur fiscal de Saint-Gennain-des-Prés, puis , comment D trait abusé de sa place pour se faire résigner un bénéfice. On 7 dévoile l'artifice dont il usait à l'Académie pour s'approprier des jetons sans assister aux stances. Bref, on y passe en revue toute sa vie, que l'on sème de bassesses et d'infamie» A la guerre des factuins se mêla celle des épigrammes, dont la violence grossière dépasse toute mesure. Cette longue querelle dura jusqu'à la mort de Furetière, arrivée en 1688.

Il n'avait pas en la satisfaction de voir la fin de son procès et l'impression de son dictionnaire, qui ne fut publié en Hollande qu'en 1690. Augmenté par Basnage et d'autres sa rant» lexicographes , cet ouvrage peut encore être consulté avec fruit. De toutes les autres productions de notre auteur, la seule qui se lise encore est son Roman bourgeois, peinture assez amusante des mœurs et des ridicules de celte classe , alors si différente de celle de nos jours, (juant à ses satires rimées et à ses fables, elles sont tombées dans l'oubli, quoique fauteur se glorifiât d'avoir inventé les sujets de ces dernières, tandis que La Fontaine ne pouvait se glorifier que de son sfyle. Son Histoire des troubles arrivés au royaume d'éloquence est une allégorie trop obscure maint'iiunt pour intéresser le lecteur. La prose de Furetière, plus vive et plus précise que celle de ses contemporains, mérite sous ce rapport d'être remarquée. Lié avant son procès avec Racine , Boileau , La Fontaine , Molière , il brillait dans leurs réunions par la vivacité de son esprit. Racine loi doit, dit-on , quelques bons traits de ses Plaideurs, et ueulUplos grande part à cette débauche d'esprit, attribuée attapTéuix, dont la perruque de Chapelain est le sujet.

S*iNT-Paosrai jeune.

FlUECR, de nuo> ou/ïre, le feu. Ce>t en effet comme un feu dévorant les entrailles, qui allume la fureur dans les passions violente», la colère, la vengeance, l'amour, la jalon*»» , la haine, le désespoir , et même le fanatisme reli fpeav, patriotique et militaire, poussé à l'excès. Outre ces casses morales, la fureur peut être suscitée ou déterminée par des moyens physiques : une faim rongeante ravit les carnivores, et.méme les animaux les plus pacifiques, jusqu'à la fureur et a une sorte de rage. L'énérgie du besoin de ta propagation pendant l'époque du rut citer, beaucoup d'animaux échauffe la furie belliqueuse entre les mâles rivaux. Il » a des Jureurs utérines, ou nymphomaniaques dans plusieurs femelles, comme cher, les filles de Pratus, les Messaiine* , etc. , surtout vers certaines époques. Les tempéraments impétueux ou très-irritables , tels que les bilieax, les sanguins-nerveux ardents, éclatent souvent jusqu'à la fureur dans leurs affections les plus exaltées. Cet état d'exaspération se manifeste encore à l'occasion de l'ivresse, et sous des eieux brûlants, ou durant lei saisons les plus chaudes. L.'age de la vigueur y ton tri but Principalement , poÏMlue c'est aussi rage des grands attentats, le temps des plus redoutables manies. On observe parmi les constitutions hypocondriaques et hystériques que l'extrême mobilité de leur système nerveux les transporte jusqu à la fureur, même «us cause appréciable, ou par un simple malaise, par une disposition irascible. L'historien De Thon fait remarquer que les temps froids et secs stimulaient tellement la fibre du roi ITenii qu'alors il était mal monté et devenait fu-

rieux pour la moindre cause; il lit 1 constance le duc de Guise.

