‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 460 sur 614 · GUANO · texte numérisé non relu

GUANO

Éveillée Nr les bénéficia importants aue promettait i

cette nouvelle branche de commerce, l'industrie se mit tout aussitôt à le découverte de parages plus rapprochés de notre Europe où Ton trouvât la précieuse substance dont l'agriculture tirait un si admirable parti ; et on ne tarda pas .1 apprendre que le guano se rencontre aussi par couches auxquelles on a reconnu jusqu'à 90 mètres de profondeur, sur une étendue considérable, dans certaines parties du littoral occidental et oriental de l'Afrique, notamment aux Mes du groupe d'Agra Pequenna, près du cap de Bonne-Espérance, dans l'Atlantique. L'une de ces lies, appelée Ichaboé, située à 34 kilomètres environ du groupe principal, restée complètement déserte jusqu'en 1843, fut visitée dans le courant de l'année suivante par plus de cent navires venus y charger le précieux engrais. Cette lie d'Ichaboë possédai «les couches profondes de 10 à 15 mètres, dont la partie supérieure consiste, sur un mètre environ d'épaisseur, en détritus de pingouins et d'autres oiseaux de mer, dont on trouve quelquefois, a dix ou douze mètres de profondeur, des œufs parfaitement conservés.

Aujourd'hui les principales espèces de guano sont , d'après M. Nesbit , en les classant suivant leur richesse en ammoniaque : r le guano d'Angamos, provenant de la côte occidentale de l'Amérique du Sud, et renfermant jusqu'à 20 et même 14 pour 100 d'ammoniaque; il est rare dans le commerce, à cause des difficultés qu'offre sa récolte sur les roches escarpées uù les oiseaux le déposent ; 2° le guano du Pérou, le plus commun dans le commerce en Angleterre, et contenant 16à 18 p. 100 d'ammoniaque; 3" le guano du Chili, qui n'en ren- | ferme que de & i 6 p. 190 ; 4° le guano de la Bolivie, où on n'en trouve plus que 2 1/2 p. 100; 5° le guano de quelques endroits tels que la baie de Satdanba, où , déposé sous un climat pluvieux , il est considérablement détérioré par les eaux , et ne contient presque plus d'ammoniaque (0,76 p. 100) ; 6° le guano de la baie des Requins (Australie), encore plus pauvre et ne valant pas la peine d'être transporté.

Le guano est moins employé en France qu'en Angleterre. Cela tient sans doute aux droits dont il est frappé quand il se présente dans nos ports sous pavillon étranger. Il y a insuffisance de navires français pour répondre aux demandes de l'agriculture, insuffisance qui tient surtout aux dangers qui résultent du transport de cette matière. Le guano est en effet susceptible de fermenter pendant la navigation et d'occasionner ainsi des incendies a bord des navires.

GUARA. Voyei Diodok.

GUARINI (Giovavu-Battista ), poète italien du seizième siècle, mérite une place à part entre le Tasse et l'Arioste : c'est lui qui représente le plus exactement le génie voluptueux et efféminé de son pays. Le Tasse étudie le génie antique et le rappelle; l'Arioste, par sa vive et facile ironie, se rapproche des trouvères normands. Le génie de Guarini est celui de l'Italie élégante, ardente, métaphysique, sensuelle, au seizième siècle.

Né à Ferrare, en 1537 , d'une famille noble, vouée aux lettres et à la poésie, Guarini, petit-fils de Varinus Guarino , fit ses études à Padoue , à Ferrare et à Pise, sous la direction de son père , homme de goût , professeur érudit , esprit distingué. Guarini avait vingt ans lorsqu'il perdit son père, auquel il succéda, comme professeur d'humanités à l'université de Ferrare. Ses premières compositions furent des odes et des sonnets, qui annonçaient un sentiment vif de l'élégance et de l'harmonie. Leduc de Ferrare s'entourait de poètes, de dames, de savants, d'artistes, qu'il encourageait ou qu'il protégeait. Guarini, invité par ce prince, vint à la cour : il y connut le Tasse, plus jeune que lui de sept ans, et avec lequel il contracta une amitié intime. Le grand poète , persécuté , ne trouva pas dans la suite de plus zélé défenseur, de plus ardent panégyriste que son ami Jean-Baptiste. Guarini, propriétaire «le fort beaux domaines, n'était pas, comme le Tasse, réduit à attendre tontes ses ressources de son talent et du caprice des grands. Le duc trouva bon de l'employer. Il le nomma chevalier, le clwrgca de missions

Page 1