‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 47 sur 614 · FURIES — FURST · texte numérisé non relu

FURIES — FURST

un* nom. » On pense bien que ces divinités si redoutables dures! avoir on culte particulier. Leur plus ancien temple connu fut celui que leur consacra Oreste, et qui faisait partic de l'Aréopage à Athènes. fcUi» en avaient aux environs de la ville, au bourg de Cokroe, un autre, environne d'un bois, où se réfugièrent Œdipe suppliant et Antigone; et les Athéniens, épouvantés, forcèrent le vieux roi de Thèbés d'oftrir aux Furies un sacrifice , pour les apaiser avant qu'il quittât ces funestes ombrages. Leurs sanctuaires étaient nombreux encore en Arcadie, presque tous fondés par Oreste ; mais le plus célèbre se trouvait en Achaïe : elles y étaient représentée* par de très-petites et très-modestes statues de bois ; toutefois, le bocage qui les cachait était un des plus redoutés des criminels : un noir frisson les saisissait dès qu'ils y entraient, puis une subite fureur s'emparait d'eux. On se vit obligé d'en défendre les abords. La brumeuse Ëpire, où s'ouvrait une des portes des enfers, consacra aux Furies un temple moins célèbre que les précédents. Enfin, leur culte était en honneur à Argos, la ville des forfaits; mais il s'effaça presque entièrement dans son trajet de la Grèce en Italie, au point de se réduire aux frêles proportions de la «lt*s:se F urine.

Quels sacrifices, quelles offrandes prodiguaition aux autels de ces sombres divinités? Ce n'étaient ni des monstres hideux, ni des oiseaux sinistres, ni le triste souci, ni la lugubre scabieuse , ni des brebis sans tache , mais de blanches tourterelles , la fleur du blanc narcisse, l'aulne stérile, l'aubépine, le cèdre, le cyprès, le genévrier, le safran, etc. On leur faisait aussi des libations de vin doux et de miel. On leur offrait enfin, mais la nuit, aux lents accords d'hymnes plaintives entrecoupées de silences, une brebis noire. Elles n'avaient point de prêtresses, mais des prêtres portant des robes noires. Demostltène dit avoir été un de leurs sacrificateurs. Les étranger» égorgeaient sur les autels des Furies des victimes humaines. Les mœurs douces de la Grèce repoussaient généralement ces sanglantes expiations. L'office des Furies était aussi de précipiter dans le plu? profond du Tartare les ombres criminelles que leur amenait Mercure, et d'atteler le noir quadrige de Pluton. Leur puissance s'étendait dans les enfers, sur la terre, et jusque dans l'Olympe. Leur Juridiction sur la terre était si grande, que les Étrusques les représentaient courant devant les chevaux du char tmptiàl . Elle* rendaient les unions Iteureuscs nu sinistres ; ** déposaient dans la maison de l'époux la discorde ou la paix, toute action humaine était soumise a leur juridiction ; eue* assistaient au dernier râle des mourants.

Desne-Baho;*.

FUK!XE (Furina), nom d'une déesse qu'adoraient les Romains, mais sur la spécialité de laquelle les mythologues ne sent pas bien d'accord. Quelques-uns en font la déesse des voleurs, dérivant son nom du mot latin fur, voleur. La seule chose qu'il y ait d'avérée sur son existence et son culte, c'est qu'au delà du Tibre un bois lui était consacré. Le jeune Gracchus, pour éviter la fureur du peuple qui venait d'immoler son frère, se réfugia dans ce bois, qui ne fut pas pour lui un asile. Cette divinité, que Cicéron suppose n'être astre que l'une des Furies, avait dam les fastes sa fête particulière, appelée Furina lia, qu'on célébrait le 8 des calendes d'aoot.

FITRIOSO. Ce mot italien désigne en musique moins une espèce de mouvement qu'une espèce d'expression, et en conséquence est souvent employé comme adjectif; par exemple allegro furioso. Le caractère désordonné que ce mot semble impliquer ne s'obtient point par une vitesse exagérée dans rexécottoo, mais bien par la rudesse dans le jeu, résultat , auquel arrive l'exécutant en recourant aux dissonnances, aux sforzandos, aux progressions chromatiques d'accords, etc.