La fureur peut être également te produit d'une fièvre ardente, du cousus (de la frénésie), en faisant monter le sang au cerveau, comme dans un violent accès de délire ou de colère. Si ce n'est qu'un symptôme momentané, sans doute le danger est moindre ; si la fureur persiste, elle peut dégénérer en manie redoutable, contre laquelle les bains, les saignées, le régime antiphlogi'stiquc ne sont pas toujours efficaces. En effet, il se manifeste deux sortes d ctat furibond : l'un, avec chaleur, rougeur de la face, pouls élevé, exhalation halitueuse, vive cxplosion'de courroux , mais capable de se dissiper, quoiqu'il puisse en survenir une bémorrbagie, un coup de sang; l'autre pale, concentré, morne, ou taciturne, est plus nerveux, plus profond, plus dangereux, plus capable de crimes. Celui-ci fait crever le errur ou de gros vaisseaux; son dépit souvent caché cause des anévrismes; il se conserve longtemps et toujours avec péril II y a donc beaucoup d'inconvénient à s'abandonner aux passions iras cibles ; elles peuvent dégénérer en rage homicide , comtnon en a vu de terribles exemples. Horace n'a-t il pas

dit:

Ira foror brevi» est : animum rege, qui, nui parée,

r»teoc.

at : hune frenii, bnne lu Cette ardente passion tyrannise

tout faibles , s'il s'y joint une

lésâmes sursusceptibilité des organes, comme dans le sexe féminin. Écoutez Virgile :

NoUmque furent quid fcimna powia.

Telle est la j a 1 0 u si e, le désespoir d'une amante abandon née, méprisée ou trahie : la femme alors n'écoute plus rien, elle invoque sa mort ou la vengeance, comme Herinionc outragée. Les âmes magnanimes ne succombent pas d'ordinaire à ces faiblesses. La raison supérieure ressaisit son empire, ou ne s'enflamme, connue Caton d't 'tique, que pour de plus nobles causes. Cependant, le patriotisme poussé jusqu'au fanatisme, comme la religion, peuvent s'exalter jusqu'à la fureur dans des combats sacrés : le martyr vole au supplice, l'innocent à l'échafaud, pour la Divinité, pour la justice, noble furie qu'on respecte jusque dans ses erreurs, comme celle du guerrier «'ensevelissant, à la manière de Samson, sous les ruines mêmes de son triomphe.

J.-J. Viheï.

Par exagération, on dit faire fureur en parlant d'une personne on d'une chose qui est fort en vogue, et qui excite dans le public un grand empressement, une vive curiosité.

Fureur se prend encore chez les hommes pour une passion démesurée, pour l'habitude iui|>ortuue qu'a quelqu'un de faire certaine chose, pour nn transport qni nous élève au-dessus de nous-mêmes. Les fureurs, au pluriel , sont des trampoita frénétiques, des emportements , des excès de colère, d'exaltation.

Le mol latin furor étant du genre masculin, les Romains en avaient fait un dieu, dont Virgile et Pétrone décrivent le» attributs : il avait l'air étincelant de rage, la figure couverte de cicatrices, le corps déchiré de blessures; il était armé d'un glaive sanglant, et avait à ses pieds un lion rugissant.

FURFURACÉ (en latin furfuraceus), qui ressemble à du son, se dit : 1° de petites portions d'épiderme qui se détachent après plusieurs phlcgmasics; a° d'un genre de sédiment de l'urine qui offre l'apparence du son , 3° d'une dartre décrite avec soin par Alibert, qui consiste dans de légères exfoliations de l'éptderme, semblables à de la farine ou à du son, tantôt très-adhérentes à la peau, tantôt s'en détachant avec facilité , disposées sur les tégument, par plaques irrégulières ou régulièrement arrondies, ou bien quelquefois en cercle, au centre duquel la peau reste sanux"; quand elle affecte ces caractères, elle porte particulièrement le nom de dartre furfuracée arrondie. Assez souvent l'épidémie sedétacbe sous forme de pellicules minces et irrégulières. L'irritation se déplace avec une grande facilité : alors celle dartre cs[<ïi[c Jurfu racée volante. Dans tou«

FURFURACÉ — FURIES

les cas, il y a du prurit , el la peau se montre d'un rose vif après la chute des lamelles épidermiques. Les dartres furfamées paraissent pendant les chaleurs de l'été et s'effacent aux premiers froids; elles siègent ordinairement sur le visage, la poitrine ou sur les membres. N. Cujuiont.

FURGOL E (JEJkN-Bapmre), jurisconsulte, avocat an parlement de Toulouse, naquit eu 1690, à Castcl-Férus, dans le comté d'Armagnac, et mourut en 1761. Dans sa jeunesse, il consacrait dix-huit Heures par jour à ses travaux, et dans ses dernières années il leur en donnait encore dix régulièrement. Aussi acquit-il une connaissance profonde des lois ! et de la jurisprudence françaises, des usages et des coutumes de chaque province , ainsi qu'une notion complète de cette partie de l'histoire qui sa rapporte à la législation de tous les temps et de tous les pays. L'illustre d'Aguesseau faisait le plus grand cas de son savoir. Il a laissé quelques ou- Trages, entre autres un Commentaire sur l'ordonnance concernant Us donations, de 1731; 2° un Traité des Testaments; un Traité de la Seigneurie féodale et du francalleu, qui parut en même temps que son Commentaire des Substitutions. Ses Œuvres complètes, imprimées de 177& à 1776, forment 8 volumes in-8».

FUMA , nom sous lequel Linné et Gmelin désignent un petit ver dont le corps n'a pas plus d'épaisseur qu'un cheveu, et que l'on trouve dans les plaines marécageuses de la Bothnie et de la Finlande, où il vit sur les herbes des marais et mit les feuilles des arbrisseaux. Transporté an loin par le vent, lorsqu'il vient à tomber sur ia peau des hommes ou des animaux, il y pénètre en peu d'instants et sa présence y est indiquée par un petit point noir suivi bientôt d'inflammation et de douleurs atroces, auxquelles la mort seule met ordinairement un terme au bout de quelques heures, d'un jour au plus, si on n'a pas soin d'extirper bien vile, au moyen d'un instrument tranchant, le parasite de l'asile qu'irVest creusé sous l'épidémie. Depuis le* illustres naturalistes sous l'autorité desquels nous avons placé ici \efuria infernalis, personne n'ayant pu en observer, on est porté à penser ou que l'espèce en a fort heureusement disparu, ou que dans cette description il y a une exagération fantastique des phénomènes morbides produits par le dragonneau, helminthe commun dans les conbées marécageuses, lorsqu'il parvient à s'insinuer entre la peau et les muscles des animaux.

FURIES, divinités infernales que les Grecs appelèrent Érinnyes et Euménides; les Latins Furix, de furor, a cause de la fureur qu'elles versaient dans le sein de leurs victimes ; et les poètes romains, Dira', les Sinistres. Les Athéniens leur donnèrent le nom particulier de Manies ; celui d'Érinnyes leur vient du grec Ipiç, discorde, dont le poète Hésiode dit qu'elles sont filles, bien qu'ailleurs il leur donne pour origine les gouttes du sang de Cœlus, mutilé par son fils Saturne, sang qu'aurait fécondé la Terre. L'adjectif pluriel euménides (les très-douces), devenu subtantil, leur fut prodigué, selon quelques mytlrologues, à cause de l'effroi qu'elles inspiraient. Avec cette antiphrase mielleuse, disentils, les anciens étaient persuadés qu'on les flattait et apaisait. Pour cette même raison les Sicyoniens, voisins de Corinthe, les gratinèrent de l'emphatique appellation de Déesses vénérables. Eschyle, Euripide et Sophocle les font filles de la Nuit, du sein noir de laquelle elles seraient sorties armées de torches ardentes, pour exercer l'horrible office que les juges infernaux leur confiaient de tourmenter les criminels , les meurtriers et les parricides, a l'heure du sommeil. De plus, selon ces poètes, l'Arhéron ( le fleuve sans joie ) serait leur père. Les principales, les plus infatigables de ces tristes divinités, sont Tisiplione, Mégère et Alecto. La première était chargée de répandre sur la terre la peste ; la seconde, les morts prématurées et violentes; la troisième, la guerre et ses horreurs. Parmi les autres, moins occupées ou moins connues, on compte Lyssa, ou la Rage, créée par Euripide, et les Harpies, ces monstres ailés de Virgile. Les Furies passaient pour être vierges ; et quel amant,

I quel époux eût voulu s'unir a ces filles effroyables, auxquelles Orphée donne pour asile une caverne noire et ! empestée, sur les bonis fangeux du Styx, et Virgile une couche de fer ?