FUR IUS et dans les plus anciens monuments FUS] US, nom d'une antique fâmillèpalricicnnc de Rome, originaire de Tnsruhim, et dont la famille des Camillcs , celle à laquelle appartenait le célèbre vainqueur des Gaulois, Marcus Furius Camillus (voyez Cajulix), était une branche collatérale.

FURONCLE. On désigne par ce mot ou par relui de clou une tumeur inflammatoire , circonscrite, commençant par les couches les plus profondes de la peau, puis «'étendant en tous les sens, jusqu'à devenir tout à fait superficielle, enfin se terminant constamment par la suppuration et la mortification de son point central. Ce qui distingue surtout le furoncle des autres tumeurs nangréncuses qui sont comme lui douloureuses, dures, chaudes, saillantes, qui occupent les mêmes parties, c'est son peu de volume, sa couleur rouge, sa forme conique, et surtout le peudegravilédes symptômes généraux qui accompagnent une éruption furonculeuse.

Dans ces éruptions, la suppuration arrive ordinairement au bout de six ou huit jours ; elle s'annonce par la teinte blanchâtre du sommet do la tumeur, qui préalablement s'est élevée en pointe. Le centre du furoncle s'ouvre d'abord pour laisser passer un peu de suppuration; le plus souvent le premier pus versé est sanguinolent ; vers le deuxième ou le troisième jour de la suppuration, le tissu qui occupe le centre du clou, qui est privé de vie, en sort sous forme de grumeau plus ou moins volumineux, d'un blanc grisâtre. Cest à cette petite escarre qu'on donne le nom de bourbillon ; a compter de l'expulsion du bourbillon , la douleur cesse , et la base du clou commence à se dégorger.

Les furoncles ne sont jamais dangereux, mais ils sont quelquefois fort douloureux et fort incommodes; on les voit assez souvent épidémiquement , et il est rare, quand on est affecté de furoncles, qu'on en soit quitte pour un ou deux; le plus ordinairement ils poussent par cinq ou six à la lots, ou se succèdent en plus ou moins grand nombre pendant quelques semaines, et même quelques mois. Quand plusieurs furoncles poussent en même temps, il y en a toujours un beaucoup plus gros que les antres; la même remarque a été faite pour les éruptions successives : les premiers alors ne sont pas toujours les plus volumineux. Les furoncles laissent des cicatrices ordinairement arrondies, déprimées à l'endroit correspondant au bourbillon, dont la couleur, d'abord rougeâtre ou bleuâtre, tranche pendant quelque temps d'une manière désagréable avec la peau, niais finit par disparaître entièrement.

L'application des sangsues autour de la tumeur, les fomentations émollientes , les cataplasmes fortement arrosés d'une dissolution d'opium, les bains tièdes, les emplâtres de diachylon gommé sont les moyens locaux de traitement le plus usités. En même temps, comme il y a souvent des signes d'embarras gastrique , on purge modérément pour prévenir une trop abondante éruption ou une trop longue série de furoncles successifs. Quelquefois, quand la douleur est très- vive, ou que le furoncle prend un volume trop considérable, on se trouve bien de le fendre avec le bistouri ou la lancette. Cette petite opération pratiquée sur les premiers furoncles, quand ils sont très-volumineux, suffit quelquefois pour faire avorter complètement l'éruption qui se préparait. Qu'on ait ou non ouvert ces furoncles, on facilite la sortie du bourbillon par des pressions modérées, laites sur la base de la tumeur au moment où ce corps étranger commence à se détacher. A l'aide de cette petite manœuvre, le bourbillon est plus complètement et plus tôt expulsé. D* S. Samdr&s.

FI RST (en vieil allemand Furitto), mot allemand qui équivaut à notre mot français prince , et qni suivant Grimm désigne en général la dignité suprême relativement aux sujets ; il est par conséquent synonyme de chef et de souverain. Dans un sens plus restreint, il s'applique particulièrement aux membres des diètes impériales ayant droit de présence et voix personnelle ou virile dans ces assemblées. Si l'histoire la plus reculée s'en sert pour désigner des chefs de peuplade et de nation , c'est la constitution de l'Empire germanique qui seule lui donna plus tard un sens bien précis, attendu qu'il désigna dès lors uniquement les grands feudataires de la couronne, tels que les ducs et les comtes, en tant que l'exercice des deux prérogatives suprêmes de la royauté, le droit de faire la guerre cl te droit de rendre la justice, leur était dévolu.