Cependant Ménandre raconte qu'un jour l'amour se glissa au cœur de Tisiphone. Celte aînée des Furies ayant , au moment de la chaleur de midi, surpris un beau Iwrgcr endormi au pied du mont Astère, en devint éprise; l'adolescent, réveillé par ses embrassements empoisonnés, la vit, frisonna et la repoussa avec horreur. Le monstre féminin, outragé, arracha de sa tête une couleuvre sifflante, et la lui lança au visage; le reptile courroucé se roula autour du cou de l'infortuné, et l'étrangla. Une montagne, voisine d'Athènes, prit de cette aventure le nom de Cythéron. Aux enfers, les Furies s'appelaient chiennes du Cocgte. Orphée les fait naître de Pluton et de Proserpine. La théogonie des poêles grecs leur assigne pour jour de naissance le cinquième de la nouvelle lune; peut-êlrc est-ce pour celte raison que Pytbagore le consacre à Théuus, la justice : car les Furies sont peintes debout autour du siège de Pluton, attendant les ordres du roi des ombres ; et Virgile les assied sur les degré* du trône de Jupiter-Tonnant , comme les ministres des jugements célestes. Ce cinquième jour est en même temps réputé funeste et stérile chez le chantre des Géorgiqnes. Le sage Platon réduit les Furies à une seule, Adastria ou N é més i s, fille de Jupiter eid' Ananké (la Nécessité). Cependant les anciens reconnaissaient encore un certain notoire de Furies nommées Nemèses, toutes sa urs, dont la première était NémésU. Toutes ont des ailes rapides : lilU-s de la Nuit et de f Océan, elles sont obscures comme leur mère, et impétueuses comme leur père.

Les Furies, ainsi que la plupart des divinités de la Grèce, sont d'origine égyptienne. Des médailles de Cyrènc représentent les Furies couronnées de lotus. Dans les premiers siècles de la Grèce, la sévérité des traits, un front d'où te rire était toujours banui , distinguaient les images de ces divinités. Telles furent d'abord leurs statues dans l'Aréopage ; mais Eschyle, dans ses Euménides, haussa leur taille, leur couvrit le visage de masques hideux, les coiffa de serpents, les arma d'un fouet de couleuvres, de torches ardentes, de poignards, leur donna des voix terribles et le plus affreux des regards, des yeux d'un bleu pale et translucide, d'où s'échappaient des jets de flamme, d'où coulaient des larmes sanglantes ; puis il les habilla de longues robe» traînantes, noires ou rousses , taclietées de sang, dont des reptiles formaient la ceinture et les broderies. A la première représentation, des femmes avortèrent de peur ; de jeunes filles moururent glacées d'effroi ; des criminels prirent la fuite. Quelquefois, au lieu de robes, les Furies portaient des peaux de bétes. Depuis, les poêles et les sculpteurs s'efforcèrent en vain d'ajouter à leur horrible aspect en leur donnant des ailes, des pieds d'airain et des mains qu'ils multiplièrent selon Icor caprice. Quelquefois ils les armaient d'une clef, symbole de leur puissance surnaturelle à s'introduire dans les lieux les plus secrets; ou ils les enveloppaient d'un voile, comme dans les villes et les temples «le l'Asie Mineure les plus voisins de l'Egypte. On les représentait encore avec un corps unique à trois têtes, de chacune desquelles sortaient trois bras brandissants des flambeaux, et quelquefois avec trois visages coiffes de trois boisseaux et avec six bras.

Hors de la Grèce seulement, chez les étrangers, les Furies portaient des marteaux, des lances crochues, des épées, des haches, tous instruments de supplice et de mort ; elles avaient aussi des ailes aux épaules, on diadème sur la tête, les cheveux épars ou liés, les pieds nus ou chaussés de cothurnes, et des robes bariolées. Mais Scopas, ne roulant pas compromettre la pureté de son ciseau immortel par des images m étranges, fit présent à Athènes de deux simples statues humaines des Euménides en albâtre. Toutefois, on n'osait pas prononcer le nom redouté des Furies; Orcste même, dans Iphigénie, ne les désigne que sous l'appellation de « déesses

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