FURST (Waltebj, du canton d'Uri, se plaça avec Arnold de Mclditlial et Wcrner Stauffachcrà latêle de la ligue qui fut formée en 1317 pour la délivrance de la Suisse. Guillaume Tell était son gendre.

FURSTEM BERG (Principauté de), ancien État immédiat de l'Empire germanique, aujourd'hui médiatisé, était compris dans le cercle de Souabc, et tirait son nom du cl>ateau de Furstemberg, rendez-vous de chasse de la foret Noire, situé sur une montagne, à 40 kilomètres nord-ouest de Constance, dans le grand-duché actuel de Bade. Cette principauté, qui eut d'abord le titre de comté, comprenait, outre le château de Furstemberg et lo village y attenant, qui ne compte guère que 250 habitants, la seigneurie de Haussen, dans la forêt Noire, et les seigneuries de Hciligenberg, Stùhlingcn, Mccskirch, etc. ( acquises en 1530) ; le tout formant 27 m \ ri a mètres carrés, avec une population d'environ 90, 000 âmes. Elle changea, en 1664 , le titre de comté contre celui de principauté, et fut médiatisée en 1806 ; elle est encore aujourd'hui partagée entre le grand-duché de Bade, qui en contient la plus grande partie, le Wurtemberg et la principauté de Tlohenzollern-Sigmaringcn.

La maison de Furstemberg, une des plus nobles et des plus anciennes de l'Allemagne, prétend descendre des Agilolfinges, par Egar, maire deDagobcrll". Ce qui est plus certain, c'est qu'elle descend des anciens comtes de Fribourg (Brisgau) et dUracli. Elle a pour souche le comte Henri t*r, qui fonda, en 1250, le château et la petite villede Furstemberg, d'où vint le nom de la famille. Cette maison se divisa au moyen âge en différentes branches, qui finirent par se confondre toutes en la personne de Frédéric III, mort en 1550. Ce dernier laissa deux fils , d'où sortirent les lignes de Kinzingert bal et de lleiligenberg : la première de ces lignes n'avait encore que le titre de comte; la deuxième obtint en 1664 le litre de prince de l'Empire; elle s'éteignit en 1716, et la dignité princière passa à la première ligne. Celle-ci se subdivisa à son tour en divers rameaux, dont le premier s'éteignit en 1804. Le deuxième prit alors possession du titre et des domaines delà principauté; il est aujourd'hui représenté par le prince Charles Égon de Furstemberg, né le 4 mars 1820, quia épousé, en 1844, Elisabeth- Henriette, princesse de Reuss-GrciU. Sa résidence est à Donaueschingen , où se trouve une source longtemps regardée comme la vraie source du Danube. Ce prince, membre héréditaire de la première cliarabre des Etats de Bade, a environ 600 , 000 florins de revenu.

Une ligne collatérale, dite Furstemberg- Weitra , est depuis longtemps possessionnée en Moravie et dans la basse Autriche (où se trouve Weitra, bourg de 1,800 habitants, dont elle prend le nom ) ; son chef porte le titre de landgrave. Elle est aujourd'hui représentée par le prince Frédéric- Churles-Jean-Képomucène-Égon de Fukstemberc, né en 1774 , grand -maître des cérémonies à la cour impériale d'Autriche. Ses revenus sont évalués à 150,000 florins par an. Bouiaet.

FI'RSTENBUND. Voyez Confédération des Pbisces. FURTH, ville manufacturière fort importante, située en Bavière, au confluent de la Pegnilz et «te la Rednitz, à environ 15 kilomètres de Nuremberg, compte une population de plus de 16, 000 âmes, dont 12, 500 protestants, 500 catholiques, et pins de 3, 000 Israélites. Elle est le siège d'une cour royale, et elle possède deux églises protestantes, une église catltolique, deux grandes et quatre petites synagogues, un théâtre et un grand hôpital, un collège, une école de commerce et une école talmndiquc, espèce d'université Israélite. Ses habitants vivent principalement des produits de leur industrie manufacturière et du commerce. Les produits connus sous le nom d'articles de Nuremberg, tels que miroiterie, bimbeloterie, articles estampés en métal doré et argenté, lunettes, instruments d'optique, de chirurgie et de mathématiques, ganterie, ivoire, corne, bonneterie, cotonnades, plumes à écrire, [dûmes de fer, cire à cacheter, calé de chicorée, papiers grossiers, jouets d'enfants, etc.,

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